Comprendre le Rugby : Techniques, Règles et Stratégies

Le rugby est un sport complexe et passionnant, qui allie force physique, stratégie et technique. Des bases du jeu aux subtilités du bottage, cet article explore les différents aspects du rugby pour une meilleure compréhension.

Les bases du jeu

Un match de rugby oppose deux équipes de 15 joueurs sur un terrain de 100 mètres de long et environ 70 mètres de large. Chaque équipe est composée de 8 avants et 7 trois-quarts. L'objectif principal est de marquer plus de points que l'adversaire en respectant les règles du jeu.

Un match commence par un coup d'envoi. Après le coup d'envoi, tout joueur en jeu peut se saisir du ballon et courir en le portant. Un joueur peut lancer le ballon ou le botter, le donner à un autre joueur, plaquer, tenir ou pousser un adversaire porteur du ballon, tomber sur le ballon ou prendre part à une mêlée ordonnée, une mêlée spontanée (ruck), un "maul" ou un alignement. Toute action d'un joueur doit être effectuée dans le respect des règles du jeu.

Manières de marquer des points

Il existe plusieurs façons de marquer des points au rugby :

  • L'essai (5 points) : Un joueur doit franchir la ligne d’en-but adverse et plaquer le ballon au sol dans la zone d’en-but adverse.
  • La transformation (2 points) : Après avoir marqué un essai, l'équipe a la possibilité de tenter une transformation, qui est un coup de pied pour ajouter 2 points supplémentaires. La transformation se fait depuis une ligne perpendiculaire à l'endroit où l'essai a été marqué et est validée si le ballon passe entre les poteaux et au-dessus de la transversale.
  • L'essai de pénalité (5 points) : Un essai de pénalité est attribué lorsque l'arbitre estime qu'une faute intentionnelle ou répétée a empêché l'adversaire de marquer un essai. Comme pour un essai classique, un coup de pied de transformation valant 2 points peut être tenté après un essai de pénalité.
  • La pénalité (3 points) : Une pénalité est une occasion de marquer des points lorsque l'équipe adverse commet une faute. L'équipe qui bénéficie de la pénalité a le choix entre tenter un coup de pied au but, choisir une mêlée ou une touche. Si l'équipe décide de tenter un coup de pied au but et le réussit, elle obtient 3 points. Le coup de pied au but doit être effectué depuis l'endroit où la faute a été commise. Si l’endroit où la pénalité a été accordée est proche des poteaux, l’équipe tente habituellement de marquer un but par un coup de pied placé. Le ballon est placé sur un socle et le botteur tente de le botter entre les poteaux et au-dessus de la barre transversale.
  • Le drop (3 points) : Le drop ou drop-goal est un geste technique qui vaut 3 points s'il est correctement exécuté. Pour marquer un drop, un joueur doit, dans le cours du jeu, laisser tomber le ballon, puis le botter. Le ballon doit ensuite passer entre les poteaux de but adverses. Cette méthode est souvent utilisée lorsque l'équipe est proche de la ligne d'en-but adverse, mais ne peut pas marquer un essai. L'action consiste à lâcher le ballon des mains et frapper du pied juste après son rebond au sol. Ce type de coup de pied sert pour certaines remises en jeu, mais aussi à marquer des points si le ballon passe entre les poteaux adverses et l'action s'appelle alors un drop-goal. Réussir un drop s'avère nettement moins facile que le simple geste pourrait l'indiquer.

En plus des méthodes ci-dessus, les équipes de rugby ont également la possibilité de bénéficier d'un bonus offensif. Pour obtenir un bonus offensif, une équipe doit marquer au moins 4 essais lors d'un match, quel que soit le résultat final. Un bonus offensif rapporte un point supplémentaire au classement, en plus des points de victoire ou de match nul traditionnels. Ce bonus est en application lors de plusieurs compétitions comme la Coupe du Monde, le Tournoi des 6 nations et la Coupe d’Europe.

