L'histoire des entraîneurs du Stade Brestois : De l'Armoricaine à l'Europe

Le Stade Brestois 29, club emblématique de la ville de Brest, a connu une histoire riche et mouvementée depuis sa fondation. Les entraîneurs qui se sont succédé à sa tête ont joué un rôle crucial dans son évolution, ses succès et ses moments difficiles. Des pionniers des débuts aux artisans des montées en Ligue 1, en passant par les figures marquantes qui ont permis au club de briller, cet article se propose de retracer l'histoire des entraîneurs du Stade Brestois.

Les premières années : de l'Armoricaine au Stade Brestois

Le club a été fondé en 1903 grâce à la création d'une section sportive du patronage Saint-Louis sous le nom de L’Armoricaine de Brest. En 1950, le chanoine Balbous initie une fusion entre cinq patronages catholiques (l'Armoricaine de Saint-Louis, l'Avenir de Saint-Martin, la Flamme du Pilier Rouge, la Milice de Saint-Michel et les Jeunes de Saint-Marc) qui donne naissance au Stade Brestois. La section football avait comme premier président Jean Offret et comme joueur-entraîneur Francis Chopin.

Le club gravit ensuite les échelons : promotion en 1952, DRH en 1953, puis la DH et le CFA. En 1958, le club commence à affronter des équipes comme Cherbourg, Cholet, Lorient, Caen, le Stade Français, la réserve du FC Nantes ou les rivaux de l’AS Brestoise! À l’époque, Brest est la seule ville de France à posséder deux clubs de CFA! Durant cette période, le Stade Brestois remporte deux Coupes de France: celle de la FSCF en 1956 (Fédération Sportive Catholique de France) et celle des Patronages en 1957 face au CEP Lorient! À la fin de la décennie 1960, le Stade Brestois est en CFA.

L'ère Alain de Martigny et la montée en Division 1 (1976-1979)

Dans les années 1970, Alain de Martigny prend les rênes de l'équipe. Cette saison 1978-1979 sera à jamais celle de la première montée en division 1. Emmené par son goléador Patrick Martet, un Letemahulu feu-follesque, Loulou Floch qui donnait ses derniers feux d'artifices, Daniel Bernard imperturbable dans les buts, et des petits jeunes prometteurs: Leroux, Kédié, Guennal… Après une ouverture de championnat en demi-teinte, le Stade Brestois se met rapidement à enchaîner les victoires et s'installe à la deuxième place derrière Lens. Mieux, Brest double le Racing lors de la journée qui précède son déplacement dans le Pas de Calais. Les Brestois confirment leur prise de pouvoir en s'imposant de belle manière sur le score de 3 buts à 1 au stade Félix Bollaert. Et validait, sans sourciller, sa montée quelques matches plus tard.

L'effectif de la saison 1980-81 (Division 2 - Groupe B) était composé de :

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  • Gardiens : Daniel Bernard, Régis Roch.
  • Défenseurs : Abdoulaye Gueye, Yvon Le Roux, Richard Honorine, Ambroise Kédié, Jocelyn Rico, Jean-Luc Le Maguéresse.
  • Milieux : Bernard Pardo, Lionel Justier, Raymond Kéruzoré, Jean-Pierre Guennal, Denis Goavec.
  • Attaquants : Patrick Martet, Drago Vabec, Yannick Bonnec, Patrick Parizon, Willem Letemahulu, Saïd Hamimi.

Les années Division 1 : entre espoirs et désillusions

Le plus dur commence maintenant: bâtir une équipe, un groupe capable de lutter face à des cadors comme Saint-Étienne et Nantes mais surtout de se maintenir en D1. Les dirigeants brestois font revenir "l’enfant chéri" des Bretons, Raymond Kéruzoré, ainsi qu’un attaquant international yougoslave de 29 ans, Drago Vabec, qui deviendra, très vite, l’idole du public brestois. Dribbleur, chambreur, buteur… Tout aussi imprévisible que fantasque, il fera vibrer les supporters brestois durant quatre saisons! Cette saison 1979-1980, celle de tous les espoirs en D1, tournera très vite au cauchemar: les défaites s’enchaînent et le Stade Brestois devra attendre la 19ème journée, en décembre pour remporter sa première victoire mais quelle victoire: 5 buts à 1 face à l’Olympique Lyonnais. Les Brestois finiront à la dernière place avec seulement quatre victoires, sept nuls et 27 défaites! Pour autant, à aucun moment de cette triste saison sportive, le public brestois n’abandonnera ses joueurs. Et sa fidélité, sa passion, sont un socle pour bâtir l’avenir.

