L'Histoire Russe en Ligue des Champions : Mythes, Réalités et Performances

Ce mardi, Monaco se rend en Russie pour un match de Ligue des champions contre le CSKA Moscou. Un adversaire peu connu mais toujours difficile à affronter. Le football russe possède une histoire riche, marquée par des exploits européens, des derbys électriques et des joueurs légendaires.

Le CSKA Moscou : Un Habitué de la Ligue des Champions

Présent à sept reprises lors des dix dernières éditions, le CSKA Moscou est un habitué de la Ligue des champions, ce qui fait de lui le club russe le plus présent de la compétition durant cette période. Si le CSKA Moscou n’a pas toujours brillé en Ligue des champions, en Russie le club est un véritable mythe. Avec six titres de champion de Russie et sept coupes nationales, le CSKA est le deuxième club russe le plus titré depuis 1992, date de la première édition du championnat actuel.

Performance Historique en 2009-2010

Le CSKA a même réalisé l’exploit d’atteindre les quarts-de-finale lors de la saison 2009-2010 avant de se faire sortir, avec les honneurs, par l’Inter Milan, futur vainqueur de la compétition. Une performance historique puisqu’aucun autre club russe n’a réussi à atteindre ce stade en Ligue des champions. Seul problème, il s’agit de l’unique prouesse que le CSKA a réalisé en C1. Sur ses sept dernières participations, le club n’a atteint qu’à deux reprises la phase finale. Il faut même remonter à l’édition 2011-2012 pour voir les Moscovites atteindre les huitièmes de finale (défaite contre le Real Madrid).

Premier Club Russe à Remporter un Titre Européen

En 2005, les «Rouges et Bleus» sont même devenus les premiers à ramener un titre européen à la Russie. Au terme d’un superbe parcours en éliminant notamment le Benfica (16ede finale) et l’AJ Auxerre (quarts de finale), le club moscovite remportait la Coupe UEFA (ancienne Ligue Europa) en battant le Sporting Portugal en finale (3-1).

Les Clubs Russes les Plus Prestigieux

Ce top 10 réunit les clubs russes les plus prestigieux, en se basant sur leur histoire, leur impact sportif et culturel, ainsi que leur capacité à rester compétitifs au fil des décennies.

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  1. Spartak Moscou: Le Spartak est souvent considéré comme le club du peuple en Russie. Sa popularité s’étend bien au-delà de Moscou et son histoire est jalonnée de succès.
  2. CSKA Moscou: Rival du Spartak, le CSKA a brillé autant en Russie qu’en Europe. Sa victoire en Coupe de l’UEFA en 2005 reste un moment historique pour le football russe.
  3. Zénith Saint-Pétersbourg: Club phare de la deuxième ville du pays, le Zénith est devenu une puissance grâce à un projet ambitieux soutenu par de solides moyens financiers.
  4. Lokomotiv Moscou: Appartenant historiquement au réseau ferroviaire russe, le Lokomotiv a toujours été reconnu pour sa solidité et son organisation.
  5. Rubin Kazan: Le Rubin Kazan a surpris tout le monde en remportant deux titres consécutifs à la fin des années 2000, battant même le FC Barcelone au Camp Nou en Ligue des champions.
  6. Dynamo Moscou: Un des clubs historiques de Moscou, le Dynamo a longtemps été une référence, surtout à l’époque soviétique.
  7. Anzhi Makhachkala: Ce club a connu un essor fulgurant au début des années 2010 grâce à des investissements massifs, attirant des stars mondiales comme Samuel Eto’o.
  8. FK Krasnodar: Fondé seulement en 2008, Krasnodar est l’un des projets les plus modernes du pays.

Le football russe mélange tradition et renouveau, avec ses géants moscovites, ses puissances régionales et ses projets modernes.

