Le Comité de la Gironde de Basketball, fort de ses 68 clubs et 13 200 licenciés, est confronté à des défis majeurs, allant des incivilités croissantes sur les terrains à la nécessité de promouvoir le basket 3x3. Cet article explore les différentes initiatives mises en place par le comité pour contrer ces problèmes et dynamiser le basketball dans la région.
Incivilités sur les terrains : un problème croissant
Le basket-ball, comme d'autres sports, n'est pas épargné par les incivilités de bord de terrain. Cris, insultes, et même agressions se multiplient dans le basket amateur, une situation de plus en plus fréquente les week-ends. Le Comité Départemental de Basket de Gironde a tiré la sonnette d'alarme face à cette recrudescence. Selon le comité, "32 % des dossiers disciplinaires sont engendrés par des comportements inappropriés dans les tribunes, notamment des parents".
Une jeune arbitre témoigne avoir été harcelée en plein match par un père qui commentait chacune de ses actions. Bien qu'elle refuse de se laisser atteindre par les injures, elle reconnaît que "ce qui peut me mettre mal, c’est le public qui sort de sa zone pendant le match".
Célia, mère de deux enfants basketteurs, dont une fille qui arbitre des matchs, est atterrée par le comportement lors des matchs de basket, particulièrement dans les catégories U11 à U15. Elle déplore que "au lieu de râler et de sortir, ils s’adressent directement à l’arbitre. J’ai vu des parents aller sur le terrain au quart-temps et mi-temps et aller voir l’arbitre".
Au club de Basket de Lormont, le président Jonathan Deswarte observe une montée de la violence depuis huit ans. Il parle de "fléau" et d'une accélération ces quatre dernières années, déplorant surtout le comportement des parents de jeunes joueurs. Il raconte : "Ces situations d'incivilités, on les a vécues, on les a gérées. J'ai déjà eu des bénévoles qui ont appelé les forces de l'ordre".
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Opération "Tribunes Vides" : une action coup de poing
Face à cette situation alarmante, le comité de basket de Gironde a organisé une opération coup de poing en mettant en place une semaine entière de sensibilisation, à l'attention des 13 500 licenciés du département et en organisant une opération "Tribunes vides". Le week-end du 18 janvier 2025, toutes les rencontres départementales se sont déroulées à huis clos. Cette mesure radicale visait à alerter sur les incivilités venant des tribunes.
Cette opération "tribunes vides" reproduit les conditions d’un huis clos. "Il faut qu’ils prennent conscience qu’un huis clos n’est pas drôle et que ce n’est pas rigolo pour les gamins de voir un arbitre se faire agresser sur le terrain par un papa qui dégoupille", explique Cécile Doumax.
L'objectif principal de cette initiative était de faire prendre conscience aux spectateurs, et particulièrement aux parents, que leur rôle est uniquement d'encourager leur équipe. "Le public a pour seul rôle d’encourager son équipe. On ne demande pas aux papas, aux mamans ou aux joueurs dans les tribunes de coacher, de crier des consignes et d’arbitrer depuis leur siège", rappelle Cécile Doumax. Des flyers ont été édités par le comité de basket de la Gironde pour alerter le public et rendre cette action coup de poing utile.
Conséquences des incivilités
Les incivilités ont des conséquences néfastes sur le bénévolat. Découragés, de nombreux bénévoles manquent à l'appel et ne sont pas là pour rappeler les règles aux parents. Ceux qui les remplacent en catastrophe sont souvent moins bien formés, ce qui propage la tension. Célia, par exemple, a abandonné son engagement à la table de marque et à la gestion d'une salle de match après un incident avec un coach.
De plus, le comité rappelle qu’une entrée sur le terrain pendant un match sans l’accord de l’arbitre entraîne l’ouverture d’une procédure disciplinaire, et chacune d’entre elles coûte 320 euros au club.
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Le Festival Bordeaux 3x3 : promotion du basket de rue
Outre la lutte contre les incivilités, le Comité de Gironde de Basketball s'investit dans la promotion du basket 3x3. Le Festival Bordeaux 3x3 est l'un des plus gros événements de basket 3x3 en France. Organisé par la Ligue Nouvelle-Aquitaine de basket-ball, en partenariat avec le comité, cet événement transforme la placette de Munich, sur les quais de Bordeaux, en une arène de basket pendant une semaine.
Jeunes amateurs et joueurs de haut niveau, dont certains athlètes ayant participé aux Jeux olympiques, sont attendus à l’occasion du Festival Bordeaux 3×3. Tout au long du festival, un village est installé avec des stands, des animations musicales et urbaines, des food trucks et une buvette.
Le festival propose des compétitions pour différentes catégories d'âge, des U13 aux joueurs internationaux. "C’est un bel événement qui permet de faire la promotion du basket 3×3 auprès des jeunes. La plupart viennent du basket traditionnel 5×5, mais le style de jeu et les règles sont différents. Cela requiert de l’entraînement. C’est beaucoup plus du un contre un, avec une forte intensité et de la stratégie », explique Jean-Luc Dubos, président du Comité de Gironde de basket-ball.
Le niveau monte progressivement en gamme avec l’entrée en lice des joueuses internationales (du 20 au 21 août) : France, États-Unis, Canada, Espagne… Les hommes clôturent le festival les 22 et 23 août, pour un final spectaculaire avec les meilleures équipes mondiales (Serbes, Lettons…) mais aussi françaises avec le Bordeaux 3×3 Pro, premier club professionnel à Bordeaux, et les Stormers de Toulouse, composés notamment des vice-champions olympiques Jules Rambaut et Franck Séguéla.
Pierre Dufau, président de la Ligue Nouvelle-Aquitaine, souligne que "Le lieu colle à la philosophie du basket 3×3, qui vient de la rue et qui est ouvert à tout le monde, en extérieur. Le format des matchs très courts correspond à ce que recherchent les jeunes : c’est spectaculaire, rapide et intense".
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Racisme : une vigilance constante
Le racisme est une autre forme d'incivilité qui nécessite une vigilance constante. Des cris racistes ont été entendus lors d'une rencontre de basket-ball opposant Bordeaux à Nantes. Le club des JSA Bordeaux a condamné cet acte et a porté plainte. Le comité de Gironde suit le dossier avec attention. "Il faut être vigilant. Notre rôle, c'est de continuer d'éduquer pour rappeler que cela constitue une incivilité forte. Il ne faut pas baisser la garde", poursuit-il.