Le handball est un sport de contact et de lancer rapide où les blessures, en particulier à l'épaule, sont fréquentes en raison de la nature physique du jeu et des mouvements répétitifs. Cet article explore les causes, les traitements et les mesures préventives pour les blessures à l'épaule chez les joueurs de handball.
Généralités sur les blessures au handball
Le handball est un sport qui sollicite intensément le corps, avec des traumatismes survenant principalement en compétition, surtout en phase offensive. Les joueurs de handball se blessent principalement au niveau du genou et de la cheville, mais aussi au niveau de l'épaule et de la main. Les blessures touchent souvent les ligaments, mais les contusions musculaires sont également fréquentes.
Blessures du membre supérieur
Blessures des doigts (entorses ou fractures)
Les blessures aux doigts sont très courantes au handball, allant des entorses aux fractures. Un bilan radiographique est essentiel, et en cas de doute, une échographie ou une IRM peuvent être nécessaires. Négliger ces lésions peut entraîner des instabilités, en particulier au niveau du pouce, ou des raideurs séquellaires. Le traitement habituel consiste en une immobilisation par syndactylie, c'est-à-dire l'immobilisation du doigt blessé avec un doigt valide adjacent.
Entorse ou disjonction acromio-claviculaire
La disjonction acromio-claviculaire se produit lorsqu'il y a une perte de contact entre les surfaces articulaires de l'acromion et de la clavicule, souvent due à une chute directe sur le moignon de l'épaule. Les ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires peuvent être distendus ou rompus, selon la gravité de l'entorse. Dans les cas où la clavicule est peu déplacée, une simple immobilisation peut suffire. Cependant, si la clavicule est trop déplacée vers le haut ou vers l'arrière, une intervention chirurgicale est souvent recommandée pour replacer la clavicule en face de l'acromion et favoriser une bonne cicatrisation des ligaments. Un traitement chirurgical mini-invasif sous arthroscopie peut être envisagé.
Fracture de clavicule
Une chute sur l'épaule peut fréquemment causer une fracture de la clavicule, touchant le plus souvent le tiers moyen de l'os, mais aussi sa partie latérale proche de l'articulation acromio-claviculaire. L'examen clinique révèle une déformation de l'épaule et une douleur à la palpation de la fracture. Des radiographies confirment le diagnostic. Il est impératif de rechercher des lésions associées, telles que des fractures de l'omoplate, des lésions de la coiffe des rotateurs ou du bourrelet glénoïdien, en réalisant un arthroscanner ou une IRM si nécessaire. Le traitement des fractures du tiers moyen de la clavicule est généralement orthopédique, avec une immobilisation de six semaines. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire en cas de fracture très déplacée ou compliquée. Les fractures du quart externe de la clavicule nécessitent souvent une opération lorsqu'elles sont déplacées pour éviter une absence de consolidation osseuse (pseudarthrose) et des séquelles douloureuses. Votre chirurgien réalisera l’opération de façon mini-invasive sous arthroscopie. La technique est identique à celle du traitement chirurgical des entorses ou disjonctions acromio-claviculaires.
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Luxation et instabilité de l’épaule
La luxation de l’épaule est le déboîtement de l’articulation entre la tête de l’humérus et la glène de l’omoplate. Lors d’un match de handball, cela peut se produire lors d’une mauvaise réception de saut ou lors d’un contact en armé contré. Le joueur peut également souffrir d’une instabilité chronique, avec des luxations répétées ou des subluxations (micro-déboîtements) associées à des douleurs. Cette instabilité peut survenir après un traumatisme violent ou par la répétition de micro-traumatismes dus à une utilisation excessive de l'épaule. Le sportif peut ressentir une appréhension, c'est-à-dire la peur de se luxer l’épaule. La répétition des luxations peut détruire l’articulation et être responsable de lésions associées (lésions nerveuses ou vasculaires, arthrose, rupture de tendons de la coiffe). Le traitement peut être conservateur (rééducation) ou chirurgical, en fonction de la nature de l'instabilité, de l'hyperlaxité ligamentaire, de l'âge, du nombre d'épisodes de luxation, de l'activité du patient et des lésions associées.
