Sous le soleil exactement, le volley-ball de plage incarne l'esprit estival, la convivialité et le plaisir du jeu. De la plage de Trouville-sur-Mer aux terrains du monde entier, ce sport rassemble des passionnés de tous horizons. Cet article explore les multiples facettes du volley-ball de plage, de son histoire à ses techniques, en passant par son esprit unique.
Un Instantané Estival : Trouville-sur-Mer
« Sous le soleil exactement/Pas à côté, pas n’importe où/Sous le soleil, sous le soleil/Exactement juste en dessous. » Ces paroles de Serge Gainsbourg résonnent sur la plage de Trouville-sur-Mer (Calvados), un dimanche de juillet à 14 h 30. Le soleil tape fort sur le terrain de volley. Gwendoline, 20 ans, et Dorian, 23 ans, profitent du terrain de beach-volley. La silhouette de la jeune femme en bikini noir se détache sur le sable. Ils sont venus de la région parisienne pour une journée à la mer. Ils ont acheté un ballon aux couleurs fluorescentes. Pour Gwendoline, le volley de plage évoque les vacances de son enfance à Houlgate, où elle jouait en famille. Dorian, lui, a découvert le volley au collège et a souvent joué en plein air dans les campings. Pour tous les deux, le volley de plage, c’est d’abord « passer du bon temps, être dehors, s’amuser », même si en jouant à deux ils ont bien conscience de ne pas respecter les règles.
L'Esprit du Jeu : Convivialité et Mixité
Sur la plage, les règles se font souples. Le beach-volley a des règles précises, mais au soleil, la pratique s’assouplit. « C’est le sport qui attire le plus de joueurs sur la plage, qu’on sache jouer ou pas, qu’on soit débutant ou pro, à deux ou à dix… On dépasse alors les règles. On est sur un jeu collectif qu’on partage, sur le plaisir de jouer », estime Karim Lévy, président de la commission centrale de beach-volley à la Fédération française de volley. Le ballon rassemble des publics variés, dans une grande mixité. « On voit jouer des hommes et des femmes, des jeunes et des retraités, des petits et des grands. On est dans un schéma très égalitaire, et dans une vraie convivialité car c’est un des rares sports auxquels on ne peut pas jouer tout seul », poursuit Karim Lévy.
Alexandre, 31 ans, et Louis, 28 ans, viennent à Trouville depuis leur enfance, et cela fait une quinzaine d’années qu’ils jouent régulièrement ensemble. « Le beach-volley, c’est idéal pour se faire des copains, commente Alexandre. On joue avec des gens qu’on ne connaît pas. On rencontre de nouvelles personnes. Il nous est même arrivé de jouer avec les sauveteurs, les plagistes ou les pompiers. » Pour les deux amis, venus jouer avec toute une bande, le volley de plage « forge l’amitié ». « Il y a toujours une bonne ambiance, avec le plaisir de faire un beau jeu, de belles passes », affirme Alexandre.
Un Siècle d'Histoire : Des Plages d'Hawaï aux Jeux Olympiques
Le volley a émergé sur les plages de Normandie il y a près d’un siècle. S’il est né sur le rivage de Hawaï avant la Première Guerre mondiale, puis s’est développé sur la côte californienne dans les années 1920 et 1930, il n’a pas été « importé » dans l’Hexagone. « Dès les années 1920, le volley apparaît en France de manière autonome dans la tradition des clubs de plage, notamment sur la Côte d’Opale, explique Thierry Terret, historien du sport. Dans ces clubs, il était associé à d’autres activités, comme la gymnastique, le trampoline, les jeux de ballon… Il était pratiqué avec une intention de santé, de bien-être. Dans l’Hexagone, la pratique va longtemps garder ce côté amateur et rester hors institution. La Fédération française de volley (FFV), qui voit le jour en 1936, se consacrera exclusivement, jusqu’au dernier quart du XXe siècle, au développement du volley en salle. « Pendant un demi-siècle, le beach-volley reste en France une pratique ludique, familiale, hédoniste », poursuit Thierry Terret.
