L'expulsion de Romain Ntamack lors du match France-Galles du Tournoi des Six Nations 2025 a suscité de nombreuses interrogations et controverses. Cet article se penche sur les raisons de ce carton rouge, les sanctions imposées, et les implications pour le joueur et l'équipe de France.
Le Fait de Jeu : Plaquage Dangereux sur Ben Thomas
Le vendredi 31 janvier, lors du match d'ouverture du Tournoi des Six Nations 2025 au Stade de France, Romain Ntamack a écopé d'un carton rouge à la 71e minute. L'ouvreur des Bleus a percuté le Gallois Ben Thomas au visage avec l'épaule, en retard sur son vis-à-vis. L'arbitre néo-zélandais Paul Williams avait initialement sanctionné Ntamack d'un carton jaune pour « acte de jeu déloyal contraire à la règle 9.13 » de World Rugby, qui stipule qu'« Un joueur ne doit pas effectuer un plaquage anticipé, à retardement ou d’une manière dangereuse. » Après visionnage des images vidéo, la sanction a été transformée en carton rouge pour « mise en danger caractérisée ».
Conséquences et Suspension
Suite à son expulsion, Romain Ntamack a été auditionné par une commission de discipline indépendante du Tournoi des Six Nations. La commission a initialement estimé que le plaquage était passible de six semaines de suspension. Cependant, compte tenu du casier disciplinaire vierge de Ntamack et des remords exprimés, la suspension a été réduite à trois semaines. De plus, Ntamack a été autorisé à participer au Head Contact Process, un atelier de plaquage mis en place par World Rugby, ce qui lui a permis de réduire sa suspension d'une semaine supplémentaire.
Au final, Romain Ntamack a été suspendu trois semaines, ce qui l'a privé du match contre l'Angleterre à Twickenham et potentiellement d'un match de Top 14 avec Toulouse. Initialement espéré pour le match contre l'Italie, il a finalement fait son retour lors du choc face à l'Irlande.
Réactions et Soutien
Malgré la gravité de la faute, Romain Ntamack a reçu le soutien de ses coéquipiers et de son entraîneur. Antoine Dupont a souligné que ce geste ne ressemblait pas à Ntamack et qu'il lui coûtait cher. Fabien Galthié a observé que son joueur avait été surpris par un changement de direction de Ben Thomas et qu'il ne s'était pas engagé dans la collision.
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Ntamack lui-même a exprimé ses regrets sur Instagram, présentant ses excuses pour ce geste dangereux, bien que non intentionnel. Il a affirmé qu'il avait à cœur de montrer le bon exemple et qu'il tirerait les enseignements de cette expérience.
La Controverse autour de la Suspension
La suspension de Romain Ntamack a suscité une controverse en raison de son application et de la comparaison avec le cas de Garry Ringrose, un joueur irlandais également sanctionné pour un plaquage dangereux face au Pays de Galles.
Ringrose a également écopé d'une suspension de trois matchs, réduite à deux après avoir suivi le Head Contact Process. Cependant, contrairement à Ntamack, Ringrose a été autorisé à purger un de ses matchs de suspension avec son club, le Leinster, ce qui lui a permis de revenir plus tôt pour le Tournoi des Six Nations.
Cette différence de traitement a soulevé des questions sur l'équité et l'uniformité des décisions disciplinaires. La Fédération française de rugby a même annoncé qu'elle saisirait les instances du rugby internationale pour s'interroger sur les disparités entre les deux décisions.
Le Statut de Joueur Premium et la Dissociation des Compétitions
Une des raisons avancées pour expliquer la différence de traitement entre Ntamack et Ringrose est le statut de joueur premium de Ntamack. La commission de discipline a estimé que Ntamack, en tant que joueur premium de l'équipe de France, n'aurait pas été remis à la disposition de son club pour jouer en Top 14 pendant le Tournoi des Six Nations.
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Cependant, cette justification a été contestée par des experts juridiques, qui ont souligné que le règlement de World Rugby ne fait pas de distinction entre les compétitions et que tous les matchs sont égaux. De plus, il a été souligné que Ntamack s'était entraîné avec son club, le Stade Toulousain, pendant sa suspension, ce qui suggérait qu'il était bien à disposition pour jouer en Top 14.
Le cas de Paul Willemse, un autre joueur français suspendu lors du Tournoi des Six Nations 2024, a également été cité comme un exemple de l'application incohérente des règles de suspension. Willemse avait vu les rencontres du championnat domestique entrer dans le décompte de sa suspension, contrairement au cas de Ntamack.
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