Le football en Côte-d'Or a une histoire riche et complexe, marquée par des fusions, des montées, des descentes et des moments de gloire en Coupe de France. Cet article retrace l'évolution du football dans la région, depuis les premières associations jusqu'à l'émergence du Dijon Football Côte-d'Or (DFCO).
Les Premières Associations et la Genèse du Football Dijonnais (1903-1978)
L'histoire du football à Dijon débute en 1903 avec la fondation du Cercle Laïque Dijonnais. Ce club pionnier fusionne en 1945 avec le Football Club Dijon, créé en 1938, donnant naissance au Cercle Sportif Laïque Dijonnais. Le nouveau club évolue en Division d’Honneur de Bourgogne et remporte son premier titre de champion de Bourgogne au printemps 1960 sous la direction de Julien Darui, ancien gardien international devenu entraîneur.
Malgré cette promotion, des désaccords internes poussent Darui à quitter son poste. Dijon ne parvient pas à se maintenir en CFA, mais retrouve l’élite amateur dès 1962. Sous la houlette de Glovacki, successeur de Danzelle, Dijon présente une formation solide et décroche le titre de champion du groupe Centre de CFA en 1965. Cependant, ce succès est éphémère. Refusant le statut professionnel malgré les propositions de la Ligue, les dirigeants dijonnais provoquent l’éclatement de l’équipe, et le club retombe en Division d'Honneur dès 1967.
Après un bref retour en CFA (1969-1971), Dijon se contente de la Division d'Honneur. Philippe Piat, ancien joueur dijonnais parti en raison du refus du statut professionnel, revient au club et mène une équipe principalement composée de jeunesJuniors à la promotion en Division 3 au printemps 1974. La municipalité salue cette accession en dotant le stade municipal d’installations électriques pour les matches en nocturne. Dijon retrouve la Division d'Honneur deux saisons plus tard.
En 1978, plusieurs petits clubs de Dijon (le Gazélec Dijon, le Centre Social Grésilles et l’Association Sportive Fontaine d’Ouche) fusionnent pour former le Dijon Football Club. Le Dijon FC devient le concurrent du Cercle Sportif Laïque Dijonnais, qui en 1979, est renommé Cercle Sportif Dijonnais.
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L'Ascension du Cercle Sportif Dijonnais et la Naissance du DFCO (1979-1998)
Le Cercle Sportif Dijonnais accède en Division 2 le 5 juin 1987, avec Jean-Claude Dubouil aux commandes et Jean-Pierre Coron à la présidence. Le club se maintient trois saisons avant de terminer dernier de la saison 1990/1991 et d'être rétrogradé en Division 4 en raison de difficultés financières. Sous la présidence de Jean-Paul Truchot, le Cercle parvient à remonter en 3e division en 1992/1993 et manque de peu la montée en Division 2. En raison des réformes des championnats, le Cercle redescend au niveau CFA en 1996/1997.
À l'été 1997, le Dijon FC se retrouve au même niveau que le Cercle. Le Dijon FC a vu le jour le 11 mai 1978 grâce à la fusion de trois clubs : l’AO Gazélec Dijon, l’AS Fontaine d’Ouche et le CS Grésilles, avec pour but d'unir les forces et créer un grand club à Dijon. Le Cercle reste cependant à l'écart de cette fusion. La structure du Dijon FC est complexe : les trois clubs à l’origine de la fusion ne disparaissent pas et continuent de posséder des équipes de jeunes. Ces joueurs intègrent par la suite le Dijon FC à partir de la section Minime. Les clubs de Fontaine d’Ouche et des Grésilles sont de petits clubs de quartier créés peu avant 1978 jouant au niveau départemental. Le Gazélec évolue dans un bon niveau à savoir la 3éme Division régional et est le principal fournisseur de joueurs de la future entente. D’abord évoluant au stade de L’éveil, le Dijon FC déménage par la suite au stade de le Fontaine d’Ouche qui deviendra son siège.
Lors de la saison 1989-1990, les hommes du nouvel entraineur Daniel Joseph, réalisent leur première année au plus haut niveau régional. Malgré une relégation en fin d’exercice, les dijonnais remontent immédiatement et manque de peu l’accession en National 3 pour la saison 1992-1993. Maintenu en N2, les Dijonnais intègrent le nouveau championnat CFA pour la saison 1997-1998 où ils retrouveront le Cercle. Cette saison là est très difficile et le Dijon FC termine lanterne rouge du championnat tout en sachant que la fusion interviendra en fin de saison.
La Fusion et les Premières Années du DFCO (1998-2007)
En 1998, un nouveau club naît de la fusion du Cercle Dijon Football et du Dijon FC, sous la présidence de Bernard Gnecchi : le Dijon Football Côte-d’Or (DFCO). Noël Tosi est le premier entraîneur du DFCO, qui évolue alors en CFA. Le DFCO élimine Bastia (D2) en Coupe de France (2-1) le 24/01/99.