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Le jeu au pied : une arme stratégique

Avoir un maître artilleur dans une équipe de rugby permet d’économiser des litres de sueur pour conquérir quelques pauvres mètres de terrain avec des fantassins. Un bon coup de pied bien ajusté peut vous permettre de gagner plusieurs dizaines de mètres sans prendre aucun risque. C’est sans parler de l’aspect psychologique du coup de pied tactique: un dix qui te trouve des touches de ses 22 jusqu’aux 22 adverses, ça débarrasse, et ça rassure toute une équipe pendant que ça met la pression sur l’autre. Les britanniques l’ont bien compris et sont réputés pour être des experts en balistique ovale.

Pour s’entraîner à buter, il y a d’abord deux erreurs communes à éviter. Premièrement, il faut éviter de s’entraîner à taper durant les entraînements collectifs. L’entraînement du buteur est un exercice individuel, ou à effectif ultra-réduit, et se fait pendant les heures sup, en solitaire, pas quand il y a cinquante gonzes sur le pré. Deuxièmement, il ne faut pas s’entraîner avec plusieurs ballons, de marque et de pressions différentes. L’idéal étant d’avoir votre propre ballon de rugby pour vous entrainer, et de toujours utiliser la même pression (la pression règlementaire d’un ballon de rugby officiel est comprise entre 65.71 à 68.75 kilopascals).

Le mini-rugby au pied

Le mini-rugby au pied est une variante du rugby qui met l'accent sur le jeu au pied. Il se joue avec deux équipes de un, deux ou trois joueurs. Le but du jeu est de gagner du terrain afin de s’approcher suffisamment des poteaux adverses pour se mettre en position de tenter un drop ou une pénalité. Tous les coups d’envoi et de renvoi (après marquage de points) sont tapés en drop selon la règle du renvoi aux 22. Tous les joueurs doivent taper et buter dans un tour de rôle établi, chaque équipe définit et annonce à l’adversaire l’ordre immuable dans lequel ses joueurs vont taper.

L’attaquant dont c’est le tour de jouer donne un coup de pied, cherchant à gagner un maximum de terrain en visant une zone dégarnie ou la touche. Les défenseurs deviennent attaquants en récupérant le ballon, et le joueur dont c’est le tour tape, à hauteur ou en retrait du point le plus proche de son en-but où le ballon a roulé. Aucune course avec ballon, seule une passe est éventuellement autorisée pour donner la balle au joueur dont c’est le tour de taper (s’ouvrir l’angle de tir au moyen d’une passe est autorisé). Les touches sont jouées à hauteur exacte de l’endroit où le ballon est sorti et à 5 m de la ligne de touche.

L'importance du buteur

Dans le rugby moderne, le buteur détient un rôle plus que jamais prépondérant. Du cadet au senior, de l’amateur au professionnel, un buteur efficace est un atout redoutable pour le rendement d’une équipe. Maîtriser cet exercice n’est pas donné à tout le monde. Parce qu’avoir dans ses pieds la clé d’un match n’a pas de prix, voici les secrets de la réussite d’une pénalité ou d’une transformation.

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Passer le ballon entre les poteaux est un geste technique complexe car il implique un savant dosage entre puissance et précision. Suivant les conditions météorologiques et l'endroit du terrain, le buteur doit sans cesse faire un compromis entre ces deux paramètres. À cela vient s’ajouter le gros du travail: la technique de base, qui se décompose en plusieurs étapes distinctes.

La technique de base du buteur

  • La prise des marques : La première étape est la pose du ballon. Le buteur utilise un tee, socle en plastique surélevant le ballon pour augmenter la zone de frappe du ballon. Lors de la pose, il est préférable de placer la couture face aux poteaux. Vient ensuite la prise d’élan. Pour que chaque coup de pied soit régulier, cette distance doit absolument être la même à chaque tentative. Un buteur droitier va placer son pied gauche à coté du ballon et son pied droit derrière le ballon. Après avoir regardé la cible (les poteaux) et s’être placé dans son axe, il fait quelques pas en arrière, avant de se décaler sur son côté gauche pour déterminer l’angle du pied de frappe. Le nombre de pas varie selon les individus, allant généralement de 2 à 4 en reculant, et de 1 à 3 en se décalant.

