Le paysage du football à Angers est en pleine mutation. Dès la saison prochaine, une fusion marquante unira deux clubs historiques du quartier de Monplaisir : la Vaillante Sports et Angers Football-Club (AFC). Cette union donnera naissance à un nouveau club ambitieux : la Vaillante Angers FC (VAFC).
Genèse d'une Fusion Logique
La Vaillante Sports, fondée en 1906, est le plus ancien club de football d'Angers. De son côté, Angers Football-Club (AFC), plus récent, a été créé en 2008 et compte 307 licenciés. Les deux clubs, voisins de seulement 800 mètres, partagent le même bassin de population. Pour Mani Saeidi, président des deux entités, cette fusion est une évidence : « C’était naturel pour deux clubs qui travaillent sur le même bassin de population. On a besoin de mutualiser les forces, d’être plus gros pour pouvoir survivre. C’est plus simple d’avoir plusieurs terrains pour gérer les équipes. »
Il y a cinq ans, Mani Saeidi et son équipe ont créé une école de foot au sein d’Angers football-club, répondant à « une forte demande des jeunes pour le foot », et notamment à Monplaisir. Cette école est ouverte aux jeunes de 7 à 17 ans.
Les Raisons d'une Union Nécessaire
Plusieurs facteurs ont motivé cette fusion. Le manque de bénévoles est un problème croissant pour les associations sportives. « Aujourd’hui, il y a de moins en moins de monde qui souhaite devenir bénévole. Et notamment sur des postes de direction, dresse Mani Saeidi. Même chose pour accompagner les enfants les week-ends, pour gérer les finances… Ça devient comme gérer une entreprise. » La fusion permettra de mutualiser les ressources humaines et de mieux répartir les tâches.
De plus, la fusion permettra d'offrir un encadrement de qualité à un plus grand nombre de jeunes. Faute de places, des dizaines d’enfants sont chaque année laissés sur la touche. « On fait ça parce qu’il n’y a pas assez d’offre de foot, tient à préciser Mani Saeidi. »
Lire aussi: USL Dunkerque : Rétrospective
La Vaillante Angers FC : Un Club Ambitieux
Dès la saison prochaine, la Vaillante Angers FC devrait compter 850 licenciés, « dont environ 700 jeunes ». Faisant ainsi du club l’un des plus gros des Pays de la Loire. « L’union fait la force, qui plus est par les temps qui courent.
Le VAFC sera réparti en trois pôles : les stades de la Grande-Chaussée et Marcel Denis, et le stade Paul-Robin, à Belle-Beille. D’un commun accord avec Jérôme Lamoureux, président du club de Belle-Beille, le VAFC récupérera la cinquantaine de jeunes de l’école de foot de Belle-Beille. Le VAFC souhaite « pouvoir offrir un encadrement de qualité pour tous les jeunes, à Belle-Beille et à Monplaisir, dans des endroits où il n’y avait pas cette offre », résume le président des deux clubs.
Angers et le Sport : Une Longue Histoire
Depuis 1985, Angers est classée au nombre des villes les plus sportives de France. Le sport s’y est enraciné très précocement, dès le XIXe siècle : courses hippiques, nautisme, cyclisme, gymnastique… Les municipalités manifestent leur intérêt. Dès 1885, une section « Sports » est ouverte au budget primitif de 1886. Mais elle est associée aux « Fêtes publiques » : le sport est considéré sous l’angle du spectacle qui dynamise l’économie locale et fait rayonner la ville, avant de l’être au point de vue hygiénique et pour lui-même. Cet état d’esprit privilégie les grandes réunions sportives, comme la Fête fédérale de gymnastique en 1909, au détriment de la création d’équipements qui, pour les élus, relèvent de la sphère privée.
