Aston Villa : Un géant anglais avec une Ligue des Champions au palmarès

Moins connu que les cadors tels que Liverpool ou les deux Manchester, Aston Villa, niché à Birmingham, deuxième plus grande ville anglaise, est un membre fondateur du football anglais avec une Ligue des Champions à son palmarès. Le club, adversaire du PSG en quart de finale aller de la Ligue des champions, pèse lourd dans l’histoire de son sport au Royaume-Uni en étant l’un de ses fondateurs.

Les Origines du Club et Son Nom

Aston Villa a été créé en mars 1874 par des membres du club de cricket du Villa Cross Wesleyan Chapel. Le club est situé dans la ville de Birmingham. Leurs origines sont incertaines même si selon Tony Matthews, auteur du livre The Legends of Aston Villa, le thème était d'influence écossaise, avec le lion écossais rampant inclus dans l'insigne. A son origine, le bordeaux s’approchait davantage du chocolat avant de virer progressivement vers sa couleur actuelle.

Un Pionnier du Football Anglais

Aston Villa n’est pas le plus vieux club de football professionnel du monde, privilège revenant à Notts County (1862), mais il figure parmi les pionniers. Créé en 1874, il fait partie des membres fondateurs de la Football League, la première division anglaise en 1888, mais aussi de la Premier League (en 1992) devenu la nouvelle ligue d’élite. Ils ne sont que trois à pouvoir se targuer d’avoir été au lancement de ces deux championnats (avec Blackburn et Everton).

Birmingham : Le Cœur d'Aston Villa

Si Londres, Manchester ou Liverpool sonnent davantage comme des villes de football, Aston Villa porte le flambeau pour Birmingham, deuxième ville plus peuplée d’Angleterre derrière Londres avec un peu moins de 1,2 million d’habitants. Aston Villa en est le club phare devant son grand rival Birmingham City, créé un an plus tard (1875), dont le palmarès est bien moins fourni et la popularité bien moindre malgré le passage de quelques stars comme Christophe Dugarry ou Gianfranco Zola. West Bromwich Albion, situé dans la ville de West Bromwich collée au nord-ouest de Birmingham, est l’autre grand rival des Villans. Wolverhampton, au nord-ouest de West Bromwich, aussi mais à un degré moindre.

Un Palmarès Impressionnant

Le palmarès d’Aston Villa est d’une grosse consistance. Aston Villa est, dans les faits, le sixième club anglais le plus titré avec 22 trophées. La très grande majorité date des années suivant sa création avec six titres de champion d’Angleterre entre 1894 et 1910 et sept coupes d’Angleterre qui commencent à prendre la poussière (1887, 1895, 1897, 1905, 1913, 1920 et 1957).

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  • Championnat d'Angleterre de D1 : 1893/94, 1895/96, 1896/97, 1898/99, 1899/00, 1909/10, 1980/81
  • Coupe d'Angleterre : 1886/87, 1894/95, 1896/97, 1904/05, 1912/13, 1919/20, 1956/57
  • Coupe de la Ligue : 1974/75, 1976/77, 1993/94, 1995/96
  • Ligue des Champions (Coupe des Clubs Champions) : 1981/82

Aston Villa a connu son heure de gloire la plus récente au début des années 1980 avec un septième (le dernier) titre de champion en 1981 mais surtout une folle épopée la saison suivante avec le sacre en coupe d'Europe des clubs champions sous les ordres de l’entraîneur Tony Barton. Peter White avait offert le Graal européen en inscrivant l’unique but de la finale contre le Bayern Munich (1-0) de Karl-Heinze Rummenigge à une époque où chaque tour de la compétition se disputait en matchs à élimination directe.

Le Parcours Épique Vers la Gloire Européenne en 1982

Après avoir tranquillement écarté le Valur Reykjavik (7-0 score cumulé), l’escouade des West Midlands tombe sur le Dynamo Berlin, champion d’Allemagne de l’Est et tombeur du grand Sainté. « Nous étions nouveaux, mais nous avions une équipe solide qui savait très bien défendre », témoigne Withe depuis l’Australie, où il vit désormais. À l’aller en RDA, une volée et un rush mémorable de l’irrésistible ailier Tony Morley offrent un succès précieux (1-2) et déterminant pour passer au retour malgré une défaite (0-1).

Mais alors que les coéquipiers de Dennis Mortimer s’invitent dans le top 8 européen, la saison des Claret and Blue va prendre un tournant. Flirtant avec la zone rouge en championnat, Villa n’est pas au mieux et Ron Saunders, en brouille avec l’actionnaire principal Ron Bendall, claque la porte. Pas rien : en 8 ans, l’entraîneur a fait remonter le club et a garni le palmarès avec deux League Cup, mais surtout le titre de champion neuf mois plus tôt. La direction désigne son adjoint, Tony Barton, comme entraîneur principal. C’est donc avec un illustre inconnu à sa tête qu’Aston Villa va attaquer les quarts de finale. « Le départ de Ron a été un grand choc pour tout le monde, témoigne Withe.

