Si le monde du football est souvent associé à des salaires astronomiques, le handball français, bien que moins médiatisé, offre également des perspectives de carrière intéressantes pour ses athlètes. Cet article se penche sur la question des salaires des joueurs de handball en France, en mettant en lumière le cas de Nikola Karabatic, figure emblématique de ce sport.
Panorama général des salaires dans le handball français
Le handball professionnel en France se structure autour de plusieurs divisions, dont la Starligue, le plus haut niveau masculin, et la Ligue Butagaz Énergie, l'équivalent féminin. 270 handballeurs professionnels évoluent en Starligue. Selon le média en ligne Sans filtre, le salaire moyen y est de 7 000 € brut/mois, non loin derrière celui des joueurs de Basket Elite (10 000 €).
Cependant, le Paris Saint-Germain Handball (PSG Handball) fait monter très nettement cette moyenne, avec sa masse salariale astronomique. Le salaire minimum pour un handballeur professionnel évoluant sur le sol français est de 1 561 € brut/mois, soit un net à 1 200 €/mois. Les plus petits salaires sont perçus par les joueurs les moins expérimentés évoluant dans les équipes les plus modestes de Proligue. En Ligue Butagaz Énergie (première division féminine de handball), le salaire moyen atteint 3 056 € bruts par mois en 2021-2022 contre 2 000 € en 2008-2009, avec une rémunération minimum de 1 561 € brut par mois, d’après les données fournies par la Ligue féminine de handball.
Le salaire médian s’élève à 5 236 €, soit une évolution à la baisse de 3 % pour la saison 2022-2023, comme l’atteste le mediaguide produit par la Ligue nationale de handball. C’est-à-dire que 50 % des joueurs gagnent moins que cette somme et 50 % gagnent plus. En comparaison, en première division masculine de football, celui-ci serait de 40 000 € brut mensuel, selon les calculs du quotidien L’Équipe. Soit plus de sept fois supérieur aux handballeurs.
Les facteurs influençant la rémunération
Plusieurs facteurs peuvent influencer le salaire d'un joueur de handball professionnel. Parmi les critères les plus importants, on retrouve :
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- Le niveau de la ligue et de l'équipe : Évoluer dans une équipe de Starligue ou dans un club de Proligue n'offre pas les mêmes perspectives salariales. De même, les clubs les plus riches, comme le PSG Handball ou Brest Bretagne Handball, ont tendance à proposer des salaires plus attractifs.
- Le niveau et le profil du joueur : L'âge, le poste occupé, l'expérience et la renommée d'un joueur sont autant d'éléments qui peuvent impacter sa rémunération. Les joueurs les plus expérimentés, les stars de l'équipe et ceux qui occupent des postes clés (comme les pivots ou les gardiens de but) sont généralement mieux payés.
- Les primes et avantages : En plus de leur salaire fixe, les joueurs peuvent négocier des primes de buts, des primes de titres ou d'autres avantages en nature (logement, voiture…).
- Les contrats publicitaires et de sponsoring : Les joueurs les plus connus peuvent également percevoir des revenus importants grâce à des contrats publicitaires et de sponsoring. Par exemple, Nikola Karabatic est accompagné par de nombreux partenaires : Adidas, Toyota, Lidl, MC David, Butagaz… Il toucherait autour de 600 000 € par an pour promouvoir ces différentes marques.
Nikola Karabatic : un cas à part
Nikola Karabatic est sans conteste le joueur de handball français le plus connu et le mieux payé. Star de la discipline au niveau mondial, Nikola Karabatic gagne évidemment bien mieux sa vie que la plupart des autres joueurs de handball français. En février 2017, une étude du magazine L'Équipe estimait ses revenus globaux à 1,1 million d'euros par an, en comptant son salaire et ses différents partenariats. Ce qui en faisait le joueur le mieux payé du PSG et le handballeur français le mieux rémunéré.
Sous contrat avec le Paris Saint-Germain jusqu'en juin 2024, Nikola Karabatic est, selon plusieurs estimations, le handballeur le mieux payé du monde. À bientôt 40 ans, il toucherait 1,8 millions d'euros par an. Soit un peu plus que son frère Luka (1,5 millions d'euros/an), deuxième joueur le mieux payé du monde.
