Le monde du rugby englobe diverses disciplines, avec une popularité notable en France pour le rugby à XV et le rugby à 7. Cependant, le rugby à XIII, bien que moins médiatisé, connaît un développement constant en France et à l'échelle mondiale. Cet article explore l'histoire, le développement et les compétitions majeures de ce sport.
Les Origines du Rugby à XIII
La création du rugby à XIII remonte à 1895 en Angleterre. La Rugby Football League (RFL) gère les compétitions de rugby à XIII, tandis que la Rugby Football Union (RFU) s’occupe du rugby à XV. La RFL est officiellement née en 1922 mais tire ses origines de la création, le 29 août 1895, à Huddersfield (Yorkshire), de la Northern Rugby Football Union, à la suite de la scission des clubs du nord de l’Angleterre avec la RFU. Cette scission était liée à la question du manque à gagner, les joueurs du Nord, pour la plupart ouvriers ou mineurs, n’ayant pas les moyens de ceux du Sud, étudiants issus de riches familles.
Jean Galia est alors séduit par le match d’exhibition disputé le 31 décembre 1933, au stade Pershing à Paris, entre les treizistes australiens et anglais (61-13). « Un rugby pareil, ça ne se décrit pas, déclare l’athlète et homme d’affaires. Ça se déguste comme un mets rare. » Dans le même temps, ce fils d’un maraîcher d’Ille-sur-Têt (66) est missionné par les Britanniques de la RFL, Rugby Football League, pour organiser, début 1934, une tournée d’initiation en Angleterre. Cette formation pionnière, les Galia’s Boys, rassemble 17 joueurs mis au ban de la Fédération quinziste.
Développement en France
En France, le championnat national a vu le jour en 1934 avec un total de 10 équipes. Tout s’accélère. Le 6 avril 1934 naît la Ligue française de rugby à XIII. Son premier championnat rassemble dix équipes : Sport Athlétique de Villeneuve-sur-Lot XIII (le SAV XIII est né en 1934 suite à la suspension par la fédération quinziste en novembre 1932 du CAV XV qui a basculé vers le treize), Paris Rugby Treize, Union Sportive Lyon Villeurbanne, Racing Club de Roanne, XIII Catalan (Perpignan), Racing Club d’Albi, Pau XIII, Côte Basque XIII, Bordeaux XIII, Sport ou Stade Olympique (ou Olympien) Bittérois XIII. En 90 ans, le développement de la pratique est à noter avec un championnat élite qui regroupe 11 équipes pendant que 2 clubs participent au championnat professionnel anglais.
En 1935, le SAV - USV XIII en 1944, Léopards d’Aquitaine en 1998, Villeneuve XIII Rugby League en 2011 (en Élite 1) - remporte le premier de ses neuf titres de champions de France (10 finales perdues). Il est le 3e club inscrit au tableau de la fédération, le 2 juin 1934, après le Quartier Étudiants Club de Paris, les 28 et 29 mai. Le premier adhérent, les 25 et 26 mai, est le SA Tonneinquais, resté incontournable dans le paysage treiziste. Tonneins, ville où se tient le congrès fondateur de la section amateur de la Ligue française de rugby à XIII, le 25 mai 1935. Son premier champion de France est le club de Saint-Médard-en-Jalles, le 12 mai 1935, face à Lespignan (Hérault), au stade Suzon, à Talence. Et Bordeaux devient une place forte du rugby à XIII, de l’avant-guerre jusqu’en 1960.
Lire aussi: Rugby à XV : Championnat du Monde Junior
L’histoire du rugby à XIII en France se calque sur celle du rugby à XIII dans notre région. Véritable puzzle à trous. Saint-Médard-en-Jalles XIII, champion de France amateur en 1935. Aujourd’hui décharné, ce squelette a auparavant soutenu un corps bien charpenté. Dans les années 1930 puis celles d’après-guerre, on joue de Marseille à Nantes, de Paris à Perpignan. Et, sur la rive gauche de la métropole bordelaise à Saint-Médard-en-Jalles, Bègles, Talence, Eyquems-Mérignac, VGA Médoc (Mérignac), Le Bouscat, Pessac, Bordeaux-XIII, l’unique club professionnel, et dans plusieurs quartiers bordelais : Burdigala, Bordeaux Aviation, Bordeaux Police, Bordeaux Universitaire, les Chartrons, les Halles Sportives, la Flèche, les Dockers, la Section, le Sport, le Stade Bordelais, le BEC, le Deportivo… Souvent, il s’agit de sections.
