Rugby à Saint-Affrique : Une Histoire Riche et une Rivalité Ravivée

Depuis le stade municipal de La Primaube, l'Aveyron de l'ovalie vibre au rythme d'une rivalité sportive qui renaît de ses cendres. Il ne s'agit pas de celle entre Rodez et Decazeville, mais bien d'un affrontement entre Saint-Affrique et LSA XV. Ce match, plus qu'une simple rencontre sportive, est une occasion d'écrire une nouvelle page de l'histoire rugbystique locale, ravivant une compétition interclubs ancrée dans le territoire.

Une Rivalité Ancienne Remise au Goût du Jour

Pour la totalité des joueurs qui fouleront le terrain, il s’agira d’une première. Aucun des 44 acteurs prévus n’a participé aux derniers derbies officiels lors des 2012-2013 et 2009-2010, déjà en Féd. 3. Ces rencontres, souvent âprement disputées, avaient vu les deux équipes se partager les victoires, avec Saint-Affrique remportant les matches aller à domicile et LSA s’imposant au retour. Mais même pour les plus anciens des clubs, les souvenirs demeurent relativement flous. Mathieu Jourdas, l’un des actuels entraîneurs du LSA XV, avoue ne pas se souvenir de ces matches. En revanche, le manager Cyril Cransac, qui a vécu les deux campagnes, se remémore "de gros combats d’avants et des matches corrects mais âprement disputés". Il se rappelle également de matches amicaux plus récents, il y a trois ou quatre ans, qui ont maintenu cette tradition. Côté Saint-Affricain, le buteur Henri Castan a déjà connu des derbies mais sous les couleurs de Millau.

Le Sacre de 2017 : Un Moment Fort dans l'Histoire du Club

L’équipe fanion a eu beau tirer le diable par la queue tout au long de la saison et flirter avec la relégation, il n’empêche que cette saison 2017 restera à jamais un moment fort dans l’histoire du club. Après cent sept ans d’existence sportive, Saint-Affrique savourait (enfin) un titre de champion de France. Ce sacre est une belle histoire d’Ovalie, acquis par un groupe hétérogène, un mélange de vieux briscards des stades et une phalange de jeunes issue de l’école de rugby.

« Tous les joueurs champions de France ont été formés au club. C’est une fierté bien légitime », déclare, David Delamare, le manager. Et pourtant qui aurait misé le moindre euro sur la formation du Sud-Aveyron au tout début de l’épreuve puisqu’elle est partie avec le numéro 3 midi-pyrénéen. « En championnat régional, nous avons échoué en demi-finale face à la Salvetat-Saint-Gilles (défaite 18-24, N.D.L.R.). Je ne vous cache pas que ce fut une grosse déception, car nous avions pour objectif d’être champions des Pyrénées. Il y avait au sein du groupe un fort sentiment d’inachevé et de frustration. Le championnat de France a été une occasion de rebondir, de relancer la saison. Après, le premier tour éliminatoire et la large victoire face à Draguignan, nous sentions que l’équipe était particulièrement motivée. Pour arriver à ce final en apothéose, ce n’est pas une équipe, mais une véritable famille qui est allée chercher le Bouclier le 11 juin 2017 à Moissac. Quant au prochain exercice, les Saint-Affricains ont une idée derrière la tête.

Le Sport à Saint-Affrique : Une Affaire Collective

A l'image de la culture, le sport n'est pas une mince « affaire » à Saint-Affrique. Qu'on ait la fibre collective ou plutôt une mentalité individuelle, chacun peut trouver pointure à son pied et exercer l'activité qui lui convient. Peu de villes en France de la taille de Saint-Affrique peuvent ainsi se féliciter de la variété des activités sportives proposées. Des sports classiques (rugby, football, basket, judo ou tennis), mais aussi des sports à la renommée croissante comme le tir, le badminton ou encore le tae kwon do. C'est le cas de l'athlétisme où un nouveau club a pu voir le jour l'an passé. Grâce à la volonté de dirigeants épatants, l'Athlétic-Club saint-affricain (ACSA) a commencé sa lente marche à la reconnaissance. Déjà les jeunes du club montrent-ils l'exemple en s'illustrant lors de compétitions départementales ou régionales. Au difficile jeu du classement général sportif de la ville, tous critères confondus, on décernera tout de même la palme au « Saint-Affrique Natation ». Malgré des infrastructures indignes de son rang, le club cher à Guy Jeanjean et Yves Lopez est, de loin, celui qui tient le haut du pavé. Présence en Nationale, participations en Coupe d'Europe et Coupe du Monde de son é-nor-me nageur Stéphane Gomez, grosses performances d'Emilie Gral à son niveau, et une pépinière de jeunes poussant fort à la porte: le SAN assure à 100 % au niveau sportif! Reste le « Stade », plus vieux club de Saint-Affrique (81 ans). Le football n'a pas accompli beaucoup d'exploits ces derniers temps, si l'on excepte cette saison la montée en Honneur Ligue de l'équipe des moins de 15 ans (plus haut niveau régional, jamais atteint par le club). Les dirigeants du « Stade » travaillent à une lente restructuration du club.

