Le water-polo, bien que moins médiatisé que d'autres sports collectifs, entretient une relation privilégiée avec les Jeux Olympiques. En effet, il a été le premier sport collectif à intégrer le programme officiel des Jeux Olympiques, lors des Jeux de Paris en 1900, en même temps que le rugby à XV. Cependant, cette reconnaissance initiale ne concernait que la compétition masculine, la première médaille d'or féminine n'ayant été décernée que 100 ans plus tard, aux JO de Sydney en 2000.
Les débuts du water-polo : une invention britannique
Le water-polo a vu le jour à la fin du 19ème siècle au Royaume-Uni. Né dans les années 1860 au Royaume-Uni, le water-polo a connu deux évolutions distinctes, une Européenne et une Américaine. La première étant moins violente que sa version étasunienne, elle s’est imposée comme la formule universelle. Il faut ensuite attendre 1869 pour constater les prémices du sport que l'on connaît aujourd'hui.
Des thermes antiques aux clubs de natation
Depuis la Rome antique, une variante du water-polo était jouée dans les thermes. Pendant l’Antiquité, les piscines des thermes étaient utilisées pour jouer.
Ensuite, c’est en 1869 que les athlètes du club britannique de natation de Bournemouth ont commencé à jouer un sport dont les règles ressemblent beaucoup au water-polo actuel. Les premières règles sont établies en 1870 par un comité de la Metropolitan Swimming Association afin de codifier le "Football in the water". En 1870, le club de natation de Londres établit les premières règles. C'est à Glasgow en 1877 que le premier règlement est créé par William Wilson, président de l'Association Swimming Club of Scotland. Les règles sont publiées en 1876.
Premiers matchs et expansion internationale
Le 20 Juillet 1890, le premier match international a lieu entre les pères fondateurs du Water-polo, l'Angleterre et l'Ecosse. Après avoir été codifié en Angleterre, le water-polo connaît sa première rencontre internationale entre Anglais et Écossais, comme un symbole de ses origines britanniques.
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La première apparition en France date de 1895 au Nouveau Cirque de Paris et c'est dans le nord du pays que le Water-polo s'implante fortement sous l'influence de la Belgique entre 1896 et 1897. En France, les compétitions pour les femmes ont lieu principalement à Tourcoing et à Paris, où le premier championnat a été créé en 1924.
Dès 1900, le water-polo pour hommes était un sport olympique et en 1911, il est repris par la FINA. Jusqu’aux années 1920, les Britanniques ont dominé les classements. Ensuite, les créateurs britanniques sont confrontés à des créateurs de France, de Belgique, de Suède, de Hongrie et d’Allemagne.
Le water-polo aux Jeux Olympiques : une longue histoire
Clin d’œil à l’histoire, c’est dans la capitale que ce sport collectif a fait son entrée au programme olympique lors des Jeux de 1900. Lors des éditions de 1900 et 1904, la compétition se déroulait encore entre clubs et non entre les Nations. Ainsi, la première médaille d’or de l’histoire a été gagnée par l’Osborne Swimming Club, et non pas par la Grande-Bretagne. Quatre ans plus tard, ce sont même 3 clubs américains qui ont raflé les 3 médailles, ce qui ne fait pas beaucoup de sens aujourd’hui d’un point de vue olympique.
Il faut donc attendre 1908 pour voir le titre d’une Nation, et c’est encore la Grande-Bretagne qui s’impose, tout comme lors des 2 éditions suivantes. Les Jeux de 1924 à Paris marqueront le seul titre de l’équipe de France dans l’histoire de la compétition, l’équipe ayant battu la Belgique 3 à 0 en finale, à domicile qui plus est.
Domination hongroise et évolution du tournoi féminin
S’il est une équipe qui a dominé le monde du water-polo, c’est bien sûr la Hongrie. Aux Jeux Olympiques, c’est la Hongrie qui détient le plus beau palmarès. Ce pays a quinze (15) médailles dont neuf (9) médailles d’or. Un exploit incroyable dont même l’équipe américaine de basket-ball ne peut se targuer, ayant raté une médaille lors des Jeux de 1980. Le niveau. Quarante ans de domination avec douze podiums en douze JO entre 1928 et 1980. Et, après vingt ans de trou, un triplé en 2000, 2004, 2008.
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Après leur disparition dans les années 1980 et l’émergence des joueurs de l’Italie, on ne pensait jamais revoir la Hongrie à la fête.
Le water-polo sera ouvert officiellement aux femmes bien plus tard, dans les années 1980. Où un championnat leur sera spécialement dédié. Elles devront tout de même attendre 2000 pour pratiquer le water-polo aux Jeux Olympiques. Seulement présent depuis le XXI siècle, le tournoi féminin a connu 4 vainqueurs différents, d’abord l’Australie, l’Italie et les Pays-Bas, avant l’hégémonie américaine en 2012, 2016 et 2021.
