USAP Perpignan : Une histoire riche et mouvementée

L'Union Sportive Arlequins Perpignanais (USAP) est bien plus qu'un simple club de rugby ; c'est une institution, un symbole de la Catalogne française, et un acteur majeur de l'histoire du rugby français. Son parcours, semé de succès et d'épreuves, reflète les passions et les particularités de sa région. Ce club de rugby de l’élite française, au sein du Top 14, a une histoire riche en rebondissements.

Les origines : une fusion de clubs perpignanais

L’USAP, créée en 1933, est le résultat d’une fusion entre deux clubs de Perpignan : l’Union sportive perpignanaise (USP) et les Arlequins perpignanais.

Le rugby à Perpignan est arrivé en octobre 1886 sous l’appellation Union Athlétique du collège de Perpignan. En septembre 1912, l’ASP fait venir le technicien gallois Rowland Griffiths, qui vient d’emmener son club, le Racing, en finale du championnat de France de rugby.

Le Stade Roussillonnais est fondé en 1896 et en 1902, l’ancêtre de l’USAP, l’Association Sportive Perpignanaise voit le jour. En 1903, l’ASP remporte son premier titre de champion du Sud de deuxième série. En 1911, l’ASP bat Dole 20 à 5 à Colombes en finale de championnat de France de deuxième série et accède à l’élite du rugby français jusqu’en 2014 !

Suite à un conflit au sein du club, certains membres et joueurs quittent le navire pour fonder le Stade Olympien Perpignanais (SOP) en 1912.

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La Première Guerre mondiale et ses conséquences

Dès les premiers jours d’août 1914, les hommes sont mobilisés. Lors d'un rassemblement entre joueurs et dirigeants de l'ASP, les appelés cousent le blason de l'équipe sur la manche de leur capote, se promettant, à la fin du conflit, de servir de nouveau le club. Une fois la Première Guerre mondiale terminée, le stade de Perpignan devient le stade Aimé Giral. Au total, 49 joueurs et dirigeants des clubs de rugby de Perpignan seront tués pendant cette guerre.

Le 7 mai 1919, les deux clubs perpignanais (l’ASP et le SOP) fusionnent et créent l’Union Sportive Perpignanaise. La nouvelle entité ne va pas tarder à faire parler d’elle en devenant championne de France en 1921 en battant Béziers en finale. Le club enchaîne les finales de championnat de France et obtient un nouveau succès en 1925 contre Carcassonne.

La naissance de l'USAP et les années glorieuses

Un autre club de Perpignan intègre l’élite national en 1925, les Arlequins Club Perpignanais. Les Arlequins et l’USP n’ayant pas beaucoup de moyens face aux clubs les plus riches du championnat. Le 5 mai 1933, la fusion entre les deux clubs est officielle, en 1935 le club crée la première équipe junior qui remporte le titre national en 1937 et 1938.

Chez les seniors, c’est en 1935 qu’ils remportent le challenge Yves du Manoir et sont vice-champions de France. De 1936 à 1938, l’USAP sera tous les ans finaliste du challenge.

En mai 1933 les deux sociétés fusionnent sous le nom de L’Union Spotive des Arlequins de Perpignan (USAP). La fusion ne se réalise qu’à la condition que certaines personnalités liés à l’USP et qui étaient défavorables à l’union des deux clubs soient évincées. Quoi qu’il en soit, pour l’heure c’est à Jean Laffon que continue de s’écrire l’histoire du rugby catalan. Une histoire qui reste fructueuse. L’USAP dispute bientôt trois nouvelles finales, deux perdues en 1935 et 1939, la dernière gagnée en 1938, à chaque fois contre Biarritz.

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Les évolutions du nom du club

L'entité changera deux fois de nom par la suite. En 1940 d'abord, pour se mettre en conformité avec une directive du gouvernement de Vichy (dont le ministre des Sports sera en 1942 le colonel Pascot, ancien ouvreur international de l'USP) : Union des Sports Athlétiques Perpignanais. Pendant la seconde guerre mondiale et sous la pression du régime de Vichy le terme “Arlequins” doit être remplacé par “Athlétique”. En 1996 enfin, à la demande des anciens joueurs est adopté le retour au nom issu de la fusion de 1933 : Union Sportive Arlequins Perpignanais.

L'après-guerre et les défis des années suivantes

La fin des années 40 marque la progression de jeunes joueurs qui attirent de nombreux clubs, l’USAP se fait régulièrement dépouiller de ses jeunes talents. L’année 1955 sera une année prolifique mais aussi la fin d’un cycle pour le club avec pas moins de 3 titres, champion de France seniors et juniors, challenge Yves du Manoir. A partir des années 60, jusqu’au début des années 90, les résultats sportifs sont mitigés, voire décevants, mais surtout, des querelles internes vont apparaître. Il faudra attendre 39 ans avant que l’USAP ne ramène un nouveau titre. En 1994, ils remportent un troisième challenge Yves du Manoir.