Douleurs chroniques par excès de sollicitation de l’épaule (overuse syndrome)
Le geste de lancer au handball soumet l’épaule à des contraintes importantes, nécessitant un équilibre parfait entre mobilité et stabilité. La répétition des mêmes gestes sportifs peut conduire à des adaptations des structures ligamentaires et musculaires de cette articulation, augmentant le risque de blessures. Parmi les facteurs contribuant à la déstructuration de l’épaule, on note :
- L’augmentation de la mobilité en rotation externe par rapport à la rotation interne, entraînant une instabilité micro-traumatique.
- Un déséquilibre entre les différents groupes de muscles autour de l’épaule.
- Une position et mobilité anormale de l’omoplate (dyskinésie scapulo-thoracique).
Ces modifications peuvent conduire à des lésions spécifiques des sports de lancer, telles que des ruptures de la coiffe des rotateurs, un conflit sous-acromial avec tendinites, des lésions du bourrelet de la glène (labrum) ou des lésions de l’insertion du tendon du long biceps (SLAP).
Blessures du membre inférieur
Au niveau des membres inférieurs, les blessures se produisent surtout au niveau du genou et de la cheville. Il s’agit le plus fréquemment d’une blessure des ligaments allant de la simple entorse bénigne à la rupture du ligament croisé antérieur ou du ligament croisé postérieur. Les blessures musculaires sont également fréquentes.
Blessures musculaires
Les blessures musculaires sont fréquentes dans la pratique du handball, un sport de contact. La contusion musculaire au niveau de la cuisse est la plus courante, mais des blessures peuvent également survenir au niveau de la jambe et de la cheville. Un hématome peut se développer. L’échographie ou l’IRM permettent de confirmer le diagnostic en cas de doute. La prise en charge immédiate comprend la mise au repos et l’application de froid. Un programme de préparation physique adapté permet de prévenir ces lésions.
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Instabilité de rotule
L’instabilité de la rotule est liée au fait que la rotule ne s’engage pas correctement dans la trochlée du fémur et qu’elle s’échappe en dehors : c’est la luxation externe de rotule. La luxation traumatique de la rotule implique une rupture de l’aileron interne rotulien ou ligament fémoro-patellaire médial (MPFL).
Rupture du ligament croisé antérieur du genou
Cette lésion survient principalement lors d’une réception de saut (en appui monopodal) et lors d’un changement de direction (avec simple ou double appui). Sur le terrain, il faut glacer et mettre en place une immobilisation du genou par une attelle et l’utilisation de cannes. Le sportif doit bénéficier d’un examen rapide par un spécialiste qui confirmera le diagnostic par l’examen clinique et des examens radiologiques (IRM). La prise en charge est généralement chirurgicale dans cette population sportive.
Entorse de cheville
L’entorse de cheville est fréquente au handball. C’est la lésion des ligaments de la cheville. L’entorse du ligament latéral externe (LLE) est la plus fréquente. Il peut s’agir d’une entorse bénigne (simple étirement ligamentaire) ou d’une entorse grave (rupture des ligaments). il existe d’autres formes d’entorses plus rares mais qu’il ne faut pas méconnaître car elles nécessitent un traitement particulier. Une entorse de la cheville peut être la conséquence d’un échauffement, d’un terrain de sport ou de chaussures inadaptés. Sur le terrain, il faut arrêter immédiatement l’activité et appliquer le protocole G.R.E.C. (Glaçage Repos Elévation Contention). Une contention temporaire est mise en place afin de limiter la douleur et l’oedème (gonflement) de la cheville. Une consultation médicale est indispensable. Il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de fracture de la cheville associée en réalisant au moindre doute une radiographie. Un traitement fonctionnel est proposé dans la majorité des cas. Il associe une immobilisation par une attelle semi-rigide ou une contention adhésive. La cheville doit être rééduquée précocement et la reprise de l’appui s’effectue en fonction de la douleur. La rééducation comporte un renforcement des muscles fibulaires associé à des programmes de travail proprioceptif. Une entorse de cheville mal soignée peut conduire à des séquelles en particulier l’installation d’une instabilité chronique de la cheville, la persistance de douleurs et de blocages chroniques entrant dans le cadre d’un conflit de cheville.
