Sonia Souid : Biographie d'une agente sportive influente

Sonia Souid, née le 19 juin 1985 à Clermont-Ferrand, est une figure marquante du monde sportif français. Elle s'est illustrée à la fois comme agente de sportifs, ancienne joueuse de volley-ball et ancienne miss régionale, élue Miss Auvergne en 2003. Son parcours atypique et son engagement pour la justice et l'égalité dans le sport font d'elle une personnalité inspirante.

Une jeunesse sportive et ambitieuse

Sonia Souid grandit dans un environnement familial où le sport occupe une place importante. Son père est préparateur physique de joueurs de football et son frère est footballeur. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle entreprend des études de médecine. En 2004, elle s'installe à Paris et se passionne pour l'univers du spectacle. Elle suit des cours au cours Florent puis au Studio Pygmalion.

Reconversion dans le monde du sport

Peu de temps après, Sonia Souid fait ses débuts en tant qu'apporteuse d'affaires dans le domaine de l'immobilier de luxe. Elle décide ensuite de se tourner vers le métier d'agente de sportifs et obtient sa licence d'agent FFF. En 2010, elle quitte la France pour s'installer au Qatar, où son père exerce son métier. Deux ans plus tard, elle réalise le premier transfert d'un joueur issu du golfe Persique.

Engagement pour l'égalité et la justice dans le sport

Sonia Souid s'est engagée à défendre la cause des femmes dans un milieu sportif souvent perçu comme misogyne et machiste. Elle a raconté son expérience dans un livre intitulé « Touche pas à mon Qi ! », co-écrit avec Dominique Rouch. Elle y dénonce les humiliations et les préjugés auxquels elle a été confrontée en tant que femme dans le monde du football.

Un livre révélateur : « Touche pas à mon Qi ! »

Dans cet ouvrage, Sonia Souid raconte son parcours et les obstacles qu'elle a rencontrés pour se faire accepter dans le milieu du football. Elle évoque notamment les remarques sexistes et les tentatives de décrédibilisation dont elle a été victime. Elle y dénonce également l'omerta qui règne dans certaines fédérations et clubs sportifs.

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Au fil des 253 pages, on croise plein d'acteurs du monde du foot, des hommes surtout, certains l'ont aidée, d'autres beaucoup moins, lui faisant comprendre qu'elle n'avait pas sa place, qu'elle n'était pas crédible, que son physique de mannequin la desservirait. Elle raconte quelques humiliations aussi. La plus marquante et aussi bruyante pour le coup ? Lors de la dernière Coupe du monde féminine (2023), elle explique que Philippe Diallo, le successeur de Noël Le Graët à la tête de la fédération, lui fait comprendre qu'elle n'est pas la bienvenue à un dîner organisé pour les joueuses et leurs proches… Sonia Souid y a été conviée par la famille Cascarino. « Bonsoir Sonia. Compte tenu des récents événements avec la Fédération et Noël Le Graët, votre présence n'est pas souhaitée parmi nous. »

Elle s'est donc battue pour exister et montrer qu'une femme pouvait réussir, pouvait avoir des idées et des compétences professionnelles. Elle s'est battue et lutte encore, au quotidien, pour qu'on « ne la prenne pas uniquement pour deux seins et un cul. » « Je me bats pour la cause des femmes, non par haine envers l'autre sexe, mais par souci de justice et d'égalité… »

L'affaire Kheira Hamraoui

Sonia Souid a également été impliquée dans l'affaire Kheira Hamraoui, une joueuse du PSG violemment agressée en novembre 2021. Elle représentait les deux joueuses, Kheira Hamraoui et Aminata Diallo, cette dernière ayant été mise en examen dans cette affaire.

L'affaire Helena Costa à Clermont

Sonia Souid a également été au cœur d'une affaire médiatique concernant le club de football de Clermont. Elle avait proposé Helena Costa pour entraîner l'équipe masculine, une première mondiale. Cependant, le président de Clermont à l'époque, Claude Michy, a refusé de négocier directement avec elle et a tenté de baisser le montant de la commission promise. Il lui a également demandé de ne pas figurer sur la photo lors de la présentation officielle du nouveau propriétaire.

Une agente sportive influente

Malgré les obstacles et les difficultés rencontrées, Sonia Souid a réussi à s'imposer comme une agente sportive respectée et influente. Elle est la première à avoir représenté des footballeuses françaises et travaille aujourd'hui pour CSM Sport & Entertainment, l'une des plus grosses agences de marketing et de gestion de carrière au niveau mondial.

