Le rugby est un sport d'équipe complexe où chaque joueur a un rôle spécifique. Cet article vise à expliquer les différents postes au rugby, en mettant l'accent sur la terminologie et les stratégies utilisées dans le rugby anglais.
Introduction au rugby : un sport de stratégie et de force
Le rugby est un sport qui combine force physique, stratégie et technique. Chaque joueur a un rôle précis, et la compréhension de ces rôles est essentielle pour apprécier pleinement le jeu. Une équipe de rugby à XV se compose de 15 joueurs, répartis entre les avants (8) et les arrières (7). Les avants sont généralement les joueurs les plus costauds, chargés de la conquête du ballon, tandis que les arrières sont plus agiles et rapides, chargés de l'attaque.
Les avants : le cœur de la conquête
Les avants sont les joueurs qui forment la mêlée. Ils sont les premiers à entrer en contact avec l'adversaire et sont responsables de la conquête du ballon. Les avants se regroupent en trois lignes distinctes : la première ligne, la deuxième ligne et la troisième ligne.
La première ligne : piliers et talonneur
La première ligne est composée du talonneur et des piliers. Les piliers, portant les numéros 1 et 3, sont les joueurs les plus costauds de l'équipe. Leur rôle est de pousser en mêlée avec une force herculéenne et de protéger le ballon dans les regroupements. Statistiquement, ils subissent en moyenne 80 chocs par match, démontrant leur résilience. Ils sont les "héros invisibles" du terrain. Le talonneur, portant le numéro 2, est placé entre les deux piliers. Sa mission est très spécifique : il est chargé de talonner le ballon pour le ramener vers son camp après l’introduction du ballon par le demi de mêlée. C’est le talonneur qui effectue la remise en jeu sur les touches, ce qui est généralement le rôle des latéraux dans le foot.
La deuxième ligne : les tours de contrôle
Les joueurs de la deuxième ligne, portant les numéros 4 et 5, sont habituellement les plus grands joueurs de l’équipe. Au niveau international, la plupart approchent les deux mètres. Leur rôle est crucial car ils interviennent dans toutes les phases de conquête : ils poussent en mêlée et sautent en touche. Les statistiques montrent qu’ils gagnent environ 90% des touches, une véritable prouesse. Ce sont les poutres du pack, pour pousser en mêlée et porter ou sauter en touche. Aux premières loges dans les rucks, ils sont des joueurs d'ombre et de devoir, invisibles pour le public et indispensables pour leurs partenaires.
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La troisième ligne : puissance et mobilité
Egalement appelés flankers, les troisièmes lignes aile (numéros 6 et 7) doivent être puissants et mobiles. Ce sont généralement les meilleurs plaqueurs de l’équipe, qui tentent de tuer dans l’œuf les attaques adverses par leurs interventions engagées. Ils doivent être à la fois polyvalents et endurants car ils sont amenés à intervenir sur presque toutes les phases de jeu pendant quatre-vingt minutes. Le dernier des avants, le troisième ligne centre (numéro 8) est aussi un joueur de grande taille, bâti pour les plaquages. Ils se chargent des tâches dynamiques.
Les arrières : l'art de l'attaque et de la défense
Les arrières apportent fluidité et mobilité au jeu. Ils sont chargés de l'attaque et de la défense, et doivent être rapides, agiles et techniques.
Le demi de mêlée : le poumon de l'équipe
Le demi de mêlée (numéro 9) passe la majorité de la rencontre auprès des « gros ». Son rôle est d’éjecter le ballon des regroupements au sol (rucks) en direction des autres joueurs. Souvent assez petit, il doit être très vif pour suivre de près l’action et orienter le jeu. Il est le principal animateur des attaques et souvent le joueur le plus technique de l’équipe, avec ses passes et son jeu au pied. Il introduit le ballon dans les mêlées et le distribue. Vous verrez souvent ce joueur récupérer le ballon avec rapidité. A la mêlée, il doit diriger le pack et sortir la balle pour la transmettre au numéro 10. Une passe de qualité et une voix qui porte sont donc au menu.
