La Coupe du Monde de Rugby est l'événement sportif le plus prestigieux du monde du rugby. Elle se déroule tous les quatre ans et réunit les meilleures équipes nationales de rugby du monde entier. Depuis sa première édition en 1987, la Coupe du Monde de Rugby a été remportée par différentes équipes, ce qui en fait une compétition très compétitive.
Genèse Tardive d'une Compétition Mondiale
Le rugby n’a eu sa Coupe du monde que 47 ans après le football. Ce retard signale une volonté de rester tout d’abord dans l’entre-soi des pays britanniques, puis du Commonwealth. Alors que le 30 juillet 1930, l’équipe d’Uruguay remporte la première Coupe du Monde de Football contre l’équipe d’Argentine à Montevideo, une sélection regroupant les meilleurs rugbymen britanniques et irlandais est défaite lors du quatrième test-match contre l’équipe des All-Blacks de Nouvelle-Zélande, dans le stade de l’Eden Park d’Auckland. Si les institutions footballistiques créent, dès 1930, une Coupe du monde de football avec une visée universaliste, les dirigeants du rugby vont attendre 1987 pour organiser la première coupe du monde de rugby, soit 164 ans après l’invention mythifiée du football-rugby et 116 ans après la séparation des deux footballs.
L'Internationalisation du Rugby: Un Contrôle Britannique
La réponse à cette première question suppose d’effectuer un détour historique en observant comment les différents acteurs du rugby organisent la diffusion du jeu dès la fin du xixe siècle. En effet, l’organisation des premières rencontres internationales est particulièrement significative d’une volonté des Britanniques de contrôler cette diffusion en limitant les échanges entre les nations suffisamment « cultivées » pour se disputer le ballon ovale. Ainsi, le premier match international est joué entre l’Angleterre et l’Écosse, le 18 novembre 1870 sous la forme d’un défi, sans une volonté réelle d’établir une hiérarchie. La dimension significative de cette rencontre s’observe plutôt dans l’attribution d’un trophée au vainqueur de la confrontation : la Calcutta Cup. Décernée pour la première fois, le 10 mars 1879, cette coupe vise tout à la fois à ritualiser l’affrontement et à récompenser l’équipe la plus généreuse et la plus valeureuse.
Dans la continuité de la légende de William Webb Ellis, chaque rencontre internationale rugbystique est porteuse de traditions qui ancrent ces oppositions dans l’imaginaire populaire et qui participent à la reconnaissance internationale du football-rugby.
Tournées Internationales: Sport, Économie et Idéologie
En effet, « les Anglo-Saxons structurent tout un système d’échanges internationaux exclusifs entre les équipes des îles britanniques et celles de l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Australie) à partir d’une logique de tournées réciproques et alternées entre ces différentes nations. Ce système leur permet de contrôler l’internationalisation du jeu tout en répondant à un triple enjeu sportif, économique et idéologique ». En juin 1888, un collectif de joueurs britanniques se déplace dans l’Hémisphère sud pour disputer une série de 35 matches en Nouvelle-Zélande et en Australie. Pour la Rugby Football Union, cette tournée représente le moyen d’exercer une diplomatie parallèle et de renforcer le modèle colonialiste britannique. S’appuyant sur le modèle de cette première tournée, c’est toute une dynamique d’échanges internationaux qui se construit alors entre les nations de l’Empire Britannique, à la fin du xixe siècle. Ainsi, entre février et décembre 1889, une équipe de Maoris appelée « the natives » débarque-t-elle dans les Iles Britanniques, pour y disputer une série de 74 rencontres à raison de quatre matches hebdomadaires. Les dirigeants britanniques s’exonèrent du principe d’universalité de leur sport. Si une diffusion du rugby doit avoir lieu, elle doit rester sous leur contrôle et se limiter à des nations capables de pratiquer ce sport élitiste.
