Bonne Année Rugby: Origines et Évolution d'une Tradition Sportive

Le rugby, sport emblématique, possède une histoire riche et complexe, étroitement liée aux traditions et aux évolutions sociales. De ses racines dans les écoles anglaises du XIXe siècle à son expansion mondiale, en passant par les particularités culturelles qui l'entourent, le rugby est bien plus qu'un simple jeu. Cet article explore les origines de ce sport, son développement en France, et les emblèmes qui symbolisent les équipes nationales.

Les Racines Anglaises du Rugby

Au début du XIXe siècle, les "public schools" anglaises ont développé diverses formes de jeux de balle en plein air. Le but était de parfaire l’éducation des fils de la société dominante et de canaliser ainsi les violences, voire les dérives comportementales de ces jeunes gens. À cette époque, le terme très générique de “football” regroupait l’ensemble de ces pratiques, chaque école ayant ses propres règles. Mais il était communément admis que le ballon pouvait être joué au pied. Le contrôle à la main pour bloquer ou passer la balle pouvait être autorisé, mais seul le code du collège (université) de Rugby permettait de porter le ballon en main et de courir avec. Ces diverses pratiques ‘originelles’ subsistent encore aujourd’hui sous des formes diverses de « football », qu’ils soient américain, canadien, australien ou encore gaélique. Quant au football actuel, il fut le fruit d’une ‘association’ entre diverses pratiques pour en faire un code unique (création de la ‘FA’ - Football Association en 1863), mais les tenants du code de Rugby refusèrent d’abandonner la masculinité du plaquage et se fédérèrent en 1871 au sein de la ‘RFU’ - Rugby Football Union.

La légende de William Webb Ellis, élève du collège de Rugby, est souvent citée comme le point de départ du rugby. Selon cette histoire, en novembre 1823, Webb Ellis, pris d’un élan d’enthousiasme, aurait couru vers le but avec le ballon dans les bras, transgressant ainsi les règles du football de l’époque. Bien que cette légende soit contestée, elle symbolise l’esprit d’innovation et de rupture qui a mené à la création du rugby. Ce qui jette le doute sur cette ‘histoire’, c’est qu’il aurait fallu attendre plus de vingt ans pour voir sortir les toutes premières règles du rugby en 1845-46 ! En fait, la légende Webb Ellis sera ‘inventée’ par le Rugby aristocratique au moment de l’émergence du futur XIII (1895). En effet, par crainte de voir la concurrence venue de clubs issus de la classe modeste prendre le dessus dans les jeux de balle ovale, l’aristocratie du rugby a voulu se doter d’une antériorité universitaire dont son adversaire ne pourrait pas se prévaloir.

L'Expansion du Rugby en France

Les pratiques du football et du rugby ne tardèrent pas à traverser la Manche pour se développer en France au début des années 1870, dans les villes portuaires où les Anglais, souvent en transit, travaillaient pour des filiales d’entreprises britanniques. À cette époque, le sport se jouait en amateur et les classes supérieures qui le pratiquaient voulaient en garder l’exclusivité en imposant la barrière de l’argent aux classes modestes qui ne demandaient pourtant qu’à y accéder. En effet, ces dernières s’étaient bien rendu compte que le terrain de sport était le seul d’une égalité possible entre les classes sociales, à 11 contre 11 ou 15 contre 15. Pour éviter la suprématie ouvrière sur le sport, les classes supérieures firent tout pour l’empêcher. Mais au fur et à mesure des conquêtes sociales (notamment de la réduction du temps de travail hebdomadaire, passant de 60 à 56h30, libérant ainsi le samedi après-midi), les ouvriers ‘entrèrent en sport’.

Confrontées à ce strict amateurisme officiel, les classes modestes se retrouvèrent donc face à un choix cornélien pour pratiquer le rugby car le temps passé à s’entraîner ou à se déplacer pour les matchs devait être décompté du salaire. Ce qui fut vite intenable pour le monde ouvrier. Les joueurs ne pouvaient plus prendre sur leur temps de travail pour jouer et représenter leurs clubs, souvent présidés, d’ailleurs, dans le Nord par des chefs d’entreprise, également employeurs des joueurs. Le rugby n’échappa donc pas à “l’amateurisme marron” (rémunération occulte des amateurs dans le sport) pour permettre aux ouvriers de pouvoir rivaliser avec des sudistes aux plus modelables emplois du temps ! La RFU le condamne et s’y oppose fermement.