  • La course d’élan : La distance de cette course d’élan détermine la vitesse à laquelle veut arriver le buteur. Il peut varier cette vitesse en réglant l’intensité de son déplacement. La difficulté ici va être de coordonner ses mouvements car la distance d’élan elle, ne varie pas. Autrement dit, qu’il accélère ou qu’il ralentisse le joueur ne doit pas varier son amplitude des foulées afin d’être correctement placé au moment de la frappe.

  • La frappe : La zone d’impact du pied se situe au niveau des lacets, du côté intérieur du pied, à mi-distance entre les orteils et la cheville. Coté ballon, la zone d’impact à privilégier se situe entre le petit axe (largeur), et la pointe du bas du ballon. Le buteur doit suivre une gestuelle bien précise. Avant la frappe, la jambe d’appui est légèrement fléchie. L’épaule de la jambe d’appui est orientée vers les poteaux. La jambe du pied de frappe elle, est fléchie vers l’arrière pour que le pied prenne de la vitesse. Le bassin est en rétro-version (dirigé vers le bas) face au ballon. Le buste est légèrement en arrière (poitrine qui sort) et le bras du côté de la jambe d’appui est allongé à l’horizontale pour garder l’équilibre. Le regard est sur le ballon. Au moment de la frappe (traversée du ballon), les jambes se tendent. Le bassin et les épaules sont face à la cible. Le bras de la jambe de frappe s’allonge à l’horizontale pour que le corps reste en équilibre.

  • Le prolongement de la frappe : Une fois le ballon propulsé, le buteur ne coupe pas son mouvement car cela peut altérer la puissance et la précision du coup de pied. Le pied de frappe doit continuer son mouvement vers l’avant et monter assez haut. Le geste se termine par un sursaut du joueur, montrant qu’il a bien traversé le ballon lors de la frappe.

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L'aspect mental du buteur

Etre un grand buteur, c’est aussi être costaud mentalement. Dès la prise de marque, il doit faire abstraction de l'environnement extérieur pour se concentrer uniquement sur son mouvement à exécuter. Se concentrer pour visualiser la trajectoire et les gestes à suivre, mais également pour se relâcher au maximum. Il faut veiller à ne pas être crispé, à ce que tous les muscles, du haut et du bas, soient relâchés. Le meilleur exemple à suivre pour progresser est sans aucun doute : Jonny Wilkinson, le meilleur marqueur de l'Histoire de la Coupe du monde et véritable «Kicking machine».

Conseils pour améliorer sa technique de tir au but

  • Choisir le bon tee : Il est préférable d’utiliser un tee avec une certaine hauteur comme les télescopiques.
  • Inclinaison du ballon : L’inclinaison du ballon doit être régulière entre les différentes tentatives de tir au but.
  • Position du ballon : Lors de la pose, il est préférable de placer la couture face aux poteaux.
  • Pas de recul : Partir du même endroit et reculer dans les mêmes directions. Pour les jeunes buteurs, il est conseillé d’avoir une approche lente et contrôlée.
  • Position du pied d'appui : Le pied d’appui, celui qui ne frappe pas le ballon, doit venir se positionner à côté du tee. La distance entre le tee et le pied d’appui correspond généralement à la largeur de votre bassin.
  • Traversée de la balle : Pour cela, mieux vaut éviter de finir sur le talon et encore moins en reculant !
  • Taper plusieurs séries de balles à 22 mètres en face des poteaux : Le buteur ne risque pas de désorganiser sa technique du fait de la distance. Les bases sont acquises, la technique est durablement installée.

Le plaquage : technique défensive essentielle

En rugby, le défenseur ne peut intervenir que de deux manières différentes lorsque son adversaire est en possession du ballon : l'interception ou le plaquage. Le plaquage est un geste beaucoup plus technique qu'il n'y paraît au premier abord.

Le plaquage ne peut être asséné qu'en-dessous de la ligne des épaules (au-dessus, il est considéré comme dangereux et est passible d'une pénalité, voire d'un carton), et effectué avec les bras (ce qui implique de saisir l'adversaire), donner un coup d'épaule à l'attaquant étant également passible de pénalité.

