Le monde du volley-ball féminin français est en pleine mutation, et les Neptunes de Nantes se trouvent au cœur de ces changements. Cet article explore la situation actuelle du club, les défis financiers auxquels il est confronté, et ses ambitions pour l'avenir.
Turbulences dans le Volley-Ball Féminin Français
La période estivale est souvent synonyme de transferts et de préparation pour la saison à venir. Cependant, pour plusieurs clubs de volley-ball féminin en France, l'été 2024 a été marqué par l'incertitude et les difficultés financières. Les téléphones des agents de joueuses de volley-ball sont en ébullition, car plusieurs équipes sont contraintes de libérer leurs effectifs.
Les Neptunes de Nantes, vice-championnes de France et finalistes de la Coupe, ont ainsi annoncé qu'elles renonçaient à la Saforelle Power 6 (le plus haut niveau du volley-ball féminin français) et libéraient l'ensemble de leur effectif. Les Rebelles de Venelles voient également la porte s'ouvrir au compte-goutte, tandis que les joueuses du RC Cannes sont dans l'attente d'une décision de la commission d'appel de la DNACG (Direction Nationale d'Aide et de Contrôle de Gestion).
Les Neptunes de Nantes : Un Choix de Raison
Le club nantais a pris la décision de se retirer du monde professionnel, un "choix de la raison" selon le communiqué publié par le club. Cette décision intervient après une saison difficile, marquée par le retrait de Réalités, l'ancien propriétaire du club, et la nécessité d'éponger des dettes estimées à 300 000 euros. Le club avait déjà été sanctionné d'un retrait de points au classement en raison de ses difficultés financières.
Comme l'explique Monique Bernard, présidente des Neptunes, le club avait anticipé cette situation : "On avait préparé les deux solutions en amont, dans le sens où plus l'année passait, plus on sentait que le mécène qui devait nous accompagner n'était pas dans la capacité de le faire maintenant". Si le mécène en question pourrait aider à l'avenir, son soutien n'est pas possible dans l'immédiat.
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Malgré ces difficultés, les Neptunes ne baissent pas les bras. Le club compte repartir avec l'association et son équipe évoluant en Élite (deuxième division, semi-professionnelle) pour tenter de revenir au sommet. L'objectif est de conserver les acquis du club, notamment ses trois salariés et quelques partenaires, afin d'être prêt pour une éventuelle remontée. "On veut garder nos acquis, pour être prêts si on remonte", assure Monique Bernard.
Pays d'Aix Venelles : Des Difficultés Similaires
Du côté de la Provence, Pays d'Aix Venelles, deuxième de la saison régulière et demi-finaliste du Championnat et de la Coupe, est également confronté à des difficultés financières. Le club a été rétrogradé administrativement et a demandé son placement en redressement judiciaire. Il a fait appel de la décision de la DNACG, dans l'espoir de combler un trou financier de 250 000 euros.
Alexandre Hubner, président de Venelles, attribue les difficultés du club au manque de soutien des collectivités territoriales et au manque d'une grande salle. Selon lui, évoluer dans la Halle Nelson-Mandela, d'une capacité de 400 places, fait perdre environ 250 000 euros au club chaque année, en raison du manque à gagner de la billetterie et du désintérêt des partenaires. Le club avait demandé une subvention exceptionnelle, sans succès, pour compenser ce manque à gagner.
Les joueuses de Venelles ont été invitées à contacter le club en cas de proposition extérieure.
La Fragilité des Clubs de Volley-Ball
Ces situations mettent en lumière la fragilité financière de nombreux clubs de volley-ball féminin en France. Comme le soulignait la DNACG dans son rapport de 2024, "les clubs sains le sont franchement, alors que les clubs dont la structure financière est déséquilibrée vont impérativement devoir se mobiliser pour réussir à conjuguer projet sportif et respect du fonds de réserve, dans les saisons à venir". Les résultats sportifs et l'intérêt grandissant pour le volley-ball ne suffisent pas à prémunir les clubs contre les difficultés financières. La dépendance aux subventions publiques ou à un partenaire privé peut s'avérer risquée.
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Rebondir en Élite : Les Ambitions des Neptunes
Après la tempête et une relégation administrative en Élite, les Neptunes de Nantes sont déterminées à retrouver la ligue nationale au plus vite. Malgré la déception de ne pas pouvoir participer à la Saforelle Power 6, l'ambiance est positive et les ambitions sont élevées.
Pour Monique Bernard et Franck Perraudeau, les coprésidents du club, la feuille de route est claire : "Malgré la descente en élite, l’aventure continue. Notre ambition est de rebondir le plus rapidement possible. Nous allons chercher la performance, jouer le haut du tableau pour retrouver le plus rapidement possible la ligue professionnelle. Nous espérons toutes et tous une saison exaltante."
L'entraîneur, Sylvain Quinquis, se dit "honoré et ému" de retrouver le banc. Il est conscient des défis qui attendent l'équipe en Élite : "Le challenge est motivant. Mais il faut être conscient d’une chose : chaque week-end, chaque match sera une bataille. Le championnat élite est peut-être moins physique, mais il fait appel à plus de roublardises."
Un Nouveau Départ pour Reconstruire
Le retrait du monde professionnel est l'occasion pour les Neptunes de Nantes de se reconstruire et de repartir sur des bases plus solides. Le club souhaite préserver son avenir, ses jeunes, sa structure et son histoire. En évoluant en Élite, les Neptunes espèrent attirer de nouveaux partenaires et consolider leur modèle économique.
L'objectif est de retrouver rapidement la Saforelle Power 6, mais aussi de pérenniser le club et d'assurer son développement sur le long terme. Les Neptunes de Nantes sont conscientes des défis qui les attendent, mais elles sont déterminées à les relever et à retrouver leur place parmi les meilleures équipes de volley-ball féminin en France.
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