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Si ces tournées se caractérisent par leurs dimensions sportives et festives, l’enjeu économique apparaît malgré tout l’élément dominant et structurant de ces échanges. Ainsi, quand l’équipe anglo-écossaise de Bill Mac Lagan part, en 1891, pour une tournée de 16 jours en Afrique du sud, agrémentée de réceptions et de parties de chasse, toutes les rencontres se jouent à proximité des comptoirs diamantaires de la Compagnie De Beers fondée par Cecil John Rhodes. Très vite, il apparaît évident que les tournées sont également le prétexte à des échanges commerciaux pour des joueurs et des dirigeants qui appartiennent à l’élite sociale et économique de l’Empire britannique. Par ailleurs, l’organisation de ces tournées entre « adversaires » du même monde de l’ovalie présente l’avantage de générer une économie de l’entre-soi qui vont les dispense de créer des événements mondiaux lucratifs, à la différence du football.
Les tournées internationales de la famille de l’ovalie n’ont pas cet objectif de partage des gains entre toutes les nations. Les bénéfices sont réservés aux seuls acteurs de ces échanges et permettent ainsi de conserver le pouvoir et le contrôle sur le rugby international. Ainsi, après la première tournée des Néo-Zélandais au Royaume-Uni en 1905, c’est la somme de 8 908 livres que la fédération néo-zélandaise et les nations britanniques hôtes peuvent se redistribuer. Dans cette logique de contrôle des profits, la Rugby Football Union impose, très tôt, son autorité sur ces échanges. En effet, dès 1880, l’institution prend en charge l’ensemble des dépenses afférentes aux matches internationaux. Pour autant, les nations de l’hémisphère sud cherchent multiplier ces échanges internationaux. Dans un premier temps, les dirigeants néo-zélandais cherchent à pérenniser les tournées avec les Britanniques en proposant de nouveaux modes de financement, en particulier à partir de premières formes de sponsoring et/ou de dédommagements des joueurs. Malgré une première réticence des Britanniques, la marque de cigarette néo-zélandaise BDV finance un tiers des 6 000 livres nécessaires à la tournée de 1905 et les joueurs néo-zélandais vont percevoir trois shillings quotidiens pour compenser le manque à gagner de ces 6 mois de tournée dans le Royaume-Uni.
Parallèlement et pour des raisons évidentes de proximité géographique, les rencontres entre les nations de l’hémisphère sud se développent au début du xxe siècle. Si le premier déplacement des Néo-Zélandais en Australie est organisé en 1884, trois autres tournées sont effectuées en 1907, 1910 et 1914 pour une visite des Australiens en 1910. Au cours de la même période, les échanges entre Néo-Zélandais et Africains du Sud sont plus difficiles à mettre en place. Ces difficultés peuvent s’expliquer par les effets de la guerre des Boers, mais aussi et surtout par la stratégie apparemment « perfide » des Britanniques qui mettent « en concurrence les fédérations de rugby de ces deux colonies pour déterminer qui affrontera la mère partie sur son sol, en ce début du xxe siècle ».
La King's Cup: Une Compétition Mondiale Limitée
Pourtant, le contexte politique international donne une autre dimension aux échanges entre les nations rugbystiques. En effet, comme l’écrit Stephen Cooper, seule une crise mondiale comme la guerre permet, au début du xxe siècle, de regrouper tout un ensemble de nations dans un même endroit du globe. En effet, au regard du sacro-saint principe de l’amateurisme, il n’était pas envisageable (au moins pour les dirigeants britanniques) d’organiser un événement mondial qui conduirait les joueurs à s’absenter pendant deux ou trois mois de leur pays et surtout de leur travail. Or, à la fin de la Première Guerre mondiale, les rugbymen survivants, venus des quatre coins de l’Empire britannique, restent cantonnés en Europe pendant de longs mois. Aussi, le roi Georges V, pour célébrer la victoire militaire de ses troupes et montrer l’unité de l’Empire approuve l’organisation d’un grand tournoi de rugby la King’s Cup du mois de mars à avril 1919. Les rugbymen du Commonwealth se réjouissent de cette décision. Ils y voient, en effet, la possibilité d’exprimer leur sentiment national et surtout de montrer leur capacité à jouer au même niveau que les Britanniques. Les soldats-rugbymen australiens, néo-zélandais, canadiens, africains du sud défient alors les équipes de l’Armée de Terre du Royaume-Uni et de la Royale Air Force. Ce ne sont pas moins d’une quinzaine de rencontres qui sont organisées à travers toute la Grande-Bretagne, auxquelles assistent des milliers de spectateurs. Cependant, la dimension mondiale de cet événement reste limitée comme le montre l’absence des Français. Ces derniers ne sont pas invités. Et pourtant, ils avaient été acceptés dans le Tournoi des V Nations à partir de 1910. Certains historiens justifient cette absence par la faiblesse sportive des Français qui n’ont gagné qu’un seul match sur les 19 disputés dans le tournoi. L’explication ne peut se réduire à ce simple argument. Des considérations politiques semblent plus subordonnantes pour justifier cette absence. La King’s Cup vise à célébrer la toute et seule puissance de l’Empire britannique. Certes, les Français sont des partenaires, mais ils doivent rester de simples spectateurs.
