L'Histoire de l'AC Ajaccio et sa Rivalité Ajaccienne

L'histoire de l'AC Ajaccio (ACA) en Ligue 2 est une saga de hauts et de bas, marquée par des rivalités locales intenses et des défis financiers considérables. Fondé avec les couleurs rouge et blanc, le club a traversé des périodes de gloire et des moments sombres, reflétant les complexités du football corse.

Les Débuts et l'Ascension Vers le Professionnalisme

L'Athlétic Club d'Ajaccio a été fondé et a débuté en Division Honneur Corse (D2), terminant à la 4ème place. Après des débuts modestes dans les divisions régionales, l'ACA a progressivement gravi les échelons. Le club a évolué en DH Corse (D3) où il a connu des fortunes diverses, alternant entre la première et la quatrième place. Après la Seconde Guerre mondiale, l'ACA a continué son parcours en DH Corse, puis a obtenu le statut professionnel, intégrant la Division 2 (D2).

Premiers Pas en Division 1 et Période de Stabilisation

Le premier match de l'histoire de l'AC Ajaccio en D1 s'est soldé par une défaite contre l'Olympique Lyonnais (1-2), mais la première victoire a été obtenue lors de la deuxième journée contre le Stade Rennais (2-0). L'ACA a connu des résultats mitigés en D2, se classant 7ème du Groupe B. Le club a ensuite oscillé entre la DH Corse et les divisions supérieures, avant de connaître une période de succès en National 3 (D5), où il a été promu en National 2 (D4).

Montée en National et Retour en Ligue 2

L'AC Ajaccio a continué son ascension en étant promu en National (D3) puis en D2, obtenant ainsi le statut professionnel. En D2, le club a connu des classements variables, allant de la 9ème à la 17ème place.

Période en Ligue 1 et Difficultés Financières

Après plusieurs saisons en Ligue 2, l'ACA a réussi à accéder à la Ligue 1, où il a passé plusieurs années. Cependant, le club a été confronté à des difficultés financières croissantes, qui ont culminé avec une relégation administrative en Régional 2 (D7). L'AC Ajaccio a déposé le bilan de la société qui gérait le secteur professionnel, entraînant la suppression de nombreux emplois et la fermeture du centre de formation. Malgré ces difficultés, l'association ACA espérait repartir en National 3 plutôt qu'en Régional 1.

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Rivalités Locales et Derby Ajaccien

Une rivalité historique oppose le Gazélec à l’AC Ajaccio. Les matchs de Ligue 2 ou de National, des confrontations espacées de plusieurs années ont fait passer au second plan le véritable antagonisme qui oppose le Gazélec à l’AC Ajaccio. Les deux équipes se ressemblent, elles sont à égalité presque parfaite, engluées dans le ventre mou de la Ligue 2. L’ACA est douzième, le Gaz quatorzième, vingt et un points chacune, même différence de buts. Les Acéistes ont simplement planté un peu plus. La victoire 3-1 du GFCA face à l’ACA lors du dernier match amical en date entre les deux clubs, disputé cet été, annonce une soirée des plus électriques. Le dernier derby d’Ajaccio qui a lieu en Ligue 2 date du 23 janvier 2015. Les Gaziers s’en vont battre 3-0 les Acéistes à François-Coty. La suprématie ajaccienne a basculé ce jour-là selon Jean-Philippe Carrolaggi. Le Gazélec, lors de sa montée en Ligue 1, est devenu le premier club ajaccien, et maintenant que les deux clubs sont au même niveau, l’ACA aura envie de mettre les pendules à l’heure. On sent d’ailleurs monter une pression dans la ville, ces deux derniers jours, les deux clubs se sont entraînés à huis clos, une première cette saison.

Rodéric Filippi, qui a connu le derby lors de la montée du Gazélec en 2014-2015, confirme que le derby était attendu depuis des années, il y avait une atmosphère très lourde avant chaque match, et la suprématie était du côté de l’ACA à ce moment-là, car ils venaient de descendre. Cette envie d’être le premier dans sa ville se prolongera dans les tribunes de Mezzavia. Alain des Compañero 97, premier groupe de supporters du GFCA, affirme que quand on rentre dans le derby, on veut battre l’équipe d’en face. Alex des Orsi Ribelli, groupe acéiste, pense que la victoire lors du derby serait la bouffée d’air très frais dont son club a besoin.

Jean-Philippe Carrolaggi rappelle que les deux clubs sont aux antipodes du fait de leur culture politique : le Gaz est le club des couches populaires, l’ACA celui de la bourgeoisie locale. Les présidents historiques de chaque club ont marqué leurs cultures respectives. D’un côté, on a François Coty, industriel et homme de droite, et de l’autre, on a Ange Casanova, responsable syndical chez EDF et communiste, défenseur de l’esprit amateur du Gaz. Une rivalité politique existant avant même la création du Gazélec tel qu’on le connaît aujourd’hui. Dans les années 50, il s’agit déjà d’une histoire de suprématie, l’ACA et le FC Ajaccio se tirent la bourre en championnat et en Coupe de Corse. En 1958, un club ambitieux est créé, le Gaz voit le jour. Deux ans plus tard, il fusionne avec le FC Ajaccio.