Néo-rugbyEn Lot-et-Garonne, la fièvre treiziste gagne de suite Villeneuve-sur-Lot et Tonneins, puis Bias, Trentels, Lavardac, Sainte-Livrade, Monflanquin, Pujols, Castelmoron-sur-Lot, Duras, Casseneuil, Le Mas-d’Agenais, Clairac, Casteljaloux, Agen… En Charente-Maritime, La Rochelle, Saintes et Royan conservent quelques traces de ce passé, comme en Pyrénées-Atlantiques, à Pau, à Lestelle-Betharram (l’Avant-Garde), à Nay, à Saint-Jean-de-Luz, à Bayonne avec Côte Basque XIII ou encore à Dax dans les Landes, Périgueux en Dordogne et même Brive en Corrèze.
Interdiction et Réhabilitation
Ce terme est faible pour évoquer la décision du gouvernement Pétain d’interdire le rugby à XIII en 1941 (décret du 19 décembre). Le patrimoine immobilier de cette dernière passait alors sous le contrôle du Comité national des sports, les avoirs bancaires estimés à plus d'un million de francs de l'époque saisis, les archives confisquées et les biens des 225 clubs affiliés placés sous séquestre. Réhabilité après la guerre, le rugby à XIII renaît de ses cendres lors du congrès fédéral à Arcachon, du 2 au 4 juillet 1948, certes sans récupérer ses biens spoliés en 1941. Jusqu’en 1993, il s’appellera Jeu à XIII.
En 1947, les treizistes, dorénavant regroupés au sein de la Fédération française de jeu à XIII (FFJ XIII), durent se soumettre à un protocole, sorte d’Édit de Nantes de l’ovale, validé par l’État : pratique tolérée, mais liberté d’expression restreinte. Les années 1950 verront ainsi, comme dans un baroud d’honneur, le rugby à XIII tricolore atteindre les sommets.
Même si certains stades comme celui de Lescure à Bordeaux accueillirent à nouveau les treizistes, ces derniers durent pourtant mener une âpre bataille pour exister officiellement. En 1946, l'Etat finit par reconnaître une fédération française de jeu à XIII en lieu et place de l'ancienne ligue de rugby à XIII. « Mais comme elle avait changé de nom, elle ne pouvait plus intenter d'action en justice pour récupérer les biens qu'elle possédait avant le conflit », insiste Robert Fassolette. Et les treizistes durent attendre 1993 avant de pouvoir utiliser à nouveau le mot rugby dont les quinzistes revendiquaient l'exclusivité. A l'issue de huit ans de procédure, la Cour de cassation leur permit enfin de retrouver leur nom de baptême.
Lire aussi: Championnat mondial de volleyball : une histoire captivante
Défis et Reconnaissance Actuelle
Aujourd’hui, le petit écran s’intéresse au seul championnat de l’hémisphère sud. BeIN Sports vient de stopper la diffusion de la Super League européenne où jouent les Dragons Catalans (Perpignan). La fédération paie ses errements du passé. Il y a vingt-cinq ans, elle comptait 13 conseillers techniques régionaux. Ils ne sont plus que quatre !
En France, le rugby à XIII est encore à la recherche de reconnaissance et d’une couverture médiatique plus importante. Les deux clubs présents dans les championnats anglais ont une équipe réserve en Élite 1, la première division française. Pour les Dragons Catalans, il s’agit de l’équipe de Saint Estève XIII Catalan et pour le Toulouse Olympique de l’équipe Toulouse Elite.