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Infrastructures et Politique Sportive à Saint-Affrique

Depuis la construction du gymnase des 12 Etoiles au début des années 90, aucune infrastructure majeure n'a été créée sur la ville. L'état des lieux est très douloureux concernant la piscine, sujet récurrent à Saint-Affrique. Pour les autres structures, hormis la construction de la tribune du stade municipal, rien n'a vraiment bougé. Il y a ensuite un problème d'utilisation des stades, les écoles de football et de rugby ayant davantage besoin de terrains d'entrainement. Par ailleurs, la mairie s'active pour savoir comment elle pourrait maitriser le foncier afin de mettre rapidement en place un nouveau stade. Au niveau du Service des Sports, il n'y a pour l'instant que deux intervenant sur l'ensemble des activités physiques proposées dans les écoles. « Il faut réfléchir et mettre en place des moyens plus adaptés aux besoins », reconnaissent les élus. Quant au Comité des Sports, cher à la nouvelle municipalité, celui-ci est entrain de redémarrer pour retrouver bientôt son rôle consultatif auprès des élus. Créé sous la municipalité Galtier, il a été laissé en sommeil durant ces six dernières années, n'ayant en rien été associé à la vie sportive de la ville. Les premiers dossiers sur lesquels il sera consulté sont évidemment le bassin nautique et l'implantation du nouveau stade. Le Comité sera aussi largement associé à la mise en place de la politique sportive dans les écoles dans le cadre du « contrat éducation temps libre ».

« Un travail en parfaite synergie avec tous les acteurs de la vie sportive de la ville est la clé de la réussite et de la redynamisation du sport à Saint-Affrique, indiquent Jean-Luc Malet et Jean Bonal, adjoints aux affaires sportives. « Même si en dernier lieu c'est à la seule municipalité qu'il revient de prendre les décisions, il est important que chacun apporte sa pierre à l'édifice en s'appropriant les différentes actions mises en oeuvre, pour rendre encore plus actifs les différents clubs de la ville.

Côté municipalité, celle-ci souhaite mettre en place des structures s'articulant autour de gros événements ponctuels, comme par exemple le Challenge Vaquerin en rugby (mi- août) ou le Grand Prix de Pétanque de la Pentecôte. « Nous entendons mener à la fois une véritable politique sportive, culturelle et économique intégrant le plus de monde possible à ces organisations », indique Jean Bonal, adjoint aux sports. Des organisations populaires qui pourraient aussi faire revenir au pays de grands champions ayant des attaches affectives à Saint-Affrique.

Histoire du Rugby à Saint-Affrique

Créé en 1910 sous l'impulsion de M. Martin père, le « Stade Rugby Saint-Affricain » prit fin avec la guerre 14-18. Rien ne confirme la reprise à l'Armistice. On relève cependant la participation du joueur Durand en 1929 à Bordeaux lors d'un match de « XIII » France-Galles. Une nouvelle fois, la guerre mettra fin au bel élan. En 1946, M. Debord reprit la présidence, même si le manque de finances entraina la cessation du club huit années plus tard. Il faudra attendre 1971 et la fondation du Rugby-Club Saint- Affricain (actuel RCSA) pour qu'une équipe composée de MM. Martin, Beheregaray, Delgado, Barthes, Roustan et Galinier mette la main à la poche, versant la somme de 100 F chacun afin d'alimenter la caisse! Grâce à d'excellents entraineurs, l'équipe première gravira vite les échelons. Un renouveau se produira pourtant avec l'élection à la présidence de M. Caumes, assisté de cinq vice- présidents: MM. Beheregaray, Delgado, Lequepeys, Senegas et Teste. Et c'est sous la présidence de M. Caumes (1981-85) qu'interviendra un grand changement au sein du RCSA. A l'issue d'un match face à Peyriac a lieu une échauffourée où les femmes entrent dans la « bataille »: les responsables décident alors de changer de comité (saison 1982-83). Cette année-là, on inaugure le stade Edmond-Devillers avec une rencontre opposant Graulhet à une sélection régionale. La saison suivante, sous la nouvelle présidence de MM. Delgado et Senegas, l'équipe première s'inclinera en finale du championnat à Négrepelisse face à Cancon (16-3). Senegas se retirant, c'est Robert Galinier qui lui succédera à la coprésidence jusqu'en 1989, date à laquelle M. Viguier prendra la succession pendant deux ans. Depuis, le RCSA a toujours évolué jusqu'à ce jour en « Honneur », avec cette dernière décennie une succession de coaches: Paliès, Colas, Bravo, Baduel, Brothier, Lopez, Vigouroux, Paliès, Caylus. Jusqu'en cette année 2000 où l'équipe fanion devait remporter pour la première fois de son histoire le titre de champion des Pyrénées.