Un grand nombre de clubs sportifs voient le jour entre 1900 et 1920, depuis le Racing-Club angevin (1903), jusqu’au Sporting-Club du Crédit de l’Ouest (1919), devenu le SCO, et à l’Intrépide (1920). Il leur faut des terrains pour jouer et s’entraîner. Chacun crée le sien vaille que vaille, souvent un mauvais pré, humide et mal nivelé. En 1920, on en compte au moins une douzaine, sur toutes les voies de sortie de la ville : chemin de la Meignanne, au Champ des Martyrs, route d’Avrillé, rue Saint-Lazare (le stade du Crédit de l’Ouest), rue de la Chalouère (le stade de la Vaillante à la Grande-Chaussée), route de Paris (deux à trois terrains), route de Nantes, rue Saint-Léonard (stade Bessonneau), au Bourg-la-Croix (stade de Roche-Marotte), rue de Frémur (stade de l’Intrépide), stade du Génie.
Un premier projet de parc des sports, dressé par la municipalité Barot (1912-1914), est mis en sommeil par la Grande Guerre. Dès l’armistice, les animateurs du mouvement sportif angevin reprennent la question et réclament haut et fort un stade municipal.
Lire aussi: Passionnés de NBA à New York
La Genèse du Stade Municipal d'Angers : Une Histoire Semée d'Embûches
Les prémices de la création d'un stade municipal à Angers sont marquées par des débats passionnés et des obstacles persistants. Victor Dauphin, figure emblématique de cette époque, a plaidé avec ferveur pour la mise en place d'un Comité angevin des sports, s'inspirant du modèle établi lors de la fête sportive organisée pour le retour des régiments en 1919. Son objectif était clair : jeter les bases d'une structure financière solide capable de financer la construction d'un vélodrome permanent, doté d'une piste d'athlétisme et d'un terrain de football.
Dans la presse locale, la pression s'intensifie sur la municipalité. Les sportifs se plaignent ouvertement du manque d'infrastructures adéquates, contraints d'utiliser des espaces inappropriés tels que la place La Rochefoucauld. Victor Dauphin, toujours en première ligne, insiste sur l'importance de la culture physique pour former une jeunesse robuste et vaillante, essentielle à l'avenir de la nation.
Malgré ces efforts, l'affaire piétine. Une réunion générale est convoquée au Café de France pour constituer un comité angevin des sports, mais elle échoue en raison de manœuvres politiques. Toutefois, une avancée notable se produit en mars 1920 avec la fusion des clubs cyclistes rivaux, donnant naissance au Moto-Véloce-Club angevin, dont l'objectif est de créer un vaste parc des sports avec un vélodrome.
Le conseil municipal semble s'intéresser à la question, mais les discussions restent vagues. L'idée d'utiliser les prairies Saint-Serge est évoquée, mais le coût du remblayage est considéré comme prohibitif. Finalement, un crédit est inscrit « pour mémoire » en vue de la réalisation d'un stade municipal.
Les réunions se succèdent, mais les décisions concrètes se font attendre. Le maire de l'époque, Victor Bernier, affirme que le projet de stade municipal est une priorité pour l'administration, mais les commissions peinent à s'accorder sur un plan précis.
Lire aussi: Floirac : zoom sur le terrain de football de la Burthe
En mai 1921, un comité angevin des sports est enfin constitué, mais son existence est de courte durée. Malgré l'organisation réussie d'un défilé sportif pour les fêtes du 14 juillet, le comité se perd dans des projets trop ambitieux et les sommes réunies s'avèrent insuffisantes.
Face à ces difficultés, un groupe de passionnés du Moto-Véloce-Club angevin prend l'initiative de sauver une partie du projet. Grâce à la création d'une société foncière, le vélo-stade, ou vélodrome, est inauguré en septembre 1922. Cependant, cette réalisation privée ne résout que partiellement les problèmes liés à l'absence d'un stade municipal bien équipé.
Des Injonctions Gouvernementales à l'Acquisition du Terrain de l'Intrépide
La question du stade refait surface avec les prescriptions édictées par la circulaire ministérielle du 15 avril 1929, qui impose aux écoles de disposer d'un terrain de jeux pour les leçons d'éducation physique. Le préfet demande à la Ville des propositions concrètes, avec la promesse d'une subvention de 50 % du ministère.
