L'histoire des entraîneurs de rugby à Bayonne est riche et complexe, marquée par des succès, des échecs, des tensions internes et des revirements inattendus. Cet article se propose de retracer cette histoire, en mettant en lumière les figures marquantes, les moments clés et les défis auxquels les entraîneurs de l'Aviron Bayonnais ont été confrontés au fil des années.
Les premières années du professionnalisme et la Pro D2
Avec l'avènement du professionnalisme en 1995, le Championnat de France se restructure, laissant place à deux compétitions distinctes. L'Aviron Bayonnais, après deux saisons difficiles en Groupe A2 (1997 et 1998), engage un état des lieux. Les statuts sont inadaptés, l’organisation mauvaise et les pouvoirs de décisions mal répartis.
Le 19 septembre 2000, l’Association Aviron Bayonnais constitue une Société commerciale sous la forme d’une SAOS, puis le 18 juillet 2001 crée une Société Anonyme sportive professionnelle. Le club prend désormais le nom d’Aviron Bayonnais Rugby. Les entraîneurs se succèdent alors à un rythme effréné.
Lors de la saison 2000-2001, l’AB termine troisième dans une poule de 12 clubs. Qualifiés en demi-finale, les Bayonnais affrontent Toulon à Mayol où ils chutent lourdement (23-40). Lors de la saison 2001-2002, Bayonne termine à une modeste neuvième place. La saison 2002-2003 voit une légère amélioration avec une sixième place au final.
La saison 2003-2004 est enfin la bonne. Bayonne termine premier à égalité avec Auch (74 pts chacun), l’AB devançant les Gersois à la différence particulière. En play-off, Bayonne bat Dax pour le compte des demi-finales (16-14). La finale sera perdue contre Auch (9-26), mais le plus important est acquis : la saison suivante, l’Aviron Bayonnais retrouvera enfin l’élite du rugby français.
Lire aussi: Caractéristiques des sacoches de football
Le retour dans l'élite et la quête de stabilité
Pour la saison 2004-2005, Bayonne mise sur les cadres de la montée. La vraie trouvaille est sans aucun doute l’ailier Laloala Milford. L’AB nouveau promu joue le maintien et sauve sa tête lors de l’ultime journée à domicile contre Brive (43-29), bonus offensif à la clé. Le grand fait d’arme de cette saison, outre le maintien, est la victoire acquise contre le BO à Aguiléra (22-27) le samedi 18 septembre 2004.
La saison 2005-2006 est crispante de bout en bout. Niveau recrutement, arrivée de Xavier Péméja au poste d’entraîneur et surtout du castrais Richard Dourthe. Bayonne finit 12ème comme la saison précédente en devançant Pau de 3 points.
En 2006-2007, après des débuts compliqués, Bayonne se reprendra en obtenant une victoire précieuse à Montauban (18-17) et un nul à Agen (16-16). La victoire à Brive lors de la dernière journée (9-6) donnera à l’AB une 8ème place inespérée.
La saison 2007-2008 sera tranquille, sans frayeur pour un risque de descente. Bayonne se classe 9ème avec 54 points.
Bayonne fera le meilleur départ depuis son retour dans l’élite lors de la saison 2008-2009, occupant même la place de leader. Le BO est vaincu sur ses terres (12-14) un 1er novembre. Bayonne va peu à peu reculer pour échouer au dépend de Brive dans l’obtention d’une place en H Cup. L’AB finit 7ème avec 66 pts.
Lire aussi: Épopée des entraîneurs audoniens
L’été 2009 ouvre un nouveau bal des transferts pour la saison 2009-2010. Suite à un début de saison médiocre, le manager Richard Dourthe est démis de ses fonctions en novembre. L’équipe tourne toujours aussi mal, et finalement le duo Thierry Mentières - Jean-Philippe Coyola est débarqué en Janvier. L’AB appelle à son chevet Christian Gajan, mais la situation sportive ne s’améliore pas. Bayonne est avant dernier devant Albi relégué. Bayonne est sauvé de la descente grâce à la relégation administrative de Montauban.