Au bout de seulement deux ans en CFA, le DFCO obtient une montée en National à Calais lors de la dernière journée. La saison se termine en apothéose par le titre de champion de France Amateur conquis à Brest. Daniel Joseph succède à Noël Tosi. En octobre 2001, Mario Relmy remplace Daniel Joseph.
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En 2003, Rudi Garcia devient l'entraîneur du DFCO et professionnalise le club. L'année 2004 est marquée par un long parcours en Coupe de France, avec des victoires contre Saint-Étienne, Lens, Reims et Amiens, avant de s'incliner en demi-finale face à Châteauroux (0-2). Le DFCO monte en Ligue 2 après un succès sur Romorantin (3-1) lors de l’ultime journée.
Pour sa première saison en Ligue 2, le DFCO termine à la 4e place. Le club s'impose face à Amiens et évoluera désormais en rouge. En 2006, le Centre d’entraînement des Poussots est inauguré.
L'Ère Post-Garcia et l'Accession en Ligue 1 (2007-2012)
En juin 2007, Rudi Garcia quitte le DFCO pour rejoindre Le Mans. Il est remplacé par Serge Romano, puis par Faruk Hadžibegić, qui parvient à éviter la relégation en National et à atteindre les quarts de finale de la Coupe de France.
En 2009, l'ancien Vert Patrice Carteron est nommé entraîneur du DFCO. La saison 2010/2011 restera à jamais gravée dans toutes les mémoires, avec la première accession en Ligue 1. Sebastian Ribas est élu meilleur joueur de Ligue 2.
La saison 2011/2012 marque la première expérience du DFCO en Ligue 1, malheureusement conclue par une relégation.
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Reconstruction et Retour en Ligue 1 (2012-2018)
En 2012, Olivier Delcourt est nommé Président du DFCO. Olivier Dall'Oglio, précédemment à la formation, reprend l'équipe première. En 2013, le Centre de Formation ouvre ses portes au stade des Poussots.
Les saisons 2013/2014 et 2014/2015 sont de qualité, le DFCO s’installant continuellement dans le haut de tableau. Après avoir passé 35 journées sur le podium, le DFCO manque de peu le titre (2e), remporté par l’AS Nancy-Lorraine, mais obtient son sésame pour la Ligue 1 ! Dans le même temps, le club continue de moderniser ses infrastructures avec la construction d’une nouvelle tribune Est.
Les supporters dijonnais ne patienteront qu’une année supplémentaire, puisque le DFCO retrouve l’élite du football français au terme d’une saison 2015/2016 de tous les records. Éprouvante pour les nerfs, la saison 2016/2017 voit le DFCO se maintenir lors des ultimes journées. Un précieux succès face à Nancy (2-0) à Gaston-Gérard lors de la 37e journée, puis un match nul à Toulouse (0-0), avaient permis aux coéquipiers de Cédric Varrault de valider le premier maintien du DFCO (16e avec 37 points) parmi l’élite ! La saison 2017/2018 est moins angoissante et très réjouissante. Malgré un départ poussif, dû à un calendrier compliqué, le DFCO obtient un maintien rapide (11e), compte parmi les meilleures attaques du championnat et reçoit régulièrement des éloges des observateurs pour son style offensif. Le stade Gaston-Gérard est dotée d’une nouvelle tribune Est, nommée Caisse d’Epargne BFC, qui lui donne une toute autre envergure. Avrès une saison pleine, la section féminine du DFCO accède à la D1 après une victoire sur Croix-de-Savoie Ambilly (4-0) le 29 avril 2018.
