Le Paris Saint-Germain, club phare de la capitale française, a connu des périodes fastes et d'autres plus complexes. Si l’Île-de-France constitue certainement le plus grand vivier de footballeurs professionnels au monde, le Paris Saint-Germain n’a pas toujours su en profiter. La faute à des manquements dans le scouting et la formation, mais aussi à une équipe première pas toujours encline à faire confiance aux jeunes. Cet article se penche sur les joueurs qui ont marqué le club parisien autour des années 2000, en mettant en lumière des figures emblématiques issues du centre de formation, ainsi que des stars internationales qui ont porté les couleurs du PSG durant cette période.
L'Émergence des Talents du Centre de Formation
Le PSG a toujours eu la volonté de s'appuyer sur son centre de formation pour alimenter son équipe première. Plusieurs joueurs formés au club ont ainsi marqué l'histoire du PSG, certains y faisant de longues carrières, d'autres s'exilant pour exprimer leur talent.
- Francis Llacer : Pur produit du centre de formation, Francis Llacer a marqué son époque par sa hargne et son impact physique. Ayant passé sa jeunesse dans le Kop de Boulogne, Cisco rejoint le centre de formation de son club de coeur à l’âge de 13 ans. Chez les pros, il se distinguera surtout par sa hargne et son impact physique. Il a remporté de nombreux trophées avec le PSG, dont le championnat de France en 1994 et la Coupe des Coupes en 1996, où il est entré en jeu en finale.
- Jean-Marc Pilorget : Figure emblématique du PSG, Jean-Marc Pilorget est indissociable de l’histoire du PSG. Avec Thierry Morin, François Brisson et Lionel Justier, il fait partie des Quatre Mousquetaires, ces joueurs ayant fait leurs débuts ensemble le 21 décembre 1975. Pilorget va ensuite remporter les premiers titres de l’histoire du club. C’est d’ailleurs lui qui marque le tir au but victorieux lors de la Coupe de France remportée en 1982. Il a longtemps détenu le record de matchs joués avec le PSG, avant d’être récemment battu par Marquinhos.
- Luis Fernandez : Bien qu'il ait rejoint le PSG à 19 ans, Luis Fernandez est considéré comme un pur produit du club. Très vite, Luis va s’imposer dans l’entrejeu grâce à sa condition physique exceptionnelle et son efficacité dans les duels. En sélection, le chouchou du Parc sera membre du fameux Carré Magique avec Michel Platini, Alain Giresse et Jean Tigana. Il a marqué l'histoire du club et de l'équipe de France, remportant le championnat d'Europe en 1984.
- Mamadou Sakho : Talent précoce, Mamadou Sakho s'est vu confier le brassard de capitaine à seulement 17 ans. Talent précoce reconnu pour son leadership et sa mentalité de guerrier, Mamadou Sakho se voit confier le brassard par Paul Le Guen à l’âge de 17 ans, ce qui en fait le plus jeune capitaine de l’histoire du PSG. Si les supporters parisiens ont longtemps rêvé d’un destin à la Maldini, Mamad va fuir la concurrence devenue rude avec l’arrivée de QSI et rejoindre Liverpool. La suite sera moins faste, la faute notamment à une accusation infondée de dopage.
- Presnel Kimpembe : Formé au club, Presnel Kimpembe s’est imposé comme un excellent défenseur central, dur sur l’homme et plutôt à l’aise dans la relance. Il remporte la Coupe du Monde 2018 en disputant le troisième match de groupe.
- Christopher Nkunku : Contrairement à d’autres joueurs formés au PSG, Christopher Nkunku a eu du temps de jeu avec le club de la capitale. Barré par la concurrence, il quitte malheureusement Paris sur un tir au but raté en finale de Coupe de France. Le jeune talent va ensuite démontrer toute sa créativité et son sens du but en Allemagne sous les couleurs du RB Leipzig. Il est même élu meilleur joueur de Bundesliga à l’issue de la saison 2021-2022 ! Nkunku rejoint Chelsea un an plus tard.
- Kingsley Coman : Un joueur formé au club qui marque l’unique but de la première finale de Ligue des Champions de l’histoire du Paris Saint-Germain. L’histoire est belle, à un détail près : Kingsley Coman jouait dans le camp d’en face. Boudé par Laurent Blanc malgré un talent évident, l’ailier virevoltant décide rapidement de quitter Paris pour la Juventus puis le Bayern. Il réussira l’exploit d’être champion 12 fois lors de ses 11 premières saisons chez les professionnels !