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Le rugby a continué de se développer en France, avec la création de clubs et de compétitions. Jean Lacouture a la passion du rugby : les lecteurs du Monde en savourent les fruits. Mais l'historien se conjugue à l'amateur quand il cherche les origines du « jeu à trente ». Le jeu à quinze, devenu en un siècle le sport « national » d’une France qui aurait pour frontière nord une ligne reliant la Charente au Jura, n’est-il qu’une synthèse opérée dans un creuset occitan de pratiques gréco-romaines et d’inventions celtes ? Non. L’apport décisif, et même créateur, fut celui des écoles britanniques au milieu du siècle dernier et de l’enseignement de Thomas Arnold.

Mais qui s’intéresse à la naissance et à l’expansion de ce jeu singulier doit retenir que, quand les jeunes Français se virent proposer la pratique du football rugby, vers 1880, ils étaient déjà dotés d’une triple tradition qui les disposait à l’accueillir et à le faire fructifier : celle qu’avaient implantée dix-neuf siècles plus tôt les occupants de la Cisalpine ou de la Narbonnaise, celle que les joueurs de « soule » avaient maintenue pendant cinq ou six siècles dans les provinces de l’Ouest, et celle de la « barette » jouée couramment dans les provinces du Centre et du Midi.

La Scission du Rugby et la Naissance du Rugby à XIII

Le 29 août 1895, au George Hotel de Huddersfield (gare médiane sur le trajet Liverpool - Hull), les grands clubs du Lancashire et du Yorkshire se réunissent et votent leur séparation d’avec la RFU pour créer leur propre Northern Rugby Football Union, constituée dans un tout premier temps de ces 22 clubs sécessionistes. Indemnisés de leur perte de salaires (le manque à gagner), les ‘nordistes’ continuent de pratiquer le jeu d’origine, mais profitent de leur indépendance pour y apporter des modifications constantes (déjà envisagées au sein de la RFU) et ce jusqu’au début du XXe siècle où la pratique va voir non seulement disparaitre deux joueurs (les troisième-ligne ailes, chargés au XV de neutraliser le départ de l’attaque adverse sur mêlée), mais surtout voir l’émergence de ce fameux ‘tenu’ - identitaire du XIII - visant à remettre la balle en jeu après placage par cette mini-mêlée réduite à deux talonneurs pour gagner en temps de jeu et en sécurité pour la santé des joueurs. C’est le trait de génie du XIII, réglant ainsi tous les problèmes du jeu au sol… que le XV n’est toujours pas, à ce jour - bien plus d’un siècle après, en mesure d’avoir résolu.

Cette nouvelle règle du tenu, instaurée dans le but de rendre le rugby plus spectaculaire, va faire des émules. En 1922, cette “Union du Nord” deviendra la Rugby Football League (RFL), cela à la demande des Australiens en tournée qui souhaitaient toujours aider les Anglais à exporter le jeu en France, donc bien au Sud de l’Angleterre, sans compter que les deux dominions treizistes des antipodes étaient eux aussi bien au Sud ! Mais, le match de démonstration qui devait avoir lieu à Paris en 1921 entre l’Angleterre et l’Australie fut empêché d’avoir lieu par la FFR XV, laquelle fit jouer tous ses ‘lobbies’ pour qu’aucun stade parisien ne puisse accueillir cette démonstration.

À partir de 1907, la pratique du rugby à XIII s’était étendue à la Nouvelle-Zélande et à l’Australie. Cette scission, et le désordre fédéral qui s’en suivra, amènera la rupture de toute relation avec les Britanniques en 1931, y compris avec l’exclusion du XV de France du Tournoi des V nations. Sommés de faire le ménage au sein de leur fédération, les dirigeants quinzistes français procèdent à des radiations, cependant bien ciblées, de certains joueurs : on frappera en priorité les petits clubs qui faisaient alors de l’ombre aux grands en débauchant leurs meilleurs joueurs, bousculant ainsi une hiérarchie de notables bien établis. Jean Galia, alors considéré comme le meilleur seconde ligne d’Europe, fera partie de la cohorte des radiés du XV pour professionnalisme. Les autres fédérations ayant été solidaires de la FFR XV, les radiés furent également exclus de tout sport amateur. Le Rugby à XIII sera donc la solution idéale de repli pour que ces joueurs de haut niveau puissent continuer leur carrière rugbystique.

