Les Alpes, berceau des Jeux olympiques d'hiver, ont joué un rôle crucial dans le développement du hockey sur glace européen. Cet article retrace l'histoire de la Coupe des Alpes et met en lumière les équipes et les nations qui y ont participé.
Genèse des Jeux d'hiver et l'essor des sports de glace
À l'aube du XXe siècle, l'essor des sports d'hiver est le fruit d'une convergence entre le tourisme et les initiatives alpines et scandinaves. Dès le XVIIIe siècle, l'aristocratie anglaise incluait une étape alpine dans son "Grand Tour" européen. Des hôteliers visionnaires, tels que Johannes Badrutt à St-Moritz, ont su attirer une nouvelle clientèle durant la saison estivale. Ces séjours ont vu les sportifs anglais organiser des compétitions variées pour se divertir et se mesurer les uns aux autres. St-Moritz, en Suisse, abritait déjà le plus ancien club de bobsleigh au monde (1897), et a vu la création d'un club de patinage en 1902 et d'un ski club alpin en 1903.
Parallèlement, des concours de ski alpin animaient Garmisch, où le patinage artistique féminin se développait depuis 1880. En France, une "Semaine internationale des sports d'hiver" se tenait régulièrement dans les Alpes depuis 1907, à l'initiative de l'École militaire de ski de Briançon et du Club alpin français. Ces compétitions de ski nordique et de patinage, soutenues par la presse locale, connaissaient un grand succès.
Le développement des pratiques sportives hivernales dans les stations a favorisé l'idée de créer des Jeux olympiques d'hiver, encouragée par l'introduction du patinage aux Jeux d'été de Londres (1908, puis 1920) et du hockey sur glace à Anvers (1920). Pierre de Coubertin, favorable à cette idée, estimait que les Jeux olympiques devaient inclure tous les sports. En 1921, la proposition d'organiser des Jeux d'hiver, présentée au CIO par le Comte Clay et le Marquis de Polignac, a reçu un accueil favorable des instances olympiques.
Cependant, cette proposition s'est heurtée à l'opposition des pays scandinaves, soucieux de préserver l'identité des Jeux Nordiques, populaires en Scandinavie et organisés depuis 1901. La Scandinavie est, en effet, un autre berceau des sports d'hiver, avec des courses de ski organisées dès 1843 à Tromsoe (Norvège) et les premières compétitions de saut à ski en 1862. L'idée de Jeux olympiques d'hiver a refait surface lors de la désignation de Berlin pour les Jeux de 1916, avec une semaine de patinage de vitesse, de hockey sur glace et de ski nordique prévue, mais la guerre a reporté l'échéance.
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Viktor Balck (1844-1928), figure influente du sport suédois et organisateur des Jeux Nordiques, a joué un rôle déterminant dans la naissance des Jeux d'hiver. Membre influent du CIO, il a milité pour accueillir les Jeux d'été à Stockholm dès 1894 et a introduit le patinage et le hockey sur glace aux Jeux de Londres et d'Anvers.
Afin de répondre à la requête française sans heurter les Scandinaves, le CIO a trouvé un compromis en 1921 en accordant son patronage à la "Semaine internationale des sports d'hiver", rebaptisée "Semaine internationale des sports d'hiver à l'occasion des J.O d'été de 1924". Chamonix a été désignée par le comité olympique français pour accueillir cet événement. Le succès de cette manifestation (10 000 spectateurs, 250 athlètes de 16 nations concourant dans 16 épreuves) a ouvert la voie à la création officielle des Jeux olympiques d'hiver en 1925. Lors de la 25e session du CIO à Lisbonne en 1926, les épreuves de la Semaine internationale de Chamonix ont été requalifiées en premiers J.O d'hiver.
Les Alpes : un terrain de jeu idéal pour les Jeux d'hiver
Les Alpes, montagne touristique par excellence, offrent un cadre exceptionnel pour les Jeux d'hiver. Dès l'origine, les villes et stations de l'arc alpin ont régulièrement déposé leur candidature pour les accueillir. Les Jeux olympiques d'hiver sont "les Jeux de la neige et de la glace". Seuls les sports pratiqués sur ces éléments peuvent être retenus dans le programme olympique. Les villes organisatrices doivent donc garantir des conditions climatiques assurant la présence suffisante de neige et de glace au moment des Jeux.