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Pendant ce temps, le sport se structure outre-Atlantique. Les Américains organisent dès l’entre-deux-guerres compétitions et tournois. Dans les années 1960, le beach-volley made in USA se teinte des couleurs de la contre-culture. « C’est le “Sea, Sex and Sun”. La culture de plage californienne intègre le beach-volley, exalte les corps montrés, bronzés, huilés… », évoque Thierry Terret.
Il faut attendre les années 1980 pour que la Fédération internationale de volley-ball prenne conscience de ce que le « beach » peut lui apporter en termes d’image et de séduction. En 1986, elle intègre la discipline aux pratiques officielles. Aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, le beach-volley est invité en démonstration. En 1996, il devient discipline olympique aux JO d’Atlanta.
Un Sport Physique et Spectaculaire
Si le sport est associé à une image de glamour et de spectacle - jusqu’en 2012 le règlement impose un bikini ne dépassant pas 7 cm aux filles ! -, il est particulièrement physique. « Le beach-volley est plus ludique et plus dynamique que le volley en salle », estime Matthieu Fortin, 24 ans, étudiant, deux fois champion de France de volley en salle (catégories minimes et juniors), qui joue désormais au beach-volley. « Quand on joue à deux, on a beaucoup d’influence sur le match, on apprend à faire tous les postes et on est sûr de jouer, alors que dans une équipe de six, on peut presque passer le match sans toucher la balle. » Le joueur apprécie une pratique sur le sable « moins traumatisant pour les articulations » et « le plaisir de jouer pieds nus et dehors ».
Un Potentiel de Développement
Si le loisir de vacances et le sport ne partagent parfois que le ballon, la frontière entre les deux est poreuse. Aujourd’hui, on estime à 1,8 million le nombre de joueurs pratiquant occasionnellement le volley sur la plage en France. Pour Karim Lévy, il y a là un « vivier naturel » pour la Fédération française de volley où les licenciés sont dix fois moins nombreux (135 000 adhérents). « Souvent, c’est sur la plage qu’on commence à pratiquer, puis de retour chez soi on cherche un club, dans la continuité de l’été », fait-il remarquer.
Si les clubs de beach, les tournois et même les salles indoor se développent en France depuis quelques années, les terrains en libre accès loin du littoral restent encore trop rares pour que la pratique devienne massive. Côté équipement - et palmarès -, les Américains gardent une longueur d’avance. Matthieu Fortin a pu le constater lors d’un récent séjour à Montréal (Québec). « En ville, on croise des terrains de beach-volley partout, simplement en se baladant », décrit-il. « La France a une belle marge de progression », confirme son coéquipier, Alexandre Muller, venu du Brésil, où le beach-volley est un sport national. « Sur la côte, les enfants et les jeunes y jouent tous les jours après l’école. Si les signaux sont au vert pour le volley en France, les JO de Paris en 2024 devraient doper sa popularité. Les épreuves pourraient se tenir sur le Champ-de-Mars, avec la tour Eiffel en arrière-plan.
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Lexique du Volley-Ball : Maîtriser le Vocabulaire du Jeu
Pour mieux comprendre et apprécier le volley-ball, il est essentiel de connaître son vocabulaire spécifique. Voici un lexique des termes les plus courants :
- Ace : Un point marqué directement sur le service.
- Attaque : La touche de balle où vous frappez le ballon chez l’adversaire pour marquer.
- Balle de match : La balle qui, si elle est gagnée, permet de remporter le match.
- Balle de set : La balle qui, si elle est gagnée, permet de remporter le set.
- Ballon porté : Une faute de main où le ballon est porté au lieu d'être frappé.
- Beach-volley : La variante du volley-ball jouée sur le sable, à 2 contre 2.
- Block : Contrer le ballon avec les bras tendus au dessus du filet.
- Block-out : Viser les bras du contre pour faire rebondir la balle en dehors du terrain.
- Central : Le joueur qui joue au centre du filet et attaque sur des passes courtes.