Préparations pour les JO de Paris 2024
Les épreuves de water-polo des Jeux Olympiques débuteront le samedi 27 juillet 2024 au Centre Aquatique en Seine-Saint-Denis. Cette année, les poloïstes du monde entier s’affronteront au Centre aquatique olympique de Saint-Denis pour les phases de poules et à la Paris La Défense Arena pour les phases finales. JO PARIS 2024 - La finale de ce sport britannique aura lieu à la Défense Arena, à Nanterre.
Cet été la France sera emmenée par Thomas Vernoux le «Mbappé du water-polo », après sa demi-finale historique aux mondiaux de 2024 au Qatar. Dans un rôle d’outsider, les Bleus se retrouvent dans leur meilleure posture depuis 100 ans, et une victoire aux Jeux Olympiques 1924 …
Les règles du jeu : un mélange de natation, handball et rugby
Le water-polo est un sport aquatique joué avec un ballon par deux (2) équipes de sept (7) joueurs. Le but du match est de chercher à marquer des buts en propulsant le ballon vers le but de l’équipe adverse. Le but du jeu est de remporter la rencontre en marquant plus de buts que l’équipe adverse. Les joueurs doivent donc faire rentrer le ballon dans le but adverse afin de marquer un (1) but.
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À 7 contre 7 dans une piscine de 30x20m pour les hommes et 25x20 mètres pour les femmes, les poloïstes s’affrontent durant 4 périodes de 8 minutes. Les joueurs de champs n’ont le droit de toucher la balle qu’avec une main, et doivent tenter de marquer pendant des phases de possession de 30 secondes maximum, au water-polo, tous les coups sont permis sur le porteur du ballon.
Composition d'une équipe et rôles des joueurs
Une équipe de water-polo est composée de 13 joueurs, dont six remplaçants. Dans l'eau, il y a toujours sept poloïstes : un gardien et six joueurs de champ.
Les joueurs portent un (1) bonnet floqué d’un numéro allant de un (1) à treize (13). L’équipe évoluant à domicile porte des bonnets blancs. Le gardien a toujours le numéro un (1) sur son bonnet rouge. Si il y a un gardien remplaçant il aura toujours le numéro treize (13). Un joueur de l’équipe, aussi appelé la pointe, aura l’autorisation de se positionner à deux (2) mètres de la cage adverse afin de recevoir la balle et tirer. Les six (6) joueurs de champ sont généralement positionnés en demi-cercle autour du but adverse.
Les joueurs de champ s'organisent en demi-cercle autour du but adverse, avec un poloïste au centre, appelé pointe (comme le pivot au handball). C’est un poste particulier, puisque le joueur tourne le dos à la cage opposée. Il a pour rôle de récupérer les passes rapidement afin de buter. La mission est si exigeante sur le plan physique qu'une pointe joue rarement plus de 10 ou 12 minutes par match (contre une trentaine pour les joueurs les plus utilisés). Le gardien, comme au football, empêche l'adversaire de marquer.
À l'exception du gardien de but, tous les joueurs participent à la défense et à l'attaque dans le jeu. Les joueurs dépensent donc énormément d’énergie au cours d’un match. Pendant l’action de jeu ou lors d’une pause, un joueur peut sortir et être remplacé par un coéquipier. Récemment apparue au water-polo, la flying zone élargit la zone de remplacement des joueurs.
Pour éviter les blessures au tympan, qui pourraient être causées par un choc avec le ballon (qui peut aller jusqu'à 100 km/h) ou avec l'adversaire, les joueurs portent un bonnet spécial. C'est la hantise de tous les entraîneurs et le sélectionneur des Bleus, Florian Bruzzo, ne démarre pas un entraînement tant que tout le monde n'a pas son bonnet.
Les différents postes :
- L’ailier : au nombre de deux, ils occupent les côtés du terrain et sont missionnés de tâches offensives comme défensives.
- L’arrière : Placés au milieu, ils ont tout comme les ailiers des responsabilités défensives, mais peuvent se retrouver dans des positions de «shoot» très ouvertes.
- Le gardien de but : le gardien est comme son nom l’indique celui qui garde le but, mais au water-polo, il arrive qu’il se joigne aux phases offensives.
- La pointe : Au bout du dispositif se trouve la pointe, chargée de marquer et qui se bagarre sans trop de visibilité pour essayer de trouver la faille.