Né le 11 avril 1984 à Niš, ville du sud-est de la Serbie. Fils d'un ancien gardien de but international yougoslave de handball, Branko Karabatic, il arrive en France à l'âge de 4 ans. Biberonné au handball par son père, venu dans l'Hexagone comme entraîneur, il débute sa carrière professionnel à Montpellier en 2001, à l'âge de 17 ans.
Il s'émancipe ensuite de la France et rejoint le THW Kiel en Allemagne, où il domine l'Europe - en remportant notamment une deuxième Ligue des champions (2007) - et s'affirme comme l'un des meilleurs joueurs du monde. Il y reste quatre ans puis, après un retour en France à Montpellier puis Aix, découvre le championnat d'Espagne avec Barcelone. En Catalogne, il retrouve les sommets européens et décroche sa dernière Ligue des champions (2015), avant de revenir en France dans un transfert choc qui le voit signer avec le Paris Saint-Germain en 2015.
Parallèlement à ses prouesses en club, Nikola Karabatic est devenu un taulier de l'équipe de France de handball. Sélectionné pour la première fois en octobre 2002, il sera l'un des symboles de deux générations, les “Costauds” puis les “Experts”.
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Après plus de vingt-trois ans de carrière, Nikola Karabatic s'est forgé un palmarès XXL. En club, il a remporté trois fois la Ligue des champions, à chaque fois avec une équipe différente. Sur la scène nationale, il a réalisé un quasi sans-faute. C'est simple : il a remporté le championnat où il évoluait chaque année, à l'exception de 2013, année de sa parenthèse avec le club d'Aix.
Nikola Karabatic a également marqué l'histoire de l'équipe de France, et s'est offert plusieurs records. Triple champion olympique et médaillé d'argent à Rio en 2016, il fait partie des trois seuls handballeurs de l'histoire - avec ses compatriotes Luc Abalo et Mickaël Guigou - à avoir gagné trois médailles d'or et une médaille d'argent aux JO. Il est également le handballeur le plus médaillé aux championnats d'Europe, avec quatre médailles d'or et deux de bronze. À titre individuel, il a aussi remporté plusieurs distinctions. Lors des titres mondiaux de l'équipe de France en 2011 et 2017, il a été élu meilleur joueur de la compétition ; une distinction qu'il a aussi obtenu lors des Championnats d'Europe 2008 et 2014.
L'écart salarial entre hommes et femmes
Bien que moins significatif que dans d'autres sports comme le football, un écart salarial existe entre les hommes et les femmes dans le handball français. En Ligue Butagaz Énergie (première division féminine de handball), le salaire moyen atteint 3 056 € bruts par mois en 2021-2022 contre 2 000 € en 2008-2009, avec une rémunération minimum de 1 561 € brut par mois, d’après les données fournies par la Ligue féminine de handball.
Les handballeuses se sont récemment dotées d’une convention collective permettant notamment de rehausser les rémunérations minimales précédemment citées, à l’instar des footballeuses… étrangères. Il n’en est pas encore question en France. En D1 Arkema, le salaire moyen des footballeuses professionnelles en France est de 2 494 € bruts, selon la Fédération française de football.
Perspectives d'avenir
Le handball français continue de se développer et de gagner en popularité, notamment grâce aux succès de l'équipe de France. Si les salaires des handballeurs restent inférieurs à ceux des footballeurs ou des basketteurs, ils offrent néanmoins à de nombreux athlètes la possibilité de vivre de leur passion.
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Alors, les handballeurs évoluant en première division française sont encore loin des salaires des joueurs de Pro A (10 000 € brut/mois en moyenne), du Top 14 (20 000 €) ou de Ligue 1 (100 000 €). Cependant, le handball reste un sport offrant la possibilité à plusieurs centaines d’athlètes de vivre leur passion.
L'augmentation des revenus liés aux droits TV, au sponsoring et à la billetterie pourrait permettre une revalorisation des salaires dans les années à venir. De plus, la mise en place de conventions collectives et la professionnalisation du sport féminin sont des éléments positifs qui pourraient contribuer à réduire les inégalités salariales.