Tendinite (ou tendinopathie) d’Achille
Les tendinites d’Achille ne sont pas rares chez le handballeur. Elles sont également en rapport avec les sauts répétés et les séances de renforcements musculaires intensifs. Le traitement est avant tout médical avec physiothérapie et programmes de renforcement excentrique. Il est également possible de réaliser des injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes). L’injection est préparée à partir d’un prélèvement de votre sang, qui est ensuite centrifugé afin de ne garder que des éléments qui favorisent la cicatrisation de votre tendon. En dernier recours, une opération pourra être proposée. La prévention de ces tendinites consiste à réaliser des exercices d’étirements de toute la chaîne musculo-tendineuse.
Rupture traumatique du tendon d’Achille
Les tendinites d’Achille prédisposent à des rupture complètes traumatiques du tendon d’Achille. Un traitement chirurgical est alors indispensable afin de suturer le tendon d’Achille. La reprise se fait en général vers le 6ème mois.
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Diagnostic et traitement des douleurs à l'épaule chez les sportifs
Les douleurs à l'épaule sont fréquemment observées chez les sportifs overhead. Le diagnostic et le traitement sont souvent difficiles en raison de multiples facteurs. Les lésions traumatiques et de surcharge spécifiques de l'épaule sont connues dans de nombreux sports overhead. Cependant, les altérations de la force, de la flexibilité et de la chaîne cinétique peuvent entraîner des adaptations spécifiques au sport et déclencher des lésions de surcharge progressives. Par conséquent, la combinaison de l'instabilité, des déséquilibres de la force de la coiffe des rotateurs (CdR), du déficit de rotation interne de la gléno-humérale (GIRD), de la dyskinésie de la scapula et de la stabilité du tronc, ainsi que des déficits ultérieurs de la force de la hanche et de l'amplitude du mouvement (ROM) peuvent se produire, ce qui déclenche ce qu'on appelle la cascade de blessures. Les facteurs de risques établis doivent être évalués avec soin afin de diagnostiquer de manière fiable la pathologie sous-jacente afin de faciliter l'entraînement préventif et le programme de réhabilitation, dans le but ultime d'accélérer le retour au jeu. Cela consiste à la fois en un diagnostic et un traitement efficace de l'athlète. À ce titre, une compréhension de base de la pathologie causale est avant tout indispensable.
Facteurs de risque et cascade de blessures
Plusieurs facteurs de risque peuvent contribuer aux blessures à l'épaule chez les athlètes, notamment :
- Instabilité de l'épaule : Une laxité excessive de l'articulation de l'épaule peut augmenter le risque de luxations et de subluxations.
- Déséquilibres de la force de la coiffe des rotateurs (CdR) : Un déséquilibre entre les muscles rotateurs internes et externes de l'épaule peut entraîner une surcharge sur certains tendons et augmenter le risque de tendinites et de ruptures.
- Déficit de rotation interne de la gléno-humérale (GIRD) : Une limitation de la rotation interne de l'épaule peut entraîner une compensation par d'autres mouvements, augmentant le stress sur l'articulation.
- Dyskinésie de la scapula : Un mouvement anormal de l'omoplate peut perturber la mécanique de l'épaule et contribuer à la douleur et à la blessure.
- Stabilité du tronc : Une faiblesse des muscles du tronc peut affecter la stabilité de l'épaule et augmenter le risque de blessures.
- Déficits de la force de la hanche et de l'amplitude du mouvement (ROM) : Une faiblesse ou une limitation de la hanche peut entraîner une compensation par l'épaule, augmentant le stress sur l'articulation.
La combinaison de ces facteurs de risque peut entraîner une "cascade de blessures", où une blessure initiale entraîne des problèmes secondaires et augmente le risque de blessures supplémentaires.
Examen clinique et diagnostic
L'examen clinique est essentiel pour identifier la cause de la douleur à l'épaule. Il comprend généralement :
- Anamnèse : Le médecin interroge le patient sur ses antécédents médicaux, ses activités sportives et les circonstances de la blessure.
