Le streetball, une variante spectaculaire du basket-ball jouée dans la rue, connaît un essor remarquable, tant aux États-Unis qu'en France. L'arrivée de stars américaines du streetball à Paris, près du canal Saint-Martin, témoigne de cette expansion et de l'engouement croissant pour ce sport, à quelques jours de la première épreuve de 3x3 aux Jeux Olympiques.
Le "144" : Un épicentre du streetball parisien
« On se croirait à New York » : cette exclamation résume l'atmosphère qui régnait quai de Jemmapes, transformé en un véritable terrain de jeu urbain. Gotham Rajaratnam, organisateur de la rencontre et co-fondateur de l'association Le 144, ne cachait pas son émotion face à la présence de ces stars américaines. L'association, créée il y a un peu plus d'un an, a pour vocation de « relayer ce qui se passe sur le terrain » et a contribué à l'essor de ce sport spectaculaire, où les règles du jeu sont allégées.
Selon Lona Jackson, créatrice de contenus pour Overtime France, le quai de Jemmapes est le « cœur du basket parisien ». Américains et Français, vêtus de vêtements XXL et de casquettes, font rebondir les ballons sur fond de musique hip-hop, créant une ambiance unique. « Le basket classique, c’est très académique, la différence du +street+, c’est que c’est une culture qui vient des Etats-Unis où on a un mélange de basket et de hip-hop » explique Gotham, surnommé « Gato ». Sur le terrain, les joueurs n’hésitent pas à se bousculer, s’attraper, roulant des épaules devant une foule qui en redemande, quitte à provoquer quelques chutes et petites tensions entre équipes adverses.
"The Professor" : Une légende du streetball en démonstration
D’Vontay Friga, Matt Kiatipis, Jordan Lewis : ces grands noms du streetball US sont connus dans le milieu. Mais celui que tout le monde attend, c’est Grayson Boucher, alias « The Professor », 40 ans, la star mondiale de streetball, forte de ses 8 millions d’abonnés sur YouTube. « Faites du bruit pour The Professor! », finit par clamer Gotham au micro, alors qu’un homme au milieu de la foule dévoile son visage de dessous sa capuche. Ceux qui ont grandi en admirant le joueur sur ses vidéos exultent et se massent autour du quadragénaire. Quelques dribbles, des passes dans le dos, entre les jambes et le panier est mis. Véritable légende du streetball de l'époque des tournées And 1 mixtapes, Grayson Boucher aka The Professor n'a visiblement jamais arrêté de bosser son jeu. Même s'il ne joue plus autant en street qu'avant, il continue de faire lever les foules en participant à d'autre types de tournées, en salles cette fois. Cet été, il a encore cassé un paquet de chevilles comme le prouve cette vidéo HD bourrée de moves spectaculaires ! Il a même tenté un bon vieux head-pop sur le joueur NBA Josh Selby… ce que ce dernier a d'ailleurs très peu apprécié : "Don't do that, don't do that".
Connu mondialement dans l'univers du ballon rond depuis le début de notre millénaire grâce à sa maîtrise du ballon saisissante dans la célèbre AND1 Mixtape, The Professor parcourt les terrains du monde entier pour montrer toute l'étendue de son talent au grand public. Créateurs de moves inédits dans le monde du basket et coupable de nombreuses fractures de chevilles, ce dernier a considérablement révolutionné le basket de rue avec l'aide de ses compères Bone Collector, Hot Sauce ou encore Spyda.
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Débutant sur sa chaîne YouTube en novembre 2009, ll est l'un des pionniers du "YouTube Basket" ayant permis le développement de nombreuses chaines et plusieurs talents tels que Tristan Jass ou AJ Lapray. Ses célèbres vidéos où il se déguise en Spiderman ont souvent fait le tour du web, dépassant même les frontières de notre beau sport. Malheureusement, après plus de vingt ans à humilier des jeunes assoiffés de victoires, Grayson Boucher (Le Professeur) a publié, il y a quelques jours, une vidéo sur un lit d'hôpital, attendant les résultats d'examens suite à une blessure dans une précédente vidéo.
L'influence du streetball sur la NBA : Un tremplin pour les talents
Si la NBA s’apprête à faire le show, les 23 et 25 janvier, dans la capitale, c’est un tout autre spectacle qui se joue sur les « playgrounds », ces terrains en plein air et libres d’accès attirant de plus en plus de curieux. Ces terrains, souvent situés dans des quartiers populaires, sont de véritables laboratoires où les jeunes talents affûtent leurs compétences et développent un style de jeu unique.
