L'annulation de la Coupe du Monde de Football 1946 est un événement marquant dans l'histoire du sport. Pour comprendre les raisons de cette annulation, il est essentiel de replacer cet événement dans son contexte historique et d'examiner les facteurs qui ont contribué à cette décision.
Le contexte d'après-guerre
Les annulations de compétitions sportives de masse, comme celles que nous connaissons aujourd'hui avec la pandémie de coronavirus, sont rares en dehors des périodes de conflit majeur. Seules les deux guerres mondiales ont entraîné des annulations massives de compétitions sportives. L'impact de la Seconde Guerre mondiale sur le sport a été considérable, avec l'annulation des Jeux olympiques de 1940 et 1944. En Europe, les championnats ont survécu tant bien que mal.
Les difficultés d'organisation après la Seconde Guerre mondiale
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, le monde était en ruine. Les infrastructures étaient détruites, les économies étaient dévastées et les populations étaient traumatisées. Dans ce contexte, l'organisation d'un événement sportif majeur comme la Coupe du Monde de Football était une tâche ardue.
Contraintes financières
Les pays européens, qui avaient été les plus durement touchés par la guerre, manquaient de ressources financières pour reconstruire leurs infrastructures et organiser des événements de grande envergure. L'Allemagne, qui avait accueilli la dernière Coupe du Monde en 1938, était en ruine et incapable d'organiser un tel événement.
Problèmes d'infrastructure
De nombreux stades et installations sportives avaient été détruits ou endommagés pendant la guerre. La reconstruction de ces infrastructures était une priorité, mais elle prenait du temps et nécessitait des ressources importantes.
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Préoccupations liées à la sécurité
La guerre avait laissé des traces profondes dans les sociétés européennes. Les tensions politiques et sociales étaient fortes, et il existait des préoccupations concernant la sécurité des joueurs et des spectateurs lors d'un événement public de grande envergure.
L'impact de la guerre sur les fédérations de football
La Seconde Guerre mondiale a également eu un impact important sur les fédérations de football du monde entier. De nombreuses fédérations avaient été dissoutes ou affaiblies pendant la guerre, et il était difficile de les remettre sur pied et de coordonner l'organisation d'une Coupe du Monde.
Difficultés de communication
Les communications entre les différentes fédérations étaient difficiles en raison des destructions causées par la guerre. Il était difficile d'organiser des réunions et de coordonner les préparatifs de la Coupe du Monde.
Manque de personnel
De nombreux dirigeants et employés des fédérations de football avaient été tués ou blessés pendant la guerre. Il était difficile de trouver du personnel qualifié pour organiser un événement de grande envergure.
Les alternatives envisagées
Face aux difficultés d'organisation en Europe, la FIFA a envisagé d'autres alternatives pour l'organisation de la Coupe du Monde 1946.
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Candidatures sud-américaines
Plusieurs pays d'Amérique du Sud, dont le Brésil et l'Argentine, se sont portés candidats pour accueillir la Coupe du Monde. Ces pays étaient moins touchés par la guerre et disposaient de meilleures infrastructures que les pays européens.
Décision de la FIFA
Finalement, la FIFA a décidé d'annuler la Coupe du Monde 1946 en raison des difficultés d'organisation et des préoccupations liées à la sécurité. La Coupe du Monde suivante a été organisée au Brésil en 1950.
L'essor de la télévision et son impact sur le sport
Bien que la Coupe du Monde 1946 ait été annulée, les années qui ont suivi ont été marquées par un essor important de la télévision, ce qui a eu un impact considérable sur le sport.
Les débuts de la télévision sportive
En 1948, la télévision a fait ses premiers pas et a commencé à couvrir l'actualité sportive. Bien que le nombre de téléviseurs soit limité, quelques pionniers ont déployé leurs talents pour promouvoir à la fois la télévision et le sport. Ils ont fait des captations sportives un laboratoire de la télévision et ont posé les bases de sa relation avec le monde du sport.
L'évolution de la diffusion sportive
En 1955, le volume des programmes spécialisés était de quelques dizaines d'heures sur une unique chaîne. En 1968, il était de 232 heures sur deux chaînes. En 2015, plus de 170 000 heures étaient accessibles. Les meilleures audiences télévisuelles sont toutes sportives.
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L'imbrication des enjeux médiatiques et sportifs
L'imbrication des enjeux médiatiques et sportifs, déjà frappante à la Belle Époque, a été parachevée par la télévision. Pourtant, la question des relations entre sport et télévision peine à trouver ses historiens.
Les archives nécessaires pour rajeunir cette histoire
Pour rajeunir cette histoire, l'exploitation de plusieurs gisements d'archives serait nécessaire, notamment celles de la Radiodiffusion-télévision française (RTF), des fédérations sportives et de l'Institut national de l'audiovisuel (INA).
La périodisation de l'analyse
Cette analyse embrasse une période allant des balbutiements de la télévision sportive à sa légitimation, dans un temps où l'avènement de la République gaullienne engage une politique sportive ambitieuse, par écran interposé notamment. Cette périodisation renvoie aussi à une séquence s'ouvrant sur la naissance du parc de téléviseurs et se refermant lorsque le taux d'équipement des foyers s'apprête à flamber.
Les premiers pas de la télévision sportive
À la fin des années 1940, la télévision produisait une quinzaine d'heures d'antenne chaque semaine, et le sport n'avait guère les honneurs du petit écran. Sa médiatisation restait l'affaire de la presse et de la radio.
Les premiers directs
En 1948 et 1949, deux coups d'éclat ont marqué le véritable baptême de la télévision sportive : la retransmission en direct de l'arrivée du Tour de France en juillet 1948 et la couverture en direct du match de rugby France-Angleterre en janvier 1949.
L'arrivée du Tour de France
Au printemps 1948, Wladimir Porché, directeur de la Radiodiffusion française (RDF), a décidé de retransmettre en direct l'arrivée du Tour de France. Après avoir négocié avec Jacques Goddet, patron de L'Équipe et du Tour, il a demandé à Jacques Armand, directeur des programmes, de réunir les moyens de tournage et de choisir un commentateur.
Le rugby passe à l'as
Six mois plus tard, en janvier 1949, la RTF a couvert en direct le match de rugby France-Angleterre. Claude Barma, réalisateur, a pris en charge sa couverture, et Georges Briquet, chef du service des sports de la radio, a assuré le commentaire. Mais, là encore, le « coup » a souffert de ne pas être réédité : des problèmes techniques ont empêché la diffusion du match suivant, contre l'Écosse.
Le journal télévisé, creuset du sport télévisé
En 1948, un jeune journaliste, Pierre Sabbagh, a rejoint la RTF et a contribué à faire du journal télévisé un creuset du sport télévisé.