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Les Emblèmes des Équipes de Rugby

Les équipes de rugby sont souvent associées à des emblèmes qui représentent leur identité et leur histoire. Ces symboles, souvent inspirés de la faune, de la flore ou de l’histoire du pays, contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance et la fierté nationale.

  • L’Australie : le Wallaby. L’équipe d’Australie est surnommée "les Wallabies" en référence au wallaby, un marsupial cousin du kangourou très répandu en Australie. Le nom trouve ses origines en 1908, lors de la première tournée de l’Australie au Royaume-Uni et en Amérique du Nord. Au départ, les médias anglais voulaient les appeler les lapins (ou rabbits) mais les Australiens ont préféré choisir un animal originaire d’Australie.
  • L'Argentine : Le Puma. L’emblème de l’équipe d’Argentine était un jaguar au-dessus des initiales UAR (Union Argentina Rugby). Cependant en 1965, à la suite de l’erreur d’un journaliste, qui aurait confondu le jaguar avec un puma, l’Argentine fut surnommée “los Pumas”. Une erreur que les Argentins avaient acceptée. Ils viennent désormais d’officialiser l’erreur en remplaçant le jaguar par un puma.
  • L’Écosse : le Chardon. Le chardon est depuis des siècles le symbole du pays. Son origine remonterait au Moyen-âge et serait un hommage à la victoire des Écossais contre des envahisseurs vikings. Ces derniers auraient marché pieds nus sur des chardons lors d’une attaque nocturne. Les cris de douleur des vikings auraient réveillé les Écossais. C’est donc grâce à cette plante épineuse que les Écossais ont pu sauver le pays.
  • L’Afrique du Sud : le Springbok. Le springbok est le nom afrikaner d’une gazelle brune et blanche d’Afrique méridionale. Ce symbole a été adopté en 1906, lors d’une tournée des Sud-Africains en Grande-Bretagne. Les journalistes britanniques souhaitaient que chaque équipe ait un surnom. Mais à la fin de la ségrégation raciale, le Conseil national Africain imposa en 1994 la Protea, une plante typique d’Afrique du Sud, comme emblème national du pays. Pendant un temps les deux symboles ont cohabité. Depuis 2008, les deux emblèmes sont séparés : le springbok est sur la poitrine droite et la Protea sur la poitrine gauche.
  • L’Angleterre : la Rose. Si l’équipe nationale de football a choisi les trois lions en référence aux armoiries de l'Angleterre, l'équipe de rugby a opté pour la rose. Ce choix proviendrait de la "guerre de Deux-Roses" un conflit opposant la famille royale de Lancaster qui avait une rose rouge comme symbole, à celle d'York qui arborait une rose blanche. La victoire des Lancaster fut à l’origine de l’utilisation de la rose rouge comme symbole de l'Angleterre. La rose rouge pourrait venir aussi des élèves de la Rugby School, établissement où est né le rugby en 1823 et qui portaient cet emblème. Ainsi, les internationaux l’auraient utilisé lors du premier match disputé contre l’Écosse en 1871.
  • La Nouvelle-Zélande : la Fougère. Il existe plusieurs hypothèses quant à l’origine de l’emblème de la fougère pour l’équipe de Nouvelle Zélande. Elle proviendrait du capitaine de l’équipe de 1888, Joe Warbrick qui choisit ce symbole en lien avec un proverbe Maori : “Quand un combattant tombe, un autre se lève. Quand une fougère meurt, une autre naît”. La fougère argentée est une plante endémique de la Nouvelle-Zélande. Elle a la particularité de posséder des feuilles dont le dessous est de couleur blanc-argenté. L’emblème de la fougère pourrait provenir de la légende maorie de Rahitutakahina. Enlevée par une tribu rivale, elle aurait réussi à indiquer le chemin à son mari en repliant le bout des feuilles vertes de fougères pour faire apparaître leur dessous argenté. La fougère possède également des propriétés médicinales, elle éloigne les forces du mal, protège contre les démons et les mauvais esprits. En ce qui concerne le nom “All Blacks”, c’est en 1905 lors de leur première tournée en Grande-Bretagne qu’un journaliste anglais aurait déclaré “They are all backs” soit “Ce sont tous des arrières”. Mais à l’impression du journal, la phrase serait devenue “They are all blacks” soit “Ils sont tous noirs”. L’article en question n’a jamais été retrouvé.