Dimensions du bassin et lignes importantes
Le bassin mesure 30 mètres par 20 pour les matchs masculins et 25 mètres par 20 pour les matchs féminins. Un bassin de water-polo doit mesurer entre 20 et 30 mètres de longueur et 10 et 20 mètres de largeur. La profondeur de l’eau est de 1,80 mètre minimum.
Une ligne rouge, située à 2 mètres du but, indique la zone de hors-jeu. Autour de chaque but, on trouve la zone des 2 mètres. On a le droit d’y entrer que si on possède la balle. Elle est délimitée par des plots rouges situés à 2 mètres de la ligne de but et des bouées rouges à 2 mètres des poteaux. Jusque là sous forme d’une ligne aux 2 mètres, cette zone rectangulaire a fait son apparition dans le water-polo en 2019.
Deux (2) lignes rouges situées à deux (2) mètres de la ligne de but marquent les zones de hors-jeu. Deux (2) lignes jaunes situées à cinq (5) mètres de la ligne de but marquent la zone de penalty. Aucun coup franc ne peut être tiré directement dans cette zone. Enfin, les lignes blanches délimitent l’aire de jeu globale.
Durée d'un match et temps de jeu effectif
Chaque rencontre se décompose en 4 périodes de 8 minutes de jeu effectif. Les matchs se déroulent en quatre périodes de 8 minutes. Chaque rencontre dure 32 minutes avec quatre périodes de 8 minutes.
Dès qu'une équipe prend possession de la balle (interception, engagement, faute adverse, etc.), elle dispose de 30 secondes maximum pour tirer au but. Devenez un meilleur joueur défensif : blocs de fentes et hanches relevées Au moment où l’une des deux équipes prend possession de la balle (interception, engagement…), elle dispose donc de 30 secondes pour marquer un but. Si ce temps de possession arrive à son terme, une faute est sifflée et la balle est rendue à l’adversaire. En cas de sortie de balle ou de corner, le décompte de ces 30 secondes est réinitialisé à 20 secondes.
Une partie de water-polo se joue en quatre (4) périodes de huit (8) minutes séparées par des temps de repos allant de deux (2) à cinq (5) minutes. Il existe une règle, appelée « La règle des trente (30) secondes », interdisant une équipe à garder la balle plus de trente (30) secondes avant de tenter une frappe au goal. Cela veut donc dire qu’après trente (30) secondes, si l’équipe n’a pas tirée au but ou n’a pas perdu la balle, une faute sera sifflée.
Le principe du temps de jeu effectif est similaire à celui du basketball ou du hockey sur glace : l'horloge s'arrête dès que le ballon n'est plus en jeu ou lorsqu'un arrêt est signalé. Cette gestion du chronomètre permet d'optimiser le spectacle en évitant les phases sans action.
Au-delà des 4 périodes, plusieurs pauses rythment le déroulement du match. Ces pauses courtes permettent aux équipes de souffler, de changer de côté et d'ajuster leur stratégie. Chaque équipe a le droit à deux temps-morts d'une minute chacun, à utiliser à sa discrétion, sauf dans les 30 dernières secondes de jeu. Le temps-mort est aussi un outil psychologique, permettant d'inverser la tendance dans les matchs à fort enjeu.
En additionnant les pauses, les remises en jeu, les temps-morts et les éventuelles vérifications vidéo, la durée réelle d'un match dépasse largement les 32 minutes de jeu effectif.
Dans le cadre amateur ou scolaire, les matchs peuvent être plus courts, avec des périodes de 4 à 7 minutes selon les catégories d'âge.
Fautes et pénalités
L'arbitrage est complexe au water-polo, car les deux officiels sont situés au bord du bassin et ne voient que très peu ce qui se passe sous l'eau. Partant du principe que les deux arbitres se trouvent en dehors du bassin, leur visibilité sur les coups se donnant sous l’eau est fortement limitée, voir nulle. C’est pourquoi, la plupart des coups sous l’eau sont « autorisés ». De plus, le contact avec le porteur de balle est également très peu sanctionné. Cependant, le sport est encadré par un règlement strict. Globalement, il y a une grande liberté de manœuvre des défenseurs sur le porteur de balle : dès qu’il l’a entre ses mains, on peut le « charger » ou le couler. La grande liberté de manœuvre qui offre régulièrement un très beau spectacle.
Le système de fautes se divise en deux catégories : les fautes simples et les fautes graves.
- Fautes Simples : La balle doit être maniée à une seule main (sauf pour le gardien). Elle ne doit pas être sous l’eau et le joueur ne doit pas l’utiliser pour s’appuyer ou se reposer dessus. Le joueur ne peut s'appuyer sur aucune partie du bassin (buts, bords ou fond du bassin) pendant le jeu (si un gardien s'appuie sur le bord du bassin, un penalty est sifflé contre son équipe).