Rodéric Filippi, formé à l’ACA et qui a joué pendant sept ans au Gazélec, le confirme : « Pour moi qui ai joué pour les deux clubs, je peux dire que l’on ressent les différences dans la façon de travailler. Il y a un côté un peu plus « bourgeois » à l’ACA, où l’on va moins mettre d’impact, mais avec des infrastructures et un professionnalisme plus poussés. Au Gazélec, c’est le côté populaire, les entraînements à droite à gauche quand on peut, parce qu’on n’a pas trop d’infrastructures. Après, sur le terrain c’est charbon, c’est au cœur. L’identité du Gaz, c’est ça. En dehors de ça, j’avais déjà la mentalité du Gaz. »

Tentative de Redressement et Reprise en National

Malgré la relégation, l'ACA a réussi à se restructurer et à repartir en National. De nouveaux actionnaires sont arrivés au club afin de le pérenniser financièrement. L’effectif aussi va être chamboulé. Le club enregistre, entre autre, le départ de l’historique Riad Nouri, des cadres Ghislain Gimbert, Yann Boé-Kane, Manuel Cabit, Jérémy Choplin, Jérôme Hergault et du prometteur Caleb Zady Sery. L’ACA a réalisé l’un des meilleurs mercato de France, Ligue 1 et Ligue 2 confondus. Les arrivés de Gaetan Courtet, Cyrille Bayala, Hugo Cuypers, Gedeon Kalulu et Mathieu Huard ont été de vraies réussites, tous ayant eu un rôle prépondérant dans la saison acéiste. Ablie Jallow et Alexis Flips, sans être aussi importants, ont aussi su être utiles. A ces recrues sont venus s’ajouter de jeunes joueurs issus du centre de formation et de l’équipe réserve. Le plus connu d’entre eux, le virevoltant Matteo Tramoni faisait déjà parti du groupe pro mais s’est imposé cette saison comme un titulaire indiscutable avec plus de 1 500 minutes de jeu. Le jeune buteur Mounaïm El Idrissy, post-formé au club, est lui monté en puissance au fur et à mesure de la saison, inscrivant des buts décisifs tout au long de la saison.

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Olivier Pantaloni, en poste depuis 2014, a su mettre en place une équipe extrêmement solide défensivement (22 buts encaissés en 28 matchs, deuxième défense de L2 derrière le VAFC) autour de l’un des meilleurs gardien de la division, Benjamin Leroy. Organisé d’abord en 4-2-3-1, l’émergence d’El Idrissy a poussé le technicien natif de Bastia à opter pour le 4-4-2. Pour protéger Leroy, la ligne défensive est généralement constitué, de droite à gauche de Huard, Diallo, Avinel et Kalulu. Le double pivot Coutadeur-Laçi est l’un des meilleurs de la division.

Retour en Ligue 2 et Avenir du Club

Après avoir surmonté ses difficultés financières, l'AC Ajaccio est aujourd'hui un club du premier tiers de Ligue 2. Les investissements consentis dans les infrastructures, notamment le stade François-Coty (propriété du club, fait rare en France) et le centre de formation commencent à payer. Plusieurs jeunes issus de la formation ou de la post-formation commencent à pointer le bout de leur nez en équipe première : Félix Tomi (19 ans, milieu offensif), Faiz Mattoir (19 ans, attaquant), Lucas Pellegrini (19 ans, milieu défensif) ou encore Clench Lofilou (20 ans, milieu défensif). Les équipes réserves (5ème sur 14 du groupe D de National 3), U19 national (5ème sur 14 du groupe D) et U17 national (7ème sur 14 du groupe D) obtiennent de solides résultats à un bon niveau de compétition. Le capitaine emblématique Johan Cavalli travaille aussi à sa reconversion comme entraîneur auprès de l’équipe U19 aux côtés de Jordan Galtier.

L'Ours, Symbole de l'ACA

« A l’Ours ! » Cette expression, devenue mythique, est le cri de ralliement de tous les Acéistes. Pendant de longues années, l’Ours a été le symbole de l’ACA… et il l’est toujours. Ce n’est pas par la voie sportive que l’A.C.A. a rejoint le giron professionnel en 1965. Après une série de matchs nuls contre Aix, Cherbourg, Reims (2-2) et Avignon (4-4), l’A.C.A. signe son premier succès chez les professionnels devant Montpellier. Nous sommes le 19 septembre 1965.

Souvenirs de Ligue 1

Ce week-end, l’ACA affrontait l’Olympique Lyonnais sur son terrain dans le cadre de la 25e journée de Ligue 1. Cette rencontre évoquait forcément un grand souvenir pour les plus anciens de nos supporters: c’est au stade Gerland que l’ACA a disputé son premier match en première division, c’était le 18 août 1967. Le 27 août 1967, l’ACA a rendez-vous avec l’histoire. Après un déplacement à Lyon, les Ajacciens s’apprêtent donc à recevoir Rennes au stade Jean-Lluis. A l’aube de la nouvelle saison en Première Division, les dirigeants s’activent sur le marché des transferts. Parmi les nouvelles têtes au sein de l’effectif, nous retrouvons Géorgin (Nantes), Calmettes (Rennes), mais aussi Iché.

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