Relations Franco-Russes en Coupes d'Europe

Si le CSKA Moscou est peu connu en France c’est aussi à cause du peu de rencontres entre ce club et les représentants français en coupes d’Europe. Et c’est tant mieux pour le CSKA qui a du mal contre les équipes de l’Hexagone. Sur les cinq dernières rencontres contre une formation française, le club moscovite n’en a remporté qu’une seule pour un match nul et trois défaites. Les dernières confrontations remontent à l’édition 2011-2012 de la Ligue des champions où Lille avait été tenu en échec chez lui (2-2) avant d’aller créer l’exploit en Russie (2-0). Pour voir le CSKA Moscou battre une équipe française il faut remonter 2008 et une victoire contre Nancy en coupe UEFA (4-3). Avant cela, le club moscovite s’était également incliné contre Marseille lors de l’édition 2005-2006 de la C3 (1-2) et avait également perdu en quarts de finale retour de cette même compétition la saison précédente contre Auxerre (0-2).

Politique de Transferts du CSKA Moscou

Quand le Zénith Saint-Pétersbourg s’est distingué par des transferts record ces dernières années, avec notamment 100 millions d’euros dépensés en 2012 avec les recrutements de Hulk et Axel Witsel, le CSKA Moscou lui, se montre plus discret sur le marché des transferts. Alors que les prix flambent à chaque mercato le club moscovite reste raisonnable puisque son transfert record a coûté… 10 millions d’euros. Soit 100M€ de moins que Paul Pogba, joueur le plus cher de l’histoire. Ce transfert remonte à 2010. Il s’agit de Seydou Doumbia qui avait signé en provenance des Young Boys de Berne. Depuis le CSKA Moscou n’a jamais dépensé plus.

Roman Abramovitch et le CSKA Moscou

Si Roman Abramovitch n’a jamais dirigé un club russe, le président de Chelsea a été pendant plusieurs mois l’un des sponsors du CKSA Moscou. Du moins son entreprise. Critiqué par beaucoup de ses compatriotes pour son manque de patriotisme, notamment après son rachat des Blues en 2003, Abramovitch a donné son accord en mars 2004 pour que son entreprise Sibneft (anciennement Gazprom) devienne l’un des sponsors du CSKA. Une enquête a d’ailleurs été faite par l’UEFA sur un éventuel conflit d’intérêts puisque les règle de l’instance empêchent une personne d’être le propriétaire de deux équipes qui participent à deux compétitions européennes. Une enquête qui blanchira le dirigeant de Chelsea, qui en octobre 2005 vendra ses parts de Sibneft.

Sanctions et Exclusion des Compétitions Européennes

L'UEFA n'avait pas perdu de temps pour réagir à l'invasion de l'Ukraine par les soldats de Poutine. Le 28 février 2022, trois jours après le début des combats, la confédération européenne - agissant de concert avec la FIFA - annonçaient que les clubs et équipes nationales russes étaient bannies de leurs compétitions jusqu'à nouvel ordre. Les clubs russes ne disputeront pas les compétitions européennes en 2022-2023, dont la lucrative Ligue des champions, a annoncé, lundi 2 mai, l'UEFA, qui a par ailleurs décidé de remplacer la Russie par le Portugal pour l'Euro 2022 féminin, qui se déroulera du 6 au 31 juillet en Angleterre. « Aucun club russe ne participera à la saison 2022-2023 des compétitions interclubs de l'UEFA » démarrant en juillet, à savoir la Ligue des champions, la Ligue Europa ou encore la Ligue Europa Conference, a écrit l'UEFA dans un communiqué dressant la liste des mesures prises à l'encontre de la Russie à la suite de l'invasion de l'Ukraine, débutée le 24 février. Par ailleurs, le comité exécutif de l'UEFA a déclaré « irrecevable » la candidature russe à l'organisation de l'Euro masculin de l'édition 2028 ou 2032.

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Cette mesure forte vient renforcer la mise à l'écart du football russe, déjà exclu fin février par la Fifa du Mondial 2022 à venir cet automne au Qatar, pour lequel la sélection russe masculine, quart de finaliste du Mondial 2018 organisé en Russie, pouvait encore se qualifier. Les Russes n'avaient donc pas pu participer aux barrages fin mars pour le tournoi qatari qui se déroulera du 21 novembre au 18 décembre. Russia will not participate in this summer's UEFA Women's EURO 2022. Portugal, the opponent defeated by Russia in the qualifying play-offs, will now participate in Group C. Additionally, Russian teams will not participate in UEFA club competitions next season. Rétrogradation en Ligue C de la Ligue des nations.