Difficultés et Relégations (2018-2023)
Lors de la saison 2018/2019, malgré une place de co-leader avec le PSG après trois journées, le parcours dijonnais va se noircir. A la mi-saison, Antoine Kombouaré succède à Olivier Dall’Oglio sur le banc. Le DFCO arrache in extremis la 18e place, lui permettant de jouer les barrages face au RC Lens. Après un duel aller-retour qui restera historique, les Rouges conservent leur place en Ligue 1 ! A l’intersaison, Stéphane Jobard, figure historique du club, est nommé entraîneur. Après un début de saison compliqué, le DFCO parvient à relever la tête et s’extirper de la zone rouge, grâce notamment à un parcours remarquable à domicile (10 matchs consécutifs sans défaite). Devant son public, le DFCO réalisera même un bel exploit en s’imposant face au Paris Saint-Germain de Kylian Mbappé (2-1) ! Finalement, cette saison 2019/2020, tronquée par l’épidémie de Covid-19, verra le DFCO se classer à la 16e place. La saison 2020/2021 sera particulièrement difficile, entre stades vides et résultats sportifs décevants. Les hommes de Stéphane Jobard, puis de David Linarès qui a accepté de relever le défi en cours de saison, n’ont jamais trouvé la solution et ont terminé à la dernière place du classement, synonyme de relégation en Ligue 2. De retour en Ligue 2, le DFCO prend ses quartiers dans le nouveau centre d’entraînement à Saint-Apollinaire. Patrice Garande prend la direction du groupe professionnelle en septembre 2021 et termine à la 11e place de la saison 2021/2022. Omar Daf, assisté de Stéphane Mangione qui signe son retour au club, éprouveront des difficultés à relancer la machine DFCO durant la saison 2022/2023. Olivier Delcourt désignera Pascal Dupraz comme entraîneur avec comme mission de sauver le club de la relégation en National. Malgré un redressement spectaculaire, le DFCO échouera finalement lors de la dernière journée après une défaite contre Le Havre, promu de son côté en Ligue 1. Le DFCO retrouve le troisième échelon national. Benoît Tavenot prend les commandes de l’équipe et signera une saison honorable avec une 4e place du National, mais quittera le club pour rejoindre le SC Bastia, son club de coeur.
Le DFCO Aujourd'hui (Depuis 2024)
Le 2 juillet 2024 a lieu la transmission du club entre Olivier Delcourt (12 années de présidence) et Pierre-Henri Deballon, qui devient le troisième Président du DFCO. Né à Dijon, Pierre-Henri Deballon a connu la réussite avec la co-fondation de Weezevent, leader européen de la billetterie. Il a comme objectif de permettre au DFCO de retrouver une spirale positive. Il nomme Baptiste Ridira comme entraîneur.
De son côté, la section féminine continue de se développer avec des maintiens successifs en Division 1, parfois dans la difficulté (10e en 2021/2022 et 2022/2023, 8e en 2023/2024). Le DFCO s’installe petit à petit parmi l’élite du football français.
Épopées en Coupe de France : Des Souvenirs Mémorables
Le DFCO a connu plusieurs épopées marquantes en Coupe de France. La saison 2003-2004 reste gravée dans les mémoires avec un parcours exceptionnel jusqu'en demi-finale. Le DFCO élimine Bastia (D2) en Coupe de France (2-1) le 24/01/99. En 2003, le DFCO enregistre l’arrivée de Rudi Garcia qui va professionnaliser le club. 2004 sera une grande année : un très long parcours en coupe de France avec les exploits de sortir Saint-Etienne, Lens, Reims et Amiens, avant de tomber à Châteauroux en demi-finale, et une montée en Ligue 2 acquise face à Romorantin lors de l’ultime journée. En seizièmes de finale, le DFCO avait réussi l'exploit de l'emporter face à Lens, club de Ligue 1, en janvier 2004.
Ce mercredi 12 février, à 18 h 30, le Dijon FCO affronte le Paris-Saint-Germain en quarts de finale de la Coupe de France au stade Gaston-Gérard. C'est la quatrième fois que les footballeurs dijonnais atteignent ce stade de la compétition. En avril 2008, ils s'étaient inclinés 1-0 face au Amiens SC. Un club contre lequel l'équipe de la cité des ducs l'avait emporté sur le même score quatre ans auparavant alors qu'il était en National, lui permettant de participer à la demi-finale. Une épopée qui a fait rêver de nombreux Côte-d'Oriens, même si ce rêve se brisa face à l'équipe de Châteauroux (0-2).
Ce soir-là, les joueurs du Dijon FCO affrontaient en demi-finale de la Coupe de France l'équipe de Châteauroux. Un "événement historique" pour le club côte-d'orien, alors en National, qui atteignait-là, pour la première fois, ce stade de la compétition.
Il faut dire que Sébastien Heitzmann et ses coéquipiers avaient signé plusieurs exploits lors de cette saison. Après un match remporté aux tirs au but face à l'AS Saint-Etienne (Ligue 2), en trente-deuxièmes de finale, ils avaient réussi l'exploit de gagner 2-1 face au RC Lens, club de Ligue 1, en janvier 2004, lors des seizièmes de finale. Et c'est en battant Amiens (Ligue 2) 0-1 qu'ils avaient pu accéder, pour la première fois de leur histoire, à la demi-finale de la Coupe de France. Un événement pour le football dijonnais. Rudi Garcia, coach du DFCO à l'époque, avait, la veille de la rencontre à Châteauroux, fait travailler plusieurs schémas à son équipe "afin de choisir le plus adapté pour compenser l'absence au milieu de Raphaël Livramento pour cause de suspension", notait Le Bien public dans son édition du 28 avril 2004.