Les zones de montagnes sont naturellement privilégiées. Jusqu'aux Jeux de Cortina d'Ampezzo (1956), les patinoires naturelles étaient largement utilisées. Pour l'édition de 1936 à Garmisch-Partenkirchen, la glace de la piste de bobsleigh était extraite du Riessersee, lui-même utilisé pour le Eisschiessen et le hockey. L'introduction du ski alpin aux Jeux de 1936 a ajouté une nouvelle condition physique : la pente. Des versants suffisamment longs, pentus et bien exposés sont désormais nécessaires. Ainsi, les conditions climatiques et topographiques doivent se combiner harmonieusement pour satisfaire aux exigences olympiques. Avec leurs vastes domaines skiables, les Alpes sont une terre d'accueil idéale pour les Jeux.
D'autres critères expliquent la concentration des Jeux dans ce massif. Les Jeux d'hiver sont les Jeux de l'hémisphère nord. L'appropriation des Jeux d'hiver par un noyau de Comités Nationaux Olympiques est forte. Les Alpes ont deux atouts complémentaires : sur le plan géopolitique, elles se partagent entre plusieurs nations, multipliant ainsi les possibilités d'alternance entre pays. Surtout, l'enracinement alpin de la tradition olympique est très fort : les CNO les plus anciens sont ceux qui comptent le plus d'organisations des Jeux.
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Les Comités Nationaux Olympiques (CNO) des pays alpins
Les CNO des pays alpins comptent parmi les plus anciens de la famille olympique. La France a accueilli cinq fois les Jeux, deux d'été et trois d'hiver. Le CNO helvétique est celui qui a le plus souvent candidaté, alors que la Suisse n'a accueilli que deux fois les Jeux d'hiver, et jamais ceux d'été. L'Allemagne est la troisième puissance sportive mondiale, mais la première pour les succès olympiques d'hiver. L'Autriche envoie régulièrement de fortes délégations aux Jeux d'hiver, mais a attendu 1960 pour se porter candidate. Le CNO italien a envoyé de fortes délégations aux Jeux qu'il a accueillis deux fois.
Les Alpes ont d'autres atouts : ce vaste territoire est une montagne profondément humanisée, offrant une gamme complète de villes, des stations de haute altitude aux grandes agglomérations, toutes assez proches les unes des autres, bien équipées et accessibles.
Caractéristiques des villes olympiques alpines
Les villes olympiques de l'arc alpin offrent un terrain d'observation privilégié des Jeux d'hiver et de leur évolution, permettant d'en dresser une typologie de portée générale.
La Coupe des Ligues Européennes : une compétition éphémère
La Coupe des ligues européennes est une ancienne compétition internationale de club de hockey sur glace, organisée lors des saisons 1994-95 et 1995-96. Elle opposait les meilleures équipes de quatre ligues composées de clubs venant d'Autriche, du Danemark, de France, d'Italie, des Pays-Bas et de Slovénie.
En 1991, l'Alpenliga voit le jour. Pour la saison 1994-95, l'Alpenliga est composée de clubs de l'Ouest de l'Autriche et du nord-Ouest de l'Italie auxquelles s'ajoutent des équipes venant des Alpes françaises. Trois nouvelles ligues sont également créées. Les meilleures équipes de chacune de ces ligues sont ensuite rassemblées au sein d'un tournoi final, la Coupe des ligues européennes. La saison suivante, les ligues Adriatique et Danube disparaissent et l'Alpenliga reprend son cours avec son propre tournoi final sans prendre en compte les équipes de la Ligue Atlantique. Les Dragons de Rouen, vainqueur de la Ligue Atlantique, convainquent le VEU Feldkirch, champion de l'Alpenliga, de jouer la finale. Avec la mise en place de la Ligue européenne de hockey lors de la saison 1996-1997, la coupe des ligues européennes est condamnée à disparaître.
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