Le club réalise la meilleure saison en division 1 d'un point de vue arithmétique: 8ème avec 40 points. Alors que la section professionnelle prend le nom de Brest Armorique, afin de mieux préciser la localisation géographique du club, Brest fait parler de lui lors de l'intersaison. Grâce aux centres Leclerc, le club fait signer deux joueurs présents lors de la Coupe du Monde: le brésilien Julio César et le tout nouveau champion du monde argentin, José-Luis Brown. Cette saison est marquée par des performances contradictoires: des difficultés à faire le jeu à domicile et de nombreux 0-0 (18 buts marqués en 19 matchs) mais une redoutable efficacité à l'extérieur: même le futur champion, Bordeaux, subit la loi des Brestois au parc Lescure.

Le mégalomane président de Brest Yvinec voulait être l’égal de Claude Bez à Bordeaux ou de Tapie à l’OM. Il connaitra la même destinée avec une chute aussi rapide que brutale. Malgré la 11ème place obtenue par le Brest Armorique en championnat, le déficit important du club entraîne sa relégation administrative en deuxième division. Le club, dont le passif est estimé à 150 millions de francs, dépose le bilan. L'équipe professionnelle est dissoute, les joueurs brestois sont libérés. L'équipe réserve, qui évolue en troisième division, devient l'équipe fanion.

La reconstruction et les années Ligue 2

Après des années difficiles, le club se reconstruit et évolue en Ligue 2. À cette intersaison 2009, arrivent à Brest un mélange de jeunesse (Roux, Grougi ou Lesoimier), des joueurs expérimentés (Daf et le capitaine Ewolo) qui, associés au groupe déjà présent, réaliseront une saison quasi parfaite: Second à la trêve hivernale, ils vont réaliser une seconde partie de saison extraordinaire avec une victoire de prestige 4 buts à 1 face à Nantes à La Beaujoire ! La fête de la montée sera grandiose avec une descente vers la place de la Liberté, dans un autobus à impériale qui mettra plusieurs heures pour réaliser ce court trajet dans une euphorie digne d’une victoire en Coupe du Monde!

Les années récentes : ascenseur entre Ligue 1 et Ligue 2

Après trois saisons en Ligue 1 (2010-2013), les Brestois n'ont pas réussi à se maintenir. Pendant la saison 2010-2011, le club se positionne à la première place du classement, à compter de la 11ème journée et ce, jusqu'à la 14ème, pour dégringoler à la 16ème place à la fin du championnat. En 2011-2012, Brest est le roi des matchs nuls avec 17 rencontres qui se sont soldées par un point. Ils terminent à nouveau en bas du classement (15ème place) et se maintiennent de justesse grâce à un but d'Issam Jemâa lors du dernier match du championnat. En 2012-2013, le Stade Brestois débute bien la saison avec 5 victoires à domicile en 6 matchs. Ils souffrent beaucoup plus à l'extérieur même si à Reims, à la 14ème journée, ils auraient mérité mieux qu'un match nul 0-0. Alors que le club réussissait à domicile, la tendance s'inverse avec, pour la première fois de l'histoire, une victoire de l'Olympique de Marseille 2 buts à 1.

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Après six saisons en Ligue 2 (2013-2019), le club renoue avec l'élite. Le coach Jean-Marc Furlan est fidèle à sa réputation en réussissant à faire remonter le club en Ligue 1. Gaëtan Charbonnier, meilleur buteur du championnat (27 buts), et Mathias Autret furent notamment les deux artisans de la montée. Dans les buts, Gautier Larsonneur, troisième gardien, devient titulaire en raison de la blessure du gardien n°1, Julien Fabri puis du départ du n°2, Donovan Léon.

L'ère Eric Roy : Stabilisation et ambitions européennes

Arrivé au chevet du Stade Brestois en janvier 2023, Eric Roy, surnommé "King Eric" par les supporters, a d'abord permis au club breton de se maintenir en Ligue 1 la saison dernière, avant de le qualifier cette saison en coupe d'Europe, soit en Ligue Europa, soit en Ligue des champions. Eric Roy a reçu son trophée des mains du sélectionneur Didier Deschamps. "On peut dire que j'ai eu un parcours atypique, en tout cas différent" a-t-il déclaré sur la scène du pavillon d'Armenonville. "Se retrouver là, c'est une grande fierté. C'est la récompense d'un club, d'un staff, la performance des joueurs.

