Le Club de Handball de Vénissieux (VHB) est une institution sportive de la région lyonnaise, dont l'histoire est marquée par des succès retentissants et des personnalités qui ont contribué à son essor. De ses modestes débuts à son apogée dans les années 1990, le club a su se forger une identité forte et laisser une empreinte indélébile dans le paysage du handball français. Cet article retrace l'épopée du VHB, en mettant en lumière les moments clés de son évolution, les figures qui ont marqué son histoire et les défis auxquels il a été confronté.
Les origines du club : L'Amicale Laïque Centre Pasteur
L'histoire du handball à Vénissieux commence en 1965 avec la création de l'Amicale Laïque Centre Pasteur (ALCP). Lucien Lewandowski, professeur d'allemand et d'éducation physique et sportive, et René Dauphin, son beau-père, sont les fondateurs de ce club qui va rapidement se faire une place dans le paysage sportif local. Lucien Lewandowski, véritable passionné, recrute ses premiers joueurs parmi ses élèves du collège Max-Barel. Il leur transmet sa passion pour la petite balle ronde et les initie aux rudiments du handball.
Au début, le club est avant tout une famille. Les joueurs sont très impliqués dans la vie de l'association et participent à toutes les tâches, de l'entraînement à l'organisation des événements festifs. "Au début le club était une famille, pendant que je jouais, j’ai commencé à entraîner. Assez rapidement, j’ai entraîné les minimes, les cadets, les juniors. J’ai coaché de nombreuses générations. A l’époque, la majorité des joueurs avaient d’autres fonctions dans le club. Il y avait bien un bureau avec son président et un trésorier, mais c’était les joueurs qui faisaient vivre le club. Quand il y avait des soirées bal ou animation, on faisait tourner la buvette. On servait aux tables lors du bal de fin d’année. Comme de nombreux joueurs de l’époque, je connais bien l’histoire de ce club", témoigne un ancien joueur.
L'ascension vers l'élite : Le HBV 85
En 1985, l'ALCP change de nom et devient le HBV 85. Cette nouvelle appellation marque une étape importante dans l'histoire du club, qui ambitionne désormais de se hisser au plus haut niveau du handball français. Sous l'impulsion de dirigeants visionnaires et grâce au talent de joueurs prometteurs, le HBV 85 gravit rapidement les échelons.
En l’espace de cinq ans, le club se hisse de la Prénationale à la N1B (équivalent de la Pro Ligue actuelle), s’ouvrant ainsi la voie de l’élite française. Cette ascension fulgurante est le fruit d'un travail acharné, d'une politique de formation ambitieuse et d'un recrutement judicieux. Le HBV 85 devient rapidement une équipe redoutée, capable de rivaliser avec les meilleures formations du pays.
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L'âge d'or : Les années 1990 et l'ère Hasanefendic
Les années 1990 marquent l'apogée du handball à Vénissieux. Sous la houlette de l'entraîneur croate Sead Hasanefendic, le HBV 85 connaît une période de succès sans précédent, remportant des titres prestigieux et se faisant un nom sur la scène européenne.
Les titres nationaux
La saison 1990-1991 est historique pour le club, qui remporte sa première Coupe de France. Ce succès est le prélude à une saison 1991-1992 encore plus exceptionnelle, au cours de laquelle le HBV 85 réalise le doublé Coupe-Championnat. Ces victoires marquent l'apogée du club et consacrent le talent de joueurs tels que Denis Lathoud, Gaël Monthurel, Laurent Munier et Thierry Perreux, qui deviendront quelques mois plus tard des figures emblématiques de l'équipe de France, surnommée les "Barjots".
L'aventure européenne
En 1993, le HBV 85 réalise un parcours remarquable en Coupe d'Europe des clubs champions, atteignant les demi-finales. Cette performance témoigne de la qualité du handball pratiqué à Vénissieux et contribue à renforcer la notoriété du club au-delà des frontières françaises.
L'empreinte de Sead Hasanefendic
L'entraîneur croate Sead Hasanefendic est sans conteste l'un des artisans majeurs des succès du HBV 85 dans les années 1990. Son expertise tactique, son charisme et sa capacité à tirer le meilleur de ses joueurs ont permis au club de franchir un cap et de se hisser au plus haut niveau.
