Le monde des statistiques avancées en NBA est vaste et parfois déroutant. Parmi ces indicateurs, le Box Plus/Minus (BPM) est un outil d'évaluation de l'impact global d'un joueur sur le terrain. Cet article se propose de décortiquer le BPM, son calcul, son interprétation et ses limites, tout en explorant d'autres statistiques clés utilisées dans l'analyse du basketball moderne.
Qu'est-ce que le Plus/Minus ( +/- ) ?
De manière brute, cette statistique permet de connaître le différentiel d'une équipe lorsqu'un joueur est sur le terrain. Si ce +/- est par exemple de +10, ça signifie que l'équipe a marqué 10 points de plus que l'adversaire quand ce joueur était sur le terrain. On peut donc en conclure que plus un différentiel est élevé, plus un joueur a un impact positif sur le jeu de son équipe.
Cependant, Gregg Popovich, figure emblématique des Spurs, exprime un certain scepticisme quant à la valeur du plus/minus traditionnel. Pour le coach des Spurs, le ratio +/- est donc trompeur, et ne peut pas permettre de jauger la qualité d'un joueur. Il souligne la difficulté de prendre en compte les configurations de groupe et l'influence des coéquipiers sur cette statistique. Il craint également que les joueurs ne se focalisent trop sur ce chiffre, au détriment d'une évaluation plus nuancée de leur performance.
Les Limites du Plus/Minus Classique
Popovich explique que cette statistique dépend surtout de qui est sur le terrain. Si l'on s'en tient uniquement à la moyenne par match, ce n'est pas plus significatif puisqu'on trouve toujours six Bucks dans le Top 10.
Le Real Plus-Minus (RPM) : Une Amélioration
Comme cette stat est effectivement biaisée, ESPN a décidé de prendre en compte le “real plus-minus“, un indice créé par deux anciens statisticiens des Suns, et il propose d'ajouter le différentiel sur 100 possessions en attaque et celui sur 100 en défense. On obtient alors deux chiffres : un +/- en attaque, et un +/- en défense. L'objectif est d'isoler la performance d'un joueur de celles de ses coéquipiers, mais aussi de moins avantager une équipe qui joue vite, et qui forcément marque plus de points si elle est efficace.
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Box Plus/Minus (BPM) : Une Étape Supplémentaire
Depuis cinq ans, Basketball Référence a décidé d'améliorer encore cette indice avec le “box real-minus“. Cette fois, il s'agit d'évaluer le différentiel à partir de celui d'un joueur moyen, estimé à 0. Cela permet ainsi d'homogénéiser l'impact d'un joueur, et d'éviter que certains éléments profitent des cartons de leur équipe pour faire exploser leurs chiffres. Là encore, il s'agit de distinguer la performance d'un élément, par rapport à ses coéquipiers, et notamment les remplaçants, mais aussi de ceux des autres équipes.
Interprétation du BPM
Un BPM positif indique que le joueur est au-dessus de la moyenne, tandis qu'un BPM négatif suggère qu'il est en dessous. Les joueurs avec les BPM les plus élevés sont généralement considérés comme des candidats au titre de MVP. Vu leur impact sur les résultats de leurs équipes respectives, cela semble plutôt pertinent, et ils sont suivis de Karl-Anthony Towns, LeBron James et Nikola Jokic.
Formule de calcul
Le BPM est calculé de manière complexe et se fonde sur l’Offensive Box Plus-Minus.
Limites du BPM
Comme pour toute statistique, le BPM a ses limites. Il s'agit d'une estimation basée sur les données disponibles dans les feuilles de match et ne prend pas en compte certains aspects intangibles du jeu, tels que la qualité de la défense, le leadership ou l'impact psychologique sur l'équipe adverse.
Autres Statistiques Avancées Essentielles
Pour une analyse complète de la performance d'un joueur, il est important de prendre en compte d'autres statistiques avancées, telles que :
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- True Shooting Percentage (TS%) : Mesure l'efficacité globale au tir, en tenant compte des tirs à 2 points, à 3 points et des lancers francs.TS%=PTS2×(FGA+0.44×FTA)TS\% = \frac{PTS}{2 \times (FGA + 0.44 \times FTA)}
- Usage Rate (USG%) : Indique le pourcentage de possessions d'équipe utilisées par un joueur lorsqu'il est sur le terrain.USG%=100×(FGA+0.44×FTA+TOV)×(Minutes Totales/5)Minutes du joueur×(Total FGA+0.44×Total FTA+Total TOV)USG\% = 100 \times \frac{(\text{FGA} + 0.44 \times \text{FTA} + \text{TOV}) \times (\text{Minutes Totales} / 5)}{\text{Minutes du joueur} \times (\text{Total FGA} + 0.44 \times \text{Total FTA} + \text{Total TOV})}
- Player Efficiency Rating (PER) : Évalue la performance globale d'un joueur en combinant plusieurs statistiques.
- Win Shares (WS) : Estime la contribution d'un joueur aux victoires de son équipe.WS=OWS+DWSWS = OWS + DWS
- Defensive Rating : Nombre de points encaissés par la défense par 100 possessions.
L'Importance de l'Analyse Contextuelle
Il est crucial de ne pas se fier uniquement aux statistiques pour évaluer un joueur. L'analyse contextuelle est essentielle pour comprendre l'impact réel d'un joueur sur le terrain.
Le Cas des Spurs : Une Défense en Difficulté
Ce n’est plus un secret pour personne depuis quelques temps, les Spurs défendent atrocement mal. Tout d’abord, regardons quelques chiffres : Les Spurs sont classés 26e en ce qui concerne le Defensive Rating (nombre de points encaissés par la défense par 100 possessions), avec un petit 113,5.
