Le water-polo, souvent qualifié de "handball aquatique", est un sport d'équipe passionnant et exigeant qui se joue dans l'eau. Ce sport remonte à près de deux siècles, avec des racines dans le "water-derby" britannique du milieu du XIXe siècle. Codifié en 1869 par les Anglais, le water-polo a fait son entrée aux Jeux Olympiques en 1900 à Paris. Les épreuves de water-polo des Jeux Olympiques de Paris 2024 débuteront le samedi 27 juillet au Centre Aquatique en Seine-Saint-Denis.
Composition des Équipes
Une équipe de water-polo se compose de 13 joueurs, dont six remplaçants. Dans l'eau, on trouve sept poloïstes par équipe : un gardien et six joueurs de champ. Idéalement, une équipe compte deux gardiens de but et onze joueurs de champ.
- Le gardien : Il porte le bonnet numéroté 1, de couleur rouge. Un gardien remplaçant peut porter le numéro 13. Le gardien, comme au football, empêche l’adversaire de scorer.
- Les joueurs de champ : Ils portent des bonnets numérotés de 2 à 13. L'équipe qui joue à domicile porte les bonnets blancs, tandis que les visiteurs portent les bonnets bleus. Les joueurs de champ s'organisent généralement en demi-cercle, à 2-7 mètres du but adverse.
- La pointe (ou cavalier) : Un joueur, appelé pointe (comme le pivot au handball), se positionne au centre, dos à la cage opposée. Ce poste est particulier, car le joueur fait face à ses coéquipiers et tourne le dos au gardien adverse. Son rôle est de récupérer les passes rapidement, de se retourner face au gardien et de tirer rapidement. La pointe a le droit d’aller jusqu’à deux mètres des cages pour recevoir la balle et pour tirer, il s’agit du rôle le plus difficile.
À l’exception du gardien de but, tous les joueurs participent à la défense et à l’attaque dans le jeu. Les joueurs dépensent donc énormément d’énergie au cours d’un match. Pendant l’action de jeu ou lors d’une pause, un joueur peut sortir et être remplacé par un coéquipier. Récemment apparue au water-polo, la flying zone élargit la zone de remplacement des joueurs.
Durée et Déroulement d'un Match
Un match officiel de water-polo se déroule en quatre périodes de 8 minutes de jeu effectif chacune. Ces périodes sont séparées par des temps de repos de 2 minutes, sauf entre les 2e et 3e périodes où le repos est de 5 minutes.
Chaque équipe, dès qu’elle prend possession de la balle (interception, engagement, faute adverse, etc.), dispose de 30 secondes maximum pour tirer au but. Dans ce cas (qu’il y ait but ou non, ou encore corner), le décompte de ces 30 secondes est réinitialisé. Il est également réinitialisé si un joueur de l’autre équipe est exclu. Le temps de jeu passe de 30 secondes à 28 secondes.
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Chaque équipe peut demander deux temps morts d'une minute chacun pour peaufiner sa stratégie d’attaque ou de défense. Un temps mort ne peut être réclamé que lorsque l’équipe est en possession du ballon. En cas d’égalité à la fin du temps réglementaire, une prolongation peut être demandée. Si l'égalité persiste après les prolongations, des tirs au but peuvent être réalisés.
Règles de Jeu
- Maniement de la balle : La balle doit être maniée à une seule main (sauf pour le gardien). Elle ne doit pas être sous l’eau et le joueur ne doit pas l’utiliser pour s’appuyer ou se reposer dessus.
- Appui sur le bassin : Le joueur ne peut s’appuyer sur aucune partie du bassin (buts, bords ou fond du bassin) pendant le jeu. Si un gardien s’appuie sur le bord du bassin, un penalty est sifflé contre son équipe.
- Contacts : Globalement, il y a une grande liberté de manœuvre des défenseurs sur le porteur de balle : dès qu’il l’a entre ses mains, on peut le « charger » ou le couler. Le droit de charge est autorisé sur le porteur de balle.
