Le water-polo, un sport d'équipe aquatique, a une histoire riche et variée, marquée par des évolutions distinctes et une popularité fluctuante à travers le monde. Cet article explore l'histoire du water-polo, en particulier en Allemagne, en mettant en évidence ses origines, son développement et son statut actuel.
Origines et Évolution du Water-Polo
Né dans les années 1860 au Royaume-Uni, le water-polo a connu deux évolutions distinctes, une Européenne et une Américaine. La première étant moins violente que sa version étasunienne, elle s’est imposée comme la formule universelle. Après avoir été codifié en Angleterre, le water-polo connaît sa première rencontre internationale entre Anglais et Écossais, comme un symbole de ses origines britanniques.
Une variante du water-polo était pratiquée en Rome ancienne. Populaire chez les légionnaires, ils le propagèrent à travers tout l’empire. Le jeu était pratiqué dans les piscines des thermes.
Il faut ensuite attendre 1869 pour voir les membres du club britannique de natation de Bournemouth pratiquer un jeu dont les règles sont assez proches du water-polo moderne. Les premières règles sont édictées en 1870 par le club de natation de Londres. En 1876, les règles sont publiées. Le premier match interclubs se tient en 1874 à Londres. Le premier match international a lieu en 1890. Il met aux prises Angleterre et Écosse. Le premier championnat, celui d’Angleterre, débute en 1888.
Une version américaine du jeu se développe à partir de 1897. C’est un jeu plus violent que son homologue britannique. Les Américains pratiquent ce softball (à ne pas confondre avec le sport dérivé du baseball) jusqu’aux années 1930, mais conviennent de respecter les règles britanniques depuis 1914.
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Introduction en Allemagne
L'Allemagne a rapidement adopté le water-polo, participant à son développement et à sa popularisation en Europe continentale. Le pays a rivalisé avec les créateurs britanniques, ainsi qu'avec la France, la Belgique, la Suède et la Hongrie.
Le Water-Polo aux Jeux Olympiques
Le water-polo est un sport olympique dès 1900 pour les hommes et passe sous le contrôle de la FINA en 1911. Les Britanniques dominent les palmarès jusqu’aux années 1920. La France, la Belgique, la Suède, la Hongrie et l’Allemagne rivalisent ensuite avec les créateurs britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Italie, la Yougoslavie et l’URSS viennent rejoindre l’élite mondiale.
Match de water-polo lors des Jeux olympiques d’été de 1908 à Londres.
Les jeux olympiques ne leur sont ouverts qu’en 2000.
Équipe et Règlements
Une équipe de water-polo se compose de 7 joueurs avec 6 remplaçants. L’équipe a 1 ou 2 gardien(s) qui peuvent avoir le no 1 et le 13 pour le gardien remplaçant. Même un joueur de champ peut avoir le 13, ce joueur-là est souvent la pointe (ou l’arrière pointe/contre pointe). La pointe a le droit d’aller jusqu’à deux mètres des cages pour recevoir la balle et pour tirer, il s’agit du rôle le plus difficile. Ceux-ci peuvent entrer en jeu à tout moment à partir de leur propre zone d’exclusion (au-delà de la ligne de but), à partir du moment où l’équipe est en possession de la balle. Un gardien de but et 6 joueurs de champ évoluent dans l’eau en même temps, pour chaque équipe.
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Le gardien porte le bonnet numéroté 1, de couleur rouge. Les autres joueurs portent des bonnets numérotés de 2 à 13. Le bonnet portant le numéro 13 peut être rouge également si l’équipe possède un gardien remplaçant. L’équipe qui joue à domicile porte les bonnets blancs, les visiteurs, les bonnets bleus. Ces périodes sont séparées par des temps de repos de 2 minutes sauf entre les 2e et 3e périodes où le repos est de 5 minutes. Chaque équipe peut demander 1 temps mort d’une minute par période lorsqu’elle est en possession de la balle (attaque).
Règle des 30 secondes
Chaque équipe, dès qu’elle prend possession de la balle (interception, engagement, etc.) dispose d’au plus 30 secondes pour tirer au but. Dans ce cas (qu’il y ait but ou non, ou encore corner), le décompte de ces 30 secondes est réinitialisé. Il est également réinitialisé si un joueur de l’autre équipe est exclu. Si le décompte arrive à son terme, une faute est sifflée et la balle est donnée à l’autre équipe.