Défis et Perspectives d'Avenir pour le Sport à Saint-Affrique

D. Je crois avoir l'âme suffisamment sportive pour donner un éclairage sur le sujet qui nous préoccupe. Au niveau des infrastructures, d'abord, je dirais que Saint-Affrique offre suffisamment d'aires de jeux et de sports pour permettre l'exercice de toutes les activités corporelles possibles de nos jours. Nous avons ici des terrains, des gymnases -dont un très beau -, une piscine et même un boulodrome couvert. Il ne manque qu'un aménagement dont auraient bien besoin nos amis de l'athlétisme. Quant aux « gens » qui « font » le sport dans la vilotte, qu'il s'agisse des sports collectifs ou individuels, les bonnes volontés ne seront pas éternelles. Les bénévoles se lassent quelque peu, devenant de plus en plus les « gentils financiers » des clubs. Ils sont souvent obligés de proposer des animations annexes à leurs activités pour pouvoir faire vivre leurs sports. D'autant que la potentialité existe, surtout chez les plus jeunes catégories. Encore faut-il des structures adéquates pour bien les accueillir, voire les réinsérer. Car le sport doit aussi s'envisager comme un vecteur d'intégration. Chaque jeune, en difficulté ou non, doit y trouver sa place. Sur le plan scolaire, les professeurs d'éducation physique manquent cruellement de moyens pour faire vivre la notion même de sport à l'école. Avant, nous avions des rencontres inter- établissements, qui permettaient de fédérer certaines sociétés sportives. Dommage qu'elles aient disparu. En tous cas, Saint-Affrique la sportive doit travailler pour conserver au pays ses champions, je pense bien sûr à Richard (Sainct) ou à Stéphane (Gomez). Peut-être cette dynamique passera-t-elle par la relance du Comité des Sports où tous ensemble nous oeuvrerons dans le même sens. L'individualisme sportif ne peut rien apporter et nous devons tous lutter pour la même cause. Recueilli par X.

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Une Décision Fédérale Contestée

C'est le nom du superbe gymnase construit sous le mandat Vigouroux-Fauconnier (1989-1995). Patrick Galtier l’annonce et Laurent Caylus déchire sa licence. Le doute ne subsistait plus guère. Patrick Galtier, le président du Rugby club saint-affricain (RCSA), en a été informé par télécopie dès mardi soir, le jour où Olivier Gargallo, joueur et coentraîneur du RCSA, s’est rendu à Marcoussis, dans l’Essonne, plaider la cause du club auprès des instances fédérales (lire nos éditions de mercredi, jeudi et vendredi). Et c’est hier, en fin d’après-midi, que le président en a fait l’annonce officielle lors d’une conférence de presse au local au club, au stade Edmond-Devillers : "Le RCSA n’est pas rétrogradé. On est classé dernier de la poule et donc on descend automatiquement en division Honneur. Et si on se qualifie à la fin de la saison prochaine, on pourra jouer le championnat de France. Ce qui ne serait pas le cas si on était rétrogradé. Le RCSA aura donc passé quatre saisons en Fédérale 3 avant de retourner "administrativement, et non sportivement" en Honneur.

"Nous avions une épée de Damoclès sur notre club depuis que nous avions eu connaissance en novembre 2012 de l’article 351 du règlement FFR, écrit Patrick Galtier dans un communiqué. Le RCSA devait avoir une équipe de juniors et une équipe de cadets. Il aurait fallu que nous ayons dans notre effectif quinze cadets ou quinze juniors." Or le club n’avait que sept cadets et neuf juniors pour la saison 2012-2013. Le 10 mars, Patrick Galtier a envoyé un long courrier de quatre pages au président de la fédération française de rugby. La décision fédérale est un coup dur pour le RCSA. "Nous sommes abasourdis par cette sanction, commentait le président. C’est une véritable gifle que les instances de la FFR viennent de nous infliger." Laurent Caylus, le manager sportif du RCSA, a du mal à encaisser la décision. Hier soir, devant la presse locale, il a déchiré sa licence fédérale : "Pour dire des vérités et ne pas mettre en péril le club.

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