Le Classique, confrontation emblématique entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l'Olympique de Marseille (OM), est régulièrement le théâtre de passions exacerbées, tant sur le terrain que dans les tribunes. Les chants des supporters parisiens à l'encontre de leurs rivaux marseillais sont un élément récurrent de cette rivalité, oscillant entre ferveur, insultes et polémiques. Cet article se penche sur la nature de ces chants, les incidents qu'ils provoquent, et les mesures prises pour encadrer l'expression des supporters.
Une Rivalité Historique et Passionnée
La rivalité entre le PSG et l'OM transcende le simple cadre sportif. Elle est alimentée par des facteurs historiques, géographiques et sociaux, faisant de chaque confrontation un événement à part entière. Dans ce contexte passionnel, les supporters jouent un rôle majeur, donnant de la voix pour soutenir leur équipe et déstabiliser l'adversaire. Les chants, souvent préparés et répétés, sont un moyen d'affirmer son identité et de marquer son territoire.
Nature des Chants : Entre Provocation et Insultes
Les chants entonnés par les supporters du PSG contre l'OM sont variés. Certains sont des encouragements à leur propre équipe, des hymnes à la gloire du club et de ses joueurs. D'autres, en revanche, sont ouvertement provocateurs, voire insultants, à l'égard des Marseillais.
Parmi les chants les plus fréquemment entendus, on retrouve des comparaisons peu flatteuses, des références à la ville de Marseille, et des attaques personnelles contre les joueurs adverses. Certains chants utilisent un vocabulaire injurieux, voire homophobe ou raciste, suscitant l'indignation et des sanctions.
Un exemple récent de ces dérives est le chant comparant les Marseillais à des rats, entonné par les supporters de la tribune Auteuil du Parc des Princes lors d'un match contre Lille. Ce chant, qui fait écho à une banderole niçoise du même acabit, a été largement condamné pour son caractère injurieux et potentiellement raciste. Le traditionnel «Qui ne saute pas est marseillais» a d’abord lancé les hostilités, avant que le stade reprenne en chœur le polémique chant : «dans la boue y’a des rats. Dans les égouts les rats. Ils sont partout les rats. Ce sont les Marseillais Dans la boue y’a des rats.
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Incidents et Réactions
Ces chants insultants et discriminatoires ont régulièrement des conséquences fâcheuses. Ils peuvent provoquer des tensions entre les supporters, entraîner des débordements et des violences aux abords du stade, et donner une image négative du football français.
Face à ces incidents, les instances dirigeantes du football, telles que la Ligue de Football Professionnel (LFP), ont mis en place des mesures pour lutter contre les chants homophobes, racistes et injurieux. Des campagnes de sensibilisation sont menées auprès des supporters, et des sanctions peuvent être prises à l'encontre des clubs dont les supporters se rendent coupables de tels agissements.
Lors du Classique du 16 mars, des chants insultants, racistes et homophobes ont été entonnés par les supporters parisiens du Parc des Princes, malgré l'absence de supporters marseillais et les appels au calme. Ces chants ont visé notamment l'ancien joueur du PSG, Adrien Rabiot, devenu capitaine de l'OM. Un premier message de prévention a été affiché sur les écrans : « Chantez fort. Respectez toujours. Les chants insultants sont interdits ». Le speaker du stade a également pris la parole pour rappeler que « les chants discriminatoires » sont interdits.
La rencontre entre le PSG et l'OM est classée comme rencontre à haut risque. La crainte d’entendre des chants homophobes descendre des tribunes du Parc est forte.
Mesures de Prévention et de Sanction
Pour prévenir les débordements et sanctionner les comportements inacceptables, plusieurs mesures sont mises en œuvre :
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- Campagnes de sensibilisation : Le PSG a lancé, sur les réseaux sociaux, une campagne visant à ramener les encouragements des supporters à leur vocation de "ferveur" et de "respect". Luis Enrique, l'entraîneur parisien, a également appelé au calme avant le Classique.
- Messages de prévention : Avant et pendant les matchs, des messages sont diffusés dans le stade pour rappeler l'interdiction des chants insultants et discriminatoires.
- Intervention du speaker : Le speaker du stade peut prendre la parole pour faire taire les chants litigieux et rappeler les règles de bonne conduite. Le speaker a pris la parole pour faire taire ces chants, un premier rappel à l'ordre depuis le début de la rencontre alors qu'il avait déjà pris la parole durant l'échauffement. "Les insultes doivent cesser immédiatement sinon le match pourrait être interrompu ou arrêté", a-t-il déclaré.
- Sanctions sportives : La LFP peut sanctionner les clubs dont les supporters se rendent coupables de chants insultants ou discriminatoires. Ces sanctions peuvent aller du simple avertissement à la fermeture partielle ou totale du stade, en passant par des amendes et des retraits de points.
- Interdiction de déplacement : Dans les cas les plus graves, les supporters peuvent être interdits de déplacement pour assister aux matchs à l'extérieur.
L'Équilibre Délicat Entre Liberté d'Expression et Respect
La question des chants des supporters soulève un débat complexe sur la liberté d'expression et le respect des valeurs fondamentales. S'il est essentiel de garantir aux supporters le droit d'exprimer leur passion et leur soutien à leur équipe, il est tout aussi important de lutter contre les dérives et les comportements qui portent atteinte à la dignité humaine.
Trouver le juste équilibre entre ces deux impératifs est un défi permanent pour les clubs, les instances dirigeantes et les pouvoirs publics. Il nécessite une approche globale, combinant prévention, sensibilisation et sanctions, afin de promouvoir un football festif, respectueux et inclusif.
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