Histoire du football club de Yaoundé : Canon et Tonnerre, les titans de la capitale camerounaise

Le football à Yaoundé, capitale du Cameroun, est imprégné d'une riche histoire et d'une rivalité passionnée entre deux clubs emblématiques : le Canon de Yaoundé et le Tonnerre Kalara Club de Yaoundé. Ces équipes ont non seulement dominé la scène nationale, mais ont également laissé une marque indélébile sur le football africain.

Le Canon de Yaoundé : Un héritage de puissance

Fondé en 1930, le Canon de Yaoundé est plus qu'un simple club de football ; il est un symbole de l'histoire camerounaise. Germain Noël Essengue, chef des sports de la télévision nationale CRTV, explique que le nom du club est inspiré de l'arme utilisée par les Français pour vaincre les Allemands pendant la Première Guerre mondiale. Ce choix de nom reflète la puissance et la détermination que le club incarne.

Surnommé "Kpa Kum", une onomatopée du bruit du canon, le Canon a dominé le football camerounais pendant des décennies. Jean-Paul Akono, joueur légendaire du club, souligne l'importance de ce surnom qui évoque la force et l'impact du club. Avec dix titres de champion, dont le dernier en 2002, et trois victoires en Coupe des champions (1971, 1978 et 1980), le Canon de Yaoundé reste le club le plus titré du Cameroun.

Le club a connu sa période de gloire dans les années 1970, remportant de nombreux succès tant sur le plan national qu’international. Sacré champion du Cameroun pour la première fois de son histoire en 1970, le "Kpa-Kum" remporte son premier trophée continental, la Coupe des clubs champions, l'année suivante. En 1973, il atomise Diamant 5 buts à 2 et remporte sa troisième Coupe du Cameroun. La machine est lancée. Jusqu'en 1980, il n'y a pas une année où les Canonniers seront absents de la course au titre de champion ou de la finale de la coupe nationale.

Le Canon poursuit sa mainmise dans les années 80 avec une équipe qui fournissait l'ossature de l'équipe nationale du Cameroun. Malgré un passage à vide, le Canon arrive à se maintenir à un bon niveau en remportant notamment le championnat en 1991 et trois coupes nationales. En 2000, le Canon tonne une nouvelle fois en atteignant la finale de la Coupe des vainqueurs de coupe face au Zamalek. Mais malgré un dernier titre en 2002, il régresse peu à peu sur le plan national et laisse la place au Cotonsport Garoua, la nouvelle place forte du football au Cameroun.

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L'histoire du Canon est intimement liée à celle de Samuel Eto'o, légende des Lions indomptables. Bien qu'Eto'o n'ait jamais joué pour le Canon, son parcours illustre l'excellence du football camerounais. Refoulé des centres de formation en France, il est finalement repéré par le Real Madrid en 1997. Après un passage à Majorque, il rejoint Barcelone où il remporte de nombreux titres, dont la Ligue des Champions en 2006. Eto'o a également brillé à l'Inter Milan, remportant un quintuplé historique en 2010.

Le Tonnerre Kalara Club de Yaoundé : La philosophie du jeu élégant

Le Tonnerre Kalara Club de Yaoundé, créé en 1934, est le grand rival du Canon. Fondé par Martin Omgba Zing, un des fondateurs historiques du Canon, parti suite à une dispute, le Tonnerre a rapidement marqué l'histoire du football camerounais. Philippe Boney, directeur de la chaîne Vision 4, explique que "Kalara" signifie "le livre" en langue ewondo, symbolisant l'ambition du club d'apprendre le football au Canon.

Le Tonnerre a marqué l’histoire du football africain. Il fut aussi une époque, dans les années 1990, où les joueurs issus du « Tonnerre » composaient l’ossature des Lions indomptables, l’équipe nationale du Cameroun, qui doit affronter les Comores lundi 24 janvier en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).

Martin Atangana Omgba, vice-président du club, souligne que le Tonnerre prône un jeu élégant et offensif. Dès la création du club, Martin Omgba Zing impose à ses joueurs des tenues immaculées, une révolution pour l'époque. Le club se distingue par un certain flair en matière de recrutement. En 1987, George Weah, futur Ballon d'Or africain et président du Liberia, arrive au Tonnerre avant d'être recruté par l'AS Monaco.