Les Obstacles à une Compétition Mondiale dans les Années 1920 et 1930
Par ailleurs, si le contexte politique international stimule l’idée d’une compétition mondiale, le contexte rugbystique semble un frein à la réalisation de ce projet. En effet, au cours des années vingt, l’état du rugby français apporte un ensemble d’arguments aux opposants à une compétition hiérarchisante. L’organisation du tournoi de rugby aux Jeux Olympiques de Paris en 1924 conforte les nations britanniques dans le refus d’une compétition mondiale. Le niveau de violence observée sur et en dehors du terrain, en particulier, lors du match entre les Français et les Américains confirme la crainte des Britanniques. La recherche de victoire exacerbée par des matchs à enjeux hiérarchiques est contraire à l’idée du fair-play et conduit à des débordements sur et en dehors du terrain. Pour préserver la loyauté des acteurs du jeu, les dirigeants britanniques affirment qu’il est nécessaire de jouer de manière désintéressée. L’argument est d’autant plus recevable que les Britanniques donnent en exemple l’image du championnat de France de Rugby. Le désir de s’emparer du Bouclier de Brennus pousse les différents clubs à différentes dérives. Au cours des années 1920 et 1930, le championnat de France de rugby se caractérise tout à la fois par de nombreuses violences pouvant conduire à la mort de certains joueurs et par une circulation incontrôlée de l’argent, contraire aux principes de l’amateurisme et du désintéressement nécessaire à un jeu pur. Face à ce laxisme français, les dirigeants britanniques décident alors de rompre les relations internationales avec la Fédération Française de rugby, le 2 mars 1931. De fait, les tricolores sont exclus du Tournoi des V nations. Au regard du contexte des années trente, le projet d’organiser une compétition mondiale, à l’image de celle du football, n’est pas concevable. Pourtant, dans l’hémisphère sud, l’idée alimente toujours les débats. Les journaux néo-zélandais se font d’ailleurs l’écho de la possible organisation d’un « tournoi de rugby impérial à Londres » qui réunirait les meilleures équipes mondiales. Une telle compétition est à fortiori encore moins envisageable quand les acteurs du rugby à XIII fomentent un projet de création de Coupe du monde de rugby à XIII. En effet, le 14 novembre 1934, le président de la Ligue française de rugby à XIII, François Cadoret organise une réunion avec John Wilson (Secrétaire de la Rugby Football League), Jean Galia, Victor Breyer, Charles Bernat et Louis Delblat pour concevoir cet événement. L’idée est d’organiser une compétition entre la France, l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Australie au cours du mois de mai 1935, avec une finale à Paris. Le projet, soumis aux dirigeants britanniques de la Rugby League, ne reçoit finalement pas l’agrément de ces derniers. Mais, pour le monde du quinze, la menace est importante ! Ces derniers veulent, avant tout, contrôler la montée du professionnalisme et éviter la commercialisation du ballon ovale. Ancrés dans leur culture conservatiste, les dirigeants quinzistes ne peuvent concevoir de développer le rugby à quinze sur un modèle économique envisagé par les treizistes. Pour autant, cette période de schisme va constituer un terreau fertile au projet de conception d’une compétition mondiale à la fin du xxe siècle. En effet, exclus des affaires du rugby mondial, les Français se rapprochent momentanément des Allemands pour fonder une institution européenne du rugby. Le 24 mars 1934, la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, les Pays Bas, l’Italie, le Portugal, la Roumanie, la Suède et la Catalogne créent la Fédération Internationale de Rugby Amateur (FIRA). L’événement est important puisque la Fédération crée aussitôt un championnat européen des nations qui devient la deuxième compétition rugbystique internationale après le tournoi des V nations.
