Cléopâtre Darleux : Commotions cérébrales et combat pour la sécurité au handball

Cléopâtre Darleux, gardienne de but emblématique du handball français, se bat depuis plusieurs mois contre les conséquences de commotions cérébrales répétées. Son expérience met en lumière les risques liés aux chocs à la tête dans ce sport et soulève des questions cruciales sur la prévention, le suivi médical et la protection des joueuses.

Un enchaînement de commotions

En décembre dernier, la vie sportive de Cléopâtre Darleux a pris un tournant brutal lors d'un match de Ligue des champions avec son club de Brest. Un ballon reçu en pleine tête a été le point de départ d'une série de complications. Bien qu'ébranlée, elle a continué à jouer, enchaînant avec un autre match trois jours plus tard contre Nantes, où elle s'est de nouveau cognée la tête en plongeant.

Après un bref retour sur le terrain en janvier, les douleurs persistantes l'ont contrainte à un arrêt prolongé. "J’avais cette impression d’être à côté de la plaque. Même lire un livre dans le bus pendant le déplacement a été insupportable", confie-t-elle. Finalement, un arrêt de trois mois lui est prescrit, l'obligeant à renoncer à jouer avec son club de Brest.

Les symptômes et le diagnostic

Gênée par une multitude de symptômes invalidants ("Tout me dérangeait: le bruit, la lecture, les écrans", "Tout me faisait mal à la tête, tout tournait, je perdais ma mémoire immédiate, je n’avais plus goût à rien"), Cléopâtre Darleux a consulté un neurologue. Le diagnostic est sans appel : syndrome multi-commotionnel, conséquence de l'accumulation de chocs. "La gravité de mon état est venue du fait que j’ai pris un premier impact mais surtout un deuxième, puis un troisième. C’est un syndrome multi-commotionnel qui nécessite encore plus de temps pour revenir."

Depuis, Cléopâtre Darleux observe un repos total et suit un protocole strict, dans l'espoir de retrouver la compétition en juillet avec les Bleues.

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Prévention et prise de conscience

Forte de son expérience, Cléopâtre Darleux est devenue une voix engagée pour la prévention des commotions cérébrales dans le handball. "Le plus important reste la prévention, la prise de conscience et le suivi médical", affirme-t-elle. Elle insiste sur l'importance du renforcement musculaire des cervicales pour mieux protéger la tête lors des impacts, une pratique courante en Formule 1 qu'elle compte désormais intégrer à sa préparation.

Remise en question du protocole commotion

Suite à un nouveau choc au visage lors d'un match de Coupe de France en avril, Cléopâtre Darleux a exprimé son ras-le-bol face aux lacunes du protocole commotion actuel. "Il n’y a vraiment aucune protection pour les gardiennes", déplore-t-elle. Elle critique le manque de sérieux accordé aux chocs à la tête et dénonce un protocole "bidon" et "mal fait", où le médecin du match pose des questions rapides sur le terrain sans réellement évaluer l'état de la joueuse.

Elle plaide pour des sanctions plus sévères contre les comportements à risque et regrette le manque de réactivité des instances : "Au hand, la joueuse n'est sanctionnée que de deux minutes d'exclusion". Elle souhaite une approche plus rigoureuse, comparable à celle du rugby, où les examens sont approfondis et les sanctions dissuasives.

Un retour espéré et une carrière prolongée

Malgré les difficultés rencontrées, Cléopâtre Darleux reste déterminée à revenir sur les terrains et à défendre les couleurs de l'équipe de France. Elle voit même dans cet arrêt forcé une opportunité de prolonger sa carrière : "Avant la commotion, j’étais en mode: 'J’arrêterai après Paris 2024.' Je me dis maintenant que je vais faire une ou deux années de plus."

Elle a fait un retour remarqué lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, après une absence de 13 mois due à ses commotions cérébrales. Initialement remplaçante, elle a brillé lors de son premier match, contribuant à la qualification de l'équipe de France pour les quarts de finale.

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