Le demi d'ouverture : le chef d'orchestre
Le demi d’ouverture (numéro 10) est un stratège. En duo avec le demi de mêlée, il dirige les mouvements offensifs. Sa capacité à lire le jeu et ses passes précises rendent l’équipe plus fluide. Il est le responsable de l’animation offensive, il dirige la ligne de ¾ et il endosse aussi la plus grande partie du jeu au pied. Créativité et la vision du jeu sont pour lui une seconde nature.
Les trois-quarts centre : force et tactique
Le rôle du centre (numéros 12 et 13) est de perforer la ligne adverse soit en imposant sa puissance physique soit par ses feintes, ou par une combinaison de passes. Ils combinent force et tactique. Ils défendent farouchement et attaquent avec détermination.
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Les ailiers : la vitesse incarnée
L’ailier (numéros 11 et 14), lui, est chargé de conclure les phases offensives en marquant des essais. A ce poste, la vitesse est primordiale et les ailiers sont souvent les joueurs les plus rapides de l’équipe. Il n’y a pas non plus, en théorie, de gabarit spécifique pour jouer à l’aile. Situés aux ailes, ils sont des dynamiteurs. Leur rôle : écarter le jeu et trouver les occasions de marquer.
L'arrière : le dernier rempart
L’arrière (numéro 15) doit aussi être très rapide, notamment parce qu’il est censé apporter le surnombre pour conclure les attaques. En phase défensive, il reste en retrait pour réceptionner les coups de pied adverses : il doit donc aussi être suffisamment grand pour attraper les chandelles. Il évolue en solitaire. Il représente la dernière étape pour l’adversaire avant l’essai. Avec des aptitudes de plaquage et en relance, il doit être complet.
Le vocabulaire spécifique du rugby anglais
Le vocabulaire du rugby est un mélange de mots anglais et de mots imagés. Voici quelques exemples :
- 50:22 : le 50:22 offre un avantage à l’équipe en possession du ballon si celle-ci trouve depuis son camp (avant la ligne des 50 mètres) une touche indirecte dans les 22 mètres adverses.
- 10 mètres : lors d'une pénalité, distance de recul minimale que doivent respecter les joueurs de l'équipe pénalisée.
- 15 mètres (ligne des) : ligne signalée par des pointillés située à 15 mètres de la ligne de touche, limite arrière de l'alignement lors des remise en jeu de touche.
- 89 : combinaison classique en mêlée fermée.
- Annonce : phrase ou mot-clé, si possible incompréhensible pour l'adversaire, prononcé par un joueur de l'équipe attaquante pour lancer un enchaînement répété à l'entraînement. Les annonces se font en général avant la reprise du jeu : avant une touche (on « annonce » l'endroit où le ballon va être lancé) ou avant une mêlée (on indique par exemple un départ à gauche, à droite, un coup de pied à suivre ou une « 89 »).
- Arrêt de volée ou marque : action qui consiste à récupérer le ballon lorsqu’il a été tapé au pied par l’adversaire - le ballon n'a touché ni le sol, ni un autre joueur, mais peut avoir touché les poteaux. Cette action est possible uniquement dans ses propres 22 mètres (ou dans son en-but, ce qui est rare mais possible) et nécessite de crier « marque ». Elle donne lieu ensuite à un coup franc joué exclusivement par celui qui a rattrapé la balle qui, étant dans ses 22 mètres, peut taper directement en touche.
- Avantage : cette règle est appliquée par l'arbitre qui a le droit de laisser une action se dérouler, même si une faute de l'adversaire a été commise, si l'action est favorable à l'équipe qui n'a pas fait de faute. Elle a pour but de donner une plus grande continuité au jeu en diminuant le nombre d'arrêts pour infractions. Si la continuation du jeu ne donne pas un avantage suffisant à l'équipe attaquante, alors l'arbitre peut décider de revenir au point de départ de l'action et siffle la faute de l'adversaire. Contrairement à ce qui se passe au football, l'avantage peut durer assez longtemps au rugby. C'est l'arbitre de champ qui indique, par un signe conventionnel, la période couverte par l'avantage.
- Ballon porté (Maul) : constitué par un joueur debout portant le ballon, un ou plusieurs adversaires et un ou plusieurs coéquipiers qui sont liés à lui. Les joueurs de l’équipe attaquante doivent être sur leurs pieds et avancer vers la ligne de but adverse, sinon l’arbitre est forcé d'arrêter le jeu et ordonner une mêlée en rendant l’introduction à l’équipe défendant. Un maul qui avance bien est un groupé pénétrant.