  • L’Irlande : le Trèfle. Selon la légende, Saint-Patrick se serait servi d’un trèfle à trois feuilles pour illustrer la Sainte Trinité. Depuis, la couleur verte et le trèfle incarnent le patriotisme.
  • L’Italie : la Couronne de Lauriers. L’emblème de l'Italie au rugby est une couronne de lauriers. La couronne de lauriers était portée par les empereurs romains et par les généraux en récompense de leurs victoires militaires. Elle symbolise ainsi les victoires de l’empire romain et notamment celles de Jules César dans l’Antiquité.
  • Le Pays de Galles : le Poireau ou les Plumes d’Autruche. A l’image du chardon pour les Écossais, la légende du poireau proviendrait d’une bataille du VIIe siècle face aux Saxons. Le roi David de Menévie, saint patron du Pays de Galles, aurait ordonné à ses troupes de mettre un poireau sur leurs casques afin de se distinguer de leurs adversaires. Elles seraient portées également en hommage à une bataille remportée lors de la guerre de Cent Ans, où le fils du roi d’Angleterre récupéra le casque d’un adversaire surmonté de trois plumes d’autruche.
  • Le Japon : la Fleur de Cerisier. Les Japonais ont une véritable passion pour les fleurs de cerisier (sakura en Japonais). Elles font partie des emblèmes du pays. Le nom provient du rugby à VII où l’équipe est reconnue pour sa vitesse et son adresse.
  • Les Fidji : le Palmier. Quant au symbole du palmier, c’est un des éléments du blason fidjien. Le bois du palmier est souvent utilisé dans le pays pour la construction des poteaux et son fruit, la noix de coco, fait parfois office de ballon pour les enfants.
  • La Roumanie : la Feuille de Chêne Lobée. L’équipe est surnommée les chênes, les stejarii en roumain. La feuille de chêne est le l'emblème de la fierté et de la force pour la Roumanie. Cet arbre est un symbole national très présent sur le territoire roumain et représente la force des joueurs de l’équipe nationale.
  • La Géorgie : la Rosace Bordeaux et Noir. L'emblème géorgien représente une rosace rouge aux teintes bordeaux associée à des faisceaux noir. Ces derniers sont un rappel au Lelo Burti, un jeu géorgien cousin du rugby qui a fait son apparition il y a près de 1 000 ans.
  • Le Chili : le Condor. Le Chili participe à sa première Coupe du monde. Son emblème est un oiseau et plus précisément un condor, qui est le symbole national au Chili. Avec ses grandes ailes, il règne sur les pays andins (Pérou, Argentine, Bolivie, Chili, Colombie et l 'Équateur).
  • L’Uruguay : un Oiseau. L'équipe est surnommée "los Teros" en référence au vanneau téro qui est une espèce d'oiseaux très présent en Amérique du Sud. Il a la réputation d’être courageux et agressif.
  • Les Îles Samoa : une Armoirie et un Palmier. L’équipe de rugby des Îles Samoa a comme symbole les armoiries samoanes. Elles représentent la mer, un cocotier et des étoiles de la Croix du sud. Ces armoiries sont entourées de lauriers et surmontées d’une croix chrétienne, symboles de bravoure et de piété. L’équipe de rugby à XV est appelée aussi "Manu Samoa", en mémoire à un ancien chef samoan.
  • Le Portugal : un Loup. Il s’agit plus précisément du loup gris qui est une espèce endémique de la péninsule. Autrefois très présent, il resterait environ 300 loups ibériques (Canis lupus signatus) dans le nord du Portugal.