- François Brisson : Grand espoir du centre de formation, François Brisson réalise des débuts prometteurs avec Paris avant d’être confronté à la concurrence de Mustapha Dahleb. Son salut passera par l’exil. L’ailier gauche va briller grâce à ses dribbles dévastateurs, ses centres précis et sa finition (103 buts en 505 matchs de D1). Véritable baroudeur du championnat de France, Brisson a laissé un bon souvenir dans les 7 clubs de première division dans lesquels il a joué. Hormis une médaille d’or aux Jeux Olympiques, il n’a malheureusement remporté aucun titre au cours de sa carrière de joueur.
- Warren Zaïre-Emery : Malgré la concurrence de Clément Chantôme, Adrien Rabiot ou encore Jérôme Leroy parmi les joueurs formés au PSG à son poste, nous estimons que Warren Zaïre-Emery est promis à un avenir encore plus grand. Phénomène de précocité, WZE est devenu le plus jeune joueur de l’histoire du PSG à l’âge de 16 ans, 4 mois et 29 jours. Depuis ses débuts chez les pros, difficile de ne pas être impressionné devant sa maturité, ses capacités physiques et son intelligence tactique.
Les Stars Internationales qui ont Illuminé le Parc des Princes
Outre les talents issus de son centre de formation, le PSG a toujours attiré des joueurs de renom international. Ces stars ont contribué à l'histoire du club et ont marqué les esprits des supporters.
- Nicolas Anelka : Beaucoup de joueurs seraient ravis d’avoir eu la carrière de Nicolas Anelka. Pourtant, celle-ci laisse un goût amer en bouche. Le Français aurait pu devenir l’un des meilleurs attaquants de sa génération, mais n’a brillé que par intermittence. La faute à des choix de carrière parfois douteux et à une attitude pas toujours irréprochable. Contraint de le vendre à Arsenal pour une modique somme, Paris le rachète trois ans plus tard au Real Madrid contre 30M€. Ce transfert sera un échec retentissant. Anelka marquera surtout les esprits en Angleterre.
- Kylian Mbappé : Kylian Mbappé est la superstar du football français des années 2020. Formé à l’AS Monaco, il rejoint le Paris Saint-Germain en 2017 alors qu’il n’a que 19 ans. Champion du monde à 20 ans, il devient la figure de proue du club et celle du football français tout entier.
La Saison 1999/2000 : Une Ambition Démesurée
Après la bonne saison 1999/2000 du Paris Saint-Germain, l’actionnaire Canal+ voit les choses en grand et ne lésine pas sur les moyens afin de monter une équipe compétitive à la fois en championnat et en Ligue des champions. Plus de 500 MF sont ainsi dépensés pour recruter des jeunes en devenir - Mendy, Distin -, des joueurs expérimentés - Letizi, Déhu - et enfin des stars supposées fidéliser un public de banlieue - Dalmat, Luccin et Anelka. Ce dernier est présenté en grandes pompes lors d’un match amical de pré-saison contre les Corinthians. L’entraîneur parisien Philippe Bergeroo, en plus de ces arrivants, peut compter sur la quasi-intégralité de son groupe de la saison précédente : seul Bernard Lama et quelques joueurs d’appoint ont quitté le club.
La saison commence par la réception de Strasbourg. Si les visiteurs ouvrent le score, il s’en suit une avalanche offensive et Paris l’emporte 3-1, avec un Laurent Robert qui semble déjà très en forme. Après un match nul à Rennes, et une victoire contre Sedan, les prémices du championnat sont prometteurs. Les diverses compositions d’équipe sont assez variées et le message lancé par Bergeroo est clair : vues toutes les compétitions qui attendent le club, il va s’appuyer sur l’intégralité de son groupe.
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Le match suivant à Metz marque un coup d’arrêt : Paris doit s’incliner un but à zéro, sur un exploit personnel d’Éric Hassli. Cette défaite est considérée comme un accident pour une équipe en rodage, et Paris repart ensuite de l’avant en battant Bastia grâce aux premiers buts d’Anelka. Paris est troisième fin août, et avec une montée en régime attendue, les perspectives sont bonnes. Il n’y arrivera pas pendant la trêve internationale puisque début septembre, à Troyes, Paris s’incline par 5 buts à 3 avec notamment quatre buts encaissés en seconde mi-temps - dont un coup franc de Jérôme Rothen. La défense est pointée du doigt, et une réaction est attendue pour la venue de Saint-Étienne. Bergeroo tranche dans le vif en écartant Casagrande et en titularisant Letizi, jusque là doublure. Paris encaissera un nouveau un but, mais en marquera cinq. Le potentiel offensif du PSG continue à faire peur avant de se frotter à la Ligue des champions, face à Rosenborg.