Lorsque le défenseur est en poursuite par rapport à l'attaquant, il s'agira simplement pour lui de le faire tomber. Pour cela, il devra le saisir à la taille, serrer ses bras, et se laisser glisser le long des jambes de l'attaquant. En revanche, de face (situation la plus fréquente), la donne n'est pas la même. Le plaqueur, comme l'attaquant, doit chercher à avancer par rapport à la ligne d'avantage. Le but du défenseur est alors d'effectuer un plaquage "positif" qui dans le pire des cas doit empêcher l'adversaire d'avancer, et dans le meilleur des cas le faire reculer.

Pour cela, le défenseur doit ralentir sa course juste avant l'impact, et bien se baisser pour se trouver sur ses appuis. Sa tête doit se positionner "à l'intérieur" par rapport à l'axe de course de l'attaquant, le plaquage se réalisant donc avec l'épaule extérieure (cela afin d'anticiper tout crochet intérieur de la part de l'attaquant). Après l'impact, il s'agit simplement de pousser avec ses jambes (plus encore qu'avec son dos) pour faire reculer l'assaillant.

La mêlée : une phase de jeu spécifique

La mêlée, aussi appelée mêlée fermée ou ordonnée, est une phase de jeu cruciale qui se forme à l'endroit où il y a eu faute ou arrêt de jeu ou au plus près de ce point. À ne pas confondre avec le ruck ou mêlée spontanée ou ouverte. La mêlée fermée engage 8 joueur·ses de chaque équipe (les avants). Lorsqu'il y a un en-avant, c'est-à-dire quand l'équipe qui attaque fait tomber le ballon au sol vers l'avant ou quand une passe est réalisée vers l'avant, il y a une mêlée fermée.

Pour former une mêlée, les avants de chaque équipe se regroupent en un pack, un bloc pour faire simple. Les deux packs se mettent en place, alignés face à face pour essayer de conquérir le ballon. L’arbitre donne le signal et les joueur·ses des deux packs se lient (s’accrochent par les bras et les mains à leur coéquipier·ère ou leur adversaire). Le·la demi de mêlée introduit le ballon en mêlée, le dépose au centre, mais toujours par la gauche. Si les joueur·ses poussent avant que le ballon ne soit introduit, l’arbitre ordonne des sanctions. Pour éviter de faire écrouler la mêlée ou de causer des blessures, les joueur·ses doivent avoir les épaules au même niveau que le bassin. La mêlée prend fin quand le ballon est sorti.

Les règles et l'esprit du jeu

Au rugby, on avance avec le ballon… mais uniquement en le passant en arrière ! Si tu fais une passe en avant, l’arbitre siffle une mêlée. Tu as aussi la possibilité de carrer au pied. Quand tu portes le ballon, n’importe quel joueur peut te plaquer… tant qu’il te prend sous la ligne des épaules. Une fois plaqué, tu dois libérer le ballon. Là, se forme un ruck : les joueurs des deux équipes se battent pour récupérer ou protéger le ballon, en restant debout et en se poussant.

Le rugby est connu pour son esprit de fair-play. On respecte les décisions de l’arbitre (même quand on n’est pas d’accord !) et on respecte les adversaires. Les joueurs de rugby se battent durement sur le terrain, mais toujours dans le respect des règles et de l’adversaire.

L'équipement du joueur de rugby

Le casque est un équipement autorisé par l'IRB. Utilisé en majorité chez les avants, il sert à prévenir les lésions au niveau de la tête. Un joueur peut porter un casque en matériau souple et fin à condition qu'aucune partie dudit casque n'ait une épaisseur supérieure à 1cm lorsque le matériau n'est pas comprimé et qu'aucune partie du casque n'ait une densité supérieure à 45 kg par mètre cube.

Les avants, surtout les joueur·ses en première ligne, sont les plus concerné·es par ce qu'on appelle “les oreilles en chou-fleur”. Cette pathologie, la périchondrite, se manifeste par une déformation du cartilage et du pavillon qui, à force de coups violents et de frottements, devient flétri tel un chou-fleur : d’où ce nom. C'est le sang qui, en s'accumulant entre la peau et le cartilage de l'oreille, forme un hématome. Hématome après hématome, l'oreille s'épaissit, le pavillon gonfle et prend cet aspect cabossé si particulier. D'ailleurs, c'est pour cette raison que certain·es joueur·ses portent des bandages ou un casque.

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