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La Création de la Coupe du Monde: Une Longue Bataille
Ce vendredi 8 septembre, le match France-Nouvelle-Zélande donne le coup d’envoi du Mondial 2023 en France. Le saviez-vous ? Cet ex-joueur de deuxième ligne gauche du SU Agen qui avait débuté comme trois-quarts aile à l’US Marmande, fut l’un des grands artisans de la création de la Coupe du monde, dont la première édition eut lieu en Nouvelle-Zélande il y a trente-six ans, en 1987. L’idée d’un Mondial de rugby lui était venue quelques années auparavant, du fait de la non-participation de ce sport aux Jeux olympiques. En dehors du Tournoi et des tournées, le ballon ovale n’avait guère d’occasions de confrontations internationales, ce qui, à l’époque, constituait un gros handicap. Mais de l’idée à la réalisation, ce ne fut pas si simple : il fallut d’abord convaincre les Britanniques…
Au terme de cinq ou six ans de bagarre, la première Coupe du monde de rugby s’est donc déroulée en 1987, dans l’hémisphère sud, en Nouvelle-Zélande. Et ce fut une réussite.
Éditions et Palmarès de la Coupe du Monde de Rugby
La première édition s'est déroulée en Nouvelle-Zélande et en Australie, on est en 1987 et seulement 16 équipes sont sélectionnées. Quatre ans plus tard, en 1991, la compétition se déroule pour la première fois en Europe. L’Ecosse, l’Angleterre, le pays de Galles, l’Irlande et la France accueillent les joueurs. L’Australie remporte cette édition 12 à 6. En 1995, l’Afrique du Sud, de nouveau autorisée à participer à la compétition, organise la troisième édition, la première en Afrique. Les Springboks s’imposent, ce qui donne lieu à une cérémonie de clôture mémorable où Nelson Mandela remet la Webb Ellis à son équipe.
En 1999, la compétition présente pour la première fois 20 équipes qui disputent des matchs entre le pays de Galles, l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande. Les Bleus sont en finale pour la première fois, mais ils laissent passer la victoire aux Wallabies qui sont les premiers de l’histoire à remporter un deuxième titre mondial. En 2003 c’est la revanche de l’hémisphère Nord: en Australie, les Anglais prennent leur revanche sur le pays organisateur, une nouvelle fois de la compétition. Quatre ans plus tard, en 2007, c'est la France qui accueille la compétition, avec un coup de main de l'Ecosse et du Pays de Galles. Les Springboks s'offrent cette édition. 2011 et 2015 sont marquées par le doublé des All Blacks, la première compétition s’est déroulée chez les Néo-Zélandais et la suivante en Angleterre.
Cette victoire les inscrit un peu plus dans l‘histoire puisqu’ils sont la première équipe à remporter trois fois la Webb Ellis. La Coupe du monde de rugby est un événement sportif majeur qui se déroule tous les quatre ans.Toutes les fédérations reconnues par World Rugby sont invitées à y participer. La première édition a eu lieu en 1987 et a été remportée par la Nouvelle-Zélande. Depuis lors, seules quatre nations (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie et Angleterre) figurent au palmarès. Le trophée récompensant le vainqueur s’appelle William Webb Ellis Trophy. Le pays organisateur de la Coupe du monde est désigné par World Rugby.
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Palmarès par équipe:
- Afrique du Sud: 4 (1995, 2007, 2019, 2023)
- Nouvelle-Zélande: 3 (1987, 2011, 2015)
- Australie: 2 (1991, 1999)
- Angleterre: 1 (2003)
La prochaine édition aura lieu en Australie en 2027 et promet d’être un événement spectaculaire et passionnant.
Palmarès détaillé:
- 1987: Nouvelle-Zélande bat France (29-9)
- 1991: Australie bat Angleterre (12-6)
- 1995: Afrique du Sud bat Nouvelle-Zélande (15-12)
- 1999: Australie bat France (35-12)
- 2003: Angleterre bat Australie (20-17)
- 2007: Afrique du Sud bat Angleterre (15-6)
- 2011: Nouvelle-Zélande bat France (8-7)
- 2015: Nouvelle-Zélande bat Australie (34-17)
- 2019: Afrique du Sud bat Angleterre (32-12)
- 2023: Afrique du Sud bat Nouvelle-Zélande (12-11)