La Fédération russe de football a retiré, le 30 mars, son recours contre la décision de la Fifa de bannir sa sélection descompétitions internationales, acceptant donc son exclusion du Mondial 2022. La Fédération russe a, en revanche, maintenu sa procédure contre l'UEFA, qui a mis ses clubs et sélections au ban des compétitions européennes de cette saison, mais « aucun calendrier procédural n'a été établi pour l'instant », avait averti le TAS début avril.

La Présence Russe au Sein de l'UEFA Malgré les Sanctions

Ce que très peu avaient signalé alors était que, si ses clubs et ses sélections ne pouvaient plus participer aux tournois de l'UEFA, la Russie elle-même n'avait pas été suspendue de l'organisation. Sa fédération, la RFS, en demeurait un acteur à part entière. Le président de la RFS - et membre du Comité exécutif de l'UEFA - Alexander Dyukov était bien là. Il avait pris part aux délibérations qui avaient eu lieu le jour même de l'invasion. Il allait prendre part à la réélection (sans opposition) du Slovène Aleksander Čeferin à la tête de l'organisation pour un nouveau mandat de quatre ans. Il ne quitterait pas son poste au sein de l'ExCo, pas plus que ceux qu'il occupait au sein des commissions des associations nationales et des compétitions inter-clubs. Il est d'ailleurs vice-président de cette dernière, quand bien même les clubs russes en sont bannis.

Treize de ses compatriotes occupent des fonctions officielles au sein de l'UEFA, dont le président du Zenit Saint-Pétersbourg Alexandre Medvedev, qui siège lui aussi au sein de la commission chargée des compétitions inter-clubs. On remarque aussi la présence de Polina Yumasheva, ancienne épouse de l'oligarque et proche de Poutine Oleg Deripaska et fille de Valentin Yumashev, le conseiller de l'ex-président Boris Eltsine qui avait occupé un rôle similaire auprès de Vladimir Poutine jusqu'au printemps de 2022. Yumasheva siège au sein de la Commission en charge de la gouvernance et de la conformité.

Alexander Dyukov et Gazprom à l'UEFA

C'est surtout le rôle prééminent de Dyukov au sein de l'UEFA qui interroge. Dyukov, réélu début février à la tête de la RFS, est l'actuel président de Gazprom, l'ancien sponsor principal de la Ligue des champions, propriété de l'état russe et porte-étendard du régime, ce qui lui vaut d'être l'objet de sanctions internationales de l'Union Européenne. Dyukov lui-même est sanctionné par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l'Australie.

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Gazprom n'est pas qu'un symbole national pour Poutine. Gazprom a dépêché sur le front ukrainien une 'armée privée' appelée 'Potok', composée en majorité d'agents de sécurité de la gigantesque entreprise qui prirent notamment part à la terrible bataille de Bakhmut, qui fit plusieurs dizaines de milliers de victimes dans les rangs russes aussi bien qu'ukrainiens. Cela valut à 'Potok' d'être également sanctionné par l'Union Européenne pour sa "contribution directe à la guerre d'agression contre l'Ukraine".

Dyukov ne s'est jamais publiquement exprimé sur son rôle dans le soutien armé de son groupe aux envahisseurs de l'Ukraine. L'UEFA ne lui a jamais demandé de l'expliquer non plus. Il s'est en revanche fréquemment fait l'écho dans les médias russes des conversations régulières qu'il avait tenues avec l'organisation sur le sujet de la réintégration des clubs et équipes nationales russes dans les compétitions européennes. Il confia même qu'il entendait inviter Aleksander Čeferin à un match de la sélection disputé sur le sol russe en 2025.

Réactions en Russie et Perspectives Futures

En Russie elle-même, cependant, les médias locaux, tous contrôlés directement ou indirectement par le pouvoir, n'ont pas manqué de la relever, comme étant le signe que, guerre ou pas, la Russie faisait toujours partie du concert des nations de football, et une indication, sans doute, qu'elle ne demeurerait pas un paria pour longtemps.