Les Facteurs Clés de la Défaillance Défensive des Spurs
- Manque de taille et de masse chez les extérieurs : On assiste notamment à un soucis de taille et de masse chez nos extérieurs.
- Déficiences au niveau de l'intelligence et de l'envie : Non, le souci de notre défense se passe dans la tête de chaque joueur. Deux mots d’ordre : Intelligence et Envie.
- Absence de système défensif clair : Et un problème plus général surgit de ces explications : on n’a aucun système défensif.
- Lenteur de l'équipe : Les Spurs sont lents.
Exemples Concrets de Problèmes Défensifs
- Mauvaise gestion des écrans : En quelques mots : chaque écran est un enfer. On a un don pour se perdre bêtement dans de simples screens posés par n’importe qui.
- Difficultés des joueurs extérieurs : La majorité des problèmes défensifs à San Antonio viennent en premier lieu de nos joueurs extérieurs, première ligne de défense et les premiers exposés en cas de pépin.
L'Énigme des Wizards de Washington
Selon le Larousse, le blizzard est « un vent du nord, glacial, violent et accompagné de tempêtes de neige, qui souffle sur le Canada et le nord des États-Unis en hiver et au printemps ». Nous ne sommes pas encore en hiver mais Washington semble être déjà touché car c’est une véritable tempête de défaites qui s’abat dangereusement sur son escouade de tripoteurs de balle orange à grandes bouches.
Les Défis des Wizards : Une Analyse Statistique
- Rythme de jeu rapide, mais efficacité offensive faible : Les Wizards évoluent sur un rythme de jeu rapide, ils ont la huitième Pace de la ligue (nombre moyen de possessions par matchs). Pour autant, leur ratio offensif - le fameux offensive rating (nombre moyen de points marqués sur 100 possessions) - est mauvais. Il est de 106,1 (25ème de la ligue).
- Défense catastrophique : Les Wizards ont ratio défensif de 117,6 sur leurs huit premiers matchs, ce qui les place 29ème de la ligue.
Le Meilleur Défenseur de l'Année : Un Débat Sans Fin
Parmi les récompenses de fin d’année de la NBA, celle du meilleur défenseur de l’année (“Defensive Player of the year”) est sans doute la plus discutée, sinon disputée. Faut-il récompenser un joueur dur sur l’homme ou un spécialiste de l’aide défensive ?
Les Critères d'Évaluation d'un Défenseur
- Défense individuelle vs. défense collective : Il est souvent plus aisé de définir le joueur qui a réalisé la meilleure saison globale à titre individuel que celui qui a le mieux défendu car il y a plusieurs types de défense : elle peut être individuelle, plus couramment appelée en homme à homme, ou collective.
- Poste du joueur : Depuis la création de ce trophée en 1983, seuls sept joueurs de profil extérieurs ont été récompensés : Sidney Moncrief (2 fois), Alvin Robertson, Michael Cooper, Michael Jordan, Gary Payton, Ron Artest et Kawhi Leonard.
- Statistiques défensives clés : En 2001-02, année de son premier trophée, Ben Wallace est le meilleur rebondeur et contreur.
Les Statistiques Défensives Avancées
- Pourcentage individuel de rebonds défensifs : Le pourcentage individuel de rebonds défensifs indique la proportion de prises d’un joueur sur la somme de rebonds à sa disposition lorsqu’il est sur le terrain.
- Ratio d'interceptions : En ce qui concerne le ratio d’interceptions, plus précisément le pourcentage de possessions adverses volées par un joueur, c’est Thabo Sefolosha et Chris Paul qui mènent la danse.
- Déviations de balle : Dans ce secteur, on voit de nouveau des joueurs bien connus pour leur activité défensive : Draymond Green, Robert Covington, Chris Paul, Kawhi Leonard, John Wall, Jeff Teague, Thabo Sefolosha et Giannis Antetokounmpo (encore lui !) sont d’ailleurs présents dans les meilleurs intercepteurs du jeu.
- Fautes offensives provoquées : C’est une donnée peu évoquée lorsqu’il s’agit de parler de la défense mais la faculté à provoquer des fautes offensives adverses est révélatrice d’une activité défensive : cela peut être le signe d’un bon placement, d’un bon sens de l’anticipation mais aussi d’une faculté du défenseur à “rentrer dans la tête” de l’adversaire.
- Contestations de tir et pourcentage de réussite concédé par zone : À titre indicatif, Robin Lopez conteste le plus de paniers à deux-points avec 15.7 par match, Rudy Gobert est 2e avec 12.7 et Brook Lopez 3e, avec 11.5.
Les Limites des Statistiques Défensives
- Defensive Win Shares et Defensive Box Plus-Minus : Pourquoi ces données sont à prendre avec des pincettes ? En premier lieu, ce sont des statistiques provenant d’équation qui utilisent les données des boxscores ajustées par des variables.
- L'impact psychologique et la peur : Et c’est une autre donnée qui n’est pas quantifiable par les technologies d’aujourd’hui, du moins pour le moment : la peur.
Conclusion
Le Box Plus/Minus est un outil précieux pour évaluer l'impact d'un joueur en NBA, mais il ne doit pas être utilisé isolément. Une analyse complète nécessite la prise en compte d'autres statistiques avancées, ainsi qu'une compréhension du contexte et des aspects intangibles du jeu.
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Annexes :
Exemples de Joueurs et leur Impact
- Donte DiVincenzo : Un excellent joueur offensif avec un skillset complet, mais des lacunes défensives.
- Kevin Huerter : Un sniper d'élite avec un tir exceptionnel, mais des limites en défense et en pénétration.
- Gary Trent Jr. : Un spécialiste du tir à 3 points avec un excellent sens du positionnement.
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