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LIRE AUSSI. Foulard Louis Vuitton noué autour du cou et toute de noir vêtue, la Française de 36 ans débarque tout juste de l’aéroport d’Orly, où elle est arrivée une heure plus tôt en provenance de Madrid, où elle vit principalement. « Aujourd’hui je suis à Paris pour rencontrer un joueur de Ligue 1, du Clermont Foot, qui est bientôt en fin de contrat et qui n’a pas d’agent. On a déjà échangé par téléphone, on le suit depuis un moment, mais là ça va être une rencontre intéressante pour voir si on peut bien s’entendre avec lui et si on voit les choses de la même manière. Je vais aussi déjeuner avec une joueuse du PSG pour faire le point. En gros, quand je viens sur Paris, c’est pour rencontrer des dirigeants, des joueurs, des entraîneurs. En ce 24 janvier, le mercato hivernal bat son plein. Un temps fort synonyme de tournée aux quatre coins de l’Europe pour Sonia, agent depuis 2010. Même si, lors de ces dix-huit derniers mois, la jeune maman a quand même arpenté les aéroports avec son bambin et sa poussette sous le bras. « J’ai dû négocier avec des présidents et des directeurs sportifs, au téléphone ou en vrai, avec mon bébé qui gazouillait à côté. Je me suis aussi retrouvée dans des situations où je devais allaiter pendant les rendez-vous. Ça m’a permis de voir ces grands présidents de club différemment. Je me souviens par exemple de Jean-Michel Aulas, qui un jour, m’a proposé d’être le baby-sitter du petit pendant que j’étais occupée. Aujourd’hui, le petit a grandi - « il est intenable, il court partout » - alors elle fait l’aller-retour dans la journée. C’est donc avion-boulot-dodo, mais rien de très nouveau là-dedans. Elle tient à préciser : « Les gens en ont une idée fausse du métier d’agent. Pour eux, c’est la personne qui saute d’un jet à un autre avec son cigare à la bouche et des dollars qui tombent du ciel. Ce n’est pas ça du tout. Alors elle développe : « Être agent, c’est conseiller un club, être le prolongement de la cellule de recrutement, une sorte de chasseur de tête. Il peut aussi s’agir de présenter un acheteur à un président ou propriétaire de club. » Comme elle l’a fait avec Ahmet Schaefer, qui a succédé en 2019 à Claude Michy à la tête du Clermont Foot.

Le rôle de la direction des sports et la lutte contre les violences

Dans le contexte des affaires qui ont entaché le monde sportif français, la direction des sports joue un rôle essentiel dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Fabienne Bourdais, directrice des sports, a également été déléguée ministérielle à la lutte contre les violences dans le sport.

Depuis trois ans et demi, plus de 1 000 signalements pour des faits de violences à caractère sexiste ou sexuel ont été recueillis. Le rôle de la cellule est de recueillir ces signalements, dont l’origine est variée. Ils peuvent émaner des victimes, des proches, et de plus en plus des associations d’accompagnement des victimes, mais surtout des fédérations sportives elles-mêmes. Au niveau départemental, le rôle de la cellule est multiple. Il consiste à s’assurer qu’à chaque signalement, les procédures soient bien mises en œuvre (traçabilité du signalement). Il faut également s’assurer que lorsqu’une décision de police administrative est prise, la fédération soit informée pour qu’elle puisse prendre elle-même les actes relevant de sa responsabilité. La direction des sports assure également la coordination entre les services dans des affaires qui sont souvent complexes. Le cas échéant, se pose également la question des relations avec les autorités pénales. Ainsi, nous pouvons être conduits à tirer les enseignements de sanctions pénales. En effet, certaines condamnations pénales sont incapacitantes : elles justifient de notifier à la personne son incapacité à poursuivre son activité.

Plus de 400 mesures d’interdiction d’exercer ont été prises par les préfets de département depuis la création de la cellule. Lorsque l’éducateur sportif incriminé a fait l’objet d’une mesure d’interdiction d’exercer prise par le préfet, il figure sur une liste nationale des cadres interdits. Cette liste, qui a fait l’objet d’une validation législative et réglementaire après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, permet de ne plus délivrer de carte professionnelle.

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