- Corse : Une défense spectaculaire où vous plongez pour sauver la balle avec le dos de la main juste avant qu'elle touche le sol.
- Défense : La partie de l’échange durant laquelle vous n’avez pas le ballon et essayez de récupérer l’attaque adversaire.
- Deuxième main : Action d'orienter le jeu vers ses partenaires après la réception.
- Distribuer : Organiser le jeu et lancer l’attaque après la réception du ballon par la défense.
- Double touche : Toucher la balle deux fois de suite, ce qui est une faute.
- Ecran : Se placer sur le terrain de façon à masquer à l’équipe adverse la trajectoire du service.
- Faute de fil : Toucher le filet, ce qui donne le point à l'adversaire.
- Faute de pied : Franchir la ligne centrale sous le filet, mordre la ligne des 3 mètres en attaquant à l’arrière, ou mordre la ligne de service.
- Fixation : Attaque rapide au plus proche du passeur pour attirer le contre adverse.
- Libéro : Joueur spécialisé en défense qui ne peut ni servir ni attaquer et ne joue que sur les trois postes arrières.
- Ligne des 3 mètres : La ligne qui sépare les joueurs avants des joueurs arrières.
- Manchette : Une technique de réception où les bras sont tendus pour frapper le ballon avec les avant-bras.
- Mire : L’antenne située à chaque bout du filet.
- Passe : Transmettre la balle à deux mains à un partenaire.
- Passeur : Le joueur qui dirige l’attaque en orientant le jeu et en choisissant quel partenaire solliciter.
- Pipe : Attaque d'un joueur derrière la ligne des trois mètres.
- Pointu : Le joueur qui joue en opposition avec le passeur, généralement à droite du filet.
- Réception : Le premier contact après le service, visant à renvoyer le ballon précisément au passeur.
- Réceptionneur-attaquant : Un joueur polyvalent capable de réceptionner, défendre et attaquer.
- Rotation : Le déplacement de chaque membre de l’équipe d’une position dans le sens des aiguilles d’une montre lorsque l’équipe récupère le service.
- Service : Lancer l’échange en frappant le ballon de derrière la ligne de fond du terrain.
- Set : Une partie d’un match de volley-ball. Il faut remporter 3 sets pour gagner un match de volley ball. Pour remporter un set, vous devez marquer 25 points avec au moins deux points d’écart.
- Smash : Une attaque puissante où le joueur saute et frappe la balle à une main pour l’envoyer dans le camp adversaire.
- Soutien : Venir au soutien d'un partenaire attaquant en cas de block adverse.
- Temps mort : Un arrêt de jeu de 30 secondes accordé à chaque équipe, 2 fois par set.
- Tie break : Le set final en cas d’égalité à 2 sets partout, joué en 15 points avec deux points d’écart.
Le Service Jump : L'Art de l'Attaque Aérienne
Le service jump, c’est un missile. Tu as une grosse épaule, un bon timing et un lancer de balle précis ? Alors lance toi ! Démarre loin de ta ligne de fond, lance la balle légèrement dans le terrain (bien souvent avec la main avec laquelle tu frapperas le ballon), avec une bonne hauteur et donne lui un bon mouvement de rotation. Ensuite, utilise ton célèbre “gauche droite gauche” (si tu es droitier, bien sûr) et donne tout ce que tu as, les réceptionneurs n’ont qu’à bien se tenir ! Ce service puissant laisse très peu de temps à l’équipe adverse de se placer sous la balle. Bien mis, c’est l’ace assuré. Mais attention à la prise de risque, ton coach risque de sortir ta plaquette si tu fais la faute…
Ses avantages : il est redoutable. Durant les world league finals de 2014 à Florence, l’Italie est menée 24-21 par les USA. Zaytsev récupère le service à 24-22 et enchaîne 4 aces sur services jump qui permettent à l’Italie de décrocher la victoire.
Ses inconvénients : Pour qu’il soit redoutable, il nécessite une grosse prise de risque. Car un jump sans puissance équivaut à un service cuillère (bon ok j’exagère), du petit lait pour tes adversaires.
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