Ainsi, Barton redresse le navire en championnat et redonne confiance à son groupe avant de se frotter à un sérieux client : le Dynamo Kiev, mené par Blokhine, Ballon d’or 1975. Accueillis dans un hôtel désastreux à Simferopol (à cause du temps glacial dans la capitale ukrainienne), Dennis Mortimer et ses coéquipiers en repartent avec un sacré souvenir : selon la légende, le milieu Gordon Cowans y aurait trouvé un cafard mort au milieu d’un morceau de pain ! Surtout, ils reviennent de Crimée en ayant conservé un score nul et vierge (0-0) malgré l’absence de leur patron de défense Allan Evans et une flopée d’occasions pour les Soviétiques.

Au moment où Liverpool passe à la trappe contre le CSKA Sofia, l’équipe que personne n’attendait continue sa route et tire Anderlecht, qui vise la coupe aux grandes oreilles avec à son tableau de chasse la Juventus. Morley écœure les Belges en inscrivant à Villa Park le seul pion des deux matchs (1-0, 0-0). Mais c’est pour une autre raison que le duel est resté en mémoire : après un aller très âpre, la manche 2 au stade Émile-Versé voit des fans de Villa, venus en nombre, entamer la bagarre avec leurs homologues d’Anderlecht. Le match est même interrompu pendant quelques minutes après un envahissement de terrain. L’incident débouchera sur 20 blessés et 27 interpellations et a failli être fatal, si l’on en croit Peter Withe : « Anderlecht a essayé d’utiliser ça pour nous exclure de la compétition.

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Sur la dernière marche se présente un monstre qui a faim : le Bayern, emmené par Rummenigge, double Ballon d’or en titre. « Nous n’étions pas intimidés par cela, mais plutôt détendus et nous avions hâte de relever ce défi », se souvient Withe. Mais tout se gâte après dix minutes de jeu, lorsque le dernier rempart Jimmy Rimmer, souffrant, doit céder sa place à Nigel Spink, une seule apparition sous les couleurs de Villa à l’époque.

Sur la corde raide pendant une bonne partie du match, mais incroyablement généreux dans le combat, les Britanniques vont surprendre leur adversaire à la 67e minute, Peter Withe se retrouvant seul en pleine surface après un petit numéro côté gauche de Morley, et trouvant la faille avec l’aide du montant. « J’ai frappé à moitié avec mon pied et à moitié avec mon tibia, racontera le héros juste après le match. Un cataclysme pour les Bavarois, qui ne parviendront jamais à revenir et verront un but d’Hoeneß refusé pour hors-jeu dans les derniers instants. « C’étaient les 23 minutes les plus longues que j’ai connues dans un match, mais nous avons réussi à résister, explique Withe. Nous étions bien organisées et avions une grande confiance en nous. Les célébrations ont duré toute la nuit. Le meilleur souvenir a été de descendre de l’avion à l’aéroport d’East Midlands en sachant que nous conservions la Coupe d’Europe en Angleterre. »

Après ça, les Anglais iront même chercher la Supercoupe face au Barça (0-1, 3-0), puis ce sera la dégringolade : Barton prendra la porte en 1984 et les Villans connaîtront une descente en deuxième division en 1987. Mais impossible d’oublier, surtout pour Withe. « Les gens continuent de me parler de ce but, admet-il.

Des Bas-Fonds à la Ligue des Champions : Une Renaissance Spectaculaire

Habitué régulier du plus haut niveau, Aston Villa a récemment connu le bas avec une relégation en championship (D2 anglaise) en 2016, la première depuis 1988. Après deux ans de purgatoire, deux milliardaires, l’Egyptien Nassef Sawiris et l’Américain Wes Eden, ont repris le club avec l‘ambition d’en faire de nouveau un cador du championnat anglais. Ils ont beaucoup investi pour cela (840 millions d’euros de transferts) et trouvé en Unai Emery, manager, et Monchi, célèbre directeur sportif, leurs chefs d’orchestre de ce retour réussi avec fracas dans les hautes sphères de la Premier League. "Aston Villa est une équipe historique et fière, mais elle a connu des moments difficiles. Il y a six ans, passer du Championship à la Ligue des champions aurait été un record", s’est réjoui Edens dans une interview à CNBC en avril 2024.

Quatrième du dernier championnat devant des équipes comme Tottenham, Chelsea ou Manchester United, le club de Birmingham s’est qualifié pour la plus prestigieuse des compétitions européennes pour la première fois depuis 41 ans. Il a aussi atteint la demi-finale de Conference League et reste, cette saison, toujours en lice en FA Cup (demi-finale contre Crystal Palace).

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Villa Park : Le Théâtre des Rêves des Villans

Villa Park est situé dans le quartier d’Aston, à Birmingham. Il est facilement accessible en transport en commun.

  • Train : Stations Witton et Aston : Les deux gares sont les plus proches du stade et offrent des liaisons régulières vers Birmingham New Street et Lichfield. Witton est la station la plus recommandée pour l’accès.
  • Bus : Plusieurs lignes de bus desservent la zone (ex: 7, 11A, 11C, 28, 65, 67, X3, X4).
  • Voiture : Les parkings à proximité sont limités et souvent réservés. Il est fortement conseillé d’utiliser les transports en commun. La zone est proche de la M6 (sortie 6, « Spaghetti Junction »).

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