Fautes et Pénalités
Le système de fautes se divise en deux catégories : les fautes simples et les fautes graves.
Fautes simples : La balle doit être maniée à une seule main (sauf pour le goal). Elle ne doit pas être sous l’eau et le joueur ne doit pas l’utiliser pour s’appuyer ou se reposer dessus. Le joueur ne peut s’appuyer sur aucune partie du bassin (buts, bords ou fond du bassin) pendant le jeu (si un gardien s’appuie sur le bord du bassin, un penalty est sifflé contre son équipe).
Fautes graves : Nager sur le dos de son adversaire ou le frapper entraîne une faute grave assortie d’une exclusion de 20 secondes. Le joueur va alors « en prison ». A la troisième faute grave, le joueur est exclu définitivement et remplacé (Exclusion Définitive Avec remplacement (EDA). Dans le cas d’une faute encore plus grave, comme un coup volontaire, le joueur est exclu du match et ne peut être remplacé que quatre minutes après la faute.
Plusieurs fautes au water polo peuvent être des motifs d’exclusion, parmi lesquelles le fait manquer de respect envers l’arbitre, frapper volontairement un adversaire ou encore la répétition de fautes graves. Une faute grave entraîne une exclusion de 20 secondes. Des fautes sifflées dans la zone des 5 mètres, comme le fait de commettre une faute qui empêche l’équipe attaquante de marquer, entraînent un pénalty.
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Si vous regardez un match de water-polo, je vous invite à surveiller ces exclusions. Elles sont très stratégiques ! En fait, certaines fautes au water-polo sont sanctionnées par des exclusions. Le joueur sort alors du jeu pour une durée de 20 secondes maximum ou la durée de l’attaque en cours. Il doit alors se diriger dans la zone d’exclusion située dans le coin du terrain, proche du banc de ses coéquipiers remplaçants.
Le Terrain de Jeu
Le bassin mesure 30 m par 20 pour les matches masculins et 25 m par 20 pour les matches féminins. La profondeur de l’eau est de 1,80 mètre minimum.
Le terrain de water polo est divisé en plusieurs zones, grâce à plusieurs lignes de couleur. Des lignes blanches matérialisent le milieu de terrain et les lignes de but. Des lignes jaunes indiquent la zone de pénalty. Des lignes rouges indiquent quant à elles les zones où les attaquants ne peuvent pénétrer pour tenter de marquer un but. La surface de jeu est par ailleurs matérialisée par des plots.
- Ligne rouge (2 mètres) : Zone de hors-jeu. Autour de chaque but, on trouve la zone des 2 mètres. On a le droit d’y entrer que si on possède la balle. Elle est délimitée par des plots rouges situés à 2 mètres de la ligne de but et des bouées rouges à 2 mètres des poteaux. Jusque là sous forme d’une ligne aux 2 mètres, cette zone rectangulaire a fait son apparition dans le water-polo en 2019.
Marquer un But
Un but peut être marqué avec n’importe quelle partie du corps, à l’exception du poing fermé. Un but peut être marqué en nageant avec le ballon jusqu’au but. Comme dans de nombreux sports, de façon très simple, quand le ballon franchi entièrement la ligne. La règle de base pour qu’un (1) but soit validé, c’est que la balle franchisse entièrement la ligne de but et se trouve entre les deux (2) poteaux et la transversale. Un but peut être marqué de n’importe quel endroit du terrain. Mais un gardien ne peut pas marquer un but dans la moitié de terrain adverse. De plus, lorsque la partie commence ou recommence (suite à des temps morts, périodes, …), deux joueurs au minimum doivent toucher la balle avant de marquer un but.