Les Joueurs
Les 6 joueurs de champ s’organisent habituellement en un demi-cercle, à 2-7 mètres du but adverse, avec un joueur au centre (appelé pointe ou cavalier). Ce poste est assez particulier car le joueur fait face à ses coéquipiers, et tourne donc le dos au gardien adverse. Son rôle est de récupérer une passe, souvent faite sur l’eau, à tourner son défenseur (l’arrière pointe ou contre pointe) pour se retrouver face au gardien et à tirer rapidement. Le jeu pointe/arrière pointe est très engagé et très physique puisqu’une certaine tolérance est laissée aux deux joueurs. L’arbitrage est assez difficile, puisqu’on ne voit que très peu ce qui se passe sous l’eau : à chaque match des coups sont portés à bien des reprises et il n’est pas rare de voir disparaître les deux joueurs dans une eau écumante.
Les Fautes
Le droit de charge est autorisé sur le porteur de balle. Pratiquement, une grande liberté de manœuvre est laissée aux défenseurs pour agir sur le porteur de la balle, à l’exclusion des coups visant la tête. Il faut bien savoir que les arbitres (2 situés sur les bords du bassin) n’ont qu’une vision très limitée de ce qui se passe sous l’eau.
Les différentes fautes :
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- Faute simple. La balle doit être maniée à une seule main (sauf pour le gardien). Elle ne doit pas être sous l’eau. Le joueur ne peut s’appuyer sur aucune partie du bassin (buts, bords ou fond du bassin) pendant le temps de jeu (si un gardien s’appuie sur le bord du bassin, une pénalité est sifflée contre son équipe). Il est également interdit de frapper le ballon avec le poing (sauf pour le gardien) et de lancer de l’eau sur un adversaire.
- Fautes graves. Une faute commise sur un attaquant dans la zone des 2 mètres est sanctionnée par une pénalité, tirée sur la ligne des 5 mètres.
- Nager sur le dos de son adversaire, frapper son adversaire involontairement entraîne une faute grave avec exclusion de 20 secondes (à la troisième faute grave, le joueur est exclu du match définitivement et est remplacé).
- Certaines fautes graves (par exemple la perturbation volontaire du jeu) sont sanctionnées par une Exclusion Définitive Avec remplacement (EDA) ; si la faute est plus grave (par exemple, un coup volontaire), le joueur est exclu du match, ne peut pas être remplacé par un membre de son équipe pendant 4 minutes et une pénalité est donnée à l’équipe adverse, c’est alors une Exclusion Définitive Avec pénalité (EDA+pénalté).
L’aire de jeu
- Surface : 30 mètres par 20 mètres pour les matchs masculins (si le bassin est assez grand sinon possibilité de jouer en 25 mètres) et 25 mètres par 20 mètres pour les matchs féminins. La profondeur minimale est quant à elle fixée à 1,80 mètre.
- Plusieurs lignes symbolisées par des plots, matérialisent la surface de jeu.
- Une ligne rouge (2 mètres) : zone de hors jeu. Un attaquant ne peut pas y pénétrer, sauf si la balle est déjà dans cette zone ou que la passe est déjà effectuée (balle aérienne).
- Une ligne jaune (5 mètres) : zone de penalty, et à l’intérieur de laquelle on ne peut pas tirer de coup franc direct.
- Une ligne blanche : milieu du terrain, et ligne de but dans l’alignement des poteaux.
Le ballon
Il est d’une circonférence comprise entre 65 et 67 cm pour les femmes, entre 68 et 71 cm pour les hommes. Son poids peut varier dans les limites de 400 à 450 grammes.
La façon de marquer
- Un but est marqué quand tout le ballon a franchi entièrement la ligne de but, entre les deux poteaux de but et sous la barre transversale.
- Un but peut être marqué de n’importe quel endroit de la surface de jeu; mais le gardien de but n’est pas autorisé à se rendre ou toucher le ballon au-delà de la ligne de mi-distance.
- Un but peut être marqué avec n’importe quelle partie du corps, à l’exception du poing fermé. Un but peut être marqué en nageant avec le ballon jusqu’au but.
Le Water-Polo Féminin
Un championnat du monde masculin est mis en place à partir de 1913, le championnat féminin à partir de 1986, en complément de la coupe du monde féminine à laquelle elles ont accès en 1979.
