Colomiers Rugby: Une Histoire de Passion et de Persévérance

En Haute-Garonne, si le Stade Toulousain occupe une place prépondérante dans le cœur des amateurs de rugby, Colomiers Rugby n'en demeure pas moins un club emblématique, tant au niveau de l'élite que de la PRO D2. Son blason, à la fois original et profondément ancré dans les racines locales, témoigne de cette identité forte.

La Renaissance de 1963

Bien que le rugby ait pris racine en France et dans le Sud-Ouest dès la fin du XIXe siècle, Colomiers a dû attendre 1915 pour voir la création de sa première équipe, l'Union Sportive Columérine. Malheureusement, l'engouement pour le basketball au début des années 20 a conduit à la mise en sommeil de la section rugby en 1922. Cependant, les fondations étaient posées, avec un nom et des couleurs, le blanc et le bleu, qui allaient renaître de leurs cendres en 1963.

À cette époque, d'anciens joueurs et membres du club décidèrent de relancer l'aventure, en repartant de la 4e série. Une épopée extraordinaire commença alors, propulsant les Haut-Garonnais jusqu'au plus haut niveau 18 ans plus tard. Les banlieusards toulousains se forgèrent une image et un surnom, « la colombe », en référence au logo identifiable par son originalité. Colomiers est, avec Lyon Valence-Romans et Vannes, l'un des rares clubs à arborer un animal sur son blason. Ce choix n'est pas anodin, car la cité tire son nom du mot latin « columbarium », qui signifie pigeonnier, un édifice historiquement présent et érigé au rang de symbole dans la ville.

L'Âge d'Or : 1998-2000

Si Colomiers occupe une place de choix dans le subconscient des passionnés de rugby, c'est en grande partie grâce à son âge d'or, situé à la fin des années 90 et au début du XXIe siècle. Portée par une jeunesse triomphante, incarnée par un certain Fabien Galthié, la colombe a hissé son nom au sommet du rugby français et même continental.

Un Challenge européen remporté en 1998, une finale de Coupe d'Europe en 1999 et une finale du Championnat de France en 2000 marquent l'apogée du club haut-garonnais. Le blason de Colomiers arbore l'oiseau symbole de paix, d'abord sous une forme épurée, puis avec la silhouette de l'animal discrètement incrustée. Un lifting est ensuite opéré, reprenant le dessin originel, mais en y ajoutant la mention « US Colomiers Rugby Pro ».

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2008 : Champion de Fédérale et Bastion de la PRO D2

La forme actuelle du blason columérin est adoptée en 2008, coïncidant avec le titre de champion de Fédérale 1 et le retour de Colomiers en PRO D2. Il s'agit d'un alliage de toutes les évolutions des précédents logos. L'écusson fait son retour, le bleu et le blanc sont affirmés, et la colombe est nichée au cœur de la création.

Emmenée par le nouvel entraîneur Pierre Bergès, récemment arrivé de Lombez, l'équipe va réaliser un championnat abouti. Après avoir battu Haut Salat puis Sainte-Foy, l'équipe accède aux 32ème de finale du championnat de France. Victorieuse de Montpellier (18-13) en 16ème de finale, l'US Colomiers Rugby rencontre Saint-Lary pour pouvoir accéder en 3ème division nationale. Les hommes de Pierre Bergès s'imposeront 9 à 6 après une rencontre incertaine jusqu'au bout. Douze ans après la création du club, la porte s'ouvre enfin. La saison suivante, l'équipe confirme sa montée en réalisant de bonnes prestations comme cette victoire le 28 novembre 1976, contre le leader Saint-Gaudens. Avec onze victoires, un match nul et six défaites, les bleus et blancs accèdent aux phases finales.

Les Années 1980 : L'Ascension Continue

À l'orée de la deuxième saison en nationale, le club voit le président Raymond Paupy et le talonneur Michel Bendichou se relever de leurs fonctions. Après treize années passées à la tête du club, le désormais ex-président, décide de quitter les bureaux, mais honore le titre de président d’honneur. Michel Bendichou, lui, intégrera le bureau quelques années plus tard, et deviendra président du club en 1981.

À partir de 1978, le nouveau président Brunet déclare sa volonté de « former des joueurs mais aussi des hommes ». Le début de saison 1979-1980 est marqué par l’arrêt de Pierre Bergès au poste d’entraîneur. Il sera remplacé par José Osès en tant qu’entraîneur-joueur. Bien structurée sur toutes ses lignes, l’US Colomiers Rugby nourrit de fortes ambitions. À l’issue de cette première phase de championnat, l’équipe se qualifie pour les phases finales du championnat. Une victoire aux prolongations face à Montpellier (24-18) permettra d’accéder à la division supérieure.