Thomas Liévremont est appelé pour entrainer l’AB aux côtés de Christian Gajan pour la saison 2010-2011. Cette nouvelle saison sera excellente sur le plan sportif. Avec 71 pts, l’AB termine à la septième place du classement.
La période des transferts s’ouvre avec le départ d’Arnaud Héguy vers le BO pour la saison 2011-2012. Les résultats ne seront malheureusement pas à la hauteur des espérances. Thomas Lièvremont et Christian Gajan sont démis de leur fonction, remplacés par le duo Didier Faugeron - Jean-Pierre Élissalde. Michel Cacouault démissionne de son poste de président et Alain Afflelou devient président de l’Aviron Bayonnais. Bayonne termine 12ème avec 48 pts.
L'ère Deylaud-Lanta et les turbulences
Didier Faugeron quitte l’Aviron, laissant place aux anciens agenais Christophe Deylaud et Christian Lanta pour diriger l’équipe 1 pour la saison 2012-2013. Alain Afflelou est maître à bord et fait entièrement confiance au travail de Christian Lanta et Christophe Deylaud. Une belle victoire à Agen (30-20) assure le maintien dès la 21ème journée, puis les Bayonnais battent Toulon à Anoeta (33-28) et terminent en beauté, s’imposant à Mont de Marsan (36-33) en obtenant une huitième place inespérée.
La saison 2013-2014 connait une nouvelle fois de nombreux remous tant sportivement qu’en coulisses. Avec 11 victoires, 1 match nul, 14 défaites et un total de 54 points, l’Aviron bayonnais termine à la 10ème place du championnat. Un duo d’entraineur Lanta - Deylaud en guerre ouverte avec le groupe, la star galloise Mike Phillips licenciée et la possibilité d’une fusion entre Bayonne et Biarritz avortée. M. Philippe Neys prend les rênes du club bayonnais en remplacement d’Alain Afflelou.
Lire aussi: Football moderne : l'adjoint indispensable
La descente en Pro D2 et la reconstruction
L’Aviron Bayonnais connaît de multiples séismes et la saison 2014-2015 est sans doute le pire de son histoire. Sportivement, la saison fut évidemment décevante avec une relégation que l’AB évita pendant onze saisons consécutives. Les entraîneurs Patricio Noriega et Nicolas Morlaes ont échoué. Comme si la relégation ne suffisait pas, un groupuscule d’actionnaires décida en catimini d’euthanasier le club en acceptant la fusion avec le voisin Biarrot. L’épilogue eut lieu le Vendredi 26 Juin 2015, une des dates les plus importantes de l’histoire de l’AB signant sa survie. Réunie en assemblée ce vendredi soir, la section amateur de l’Aviron bayonnais a largement voté contre le projet de fusion avec Biarritz. Emmanuel Mérin quitta le fauteuil de président de l’AB pour laisser place au revenant Francis Salagoïty.
L’intersaison est animée après la relégation de l’Aviron Bayonnais en Pro D2 pour la saison 2015-2016. Le président Emmanuel Mérin pour la fusion est désavoué. Il quitte la présidence du club et Francis Salagoïty le remplace pour ramener un calme qui aura bien manqué. La non-fusion actée, Bayonne doit faire face à une baisse drastique de son budget.
L'héritage des entraîneurs et l'esprit bayonnais
Au-delà des résultats sportifs, les entraîneurs de l'Aviron Bayonnais ont contribué à façonner l'identité du club et à transmettre des valeurs fortes aux joueurs. L'esprit bayonnais, fait de passion, de solidarité et de fierté, est un héritage précieux qui se perpétue de génération en génération.
Dans les années 1980, l’Aviron Bayonnais vit l'une de ses périodes les plus marquantes. En 1980, le club remporte le Challenge Yves Du Manoir. L’année 1982 voit l'Aviron atteindre la finale du Championnat de France, mais l'équipe s'incline face à Agen.