La Coupe du Monde de Rugby et ses Traditions

La Coupe du monde de rugby est l’événement phare de ce sport. Une des traditions associées à cet événement est la remise de casquettes aux joueurs, symbolisant leur participation et leur engagement. C'est une casquette synonyme de Coupe du monde. À l'instar des Anglais au Touquet, des Fidjiens en Gironde ou des Néo-Zélandais à Lyon, les joueurs du XV de France ont, eux aussi, revêtu ce couvre-chef unique, samedi 2 septembre, dans le parc du Bois-Préau de Rueil-Malmaison, près de leur camp de base et devant plus de 10 000 personnes venues assister à ce moment. Une cérémonie symbolique, mais unique pour certains, comme le 3e ligne Paul Boudehent : « C'est un grand honneur, beaucoup de fierté. J'en parlais il n'y a pas longtemps avec mes parents, je n'en espérais pas tant il y a encore quelques semaines. Je ne sais pas si j'aurais la chance d'en vivre d'autres », s'est-il réjoui.

Pour trouver l'origine de cette tradition, il faut remonter au XIXe siècle et traverser la Manche. Cette casquette était alors considérée comme une récompense. Cette casquette a, peu à peu, disparu du sport professionnel, sauf au rugby, où la tradition a perduré. Elle est, aujourd'hui, réservée à la Coupe du monde. De 1987, année de la première édition du Mondial, jusqu'en 2011, la remise des couvre-chefs s'effectuait en petit comité, à l'abri des regards. Depuis trois éditions, elle s'organise devant du public. Là encore, les Anglais y sont pour quelque chose, puisque c'est en 2015, année durant laquelle la Coupe du monde était organisée outre-Manche, que la cérémonie de remise des casquettes a été ouverte, pour la première fois, aux supporteurs.

« Une cape ne se donne pas, elle vient se chercher. Après avoir récupéré leur casquette, les joueurs du XV de France ont désormais le regard tourné vers le terrain. « La force de ce groupe, c'est qu'après une journée protocolaire comme celle-ci, on va se remettre en mode compétition. C'est l'une de nos qualités, être capable de basculer et de se transformer en machine de guerre quand vient le match », a assuré au terme de la cérémonie Raphaël Ibanez, manageur général du XV de France. La Coupe du monde des Bleus commence en grande pompe avec un duel au sommet face à la Nouvelle-Zélande, vendredi 8 septembre, au Stade de France.

William Webb Ellis: Un Nom Gravé dans l'Histoire du Rugby

À l’occasion de la Coupe du monde de rugby, rappelons-nous celui dont le nom est gravé sur le trophée, le révérend William Webb Ellis. C’est en 1987, quelques mois avant le premier tournoi, que l’International Rugby Board décide d’honorer ainsi le jeune étudiant anglais qui, en 1823, a tout déclenché. La ville est alors célèbre pour son climat censé soigner la tuberculose. Il y décède le 24 janvier 1872. William Webb Ellis naît le 24 novembre 1806 à Salford, comté du Lancashire, en Angleterre. Son père, James Ellis, avait embrassé la carrière militaire et le petit William a certainement vu le jour à la caserne de la ville. Son deuxième prénom lui vient de sa mère, née Ann Webb. On ne sait pas comment se sont connus les deux époux, qui se marient en mars 1804 à la cathédrale St-Peter d’Exeter (comté du Devon). Devenue veuve le 1er juillet 1812, Ann a certainement des difficultés à élever seule ses deux fils.

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Lors d’une rencontre de football à l’automne 1823, sur une partie du terrain The Close baptisée Big Side, le jeune William prend la balle à la main. À l’époque, le geste est autorisé au football, mais les règles imposent au joueur de reculer avec le ballon. Passant outre, il continue vers l’avant. C’est à partir de là qu’évolue le jeu du « football de Rugby ». Saura-t-on jamais le fin mot de l’histoire ? Mais retournons en 1825. William quitte Rugby pour Oxford et entre au Brasenose College avec une bourse d’études. On ignore s’il joue toujours au rugby, mais il fait partie de l’équipe de cricket qui affronte Cambridge en 1827. Il obtient ses diplômes en 1829 et 1831. Un an après la fin de ses études, il entre dans les ordres. Ordonné diacre, il devient vicaire de la paroisse de Gravesend (comté du Kent). Il sera pasteur, puis ministre du culte de l’église St-George d’Abermarle Street, à Londres. En 1844, il officie à l’église St-Clements Danes de la capitale lorsque sa mère décède. Elle sera inhumée dans la crypte.