Compétitions Majeures
National Rugby League (NRL)
Le championnat de rugby à XIII en Australie est appelé National Rugby League (NRL). Il regroupe un total de 17 équipes originaires de Nouvelle-Zélande et d’Australie. Un championnat est organisé sur 6 mois de l’année et se termine avec des play offs pour désigner le grand vainqueur de la compétition. C’est un des sports les plus populaires en Australie après le football australien. La popularité de l’Australie et le niveau de jeu font de ce championnat le plus suivi de la discipline. De nombreuses émissions locales mettent en avant les matchs avec des prédictions sur les résultats. La saison en Australie a lieu entre le mois de mars et de septembre pour la saison régulière avec les phases finales jusqu’en octobre.
La National Rugby League est l'une des deux compétitions de rugby à XIII les plus prestigieuses du monde avec la Super League. Née en 1998 de la fusion de l'Australian Rugby League (ARL) et de la Super League d'Australie, la NRL repose sur un système de franchises dans un championnat fermé et sans relégation possible.
Super League
Au niveau des compétitions à suivre en Europe, celle de 2025 sur laquelle tous les supporters seront tournés est le championnat anglais. La Super League regroupe les 12 meilleures équipes de France et d’Angleterre. Les 6 premiers du classement se qualifient pour les playoffs avec les 2 premiers directement qualifiés pour les demi-finales pendant que ceux qui ont terminé entre la troisième et la sixième place s’affrontent en quart de finale. La seconde division en Angleterre voit le gagnant de la grande finale être promu en Super League. L’enjeu est donc important pour les équipes présentent dans cette division. Une équipe française est présente avec le Toulouse Olympique XIII. Le club toulousain en plein développement a déjà connu l’élite du Rugby à XIII et tente de se refaire une place dans la première division qui a plus de lumières.
Lire aussi: Rugby Espoirs : Nouvelles règles et ambitions
Coupe de France de Rugby à XIII
En France, c’est l’occasion de retrouver la 85ème édition de la Coupe de France de rugby à XIII. La finale se tient chaque année en avril et pour la version de 2024/2025, ce sont les joueurs de Saint Estève XIII Catalan qui ont remporté le titre.
Coupe du Monde de Rugby à XIII
La première Coupe du Monde de rugby à XIII a eu lieu en France en 1954. Depuis, plusieurs éditions ont été organisées et la nation avec le plus de titres, 12, est l’Australie. En 2025, la compétition devait avoir lieu aux États-Unis dans un premier temps, avant qu’ils ne se retirent du projet. La Coupe du Monde de 2025 a donc été annulée et reportée à 2026. C’est l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui ont hérité de l’organisation. Un nouveau format est mis en place avec la version masculine, féminine et en fauteuil. 10 équipes masculines seront invitées pour participer et tenter d’obtenir le titre de champion du monde.
Figures Emblématiques
Max Rousié, dont le stade de Villeneuve-sur-Lot porte le nom, a été l’un des plus grands treizistes français. Jean Galia, ancien joueur de Quillan et de Villeneuve à quinze serre la main de Walter Popplewell, vice-président de la Rugby Football League au tout début de l’émergence du rugby à XIII en France.
Maurice Brunetaud est le premier international Tonneinquais. Il joue dans différents clubs dont Villeneuve XIII et Toulouse XIII. Après la Seconde Guerre Mondiale, Maurice Brunetaud entraîne le club de Tonneins XIII. Maurice Brunetaud est capé dix fois international, contre l’Angleterre en 1937-1938-1939-1946 ; l’Australie en 1938 ; le Pays de Galles 1938-1939-1946 et contre l’Empire Britannique en 1937. Les Anglais le surnomment affectueusement « Rouxpoils ».
D'autres figures comme Jean-Marie Armand, Andrew Bentley, Kane Bentley, Jean-Claude Boussières, Alain Brzezinski, Charles Cadis, Patrice Campana, Michel Cassin, Yannick Cazemajou, Christophe Cazemajou, Christophe Coro, et Christian Cozza ont marqué l'histoire du rugby à XIII.