Le conseil municipal débat longuement, mais l'emplacement retenu pour le stade, au lieu-dit Notre-Dame-du-Lac, ne plaît pas. L'utilité même de créer un stade est remise en question. Finalement, pour toucher la subvention, l'assemblée vote en faveur de la création d'un stade route de Nantes, sans plus de précision.
C'est finalement l'acquisition du terrain de l'Intrépide, rue de Frémur, qui va débloquer la situation. Ce terrain, ouvert en 1921 et aménagé par les bénévoles du club omnisports, présente l'avantage d'être bien situé, sur la ligne de tramway Place Ney - Génie.
L'accord sur le prix et la superficie est conclu à l'été 1931, et l'achat est finalisé en juin 1932. Cependant, l'aménagement du terrain traîne en longueur, et ce n'est qu'en 1937 que les vestiaires et les douches sont construits.
La Vaillante de Gélos : Un Exemple de Fusion Réussie
L'histoire de la Vaillante de Gélos, située près de Pau, offre un exemple intéressant de fusion réussie. Issue d'un patronage, la Vaillante de Gélos, née en 1908, pratiquait essentiellement le football. En 2005, elle a fusionné avec une autre association communale à dominante « pelote basque » et judo pour former un club omnisports « Union Sportive Vaillante Gelosienne ».
Cette fusion a permis de mutualiser les ressources et de proposer une offre sportive plus diversifiée à la population locale.
La Vaillante Sports d'Angers : Un Club Centenaire
Le doyen des clubs d'Angers encore en activité a largement passé les 100 ans. Son stade de la Chalouère, à son tour centenaire, est le plus vieux terrain de football d'Angers encore existant. Ce club est celui de Chaigne, de Wéry, des Samzun, qu'il a été demi-finaliste du championnat de France aux temps héroïques, qu'il a remporté plusieurs titres dont une Coupe de l'Anjou, on mesure qu'il est à lui seul un pan de l'histoire du football de Maine-et-Loire.
La Vaillante-Sport s'affilie à la Fédération gymnique et Sportive des patronages de France (FGSPF). Sous l'impulsion de Gaston Rosin, les Vert-et-blanc obtiennent rapidement des résultats qui dépassent les frontières de l'Anjou.
Après la Grande Guerre, la Vaillante joue en 1ère série d'Anjou-Basse-Loire régie par les règles de la F.F.F.A. Parallèlement, la Vaillante joue le championnat de l'Union gymnique et sportive d'Anjou ("Union d'Anjou"), celui des patronages catholiques : elle le remporte en 1925 en battant l'Avant- Garde d'Angers 1-0.
Sportivement, la Vaillante refait surface à la fin des années 1930. En 1939, enfin, la Vaillante devient championne d'Anjou des patronages. Dès la Libération, elle est championne d'Anjou en battant l'Espérance de Gesté 2-1 à Chemillé le 27 mai 1945.
En 1960, grâce à son entraîneur-joueur François Maréchal, elle termine championne d'Anjou de 1ère division et vice-championne de l'Ouest. En Coupe de l'Anjou, elle élimine l'Eglantine de Trélazé puis l'Intrépide d'Angers. La finale disputée le 15 juin 1960 au stade Bessonneau l'oppose à l'En-Avant de La Tessoualle. La Vaillante remporte une Coupe de l'Anjou méritée.
En 1982, la section de basket-ball fusionne avec celle du CSJB pour engendrer l'Anjou Basket Club. La même année, après plus de vingt saisons dans les compétitions régionales, la section de football est reléguée en 1ère division de District et ne s'en extrait qu'en 1991.
Vénérable club omnisport, la Vaillante compte aujourd'hui plus de quinze sections et continue de pratiquer le football sur le terrain de la rue de la Chalouère depuis près de cent ans. En 2017, son équipe des moins de 19 ans (U19) accède au championnat national, faisant ainsi partie des cinquante meilleurs clubs français de la catégorie.