Équipement
Pour être conforme, un ballon de water polo doit peser entre 400 et 450 grammes à sec et avoir un diamètre de 21 centimètres. Un ballon de water-polo est comme un ballon de volley-ball. On distingue 5 différentes tailles de ballon au water-polo. De la taille 1 à la taille 5, chaque catégorie d’âge a son ballon autorisé, avec ses caractéristiques règlementaires.
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Pourquoi ce drôle de bonnet ? Croiser un joueur de l'équipe de France de water-polo en tenue officielle, c'est se trouver en face de Princesse Leia qui aurait avalé un troisième ligne de rugby. Pourquoi donc ces colosses de 2 m et 100 kg ne sortent-ils jamais sans ce couvre-chef ? Pour éviter les blessures au tympan, qui pourraient être causées par un choc avec le ballon (qui peut aller jusqu'à 100 km/h) ou avec l'adversaire. C'est la hantise de tous les entraîneurs et le sélectionneur des Bleus, Florian Bruzzo, ne démarre pas un entraînement tant que tout le monde n'a pas son bonnet.
Le Tournoi Olympique
Chez les hommes comme chez les femmes, les équipes qualifiées sont réparties en deux groupes avec une seule nuance : ce sont des groupes de six chez les hommes et de cinq chez les femmes. Les quatre premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les quarts de finale, qui marquent le début de la phase à élimination directe. Cet été, douze nations masculines et dix féminines sont engagées dans les bassins parisiens pour décrocher la médaille d’or. Que ce soit le tournoi masculin ou le tournoi féminin, la compétition débute par une phase de deux poules composées de six équipes chez les hommes et cinq chez les femmes.
Les épreuves masculines et féminines de water-polo se dérouleront du 27 juillet au 11 août. Les femmes ouvriront le bal. Les deux tournois distincts s’alternent en décalé d’un jour pour permettre un jour de récupération aux équipes. Les premiers tours démarreront donc les 27 et 28 juillet, jusqu’au 4 et 5 août au Centre Aquatique Olympique situé à côté du Stade de France. Puis du 6 au 11 août, se disputera la phase finale toujours à Saint-Denis.
Historique et Particularités
Présent aux Jeux olympiques depuis 124 ans, on a tendance à oublier que le water-polo fait aussi partie des sports collectifs cet été à Paris. Et clin d’œil à l’histoire, c’est dans la capitale que ce sport collectif a fait son entrée au programme olympique lors des Jeux de 1900. Cette année, les poloïstes du monde entier s’affronteront au Centre aquatique olympique de Saint-Denis pour les phases de poules et à la Paris La Défense Arena pour les phases finales.
Né dans les années 1860 au Royaume-Uni, le water-polo a connu deux évolutions distinctes, une Européenne et une Américaine. La première étant moins violente que sa version étasunienne, elle s’est imposée comme la formule universelle. Après avoir été codifié en Angleterre, le water-polo connaît sa première rencontre internationale entre Anglais et Écossais, comme un symbole de ses origines britanniques.
Les dernières éditions ont été marquées par les victoires de la Serbie double tenant du titre chez les hommes, et des États-Unis triples tenant du titre chez les femmes. Seulement présent depuis le XXI siècle, le tournoi féminin a connu 4 vainqueurs différents, d’abord l’Australie, l’Italie et les Pays-Bas, avant l’hégémonie américaine en 2012, 2016 et 2021. Chez les sélections masculines c’est différent, et l’histoire a été faite de périodes. Le Royaume-Uni a remporté les trois premières épreuves faisant s’affronter des nations (1908, 1912, 1920). Ensuite est venue la suprématie des pays d’Europe de l’Est, avec les 9 sacres de la Hongrie (pays le plus titré de l’histoire de jeux) entre 1932 et 2008 sur 18 médailles d’or possibles. À noter qu’aucune sélection non européenne n’a décroché l’or.
Aux Jeux Olympiques, c’est la Hongrie qui détient le plus beau palmarès. Ce pays a quinze (15) médailles dont neuf (9) médailles d’or.