Ceci changera peut-être. C'est ce 3 avril, à Belgrade, que se tiendra le 49e Congrès ordinaire de l'UEFA. On sait déjà que Dyukov ne se représentera pas à l'élection des membres du Comité Exécutif. Pour ce qui est des autres Russes actuellement en poste au sein de l'organisation, par contre, on ignore toujours quelles responsabilités leur seront confiées.

Oleg Salenko : Un Éclair dans l'Histoire de la Coupe du Monde

Oleg Salenko est l'homme d'un seul match, ou presque. 28 juin 1994, Stanford Stadium, près de San Francisco. Le Cameroun et la Russie, déjà éliminés, s'affrontent pour du beurre lors de leur troisième et dernier match du premier tour. Et c'est donc une équipe de Russie sans aucune pression qui va littéralement faire plier le Cameroun grâce à son buteur providentiel, qui inscrit ses cinq pions à la 16ème minute, à la 41ème, à la 45ème sur penalty puis aux 73ème et 75ème, tous du pied droit. "Je n’ai pas pensé au record pendant le match", explique-t-il. Il laisse le sixième à son compa­gnon de chambre, Dimi­tri Radchenko. Avec son penalty marqué contre la Suède, Salenko devient meilleur buteur de la Wolrd Cup 94. Six buts marqués au cours de la première phase, la Russie, qui disputé sa première phase finale après l'éclatement de l'URSS, n’ayant pas été plus loin. Les seuls qu’il ait inscrits en sélection au cours d’une très courte carrière internationale, pourtant commencée deux ans plus tôt avec l’Ukraine. Il ne sera pas le seul à terminer Soulier d’Or de la compétition, partageant cette place de choix avec le Bulgare Hristo Stoitchkov.

Pourtant Salenko n'est pas une star, mais un joueur avec de nombreux arguments. Formé dans sa ville natale, il bat déjà un record de préco­cité en étant le plus jeune joueur à marquer en première divi­sion, c'était lors d'une victoire 4 buts à 3 face au Dynamo Moscou sous les couleurs du Zénith Leningrad à tout juste 16 ans. Après cela, il s’est immédiatement mis les supporters dans la poche. Ensuite, il rejoint le Dynamo Kiev à l'été 88 et devient le premier à faire l’objet d’un trans­fert payant entre deux clubs de l'Union Soviétique. Russo-ukrainien, il inscrit la bagatelle de 28 buts en trois saisons. En 1992, il rejoint l'Espagne et devient "L’inconnu de Logroñes", parce qu’il évolue alors dans le peu glorieux club espagnol du même nom. Il inscrit sept buts la première saison, seize la deuxième. Il a peu de goût pour l'effort, ayant plus de préférences pour les matches faciles. Son exploit américain lui a permis de signer à Valence et aux Rangers, mais il ne s'y est jamais imposé. Il s'envole ensuite direction la Turquie, dans le cadre d’un échange avec le néer­lan­dais Peter Van Vossen. À Istanbulspor, le buteur se montre déci­sif 11 fois en 18 matchs. Ce très bon bilan est gâché par la dégra­da­tion de son ménisque qui le tient éloi­gné des terrains une bonne partie du temps. En 1998, il décide alors de revenir en Espagne du côté de Cordoba, mais les pépins physiques sont de nouveau de la partie. Il ne dispute que trois rencontres en deux saisons et met un terme à sa carrière internationale qui n'a pas non plus décollé. Toutefois, il termine son aventure avec la Sbornaïa avec des chiffres affolants : six buts en seulement huit sélections (0,75 but/match) et trois passes décisives. Après avoir tenté une dernière aventure infructueuse dans le club polonais de Pogoń Szczecin, dans l'ouest de la Pologne, il décide de raccrocher ses crampons à 32 ans en surcharge pondérale. Il disputera seulement 22 matches au cours de ses cinq dernières saisons de footballeur, de 1996 à 2001. Rentré à Kiev, le retraité devient consul­tant pour la télé­vi­sion. - Ce 28 juin 1994 restera surement dans les annales de la Coupe du Monde de football. Deux records ce jour-là: Celui d'Oleg Salenko avec ses cinq buts inscrits mais aussi celui du camerounais Roger Milla.

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