- Fautes Graves : Une faute commise sur un attaquant dans la zone des 5 mètres est sanctionnée par un penalty, si ce dernier est en position de marquer. Il est alors tiré sur la ligne des 5 mètres. Nager sur le dos de son adversaire ou le frapper entraîne une faute grave assortie d'une exclusion de 20 secondes. Le joueur va alors « en prison ». À la troisième faute grave, le joueur est exclu définitivement et remplacé (Exclusion Définitive Avec remplacement - EDA). Dans le cas d'une faute encore plus grave, comme un coup volontaire, le joueur est exclu du match et ne peut être remplacé que quatre minutes après la faute.
Si vous regardez un match de water-polo, je vous invite à surveiller ces exclusions. Elles sont très stratégiques ! En fait, certaines fautes au water-polo sont sanctionnées par des exclusions. Le joueur sort alors du jeu pour une durée de 20 secondes maximum ou la durée de l’attaque en cours. Il doit alors se diriger dans la zone d’exclusion située dans le coin du terrain, proche du banc de ses coéquipiers remplaçants.
Ce qui est interdit et donc considéré comme « faute grave » : « Tenir, enfoncer ou tirer un adversaire vers l'arrière ». Mais plus le niveau s'élève, plus le niveau de tolérance augmente et sans caricaturer, les contacts sous-marins (le « jeu de position » en langage expert) s'apparentent à de la lutte gréco-romaine. Pour trancher sur ces phases, le VAR a fait son apparition aux derniers Jeux de Tokyo.
Prolongations et tirs au but
La majorité des matchs de water-polo se terminent à l'issue des quatre périodes réglementaires. Toutefois, dans certaines compétitions à élimination directe, une égalité au score à la fin du temps réglementaire nécessite un dénouement clair.
En cas d'égalité, deux périodes supplémentaires de 3 minutes chacune sont jouées, avec arrêt du chronomètre à chaque interruption.
Si l'égalité persiste après les prolongations, on assiste alors à une séance de tirs au but. Chaque équipe désigne 5 joueurs pour effectuer une série de tirs face au gardien adverse. En cas d’égalité, les deux équipes se départagent aux tirs au but.
Autres règles importantes
- Marquage de buts: La règle de base pour qu’un (1) but soit validé, c’est que la balle franchisse entièrement la ligne de but et se trouve entre les deux (2) poteaux et la transversale. Un but peut être marqué de n’importe quel endroit du terrain. Mais un gardien ne peut pas marquer un but dans la moitié de terrain adverse. De plus, lorsque la partie commence ou recommence (suite à des temps morts, périodes, …), deux joueurs au minimum doivent toucher la balle avant de marquer un but.
- Ballon de water-polo: Le ballon de water-polo est d’une circonférence comprise entre soixante-huit (68) et soixante et onze (71) centimètres pour les hommes. Mais pour les femmes, la circonférence du ballon est comprise entre soixante-cinq (65) et soixante-sept (67) centimètres. Un ballon de water-polo est comme un ballon de volley-ball. On distingue 5 différentes tailles de ballon au water-polo. De la taille 1 à la taille 5, chaque catégorie d’âge a son ballon autorisé, avec ses caractéristiques règlementaires. Et rien d’autre !
L'équipement du water-polo
Je peux citer l’indémodable peignoir de water-polo (quoique…). Et oui, traditionnellement les joueurs faisaient leur entrée dans le bassin avec un bon vieux peignoir. Personnellement, je trouve ça pas très joli ! Le sac de water-polo peut être un très bon investissement. Entre les affaires qu’on oublie de sécher entre 2 sessions, le bord du bassin trempé et sujet aux éclaboussures, un bon sac étanche et hermétique aux odeurs de moisi est très utile :-). Pour cela, beaucoup utilisent un sac de natation. Les tee-shirts de water-polo sont difficiles à trouver sur internet. Rarement jolis, toujours un peu kitsch.
Faits amusants sur le water-polo
Non, le water-polo ne se joue pas à dos de cheval ! Et enfin, non, une équipe de water-polo ne possède pas de chevaux !
Palmarès Olympique
Chez les sélections masculines c’est différent, et l’histoire a été faite de périodes. Le Royaume-Uni a remporté les trois premières épreuves faisant s’affronter des nations (1908, 1912, 1920). Ensuite est venue la suprématie des pays d’Europe de l’Est, avec les 9 sacres de la Hongrie (pays le plus titré de l’histoire de jeux) entre 1932 et 2008 sur 18 médailles d’or possibles. À noter qu’aucune sélection non européenne n’a décroché l’or.