En France, les femmes jouent principalement à Tourcoing et à Paris, où est organisé un premier championnat en 1922.
Water-polo aux JO PARIS 2024
JO PARIS 2024 - La finale de ce sport britannique aura lieu à la Défense Arena, à Nanterre.
Du 27 juillet au 11 août vont se disputer les épreuves masculines et féminines de water-polo, les femmes ouvriront le bal. Les deux tournois distincts s’alternent en décalé d’un jour pour permettre un jour de récupération aux équipes. Les premiers tours démarreront donc les 27 et 28 juillet, jusqu’au 4 et 5 août au Centre Aquatique Olympique situé à côté du Stade de France. Puis du 6 au 11 août, se disputera la phase finale toujours à Saint-Denis.
Cet été, 12 nations masculines sont engagées, et 10 féminines. Les tournois olympiques se disputent d’abord par une phase de deux poules composées de 6 équipes chez les hommes, et 5 chez les femmes.
Les dernières éditions ont été marquées par les victoires de la Serbie double tenant du titre chez les hommes, et des États-Unis triples tenant du titre chez les femmes. Seulement présent depuis le XXI siècle, le tournoi féminin a connu 4 vainqueurs différents, d’abord l’Australie, l’Italie et les Pays-Bas, avant l’hégémonie américaine en 2012, 2016 et 2021. Chez les sélections masculines c’est différent, et l’histoire a été faite de périodes. Le Royaume-Uni a remporté les trois premières épreuves faisant s’affronter des nations (1908, 1912, 1920). Ensuite est venue la suprématie des pays d’Europe de l’Est, avec les 9 sacres de la Hongrie (pays le plus titré de l’histoire de jeux) entre 1932 et 2008 sur 18 médailles d’or possibles. À noter qu’aucune sélection non européenne n’a décroché l’or.
Cet été la France sera emmenée par Thomas Vernoux le «Mbappé du water-polo », après sa demi-finale historique aux mondiaux de 2024 au Qatar. Dans un rôle d’outsider, les Bleus se retrouvent dans leur meilleure posture depuis 100 ans, et une victoire aux Jeux Olympiques 1924 …
À 7 contre 7 dans une piscine de 30x20m pour les hommes et 25x20 mètres pour les femmes, les poloïstes s’affrontent durant 4 périodes de 8 minutes. Les joueurs de champs n’ont le droit de toucher la balle qu’avec une main, et doivent tenter de marquer pendant des phases de possession de 30 secondes maximum, au water-polo, tous les coups sont permis sur le porteur du ballon.
Postes des Joueurs
- L’ailier : au nombre de deux, ils occupent les côtés du terrain et sont missionnés de tâches offensives comme défensives.
- L’arrière : Placés au milieu, ils ont tout comme les ailiers des responsabilités défensives, mais peuvent se retrouver dans des positions de «shoot» très ouvertes.
- Le gardien de but : le gardien est comme son nom l’indique celui qui garde le but, mais au water-polo, il arrive qu’il se joigne aux phases offensives.
- La pointe : Au bout du dispositif se trouve la pointe, chargée de marquer et qui se bagarre sans trop de visibilité pour essayer de trouver la faille.
Le Water-Polo Français
Si le water-polo français a fait figure de pionnier dans le premier quart du XXe siècle, l’équipe de France espère renouer avec les Jeux olympiques après 24 ans d’absence. Médaillée d’or en 1924 à Paris, l’équipe de France de water-polo espère renouer cet été avec les Jeux olympiques après 24 ans d’absence.
Les poloïstes ont remporté en 1924 l’une des cinq titres olympiques d’un sport collectif tricolore (deux en handball, un en football 1 et un en rugby à XV). En 1900 et en 1928, des médailles de bronze ont également été gagnées. En 1900, lors des premiers Jeux organisés à Paris, deux clubs représentaient la France et s’étaient classés troisièmes : la Libellule de Paris et les Pupilles de Neptune de Lille.
Défis et Perspectives d'Avenir
Le water-polo en France souffre d'un manque de structures adaptées et d'un statut particulier au sein de la Fédération française de natation. Les joueurs français sont professionnels, mais ne bénéficient pas de conditions optimales.
Malgré ces défis, les poloïstes peuvent s'inspirer des succès d'autres sports collectifs français et espèrent une qualification aux Jeux olympiques qui pourrait dynamiser la discipline.