Après la défaite au Havre ce mercredi (0-1), Eric Roy, l'entraîneur de Brest, a tenu à souligner que l'épopée européenne de son équipe, aujourd'hui 14e de Ligue 1 à égalité avec le barragiste, était bien loin. ma liste commenter réagir « On imagine la déception, après ce match…On pense toujours pouvoir obtenir quelque chose, après il faut faire plus, dans beaucoup de domaines. Ce match aurait pu finir à 0-0, le but qu'on prend, c'est un corner, un duel qu'on perd. Il nous manque beaucoup trop de choses actuellement. On est en difficulté dans les duels, dans l'utilisation du ballon, dans la partie haute, quel déchet ! Que de déchet, chez tous. À l'arrivée, tu te dis (il souffle)… Quand tu prends tes joueurs, beaucoup sont en dessous de leur niveau. Le collectif s'en ressent. Si on veut gagner des matches, il va falloir être bien meilleur. Il est encore tôt dans la saison, mais êtes-vous inquiet ?Je suis toujours inquiet. Les entraîneurs qui ne sont pas inquiets sont des fous. Je suis inquiet, mais on est presque à un tiers du Championnat. Les matches s'enchaînent, les résultats ne s'enchaînent pas dans le bon sens. Aujourd'hui, on perd un match face à un adversaire direct, de notre Championnat. C'est ça le plus difficile. Car notre Championnat, c'est celui-là. On a vu qu'on n'était pas meilleurs que Le Havre. Ceux qui le pensent, et sont encore dans un passé récent, il faut qu'ils redescendent sur terre. Je le rabâche depuis le début de saison, notre objectif sera de laisser trois équipes derrière nous. L'identité de votre équipe, c'est ce qui vous travaille ?Globalement, on a envie de voir l'identité progresser, Et on ne peut pas considérer qu'il y a une réelle progression. Le contenu n'est pas suffisant. Comme je n'ai pas toutes mes forces vives, je suis impatient d'avoir tout l'effectif à disposition, d'avoir un peu plus de choix pour pouvoir proposer d'autres choses. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. On ne va pas se réfugier derrière l'arbitre.

Liste des entraîneurs du Stade Brestois

Voici une liste non exhaustive des entraîneurs qui ont marqué l'histoire du Stade Brestois :

  • Francis Chopin
  • Armand Fouillen (17 janv. 1933 - 1 juil. 1974 - 10 févr.)
  • Alain de Martigny (9 avr. 1946 - 1 juil. 1976 - 1 juil.)
  • Dusan Nenkovic (3 oct. 1929 - 1 juil.)
  • Robert Dewilder (6 mars 1943 - 1 juil.)
  • Raymond Keruzoré (17 juin 1949 - 1 juil.)
  • Bernard Maligorne (25 juin 1943 - 1 juil.)
  • Slavoljub Muslin (15 juin 1953 - 1 juil.)
  • Yvon Le Roux (19 avr. 1960 - 1 juil.)
  • Christian-Jacques Castellan (17 oct. 1945 - 3 déc. 1991 - 26 déc.)
  • Ivica Todorov (4 juil. 1950 - 10 déc.)
  • Pierre Garcia (27 juil. 1943 - 1 juil.)
  • Denis Goavec (15 sept. 1957 - 1 juil.)
  • Pascal Robert (6 nov. 1962 - 1 juil.)
  • Sylvain Matrisciano (6 juil. 1963 - 1 juil.)
  • Albert Rust (10 oct. 1953 - 1 juil.)
  • Thierry Goudet (11 nov. 1962 - 18 mars 2006 - 19 déc.)
  • Pascal Janin (4 avr. 1956 - 24 janv. 2007 - 11 oct.)
  • Corentin Martins (11 juil. 1969 - 11 oct. 2008 - 2 nov.)
  • Gérald Baticle (10 sept. 1969 - 2 nov.)
  • Alex Dupont (30 juin 1954 - 6 mai 2009 - 26 avr.)
  • Corentin Martins (11 juil. 1969 - 26 avr.)
  • Landry Chauvin (7 déc. 1968 - 31 mai 2012 - 2 avr.)
  • Jean-Marc Furlan (20 nov. 1957 - 1 juil.)
  • Michel Der Zakarian (18 févr. 1963 - 22 juin 2021 - 11 oct.)
  • Bruno Grougi (26 avr. 1983 - 11 oct. 2022 - 3 janv.)
  • Éric Roy (26 sept. 1967 - 3 janv.)

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