Un des points forts des équipes de l'Aviron Bayonnais des années 1980 reste la cohésion exceptionnelle entre les joueurs. Ce lien solide allait bien au-delà des simples relations professionnelles : il s’agissait véritablement d’une famille unie par la passion du rugby. La culture du groupe, de la camaraderie et de la transmission de valeurs, est toujours présente au sein de l'Aviron Bayonnais.
Les anciennes gloires de l'Aviron ne cachent pas leur amertume concernant la finale perdue en 1982 et l'échec en demi-finale de 1983. Les regrets sont toujours présents, même après toutes ces années. Néanmoins, ces défaites n’ont pas entamé l’esprit de compétition du club.
L'incertitude autour du staff de Grégory Patat (2024-2025)
La question de la prolongation du staff de Grégory Patat à l’Aviron Bayonnais est sur toutes les lèvres, à quelques jours du début de saison de Top 14. Une situation qui touche tous les niveaux du club. L’Aviron Bayonnais se trouve dans une zone d’incertitude qui jure avec les ambitions affichées à la fin de sa saison historique 2024-2025. Alors qu’une quatrième place et une demi-finale à Lyon viennent de marquer un tournant dans l’histoire récente du club, l’avenir de Grégory Patat, le manager, et de son staff reste encore flou.
L’ambition était claire la saison dernière : le top 8 et la qualification en Challenge européen. Sauf que depuis la fin de saison, le manager de 50 ans et le staff n’ont rien vu venir sur la table. L’annonce de l'arrivée du demi de mêlée, Léo Coly (25 ans) l’an prochain, a surpris le milieu bayonnais. Un dossier géré et validé par le duo Laurent Travers et Philippe Tayeb, qui a pris l'initiative devant la possibilité, alors que le staff examinait aussi d’autres profils de joueurs pour le poste.
Selon une source interne au club, des désaccords ont émergé entre les administrateurs lors du Conseil d’Administration de la semaine du 18 août, quant au procédé de ce recrutement, mais aussi sur la prolongation du staff de Patat. Une démission sera effective au 1er septembre.
La greffe Laurent Travers a du mal à prendre. L’ancien manager et président du Racing 92 a pris ses fonctions officiellement depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, en tant que directeur du rugby bayonnais. Dans les faits, la greffe a du mal à prendre. La cellule de recrutement gérée par Grégory Patat, Gerard Fraser, Nicolas Viguera et Philippe Tayeb, a ainsi vu l'ajout de Laurent Travers.
Ce manque de fluidité dans la gestion des dossiers interne va même jusqu’à brouiller le milieu des agents. Sans savoir si le staff va prolonger, au-delà de l’été 2026, des dossiers cruciaux sont au point mort : à commencer par la question des prolongations de contrats de certains cadres de l’équipe.
Cette situation ne laisse pas non plus les supporters indifférents. La prolongation du staff est LE sujet de discussions des supporters bayonnais depuis plusieurs semaines. L’image d’un club divisé commence à faire son chemin, et cela pourrait nuire à l’unité nécessaire pour bien lancer la saison.
Dans ce contexte-là, les rumeurs vont bon train. Certains évoquent une offre de trois ans, que le Gersois aurait refusé, préférant un contrat de cinq.
Un membre indique à ICI Pays Basque qu’"il n’y a aucun débat" quant à la volonté de maintenir Grégory Patat à la tête du staff. Une première prise de contact a été amorcée ce lundi par les dirigeants de l’Aviron Bayonnais avec l’entourage du technicien, afin de lancer les discussions.
Contacté, Philippe Tayeb assure qu’il n’y a eu aucun désaccord entre les différents membres du conseil d’administration bayonnais. Au sujet du rôle de Laurent Travers, il assure que le Sarladais est "en retrait de l’équipe professionnelle", qu’il "continue d’assurer ses missions de transversalité et de consultant sur les différents sujets du club, si l’on fait appel à lui et ses compétences". Enfin, sur le sujet de la prolongation de Grégory Patat, le dirigeant confirme qu’une offre de prolongation a été proposée à l’un des représentants de Grégory Patat lundi matin.
tags: #entraineur #rugby #bayonne