Gérald de Haro, qui fut son adjoint, témoigne de l'importance de Sead Hasanefendic dans l'histoire du club : "J’étais à fond dedans ! J’ai été l’entraîneur adjoint de Sead Hasanefedic lors du titre, des 2 Coupes de France et de la demi-finale de Coupe d’Europe." Il souligne également les qualités humaines de l'entraîneur croate : "Un monsieur du handball, très simple, très humain. Il était à l’époque parmi les plus grands entraîneurs au monde alors que les huiles du handball français de l’époque n’étaient rien. Ceux-ci quand tu les voyais, ils ne te serraient même pas la main. Avec Sead, j’ai été invité de partout, j’ai connu tout le gotha des entraîneurs de l’époque tant au niveau européen que mondial. Jamais il ne m’a considéré comme un moins que rien ou un adjoint."
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Les "Barjots" de Vénissieux
Le HBV 85 a fourni un contingent important de joueurs à l'équipe de France, surnommée les "Barjots", qui a marqué l'histoire du handball français dans les années 1990. Denis Lathoud, Gaël Monthurel, Laurent Munier et Thierry Perreux, tous formés ou ayant évolué à Vénissieux, ont contribué aux succès de l'équipe nationale, notamment lors des Jeux olympiques de Barcelone en 1992.
Gérald de Haro se souvient avec fierté de cette époque : "Quand les Barjots étaient coaché par Daniel Constantini., le jeu était vénissian car il y avait de nombreux joueurs évoluant à Vénissieux et qu’il laissait libre cours au jeu."
La descente aux enfers : Difficultés financières et liquidation judiciaire
Malheureusement, les succès sportifs du HBV 85 ne suffisent pas à assurer la pérennité financière du club. En 1994, le club est confronté à de graves difficultés financières qui conduisent à sa liquidation judiciaire. Cet événement marque un coup d'arrêt brutal à l'ascension du handball à Vénissieux et plonge les supporters dans la désolation.
Gérald de Haro, qui était alors entraîneur, se souvient de cette période difficile : "C’est un fait qui m’a perturbé. Le club c’est chez moi. Sead me disait « Si cela fonctionne, tu seras l’entraîneur et je serais le directeur sportif. » Moi cela me faisait rêver. On ne gâche pas une compétence."
La renaissance : Vénissieux Handball et la reconstruction
Malgré la liquidation du HBV 85, la passion pour le handball ne s'éteint pas à Vénissieux. Grâce à la détermination de dirigeants et de bénévoles, un nouveau club est créé : Vénissieux Handball. Ce nouveau club repart de zéro, avec l'ambition de reconstruire une équipe compétitive et de redonner au handball vénissian ses lettres de noblesse.
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Gérald de Haro : Une figure emblématique du handball vénissian
S’il n’est plus depuis fin février l’entraîneur de l’équipe fanion de Vénissieux Handball, Gérald de Haro aura marqué l’histoire de ce club. Rare dirigeant à avoir occupé toutes les fonctions dans le même club, du rôle de fondateur, puis technicien, jusqu’à la présidence, que ce soit au niveau régional puis national et européen.
Né en 1954 à Sidi Bel Abbés en Algérie, Gérald aura connu les trois appellations qu’a porté le handball vénissian : Amicale Laïque Centre Pasteur, HBV 85 et Vénissieux Handball. Cet infirmier de secteur psychiatrique à la retraite depuis 2015 avoue que qu’il n’y a pas eu d’autre passion que le handball. « Le handball a été ma vie au grand dam de ma femme que j’ai connu en 1986 et dont j’ai eu 2 enfants. Le handball est passé parfois devant tout le reste. Tous mes amis mes proches étaient dans le handball. Mes filleuls sont les enfants de mes amis du hand. C’est grâce Lucien Lewandowski, son professeur d’allemand et de gymnastique au collège Max-Barel que sa passion pour la petite balle ronde lui viendra. Le cofondateur de l’ALCP recrutait les joueurs dans ces classes. Il fera ses classes au club. En tant que joueur il connaîtra tous les niveaux.