L’année 1982 marque une nouvelle ère dans l’histoire du club : la montée en puissance des jeunes. Un atout indéniable qui fait toujours le bonheur du club aujourd’hui. L’exemple le plus frappant se trouve le 20 mai 1985. En plein mois de printemps, l’équipe des Juniors Reichel remporte le titre de champion de France en dominant le PUC (Paris Université Club) 19 à 3 ! Créée il y a tout juste quinze ans par Jean-Claude Skrela, l’école de rugby fait déjà ses preuves. L’année d’après, cette même catégorie remportera pour la deuxième fois consécutive ce titre de champion de France.

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L'Arrivée dans l'Élite

À partir de 1987, le championnat de France est réorganisé selon une nouvelle formule : une première phase avec seize groupes de cinq équipes, où seuls les deux premiers de chaque groupe iront dans le groupe A, le groupe élite. Colomiers finit troisième, derrière les intouchables équipes de Grenoble et Hyères.

Le match « choc » aura lieu le 2 octobre 1988, contre Bègles, à Sèlery. Emmené par un Fabien Galthié transcendé, et un Etcheverry à l’aise au pied, Colomiers signe une victoire retentissante sur le score de 18 à 15. À la fin de cette première phase, le club fait son entrée dans le groupe A, et intègre ainsi l’élite du rugby français.

« Notre effectif plus riche, notre expérience supérieure, devraient nous permettre de progresser comme nous le souhaitons » : voici les mots prononcés par Christian Déléris au Midi Olympique le 14 septembre 1989. Quelques mois plus tard, Colomiers sort de la première phase avec sept victoires sur huit matchs disputés. La Colombe intègre ainsi le groupe A. Ses neuf victoires en quatorze matchs lui ouvrent les portes des 1/8ème de finale du championnat de France.

Les Années 1990 : Confirmation et Ambition

En 1991, Colomiers affronte non pas une fois, mais quatre fois le club de Montauban dont l’entraîneur n’est autre que Christian Jutge, légende de Colomiers. En 1994, Colomiers Rugby s’incline face au Stade toulousain 32 à 12. Le club termine alors dernier de la poule 1 des play-off.

L’année 1997 devient décisive pour le club. La Colombe gagne 31 à 26 face au C.A Brive Corrèze, alors champion d’Europe en titre, et favori à la course au bouclier de Brennus. Colomiers montre tout son talent en accédant aux quarts de finale de la Conférence européenne (aujourd’hui Challenge Cup), après quatre victoires. Le club à la colombe bat de nouveau Montferrand (23-13) en quart de finale le 09/11/97. Puis de nouveau face au Stade Français (19/13), pour finir par remporter le titre face à Agen avec un score de 45 à 3 le 1er février 1998.

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L'Ère du Rugby Professionnel

Rugby amateur ou pro ? Deux mondes aussi différents que l'eau et le feu se sont côtoyés dans la banlieue de Toulouse. Trois-quarts aile en son temps, aujourd'hui historique secrétaire administratif du club, Maurice Guibert a vécu de l'intérieur ce voyage en Ovalie. Après plus de 30 ans de rugby au quotidien, il convient sans barguigner que « les choses sont très différentes. L'argent, le public, les stades, la médiatisation. Oui, il y a un cas Colomiers. Le club a été créé en 1915. L'USC a bénéficié de micro-climats. Jusqu'au projet de Michel Bendichou, président historique, Colomiers 2000.

« Dès la montée en 3e division, durant la saison 1975-1976, beaucoup a été obtenu, au prix de barrages, de play down etc. Cela a aussi permis l'éclosion de joueurs, comme Galthié, Sadourny, Dal Pos, Béchu, Fabre, Catala, les frères Udari, Pagès, Beyssen, Couffignal, Cabarrot, Peysson, Roques, Sieurac, De Giusti, Culinat, Dal-Maso, David Skrela. Sous la houlette de José Oses, Jean-Claude Skréla, Jacques Brunel, Jean-Philippe Cariat, Serge Milhas, Christian Deléris, des générations de joueurs, au physique ordinaire, mais au talent incontestable, ont trouvé à Colomiers un cadre pour exprimer leur talent.

« S'entraîner de 19 à 21 heures, après le boulot n'était pas forcément la meilleure chose pour préparer le match du dimanche » fait-il remarquer. La préparation physique a tout modifié comme le suivi médical, la diététique. Mais ce n'est pas tout ! Est-ce que pareille aventure serait possible aujourd'hui ?

Michel Bendichou : Une Figure Emblématique

Michel Bendichou fut président de Colomiers Rugby de 1981 à 2004. Sous sa présidence, la Colombe a connu ses heures de gloire avec le titre de Challenge Européen en 1998, une finale de coupe d’Europe en 1999 et une finale de Top16 en 2000. Il a été également joueur, capitaine et vice-président sous les couleurs bleues et blanches. En 2004, il décède subitement à l’âge de 60 ans. Personnage emblématique de l’histoire columérine, il a su inculquer des valeurs encore présentes comme la convivialité, l’ambition et la formation.

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