À l'image de Rafer Alston, alias « Skip 2 My Lou », de nombreux joueurs NBA ont fait leurs premières armes sur les playgrounds. Rafer Alston a ainsi croisé la route d'un natif de Brooklyn également drafté par les Milwaukee Bucks (cette fois en 4ème position) et qui a évolué entre 1996 et 2009 en NBA : Stephon Marbury. Les deux ado n'ont qu'une quinzaine d'années au compteur, mais s'entraînent sans cesse et acquièrent un jeu qui sera leur marque de fabrique lors de leur carrière dans la ligue la plus relevée au monde. En prenant plaisir à fouler le célèbre playground, ils devenaient les contemporains d'une tendance bien ancienne. En effet, le meneur Nate Archibald, qui a notamment remporté le titre avec les Celtics de Larry Bird en 1981 ou encore été désigné MVP du All-Star Game 1981, foulait le bitume de Rucker Park bien avant le parquet du Boston Garden. En outre, deux futurs Hall-of-Famers ont répété leurs gammes à Rucker Park : Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving.
De la rue, Julius Erving a hérité un style de jeu spectaculaire fait notamment de puissants dunks. En cela, il a véritablement participé à l'introduction de certaines facettes du basket moderne. Et ce grâce à son apprentissage new-yorkais. Sa carrière culmine au début des années 80, avec un titre de MVP en 1981 puis un titre de champion en 1983 à Philadelphie. La Pennsylvanie elle aussi a ses playground. Dont certains, comme Rucker Park, ont vu débuter de futurs stars NBA. Pour les compter, il faut tourner le regard vers Philadelphie. Là où dans les quartiers les plus difficiles de la ville, Lewis Lloyd, aka «Black Magic », a rentré ses premiers paniers. Passé par les Warriors, les Rockets ou encore les Sixers, l'ailier/arrière a émerveillé la Ligue dès 1981, en la gratifiant de passes derrière le dos, de layups acrobatiques et de dunks à la pelle. Il suivait ainsi le chemin du légendaire Wilt Chamberlain.
Rucker Park : Un lieu de pèlerinage pour les amoureux du streetball
Si le streetball était une religion, il ne fait aucun doute que ses croyants adopteraient Rucker Park en guise de lieu de pèlerinage. C'est sur ce playground de Big Apple situé à Harlem que les adeptes du basket de rue répètent leurs skills, enchaînent les dunks et les parties improvisées. C'est ici que Rafer Alston a tapé dans l’œil de son coach au lycée alors qu'il n'était pas encore adolescent. Ici, bien plus qu'ailleurs, Rafer Alston s'appelle depuis « Skip 2 My Lou ». Rucker Park peut se vanter d'avoir vu débuter de nombreuses stars du streetball. Mais également des futurs NBAers.
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Le style streetball : Spectaculaire, mais parfois controversé
Par leur handle, leurs passes, leurs crossovers ou leurs dunks, ces anciens streetballers qui ont percé en NBA ont tous laissé une trace dans la Grande Ligue. Leur style de jeu spectaculaire agissant comme une marque de fabrique qui attire l’œil du spectateur. En apportant ces petits plus venus tout droit de la rue qui faisaient et font encore lever de son siège le spectateur, ils ont révolutionné le jeu en NBA, qui s'en est considérablement imprégné. Ce qui n'était pas sans agacer certains adversaires directs. Véritables machines à Highlights, ces joueurs pouvaient se faire des ennemis qui interprétaient leurs fulgurances comme autant de provocations.
Les défis et les déboires : L'envers du décor
Certains de ces joueurs qui ont débuté sur les playgrounds des quartiers difficiles de New York, de Philadelphie ou d'une autre grande ville américaine ont ainsi connu des passages à vide lors de leur carrière liés à des déboires extra-sportifs. Des problèmes d'addiction pour certains, et des comportements parfois difficiles. La carrière de Rafer Alston en NBA (il a ensuite joué en Chine puis en D-League) s'est ainsi terminée sur une suspension infligée par le Miami Heat suite aux absences du joueur à un entraînement et à une rencontre. Le meneur a également été suspendu par la Ligue suite à ce début d'altercation qui a mis le Shaq dans tous ses états. Allen Iverson n'était pas non plus exemplaire au niveau disciplinaire, ses absences à l'entraînement et se relation avec Larry Brown en témoignent.
Joycity, développeur et éditeur de jeux vidéo, annonce aujourd’hui l’arrivée d’une mise à jour importante pour 3on3 Freestyle, son jeu de basketball palpitant qui mélange arcade et sport de rue. Exclusivement disponible sur PlayStation 4 (PS4) et téléchargeable gratuitement sur le PlayStation Store, 3on3 Freestyle accueille la star de street basketball, Grayson « The Professor » Boucher, ajoutant ses compétences et ses déplacements uniques au jeu. Les autres améliorations clés incluent un nouveau Système de Contrat, des améliorations pour le Système de Remplacement et de nouvelles apparences et accessoires.
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