Gérald De Haro connu cela « J’étais à fond dedans ! J’ai été l’entraîneur adjoint de Sead Hasanefedic lors du titre, des 2 Coupes de France et de la demi-finale de Coupe d’Europe. Gérald est également fier quand il évoque les Barjots : « Quand les Barjots étaient coaché par Daniel Constantini., le jeu était vénissian car il y avait de nombreux joueurs évoluant à Vénissieux et qu’il laissait libre cours au jeu. J’ai coaché des joueurs « grandioses » cependant il y avait certaines personnalités qui n’auraient pas été mes amis. Il y avait de grands joueurs mais certains sur le plan humain étaient invivables. Il y a des joueurs que je n’apprécie pas sur le plan humain mais j’arrive à faire abstraction et dire il m’apporte cela. D’abord Sead Hasanefedic « Un monsieur du handball, très simple, très humain. Il était à l’époque parmi les plus grands entraîneurs au monde alors que les huiles du handball français de l’époque n’étaient rien. Ceux-ci quand tu les voyais, ils ne te serraient même pas la main. Avec Sead , j’ai été invité de partout, j’ai connu tout le gotha des entraîneurs de l’époque tant au niveau européen que mondial. Jamais il ne m’a considéré comme un moins que rien ou un adjoint. C’était clair que c’était lui le patron. Pour le jeu, il ne demandait jamais mon avis. Par contre tu savais s’il avait confiance en toi ou pas. Avec moi cela a collé tout de suite. Il me donnait les consignes pour les entraînements, je les faisais mais il me laissait me débrouiller. J’ai beaucoup appris à son contact. Côté joueur, c’est Mirko Basic qui lui a laissé une empreinte indélébile. « C’était un gardien de très grande classe et d’un relationnel que j‘ai rarement rencontré. Il était respectable et respectueux. Gérald arrêtera sa carrière d’entraîneur en 1994 lors du dépôt de bilan. « C’est un fait qui m’a perturbé. Le club c’est chez moi. Sead me disait « Si cela fonctionne, tu seras l’entraîneur et je serais le directeur sportif. » Moi cela me faisait rêver. On ne gâche pas une compétence. Gérald reviendra vite au handball… à Saint-Genis-Laval. « Il y avait un bon groupe avec de nombreux joueurs jeunes que j’avais eu à Vénissieux. Je suis allé car je voulais savoir si j’étais capable ou pas de diriger une équipe avec ce que Sead m’avait apporté comme connaissance. Je suis reparti avec les mêmes consignes, les mêmes idées. qu’il m’avait appris. J’ai repris le club en prénat avec le même travail que je faisais en pro ; cela a fonctionné.
Les défis actuels et l'avenir du club
Aujourd'hui, Vénissieux Handball évolue en Nationale 2. Le club continue de se structurer et de développer sa politique de formation, avec l'objectif de retrouver à terme le niveau professionnel.
Le 27 février 2016, Gérald de Haro passera les clés du camion a Olivier Odisio. Les handballeurs vénissians du VHB sont désormais attendus sur tous les parquets de Nationale 2. « Tout ne coule pas forcément de source, a cependant prévenu à plusieurs reprises Olivier Odisio, le coach vénissian. Face aux Stéphanois, je n’arrive toujours pas à m’expliquer le premier quart d’heure. On a été renversé, mené 7 buts à 1, notre adversaire était visiblement surmotivé, on n’a pas vu le jour. On a dû changer de système, effectuer quelques rotations pour ne pas rester dans cet état, mais quand même, je n’ai pas d’explication à cela. Échauffement insuffisant, un adversaire jouant en surrégime ? La suite, et notamment la seconde période, a été de qualité, avec un esprit collectif que j’affectionne. Et face aux Haut-Savoyards d’Annecy, samedi 9 octobre, dans un gymnase Tola-Vologe bien rempli, on a eu droit à un tout autre scénario, à l’issue d’un match très équilibré, indécis jusqu’au buzzer. Vénissieux était mené d’un but lors de la dernière minute de temps effectif, égalisant in extremis pour enfin s’imposer sur un tir soudain de Félix, un routard du gymnase Tola-Vologe. Une fois n’est pas coutume, poussé dans ses derniers retranchements, le VHB a dû se faire violence pour s’imposer. Du staff technique, pas question de se laisser aller à un excès d’optimisme. « On n’a joué que quatre matches, dont le dernier contre un favori. On va devoir se tester face à l’autre sérieux client du groupe 5, le 16 octobre. La seule formation invaincue avec nous, en tête du groupe et qui nous devance à la différence de buts marqués et encaissés. On l’a constaté, on est plus attendu qu’auparavant, toutes les équipes veulent s’offrir le VHB et ses recrues. À nous de gérer tout cela dans le calme.
En 2016, Vénissieux Handball a fêté ses 50 ans d'existence. L’événement a eu lieu au foyer Vaillant-Couturier. Lors de son discours, Gilles Clauss a annoncé que Vénissieux Handball a entamé des pourparlers avancés avec Villeurbanne Handball, d’ailleurs le président du VHA était présent. L’entente fonctionne au niveau des féminines pourrait voir le jour chez les seniors.
Evoquer le handball de haut niveau à Lyon, c’est faire un plongeon dans le passé quand le championnat de première division s’appelait la Nationale 1A ou encore Division 1. A une époque où l’on pouvait voir des équipes comme Vénissieux ou Villeurbanne s’inviter parmi l’élite du championnat de France. Le VHB s’offrant même au passage deux Coupes de France.
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