- Inspection : Le médecin observe l'épaule à la recherche d'une déformation, d'une enflure ou d'une rougeur.
- Palpation : Le médecin palpe l'épaule pour identifier les zones sensibles ou douloureuses.
- Tests d'amplitude de mouvement : Le médecin mesure l'amplitude de mouvement de l'épaule dans différentes directions.
- Tests de force : Le médecin évalue la force des muscles de l'épaule.
- Tests spécifiques : Le médecin peut effectuer des tests spécifiques pour évaluer la coiffe des rotateurs, le labrum et d'autres structures de l'épaule.
Examens complémentaires
Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour confirmer le diagnostic ou exclure d'autres causes de douleur à l'épaule. Les examens complémentaires courants comprennent :
- Radiographies : Les radiographies peuvent être utilisées pour identifier les fractures, l'arthrose et d'autres anomalies osseuses.
- Échographie : L'échographie peut être utilisée pour évaluer les tendons, les ligaments et les bourses de l'épaule.
- IRM : L'IRM est un examen plus détaillé qui peut être utilisé pour évaluer les tissus mous de l'épaule, notamment la coiffe des rotateurs, le labrum et les ligaments.
Traitement
Le traitement des douleurs à l'épaule chez les sportifs overhead dépend de la cause de la douleur. Le traitement peut comprendre :
- Repos : Le repos est important pour permettre aux tissus de guérir.
- Glace : L'application de glace peut aider à réduire la douleur et l'inflammation.
- Compression : La compression peut aider à réduire l'enflure.
- Élévation : L'élévation peut aider à réduire l'enflure.
- Médicaments : Des médicaments tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent aider à réduire la douleur et l'inflammation.
- Physiothérapie : La physiothérapie peut aider à restaurer l'amplitude des mouvements, la force et la fonction de l'épaule.
- Injections : Des injections de corticostéroïdes peuvent aider à réduire la douleur et l'inflammation.
- Chirurgie : La chirurgie peut être nécessaire dans certains cas, notamment pour réparer une rupture de la coiffe des rotateurs, un labrum déchiré ou une instabilité de l'épaule.
Prévention
Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir les blessures à l'épaule chez les joueurs de handball, notamment :
- Echauffement adéquat : Un échauffement adéquat avant l'entraînement et les matchs peut aider à préparer les muscles et les articulations à l'effort.
- Etirements : Les étirements réguliers peuvent aider à améliorer la flexibilité et l'amplitude des mouvements de l'épaule.
- Renforcement musculaire : Le renforcement des muscles de l'épaule et du tronc peut aider à stabiliser l'articulation de l'épaule et à réduire le risque de blessures.
- Technique appropriée : L'utilisation d'une technique appropriée lors des lancers et des autres mouvements peut aider à réduire le stress sur l'épaule.
- Surcharge progressive : L'augmentation progressive de l'intensité et de la durée de l'entraînement peut aider à éviter les blessures de surcharge.
- Repos et récupération : Le repos et la récupération adéquats sont essentiels pour permettre aux tissus de guérir et de se réparer.
Préparation et échauffement spécifiques au handball
La préparation physique est essentielle pour prévenir les blessures. Voici quelques exercices recommandés :
- Réveil articulaire : Mouliner les articulations en faisant des petits cercles (poignets, chevilles, épaules, cou).
- Exercices de mobilité (sans résistance) :
- Fente avec genou collé au mur et rotation du buste (pour la mobilité du tronc et des épaules).
- Allongé sur le dos, jambes pliées à 90°, balancer les jambes d’un côté à l’autre en gardant les épaules au sol (pour la mobilité du tronc et des hanches).
- Porter un bâton/élastique devant soi et ouvrir le thorax en levant le bâton/élastique au-dessus de la tête (pour engager les épaules et les lombaires).
- Cardio : Sprint sur place, puis accélération sur plusieurs mètres.
- Exercices avec résistance (exemple) :
- Élastique fixé sur le côté, bras plié à 90 degrés, coude contre flanc, tirer l’élastique en rotation externe tout en expirant (pour renforcer les rotateurs externes de l'épaule).
- Exercices de proprioception : Pour améliorer la stabilité de l'épaule.