L'ère professionnelle et les montagnes russes

En 1995, l’IRB valide le passage des clubs en statut professionnel. Sur le plan sportif, l’USAP atteint la finale du championnat en 1998 et 2004, la finale de la Coupe d’Europe en 2003 sans parvenir à concrétiser. En 2007, Jacques Brunel s‘installe à la tête de l’effectif assisté de Franck Azéma. L’USAP termine premier de la saison régulière en 2008-2009 et devient champion de France pour la septième fois en battant l’ASM en finale. 2014, coup de tonnerre ! 100 ans après son premier titre et après 103 années dans l’élite, le club est rétrogradé en Pro D2.

Suite à la descente, de nombreux départs sont actés, le staff a été renouvelé mais des problèmes internes persistent. Christian Lanta arrive au club en tant que manager à partir de la saison 2016-2017. En 2018, le club devient champion de France de Pro D2 en terminant premier de la saison régulière, et en battant le FC Grenoble en finale. Malheureusement la saison suivante sera catastrophique, l’USAP ne remporte que deux matchs sur 26 et retourne à l’échelon inférieur. Retour en Top 14 et nouveau titre de champion de Pro D2, dès 2021 après une saison complète et sérieuse.

L'USAP aujourd'hui : entre ambition et restructuration

Perpignan obtient son maintien pour la saison 2021-2022 malgré une entame de championnat difficile, l’USAP réalise de belles choses et obtient de très beaux résultats. Victoire bonifiée face au Stade Toulousain, champion d’Europe et de France en titre. Confirmation et progression sont les maîtres mots de la saison à venir pour l’USAP. Du côté administratif et financier, le président Rivière a annoncé lors de la conférence de presse dès le 1er Juillet que le recrutement était quasiment bouclé et que le budget serait revu à la hausse au-delà des 18 Millions d’euros de la saison précédente. Il veut, cette saison, structurer le club et ses infrastructures. Patrick Arlettaz laisse sa place à David Marty en tant qu’entraîneur principal, il devient de son côté manager général, poste resté vacant depuis le départ de Christian Lanta en 2021.

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L’USAP est un club historique de l’élite du rugby français, il fait partie des clubs ayant un beau palmarès mais ayant connu des hauts et des bas également depuis sa création. L’équipe est en pleine restructuration depuis son titre de champion de Pro D2 et son maintien l’an passé en Top 14. L’accession en phase finale est un toujours un objectif pour une équipe alignée en Top 14, mais le maintien semble rester une priorité pour le club afin de préparer un avenir glorieux à moyen et long terme, mais surtout sereinement.

Les stades de l'USAP : des lieux chargés d'histoire

En 1908, l'ASP inaugure le futur Stade Jean Laffon sur la route de Thuir, qui fait rapidement des jaloux parmi les clubs de la région.

De procès en recours, de cargolade en course poursuite, l’USAP finit par quitter Jean Laffon au terme de la saison 1938-1939. En réalité c’est un échange de stades auquel on assiste, l’USAP partant pour l’ancien terrain des Treize aux Vernet, et le XIII Catalan récupérant Jean Laffon dans le même temps.

C'est sur l'ancien stade des XIII, que l'on retrouve l'USAP qui inaugure le 13 octobre 1940 son nouveau terrain en jouant face à une sélection catalane. Le stade est bientôt aménagé et baptisé du nom d'Aimé Giral, héros de la finale 1914, qui avait trouvé la mort durant la Grande Guerre comme Jean Laffon.

En 1998, la mythique Tribune CGT - connue pour ses supporters les plus virulents d'Aimé-Giral - disparaît au profit d'une nouvelle structure moderne de 3 353 places. Seconde tribune à être démolie : la Tribune Xambo - du nom de Joseph Xambo, président de l'ASP en 1910 - s'efface en septembre 2001 pour permettre l'édification de la Tribune Fernand Vaquer (ancien joueur des années 20 puis entraîneur du club catalan et ses 2 200 places. L'ancienne Tribune Jules Chevalier (premier président de l'USP en 1919) disparaît à son tour en juin 2002. Enfin, en mai 2006, débutent les travaux d'extension des deux tribunes latérales ainsi que la construction de la dernière tribune, la Tribune Goutta. Ses 2 200 places sont ouvertes au public en mai 2008. Désormais, l'USAP dispose d'une enceinte moderne et confortable pouvant accueillir jusqu'à 14 593 supporters, dont environ 13 000 assis.

Lorsque le club tutoyait encore le plus haut niveau, son ancien président Paul Goze, souhaitait même porter la capacité d'Aimé Giral à 20 000 places (dont 18 000 assises). Autre projet enterré, celui d'un stade de 20 000 commun aux deux équipes professionnelles de la ville. Sans doute aurait-ce été la meilleure chose à faire à la fin des années 90.