Le club de la capitale se hisse une nouvelle fois en finale en 1976, mais il s’incline devant les Nigérians de Shooting Stars. Dans son effectif, il compte une perle, un avant-centre hors pair aux dribbles chaloupés : Roger Milla. Agé de 24 ans, le natif de Yaoundé s’envolera en 1977 vers Valenciennes pour suivre une longue carrière en Europe. Dans les années 1980, le Tonnerre de Yaoundé fait main basse sur les titres nationaux : cinq fois le championnat (1981, 1983, 1984, 1987 et 1988) et quatre fois la Coupe du Cameroun (1987, 1988, 1989 et 1991). Pendant les matchs, les supporteurs crient : « Kalara, kalara ! » Puis ils commentent leurs victoires autour d’une bière : « Nos joueurs ont appliqué la page 14 et la page 17 du manuel… » En tribune, il y a parfois Paul Biya, président du pays depuis 1982.

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En 1989, c’est un milieu offensif tchadien qui arrive au club de Yaoundé. En 32 matchs, Japhet N’Doram inscrit 18 buts avant de s’envoler pour le FC Nantes. Au milieu des années 1990, Roger Milla, après des détours à Monaco, Saint-Etienne et Bastia avec lequel il dispute 137 matchs, se lance dans un pari fou. Après la Coupe du monde 1990, où les Lions indomptables ont atteint les quarts de finale, il se décide à 42 ans à disputer le Mondial 1994. Et, pour se préparer, il revient au… Tonnerre de Yaoundé.

La rivalité Canon-Tonnerre : Un derby passionné

La rivalité entre le Canon et le Tonnerre est l'une des plus intenses du football africain. Les matchs entre ces deux équipes sont toujours des événements majeurs, attirant des foules passionnées et créant une atmosphère électrique dans la ville de Yaoundé. Cette rivalité, née d'une scission interne au Canon, a alimenté la passion des supporters et a contribué à l'essor du football dans la capitale camerounaise.

L'impact des clubs de Yaoundé sur le football camerounais

Le Canon et le Tonnerre ont joué un rôle crucial dans le développement du football camerounais. Ils ont formé de nombreux joueurs talentueux qui ont ensuite brillé sur la scène nationale et internationale. Les succès de ces clubs ont également contribué à populariser le football au Cameroun et à inspirer de nouvelles générations de joueurs.

Aujourd’hui, le championnat national est moribond et les clubs camerounais, dont les effectifs sont pillés par des recruteurs étrangers, tentent de survivre. Les meilleurs joueurs partent en Europe, en Asie ou dans les pays du Golfe, ce qui appauvrit sans cesse le niveau du championnat. Le salaire moyen d’un joueur professionnel camerounais est aujourd’hui de 100 000 francs CFA (quelque 150 euros). Dans ce contexte, l’élection de Samuel Eto’o à la tête de la Fédération camerounaise de football apporte beaucoup d’espoirs, notamment parce qu’il s’est engagé à ce que chaque club perçoive un pécule de 20 millions de francs CFA (environ 30 500 euros) pour débuter la saison, le 21 février.

Les autres clubs camerounais : Une diversité de noms et d'ambitions

Bien que le Canon et le Tonnerre soient les clubs les plus emblématiques de Yaoundé, le Cameroun compte de nombreuses autres équipes avec des noms originaux et des ambitions diverses. L'Union de Douala, fondée en 1955, est un club important de la capitale économique, ayant remporté cinq titres de champion et la Coupe des champions en 1979. Franck Happi, ancien président du club, souligne que l'Union était un creuset de joueurs venant de différentes régions du Cameroun et même d'autres pays.

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Le Racing de Bafoussam, surnommé le "Tout Puissant de l'Ouest", est un autre club important, ayant remporté quatre titres de champion. Cependant, depuis une vingtaine d'années, le Cotonsport Garoua domine le football camerounais, avec 16 titres de champion, bien qu'il n'ait jamais remporté de coupe d'Afrique.

La preuve, un des plus vieux clubs du pays, le Caïman de Douala, s’appelait d’abord Lune. Le nom a été changé après une défaite de trop face à leur grand rival, le Léopard. Le reptile semblait plus à même d’impressionner le félin que la lune…Le foot camerounais a d’ailleurs commencé dans le grand port et capitale économique. Il y avait une équipe par quartier : Oryx (canton de Bell), tout premier vainqueur de la C1, en 1965, Léopard (canton de Deidao) et Caïman (d’Akwa).

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