Le Rugby à 7 : Une Histoire de Triomphe et d'Évolution

Le rugby à 7, discipline spectaculaire et dynamique, a connu une évolution fulgurante, culminant avec son intégration aux Jeux Olympiques en 2016. Cet article retrace l'histoire de cette forme de rugby, en mettant en lumière ses moments clés, ses figures emblématiques et son avenir incertain.

Des Origines Modestes à la Reconnaissance Internationale

Né en 1993 pour les hommes et en 2009 pour les femmes, la Coupe du Monde de rugby à 7 a disparu. La dernière édition de la compétition s’est déroulée en 2022, et avait vu la victoire des Fidji contre la Nouvelle-Zélande dans le tournoi masculin, et de l’Australie contre la Nouvelle-Zélande dans le tournoi féminin.

Le rugby à 7 a déjà deux compétitions d’envergure, les Jeux Olympiques tous les quatre ans, et le Circuit mondial (World Sevens) tous les ans, et World Rugby a décidé de sacrifier la Coupe du Monde, qui se déroulait, en général, tous les quatre ans. La Fédération internationale souhaite que le champion du monde soit désigné chaque année au terme de la finale du Circuit mondial.

L'Ascension Olympique

L'intégration du rugby à 7 aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 a marqué un tournant décisif pour la discipline. Cette reconnaissance olympique a permis d'attirer un nouveau public, plus jeune et plus féminin, contribuant à élargir l'audience et le nombre de pratiquants du rugby à 7 à travers le monde. Depuis l’intégration du 7 au programme olympique en octobre 2009, la proportion des femmes dans le nombre total de joueurs est passée de 10 % à 30% dans le monde selon World Rugby.

Les Jeux Olympiques sont devenus une vitrine mondiale pour le rugby à 7, offrant une plateforme de visibilité inégalée et stimulant le développement de la discipline à tous les niveaux.

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Les Fidji : Maîtres Incontestés

Les Fidji se sont imposés comme la nation dominante du rugby à 7, remportant notamment les deux premières médailles d'or olympiques de l'histoire de la discipline en 2016 et 2020. Leur jeu spectaculaire, basé sur la vitesse, l'agilité et la créativité, a captivé les spectateurs du monde entier. Les Fidjiens, meilleurs joueurs du monde depuis deux ans, ont l’occasion d’offrir à leur pays la première médaille olympique de son histoire.

La Nouvelle-Zélande et les Fidji resteront, avec trois victoires, les deux équipes les plus titrées lors de la Coupe du Monde masculine, alors que l’Australie, avec trois trophées également, domine chez les femmes.

La France : Une Émergence Triomphale

L'équipe de France a connu une progression constante ces dernières années, culminant avec son sacre olympique aux Jeux de Paris en 2024. Portés par des joueurs talentueux et un collectif soudé, les Bleus ont réalisé un parcours exceptionnel, dominant notamment les Fidji en finale.

Antoine Dupont : L'Icône

Au cœur de ce succès, une figure emblématique : Antoine Dupont. Déjà monstrueux à XV, le demi de mêlée de Toulouse a réussi son pari fou de devenir champion olympique à Paris. Seulement sept minutes de jeu, suffisant pour inscrire deux essais et délivrer une passe décisive après une course rageuse de 40 mètres.