Paris rate cette fois complètement sa rencontre en Norvège, et s’incline 3-1. Le début de l’automne est donc dans la même veine avec des victoires à domicile - contre Helsingborg, Nantes, Munich et Marseille - et des matches nuls - Lens, Guingamp - ou des défaites à l’extérieur - Munich à nouveau. Le match au Parc contre le Bayern était toutefois de très haute intensité, avec des occasions à la pelle et, paradoxalement, un seul but inscrit à la dernière minute par Laurent Leroy. Il aura donc fallu attendre la venue de l’ogre bavarois pour voir Paris tenir 90 minutes sans encaisser de but. Cette performance sera renouvelée ensuite avec la venue de l’OM : Paris domine largement son grand rival, avec un Laurent Robert toujours irrésistible : en championnat, il aura jusque-là toujours inscrit au moins un but à domicile.
Après le déplacement à Munich, qui provoquera la mise à l’écart d’Ali Benarbia [1], le PSG réussit enfin à s’imposer hors de ses bases en allant gagner à Toulouse, avec deux nouveaux buts de Robert. En championnat, les poursuivants traînent et Paris possède alors 4 points d’avance sur son dauphin. En Ligue des champions, Paris reçoit Rosenborg et peut déjà se qualifier, à condition de gagner assez largement. La condition est parfaitement respectée puisqu’au terme d’une rencontre épique, Paris s’impose 7 buts à 2 - record à l’époque - avec un Robert littéralement insaisissable ce jour-là : il est impliqué sur cinq des sept buts parisiens !
Quelques jours plus tard arrivent au Parc des Princes les Girondins de Bordeaux et leur recrue portugaise Pedro Pauleta. Transféré fin août, le buteur avait marqué un triplé pour son premier match. Contre Paris, il ne réussit qu’un doublé - dont un lob sublime depuis le milieu de terrain -, mais un doublé qui fait mal au Paris Saint-Germain : les hommes de Bergeroo s’inclinent pour la première fois de la saison à domicile.
Ce qui n’était alors considéré que comme un accroc s’avère être en fait le début d’une chute pour Paris. La liste des blessés ne cesse de s’allonger, les attaquants s’avèrent moins inspirés et la bonne formule défensive n’a toujours pas été trouvée. Letizi doit essuyer des vagues de ses adversaires, et s’il s’en sort plutôt bien, cela n’empêche pas Paris de perdre certaines rencontres. Mais le pire est à venir. La rumeur d’un retour de Luis Fernandez ne cesse de gonfler dans la presse. Et il se murmure qu’en cas de nouvelle défaite, Bergeroo pourrait sauter.
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Le PSG se déplace alors à Sedan et s’incline très lourdement, cinq buts à un. Certains joueurs ont ce soir-là lâché leur entraîneur. Entre une partie des recrues qui n’appréciaient que modérément leur entraîneur, les joueurs de la saison précédente qui avaient vu leur statut de titulaire vaciller, et ceux qui auraient pu subir l’influence de Benarbia, capitaine déchu, le coach parisien n’avait clairement plus l’adhésion de tout son groupe. Et après cette soirée rocambolesque qui a vu Paris dégringoler à la 12e place du classement, Bergeroo est bel et bien remercié [3].
Comme prévu, c’est Luis Fernandez qui prend la relève. Il obtient également le départ de Jean-Luc Lamarche, directeur sportif qui porte une partie de la responsabilité de la dernière campagne de recrutement. Fernandez n’a pas le temps de prendre la température de son groupe et doit très vite façonner une équipe pour se déplacer à Istanbul pour défier Galatasaray.
La priorité du nouvel entraîneur apparait tout de suite évidente : il veut tout d’abord façonner un bloc défensif. Il met donc en place une défense à cinq éléments, et Paris réalise ce jour-là un match solide, même s’il se solde par une défaite - après un but encaissé sur penalty. Certains joueurs se montrent déjà bien plus motivés que quelques semaines auparavant. Le match de championnat qui suit, Paris renoue enfin avec la victoire en battant Metz grâce notamment à un but de Nicolas Anelka, dont la blessure qui l’éloignait des terrains s’est mystérieusement résorbée dès le licenciement de Bergeroo acté.
Durant la suite du mois de décembre, Paris fait deux matches nuls et perd une nouvelle rencontre. Fernandez attend le mercato hivernal avec impatience, pour mettre sa griffe sur son effectif. Dalmat, Paisley et Kelban sont poussés dehors, Luis fait venir Pochettino, Vampeta, De Lucas et Arteta, et obtient le retour de Madar et Domi. Tous ces recrutements ne font pas l’affaire de certains autres joueurs qui sortent petit à petit de l’équipe, notamment Algerino, Rabesandratana et Luccin. Fernandez tranche enfin définitivement avec son prédécesseur en mettant fin à la suspension de Benarbia. L’Algérien remercie son entraîneur en marquant pour la rencontre de reprise en janvier… mais Paris s’incline 3-1 à Nancy, en coupe de la Ligue. En championnat, une nouvelle défaite est au rendez-vous, à Saint-Étienne, sur un penalty litigieux.