- Caramel : plaquage violent ou spectaculaire.
- Chandelle : coup de pied donné au ballon pour qu’il monte le plus haut possible, et qu’il passe au-dessus des joueurs adverses. L’objectif est ensuite de foncer pour le récupérer et marquer.
- Chistera : passe effectuée dans le dos, en jetant le bras vers l'arrière, généralement par un demi de mêlée.
- Cravate : plaquage à hauteur du cou ou du visage effectué le bras tendu.
- Cuillère (faire une) : faire perdre l'équilibre à un adversaire en pleine course en tapant légèrement l'une des chevilles pour que celle-ci vienne se placer derrière l'autre provoquant ainsi un croc-en-jambe.
- Déblayage : action consistant à écarter en le poussant un adversaire qui gêne la sortie du ballon dans un regroupement.
- Drop-goal : coup de pied frappant le ballon juste après le rebond et qui le fait passer entre les poteaux adverses en cours de jeu. Cette action vaut trois points si elle est réussie.
- En-avant : action de faire tomber le ballon vers l'avant ou de faire une passe vers l'avant, ce qui entraîne la perte de la possession du ballon.
- Essai : action consistant pour un attaquant à aplatir le ballon dans l'en-but adverse. L'essai vaut aujourd'hui 5 points.
- Gratter (un ballon) : action consistant à récupérer le ballon dans un regroupement ou un ruck.
- Haka : chant guerrier issu de la culture māori.
- Hors-jeu : un joueur est hors-jeu s'il se trouve soit devant un coéquipier qui porte le ballon, soit devant un coéquipier qui a joué en dernier le ballon.
- Maul : voir ballon porté.
- Mêlée ordonnée : action de jeu pendant laquelle les huit avants d'une même équipe se lient et affrontent les huit avants de l'équipe adverse à la poussée dans le but de conquérir le ballon qui est remis en jeu par le demi de mêlée dans le couloir les séparant.
- Pénalité : en cas de faute d'un joueur, l'arbitre siffle une pénalité au bénéfice de l'équipe adverse, qui se voit rendre le ballon. L'équipe qui bénéficie de la faute a alors le choix entre taper en touche (voir pénaltouche), demander une mêlée, ou jouer la faute « à la main » (comme pour un bras cassé ou en faisant simplement une passe). Ce terme désigne aussi le coup de pied placé ou tombé du joueur qui tente d'expédier le ballon entre les poteaux adverses.
- Pénaltouche : pénalité tapée en touche aux abords de la ligne adverse. L'avantage de la possession reste à l'équipe qui a botté en touche.
- Pick and go : action de ramasser le ballon dans un regroupement (Pick) et d'avancer (Go).
- Plaquage : geste de base en défense consistant à stopper le joueur adverse, qui porte le ballon, en l’attrapant pour le faire tomber.
- Raffut : action de protéger le ballon et éviter le plaquage lors de vos folles chevauchées dans la défense adverse.
- Ruck : mêlée ouverte, spontanée, qui se produit après un plaquage.
- Talonnage : action de talonner la balle dans une mêlée ouverte ou fermée afin de la faire rouler vers son camp.
- Touche : remise en jeu du ballon lorsque celui-ci est sorti du terrain.
- Transformation : coup de pied de transformation tenté après un essai marqué.
Les salaires des joueurs de rugby en Premiership
Le salaire annuel moyen en Premiership a été dévoilé, et certains postes touchent plus que d'autres. Le salaire annuel moyen pour un numéro 10 est d'un peu plus de 200 000 euros alors qu'un talon devra se "contenter" de 130 000 euros en moyenne. Le Times rapport que le revenu moyen d'un demi d'ouverture était de 204 406 euros, mais 13% de tous les numéros 10 de la ligue sont payés plus de 465 000 euros, de loin les salaires les plus élevés de tous les postes. On trouve ensuite les centres (195214 euros) puis les 2es lignes avec un salaire moyen de 184 554 euros. Cependant, un quart de tous les deuxièmes sont payées plus de 200 000 livres et six pour cent touchant plus de 400 000 livres. On sera plus étonné de voir que les demi de mêlées sont placés à l'avant-dernière place avec un revenu moyen de 137 192 euros.
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