Le Rugby Olympique Castelnaudary (ROC), plus qu'un simple club, est une institution dans le paysage sportif audois. Son histoire, riche et complexe, est tissée de figures emblématiques, de moments de gloire et de périodes de doute. C'est l'histoire d'une passion transmise de génération en génération, d'un attachement profond à un territoire et de la capacité à surmonter les obstacles.
Les origines : Une passion naissante
L'histoire du ROC commence avec des pionniers, des hommes passionnés qui ont posé les premières pierres de l'édifice. Parmi eux, Etienne Bergès, un pilier venu de Blagnac, surnommé le « sanglier », dont l'énergie et l'enthousiasme ont marqué les esprits, sur le terrain comme en dehors. Le docteur Duloup, médecin de Biarritz en villégiature, a joué un rôle crucial en tant que mécène et premier président, conditionnant son engagement à l'adoption des couleurs du Biarritz Olympique.
En 1974, André Reynes, futur dirigeant compétent et rigoureux, évoluait comme talonneur dans l'équipe. Son parcours professionnel, marqué par le respect des collègues, de la hiérarchie et des clients, reflète les valeurs prônées par le club.
L'ère Spanghero : Une dynastie au service du club
À partir de 1971, le nom Spanghero s'est indissociablement lié à l'histoire du ROC. Laurent, Claude, Jean-Marie, Gilbert et Guy se sont succédés à la tête du club, apportant chacun leur pierre à l'édifice. Seul Walter a échappé à cette "dynastie". Ils ont incarné le deuxième élan du club, insufflant une nouvelle dynamique et permettant au ROC de se hisser au plus haut niveau régional. Depuis dix ans, Guy Spanghero préside le club avec une passion froide, après quatre ans de vice-présidence et l'arrêt de sa carrière à 38 ans sous les couleurs chauriennes.
Guy Spanghero a réalisé son rêve en ouvrant un hôtel dédié au rugby, un Ibis Styles avec le "Twickenham Pub restaurant", où l'histoire du rugby est racontée à travers un lieu unique et atypique. L'hôtel est décoré avec des portraits dédicacés de joueurs internationaux et des objets liés au rugby, créant une atmosphère immersive pour les passionnés de ce sport.
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Les années de gloire : La cuvée 1957-58
Quarante-cinq années plus tard, les prouesses de la cuvée des juniors 1957-58 du Rugby Olympique castelnaudarien continuent d'être évoquées. Le groupe que commandait Jean-Louis Denat demeure un exemple dans la vie sportive locale. Les organisateurs de l'exposition « 100 ans de sports à Castelnaudary » ont tenu à honorer l'équipe entraînée par le regretté Etienne Bergès, en sélectionnant, parmi les centaines de documents proposés, la photo des finalistes de Bram.
À cette époque, les joueurs mettaient la main au gousset pour s'offrir les souliers à crampons et autres équipements, se payer les rares repas d'après-match, se cotiser pour faire partager à l'entraîneur les joies conviviales de la troisième mi-temps. L'ensemble mis au point réussissait un parcours extraordinaire en Languedoc. Les juniors du ROC se payaient un à un tous les gros bras de la compétition. Victorieux du RC Narbonne en quarts, de l'AS Béziers en demi-finales, les juniors du ROC se retrouvaient donc en finale contre Carcassonne sur le terrain de Bram. Les Chauriens avaient battu auparavant deux fois en poule leurs adversaires. A l'ultime minute du match, le tableau restait donc à 3 à 3. Après beaucoup de palabres le titre revenait aux Chauriens, au bénéfice de l'âge, d'une vingtaine d'unités. Les jours du capitaine, Jean-Louis Denat, 16 ans et demi, le plus jeune acteur de cette finale avait pesé double.
Les défis actuels : Maintenir le cap
Les temps sont durs pour le ROC, confronté à des difficultés financières et à la concurrence accrue des clubs voisins. En 2005, le club accède à la Fédérale 2, mais redescend quelques années plus tard. Le budget du club (230.000 Euros) était un des plus faibles de la division. Les diverses inflations du haut niveau ont un impact sur les clubs de Fédérale. Le Top 14 utilise de plus en plus de joueurs étrangers ; chez les espoirs, à 23 ans, c'est fini, donc les clubs récupèrent en fédérales des gars qui ont des prétentions salariales exorbitantes.
Malgré ces difficultés, le ROC garde le cap, porté par la passion de ses dirigeants, de ses joueurs et de ses supporters. Le club mise sur la formation des jeunes et sur le développement de son ancrage local pour assurer son avenir.
RugbItalia : Un hommage aux racines italiennes
Le ROC est également marqué par l'histoire de l'immigration italienne dans le Lauragais. De nombreux joueurs du club sont d'origine italienne, descendants de familles venues s'installer dans la région dans les années d'entre-deux-guerres. Ces joueurs ont contribué à la richesse et à la diversité du club, apportant avec eux leur culture et leur passion pour le rugby.
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En octobre 2023, la première édition de RugbItalia s'est déroulée à Vic-Fezensac, dans le Gers, à l'initiative d'Italo Scaravetti, de l'association Fogolar Furlan de Vuascogne. La journée RugbItalia-2 RugbISSIMO a commencé par des conférences au siège de la communauté de communes Castelnaudary Lauragais Audois (CCCLA), avec la participation de Philippe Sella, ancien trois-quarts centre du XV de France, de Nicolas Violle, maître de conférences en études italiennes à l’Université Clermont Auvergne, du journaliste Jean-Pierre Oyarsabal ("La Dépêche du Midi") et de Philippe Spanghero, ancien joueur, patron depuis 2008 du Team One Group (marketing sportif). Les participants ont ensuite déjeuné à l’Hôtel Ibis Style tenu par Guy Spanghero et son restaurant le Twickenham Pub.
"Nous sommes tous de souche italienne", précisent Pierre Canapa, président de La Lambretta Francese, et Henri Cuberli, ancien joueur du RO Castelnaudary, adhérent de l’association. Vingt-trois millions d’Italiens ont émigré dans le monde entier entre 1860 et 1960, soit un tiers de la population du pays en 100 ans. En France, 80 000 entre 1924 et 1926, rien que pour le sud-ouest. "Ils venaient du Frioul et de Vénétie par bus complets, on embauchait des familles entières car on avait besoin de main-d’œuvre dans ces campagnes rendues désertiques par la guerre de 14-18", explique Pierre Canapa.
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