Palmarès

Le palmarès de l'USAP témoigne de sa grandeur passée et de son ambition future :

  • Championnat de France :

    • Vainqueur en 1914, 1921, 1925, 1938, 1944, 1955, 2009.
    • Finaliste en 1924, 1926, 1935, 1939, 1952, 1977, 1998, 2004, 2010.
  • Championnat de France de Pro D2 :

    • Vainqueur en 2018, 2020.
  • Challenge Yves du Manoir (coupe de France)

    • Vainqueur en 1935, 1955, 1994,
    • Finaliste en 1936, 1937, 1938, 1956, 1965.
  • Coupe d'Europe

    • Finaliste en 2003
    • Demi-finaliste en 1998, 2011

Les neuf titres de l'USAP en détail

  • 1914 : A Toulouse, le 3 mai 1914 : AS Perpignan bat Stado Tarbes : 8-7 (m.t. 0-0)
    • Pour ASP : 2 essais François Nauté (60e), Félix Barbe (76e), 1 transformation, Aimé Giral (76e) .
    • Pour Tarbes : 1 essai, Jean Lasteraray (45e), 1 D, Amédée Gardeix (50e).
    • L'équipe de l'ASP : Joseph Couffe - Joseph Amilhat - Maxime Courrège - Félix Barbe (cap.) Paul Serre - (0) Aimé Giral - (m) François Fournier - Georges Lacarra - Jean Roques - Joseph Lida - Maurice Gravas - François Nauté - Edouard-Albert Joué - Raymond Schuller- André Cutzach.
    • Entraîneur : M.Augistrou.
    • Président : Edmond Benoît.
  • 1921 : A Béziers, le 17 avril 1921 : US Perpignan bat Stade Toulousain : 5-0 (m.t.0-0)
    • Les points USP : 1 essai, Fernand Duron, 1 transformation Joseph Marmayou.
    • L'équipe de l'USP : Etienne Cayrol - Raoul Got - Louis Dutrey - René Salinié - Roger Ramis - (0) Joseph Pascot - (m) Joseph Barande - Noël Sicart - Marcel Henric - Fernand Duron - Fernand Vaquer (cap.) - Joseph Marmayou - Joseph Martorell - Roger Mauran - LOUIS Argelès.
    • Entraîneur : Gaston Lacourt.
    • Président : Pierre Nicolas.
  • 1925 : A Toulouse, le 26 avril 1925 : US Perpignan et AS Carcassonne : 0-0 (arrêté après 5' en prolongation, à cause de la pluie). La finale sera rejouée la semaine suivante.
    • A Béziers, le 3 mai 1925 : US Perpignan bat AS Carcassonne : 5-0 ( m.t 5-0)
    • Les points USP : 1 essai, Roger Ramis (30e), 1 transformation Roger Ramis (30e).
    • L'équipe de l'USP : Etienne Cayrol - René Tabès - Marcel Baillette - Roger Ramis ( cap.) - Marcel Darné - (0) - Joseph Pascot (m) - Jean Carbonne - Noël Sicart - Ernest Camo - Eugène Ribère - Marcel Henric - André Rière - Joseph Sayrou - Georges Delort - Camille Montade.
    • Entraîneur : Gilbert Brutus.
    • Président : Jules Chevalier.
  • 1938 : A Toulouse, le 8 mai 1938 : US Perpignan bat Biarritz : 11-6 (m.t 5-6)
    • Les points USAP : 3 essais Georges Casenove (34e), Noël Brazes (55e, 69e), 1 transformation (34e), Joseph Desclaux.
    • Les points Biarritz : 1 essai Rémi Sallenave (25e), 1 B gabriel Bourthayre (20e).
    • L'équipe de l'USAP : Paul Porical - Jean Serre - Jep Desclaux (cap.) - Noël Brazès - André Abat - (0) Gilbert Lavail - (m) Roger Vaills - Jacques Palat - Lucien Ballini - Henry Gras - Georges Casenove Marcel Llarg - André Poncy - Louis Montagne - Sauveur Moly.
    • Entraîneur : Jean Vidal.
    • Président : Emile Parès.
  • 1944 : A Paris, le 26 mars 1944, US Perpignan bat Bayonne : 20-5 (m.t 6-5)
    • Les points USAP : 6 essais, Michel Trilles, Albert Conte, Jean Teulière, Fernand Got, Joseph Desclaux, Frédéric Trescases, 1 transformation , Puig-Aubert
    • Les points pour Bayonne : 1 essai, Jean Dauger, 1 transformation, Edmond Elissalde.
    • L'équipe de l'USAP : Puig-Aubert - Frédo Trescases - Jep Desclaux (cap.) - Jean Teulière - Fernand Got - (0) Hubert Marty - (m) Joseph Crespo - Jean Barande - Marcel Blanc - Jacques Palat - Ambroise Ulma - Lucien Barris - Michel Trilles - Albert Conte - Louis Carrère.
    • Entraîneur : Jo Barande.
    • Président : Albert Dauré.
  • 1955 : A Bordeaux, en 1955, l'USAP bat Lourdes 11-6 (m.t 5-6)
    • Les points : USAP : Gauby, Torreilles, Garrigue, essais; Serre, transformation.
    • L'équipe USA Perpignan : J. Sagols, S. Torreilles, R. Monié, G. Rous, R. Garrigue, J. Serre, G. Gauby, H. Doutres, G. Llaury, V. Mestres, A. Sanac (cap.), G. Roucariès, P. Lacaze, Capell, R. Pallach, F.

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