Attiré par la douceur de climat, il séjourne à Menton en 1859 et affirme dans un ouvrage publié en 1861 y avoir guéri de la tuberculose. Une vague de malades fortunés et pleins d’espoir venus de toute l’Europe du Nord déferle dans son sillage. Tout près de la frontière italienne, au pied des Alpes, Menton est difficile d’accès. On ignore si William Webb Ellis se rend à Menton pour le plaisir ou pour des raisons de santé. William Webb Ellis décède le 24 janvier 1872 à Menton. Il est enterré au cimetière du Vieux-Château, un site spectaculaire qui domine la ville. Il semblerait qu’il ait lui-même acheté la concession. Etait-il malade ? A-t-il eu un accident ? Nous l’ignorons. L’acte de concession, rédigé à « H. A-t-il jamais su que son geste de 1823 avait donné naissance à l’un des plus grands sports de tous les temps ? En vérité, personne ne le sait ! La tombe a été redécouverte en 1985 par un journaliste local, Roger Driès, puis par un Anglais, Ross McWhirter.

La Carte de Vœux et l'Esprit de Bonne Année

La coutume d’envoyer des cadeaux et des signes au Nouvel An date de la haute antiquité. Le premier jour de janvier, les Romains s’échangeaient des vœux et des présents. VOus aurez jusqu'à la fin du mois pour faire de même. La coutume des vœux devint postale grâce à un Anglais, Sir Henry Cole, qui inventa en 1843 la carte de Noël. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter.

À Baud, petite commune du Morbihan, le carton voyageur, musée de la carte postale dispose d'une exceptionnelle collection de près de 100 000 cartes postales . Un lieu unique à découvrir. Dans son fond, ont également été collectées des cartes de vœux qui raniment les souvenirs de tous et témoignent d'une tradition de la nouvelle année qui perdure encore, même si les SMS et les vœux électroniques ont en grande partie remplacé ce petit bout de carton. "On vend beaucoup moins de cartes de vœux" témoigne cette buraliste rennaise.

Dessinée par l'artiste britannique John Calcott Horsley, la première carte fut imprimée en lithographie et datée de 1843. Considérée comme la première carte de Noël du monde, elle est aussi devenue en 2001 la plus chère du monde ! Ancêtres de la carte de souhaits, les feuillets de bons vœux apparurent dès le début du XVe siècle. Leur succédèrent, au XVIIe siècle, ces imprimés que les marchands envoyaient à leur clientèle pour le Nouvel An. Les cartes, carnets de vœux apparaissent Au XVIIIe siècle… Des graveurs de la rue Saint-Jacques à Paris, impriment des cartes illustrées, dont on se sert pour adresser des vœux. Il s'agit généralement d'une carte fantaisie : brodée, peinte ou avec des ajouts. Agrémentée de fleurs, d'animaux symbolisant l'abondance comme le cochon, le lièvre symbole de nouvelle vie, les fers à cheval comme porte-bonheur. Ou bien encore le cœur pour l'amour, la pièce de monnaie pour la prospérité. "L'expéditeur n'ajoute généralement pas de texte sauf si la carte n'a pas de message pré-imprimé.

L’évolution de cette coutume se fit d’ailleurs rapidement en Europe, notamment en Allemagne, grâce à un tout nouveau procédé d’imprimerie. En 1840, fut lancé le premier timbre postal, ce qui permit à la carterie d’être publiée en série, prête à être envoyée. L'union professionnelle de la carte postale a retracé le développement de la carte de vœux en France. Le 26 Septembre 1870, c'est la naissance officielle de la carte Postale en France : le Carton postal est officialisé par un Décret. Vers 1920, apparaissent les « carnets souvenir » petit fascicule regroupant 10 à 12 cartes d’une même région touristique.

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