Le Choix des Tenues au Beach-Volley : Évolution des Règles et Débats

Depuis son introduction aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, le beach-volley féminin a souvent été associé à une image spécifique : des athlètes en bikini s'affrontant sur le sable. Cependant, les règles concernant les tenues ont évolué, offrant aux joueuses plus de liberté et suscitant des discussions sur la sexualisation du sport et l'importance du choix individuel.

Une Révolution Vestimentaire Progressive

Un tournant majeur s'est produit aux Jeux olympiques de Londres en 2012. La Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) a assoupli son règlement, permettant aux joueuses de porter des shorts et des hauts plus couvrants, notamment des leggings ou des bermudas descendant jusqu'à trois centimètres au-dessous du genou, ainsi que des tee-shirts à manches courtes ou longues. Cette décision visait à encourager la participation de pays où le port du bikini pouvait poser problème pour des raisons religieuses ou culturelles.

Liberté de Choix : Un Enjeu Central

Aujourd'hui, la question du choix vestimentaire est au cœur des débats. Les joueuses ne sont plus obligées de porter un bikini en compétition, et cette liberté suscite des réactions diverses.

Pour certaines, comme les Françaises Alexia Richard et Lézana Placette, il est essentiel que les femmes aient le choix. Lors des Jeux olympiques de Paris, elles ont d'ailleurs porté un short et une brassière lors de leur victoire face aux Allemandes, soulignant ainsi leur volonté de montrer que l'on peut être athlète de haut niveau sans pour autant se conformer à une image hypersexualisée.Alexia Richard explique : « On choisit le matin même. Des fois on se sent bien avec notre corps et on décide de mettre le bikini, des fois on se sent un peu moins bien donc on met le short. » Lézana Placette ajoute : « On ne prône pas le short, le bikini ou le legging, on essaie vraiment de montrer qu’on a le choix, et surtout qu’on est athlètes. »

Elles ont abordé le sujet d'elles-mêmes, à la fin d'une longue et belle tirade d'Alexia Richard sur « la bienveillance » du public des JO de Paris qui l'a laissée « admirative ». Ou plutôt, c'est Lézana Placette qui, après la victoire inaugurale des Françaises face aux Allemandes (21-14, 22-20), a déplacé le sujet sur le fait que le binôme tricolore a été le premier dans le tournoi à jouer en short et brassières et non en bikini. « C'est un nouveau public parce que c'est la première fois qu'on joue en France avec autant de personnes dans les gradins, a explicité Placette. C'était important pour nous de leur montrer ce que c'est que le beach volley, notre beach volley. C'est aussi pour ça qu'on a joué en short. C'est une règle qui est arrivée il y a deux ans, par le beach handball norvégien, puis les beach volleyeuses norvégiennes, qu'on a été les premières à suivre et qu'on essaye de pousser. »

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Réactions et Controverses

Cette évolution n'est pas sans susciter des controverses. Certains nostalgiques regrettent l'image "sexy" du beach-volley en bikini, arguant que cela contribuait à la popularité du sport. D'autres, au contraire, saluent cette avancée, considérant qu'elle permet de déconstruire les stéréotypes et de mettre en avant la performance athlétique plutôt que l'apparence physique.

En 2021, l'équipe norvégienne de beach handball avait été sanctionnée d'une amende par la Fédération européenne (EHF) pour avoir porté un short lors d'un match de l'Euro. Devant le tollé provoqué par cette sanction, l'EHF avait assoupli son règlement quelques mois plus tard. En revanche, dans le beach volley, cette possibilité a été offerte dès 2012 et ce, officiellement, pour développer cette discipline dans des pays où le port du bikini peut se heurter à « des motifs religieux ou culturels. »

L'image hypersexualisée du beach-volley est également pointée du doigt. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses.

L'Importance de la Représentation et de l'Inclusion

L'assouplissement des règles vestimentaires au beach-volley a également permis une meilleure représentation des athlètes issues de différentes cultures et religions. L'exemple de la joueuse égyptienne Doaa el-Ghobashy aux Jeux de Rio en 2016, portant un hijab et des manches longues, a marqué les esprits et symbolisé l'esprit olympique du vivre-ensemble.

Afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la fédération internationale de beach-volley (FIVB), sport olympique depuis 1996, a en effet assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres. Les joueuses peuvent depuis cette date porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. «Nous avons ajouté une possibilité afin de répondre à des motifs religieux ou culturels», expliquait à l'époque le directeur de la communication de la FIVB. En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012.

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Les Jeux Olympiques de Paris 2024 : Un Tournant ?

Les Jeux olympiques de Paris 2024, qui se veulent paritaires, marquent peut-être un tournant dans la perception du beach-volley féminin. La présence de joueuses portant des tenues différentes, comme le short et la brassière, contribue à diversifier l'image du sport et à encourager un regard plus centré sur la performance athlétique.

« On a envie que dans le beach volley, les femmes aient le choix », expliquent les Françaises Alexia Richard et Lézana Placette, après avoir gagné leur premier match aux Jeux olympiques (JO) de Paris, le lundi 29 juillet.

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