Antoine Dupont, entré à la mi-temps de la finale des JO contre les Fidji, a fait chavirer le Stade de France. «C'est fou ! C'est dur de trouver des mots quand on a la chance de vivre des émotions comme celles-là, confiait-il à chaud dans les coursives du Stade de France. Déjà de pouvoir porter cette médaille mythique autour du cou et en plus de le faire ici, au Stade de France, devant notre public, qui a été incroyable pendant trois jours… Après un début de match tendu, et un essai fidjien encaissé rapidement, l’équipe de France n’a pas baissé les bras. Ne s’est pas affolée. «On savait que physiquement, nous serions mieux qu'eux en fin de match, avance le demi de mêlée et capitaine du XV de France. Nous avons vraiment travaillé dur. Nous avons aussi des principes de jeu aussi très solides qui étaient efficaces si on les respectait. Déjà incontournable dans le monde du rugby à XV, celui qui avait été élu meilleur du monde en 2021 a réussi son incroyable pari de devenir champion olympique sur ses terres. En mondovision. À l’instar des plus grands sportifs de la planète. Le Toulousain conclut cette longue année, qui avait commencé par la préparation de la Coupe du monde 2023 en France, avec un palmarès hors normes : champion d’Europe et de France avec Toulouse, champion du monde et olympique avec France 7. «C'est exceptionnel bien sûr, mais on a toujours du mal à se rendre compte des choses quand on est à l'intérieur, confie-t-il humblement, égal à lui-même. Il faut arriver à savourer. Pour le moment, on vit vraiment l'instant présent.

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Grâce à la bonne entente entre le Stade Toulousain et la Fédération française de rugby, le Gersois a pu se consacrer pleinement à son projet olympique. Il a fait les navettes entre les Rouge et Noir et les Bleus du 7. Il a eu des plages de repos spécialement aménagées, ce qui fait que, de son propre aveu, il a eu un temps de jeu moins important que les saisons précédentes. Il a pu s’intégrer facilement dans le groupe septiste. «Antoine est quelqu'un de très humble alors qu'il pourrait avoir la grosse tête du fait de son statut, raconte son coéquipier Jean-Pascal Barraque. C'est une personne très posée, sûre d'elle. Il ne veut pas forcément se mettre en avant, il le fait grâce à ses qualités. Jérome Daret, son sélectionneur qui va quitter son poste sur un titre olympique, revient sur son adaptation réussie. «Il est arrivé avec beaucoup d’humilité, pour se challenger aussi. Il a envoyé un signal puissant à cette équipe : "Je veux venir avec vous pour être champion olympique." Quand le meilleur joueur du monde vous dit ça, ça transcende, raconte-t-il. Il est arrivé sur la pointe des pieds mais aussi avec quelques peurs, il ne savait pas ce que ça allait donner. Et de revenir sur son choix tactique de l’utiliser comme un «impact player» : «Il fallait faire entrer Antoine tranquillement dans la compétition. Le rugby à 7, ça ne s’improvise pas. Il faut y aller à dose homéopathique. Quand on est sur le banc, on apprend tout autant, c’est important d’être dans l’observation et l’écoute actives. Il faut se nourrir des compétences d’autres joueurs. Et il a tout de suite répondu favorablement. Il y a aussi une part de stratégie, où il faut cacher son jeu et sortir les bons coups au bon moment. Là j’avais décidé de le coacher à la mi-temps, même s’il y avait un risque si un autre joueur se blessait.

Le rugby français a lancé la délégation française en glanant cette première médaille d’or. «On avait envie de lancer les Jeux olympiques de la meilleure des manières. Ç'a été bien fait déjà avec la cérémonie d'ouverture (vendredi) et on savait aujourd'hui qu'on avait un rôle à jouer là-dedans. Ça nous a portés», savoure Antoine Dupont. Tout en racontant son passage par le village olympique : «On s'est rendu compte qu'on représentait le rugby, mais aussi globalement tout le sport français. Place désormais à la fête et, surtout aux vacances. Amplement méritées. «Je vais me reposer car j'en ai besoin physiquement et mentalement, avance-t-il. Je m'étais fixé beaucoup d'objectifs pour cette année, qui se sont tous réalisés. J'ai été très chanceux que les choses se passent comme ça. Maintenant, je vais pouvoir profiter et me reposer un peu au soleil.» Avant de repartir sur d’autres challenges.

Dupont a marqué les esprits par son talent exceptionnel, sa vision du jeu et son leadership, contribuant de manière significative au succès de l'équipe de France. Son sacre olympique a été salué comme une consécration personnelle et une source d'inspiration pour toute une génération de joueurs.