À ce moment-là, Paris peut encore espérer viser haut au bénéfice d’un redressement spectaculaire, mais les résultats alternatifs depuis la prise de fonction de Fernandez n’incitent par forcément à l’optimisme. Le mois de février est très mauvais avec quatre défaites : trois en championnat et une difficile à avaler en coupe de France face à Auxerre. Paris s’incline en effet à domicile 0-4, avec deux buts encaissés dans les cinq premières minutes de jeu. Les espoirs en championnat sont quasiment inexistants, certaines tensions sont révélées dans la presse - entre l’entraîneur et certains joueurs comme Robert et Luccin -, mais il reste heureusement la Ligue des champions.
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Paris a en effet joué une double confrontation face au Milan AC. En Italie, Paris a obtenu un bon match nul avec un Anelka enfin au niveau - et un jeune Arteta qui se révèle pour son premier match. L’objectif pour Paris est donc de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Pour cela, il faudra aller défier La Corogne, en Galice. Auparavant, Paris se prépare bien en s’imposant largement contre Toulouse. Sur cette rencontre, Okocha, Benarbia et Laurent Leroy gagnent leur place de titulaire pour le déplacement en Espagne.
Ceux-ci sont à la hauteur au Riazor, puisqu’ils sont les grands artisans de cinquante-sept premières minutes parfaites de la part du PSG. Paris mène en effet 3-0 grâce à deux buts de Laurent Leroy - dont un chef d’œuvre - et un d’Okocha. Mais dans les trente dernières minutes, Paris, qui reculait déjà beaucoup et qui avait eu de la réussite pour marquer en contre, craque littéralement. Cette saison, Paris n’a jamais réellement su défendre et la rencontre à La Corogne n’a pas fait exception. Le PSG encaisse quatre buts et s’incline de façon très cruelle.
Il n’y aura pas de printemps européen pour le PSG qui, pour l’honneur, gagne son dernier match de poule contre Galatasaray. Le club francilien n’a alors plus que six rencontres à jouer en championnat, sans réel objectif. Les Parisiens sont en roue libre, et l’absence de pression ne leur va finalement pas trop mal. Ils perdent deux fois (à Bordeaux et à Lyon), font deux fois match nul (à domicile contre Monaco et Lille), et l’emportent largement contre Auxerre puis à Strasbourg pour la clôture du championnat - ce sera la deuxième et dernière victoire à l’extérieur du PSG en D1 cette saison-là. Mais ce succès, glané grâce à un doublé de Laurent Robert, est loin d’être anecdotique. Paris gagne en effet deux places au classement, et termine 9e du championnat. Ce qui suffit à qualifier le club pour la coupe Intertoto. É. Ont également participé à cette saison, par ordre décroissant de titularisations en D1 : Ducrocq, Dalmat, L. Leroy, Okocha, El Karkouri, Casagrande, Benarbia, Yanovski, Paisley, Pochettino, Domi, A.
L'Équipe Type des Internationaux Français du PSG
L’équipe type des internationaux français du Paris Saint-Germain prend pour chaque poste le joueur le plus sélectionné du temps de sa période parisienne. Ainsi Lama s’impose devant Bats dans les buts. Des associations intéressantes sont créées, telles le duo d’attaque Rocheteau-Mbappé ou celui de la défense centrale Kimpembe-Roche. Le milieu de terrain semble cohérent tout en représentant plusieurs époques. Les deux internationaux historiques occupent les ailes de la défense.
Les Entraîneurs Marquants
Plusieurs entraîneurs ont marqué l'histoire du PSG, certains en remportant des titres, d'autres en laissant une empreinte durable sur le jeu de l'équipe.
- Gérard Houllier : Gérard Houllier est l’entraîneur du premier titre national du Paris Saint-Germain.
- Luis Fernandez: Comme prévu, c’est Luis Fernandez qui prend la relève après le licenciement de Bergeroo.
Conclusion
Le PSG des années 2000 a été marqué par l'émergence de talents issus du centre de formation, ainsi que par la présence de stars internationales. Cette période a également été synonyme d'ambitions démesurées, avec des investissements importants pour construire une équipe compétitive. Si le succès n'a pas toujours été au rendez-vous, les joueurs qui ont porté les couleurs du PSG durant cette période ont contribué à l'histoire du club et ont marqué les esprits des supporters.