Jérôme Daret : L'Architecte du Succès

Jérôme Daret, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de rugby à 7 masculine, a été désigné meilleur entraîneur de l'année lors des World Rugby Awards, dimanche à Monaco. Architecte de la médaille d'or olympique des Bleus à Paris, il a été sélectionneur du VII de 2017 aux Jeux de Paris. Après avoir échoué à qualifier son équipe pour les JO de Tokyo, il a réussi son pari en apportant au rugby tricolore le premier sacre de son histoire aux JO, à Paris.

Ancien joueur et entraîneur de l'US Dax, le technicien de 49 ans a depuis pris un peu de recul. Il est désormais manager général des équipes de France à VII tandis que Benoit Baby est devenu l'entraîneur des Bleus. Outre le titre olympique, l'équipe de France masculine a aussi remporté le circuit mondial en gagnant le tournoi de Madrid et avait avant cela remporté celui de Los Angeles, une première victoire depuis près de 20 ans.

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Un Titre de Champion du Monde

Victorieuse de l’Argentine (19-5) en finale ce dimanche 2 juin à Madrid, l’équipe de France de rugby à VII a remporté le dernier tournoi des World Séries et le titre officieux de championne du monde.

En finale, les Bleus ont eu beaucoup plus de maîtrise. Plus de ballons en main, et des combinaisons de jeu offensif tellement bien menées. C’est comme cela que Jean-Pascal Barraque a failli ouvrir le score. Mais il a titillé la ligne de touche (4e). L’Argentine a certes ouvert le score (6e). Mais le reste n’était que bleu. Stephen Parez Edo Martin a répondu en jouant parfaitement un turnover (8e). Jefferson Joseph a mystifié ensuite ses adversaires sur l’aile (10e). Avant qu’Antoine Dupont n’entre et apporte encore plus de maîtrise offensive et défensive. Jean-Pascal Barraque aime rappeler que la présence du Toulousain "le rassure en défense". Et cela s’est vérifié car la France n’a plus encaissé de points. Sur le plan offensif, sa présence a encore été décisive.

La France voulait renouer avec la victoire en début de saison. Elle l’a fait. La France voulait être favorite pour ses JO à la maison. Elle le sera. Jérôme Daret qui aime parler de "case à cocher", en a validé une ribambelle ce week-end à Madrid. Tout n’a pas été parfait. La journée du samedi avec une victoire dans la douleur contre la Grande-Bretagne et une défaite, donc contre les Pumas reste un point noir. Mais les Bleus sont montés en puissance. Et ils devront s’appuyer sur cette programmation pour continuer à faire tomber les nations du Sevens dans moins de deux mois. Leur défense, elle, a globalement tenu le coup. Efficaces dans leur montée, les Français se sont même offerts de luxe de récupérer un ballon sur contre-ruck face aux Argentins alors qu’ils n’en avaient gagné aucun jusqu’alors. Sur le plan offensif, le pragmatisme bleu est revenu ce dimanche. Antoine Dupont estime que la France pourrait "être encore plus efficace". C’est vrai. Mais avec une telle défense, les assauts peuvent revenir inlassablement. Mais, après l’avoir fait une fois, il faut le rééditer. Et c’est cela le plus dur.

Vers un Avenir Incertain

Selon les informations de l’Agence de presse espagnole EFE, la Coupe du Monde de rugby à 7, dont la dernière édition s’est déroulée en Cap, devrait disparaitre. Née en 1993 pour les hommes et en 2009 pour les femmes, la Coupe du Monde de rugby à 7 va disparaitre. C’est en tout cas ce que révèle l’agence espagnole EFE, qui cite des sources provenant de World Rugby, qui officialisera prochainement la nouvelle.

Supprimer la Coupe du Monde permettra à World Rugby de faire des économies, et donnera aux Jeux Olympiques, qui ont intégré le rugby à 7 à leur programme en 2016, une importance encore plus grande.

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