Le Club Athlétique Périgourdin : Une Histoire Riche et Passionnée

L'histoire du Club Athlétique Périgourdin (CAP) est une saga de plus de 120 ans, jalonnée de moments de gloire, de défis et de passion indéfectible pour le rugby. De ses modestes débuts à son statut actuel, le CAP a marqué le paysage sportif de la Dordogne et a contribué à l'histoire du rugby français.

Les Origines : La Naissance d'un Club Pionnier (1892-1901)

L'introduction du rugby à Périgueux remonte à 1892, grâce à l'initiative de deux amis du lycée de Périgueux (aujourd'hui Bertran-de-Born) : Roger Dantou et Roger Magnanou. Inspirés par le jeu de la « barrette », ils fondent la première équipe de rugby de la ville, sous le nom de l'association sportive du lycée, « les Bleuets », considérés comme les ancêtres du CAP. Ce sport, pratiqué lors des lendits (foire de juin), consistait à porter une barrette (vessie ovale) entre ses mains au-delà de la ligne adverse ou bien de la faire passer au-dessus d’une corde tendue à 3 m du sol.

C'est Roger Dantou qui porte sur les fonts baptismaux le Club Athlétique Périgourdin le 15 mars 1901. Le CAP devient ainsi le premier club de rugby de Dordogne, devançant Bergerac et Le Bugue qui ne créeront leurs équipes qu'un an plus tard.

L'Ère des Pionniers et l'Ascension du CAP (1901-1939)

Dès ses débuts, le CAP s'impose comme une force montante du rugby régional. Des figures telles que les Magnanou, Dantou, Cornut, Dulac, Deschamps, Latreille, Marchet, Peyrou, Giraudeau et Bornet jouent un rôle primordial dans l'établissement du club dans le paysage rugbystique français. Malgré les difficultés engendrées par les deux guerres mondiales, le CAP continue de se développer et de former des joueurs talentueux.

Roger Dantou, fondateur historique du club, devient une figure clé du rugby hexagonal. En 1910, il fonde le comité Périgord-Agenais, puis participe à la création de la Fédération française de rugby (FFR) en 1919 et à celle de la Fédération internationale de rugby amateur en 1931. Il sera le 2ème Président de la FFR (1928-1939). L'actuel stade porte son nom en hommage.

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Entre-temps, Pierre Andrieu reprend le CAP, en 1918, et fonde son école de rugby. La plupart des joueurs des décennies suivantes en sortiront.

La saison 1938-1939 marque une étape importante dans l'histoire du club. Le CAP termine deuxième de sa poule, derrière Toulon mais devant Agen, et échoue de peu en huitièmes de finale du championnat de France face au Racing Club de France (13-14).

La Fusion et la Renaissance (1939-1970)

Durant la Seconde Guerre mondiale, le club est chamboulé : le régime de Vichy modifie profondément le paysage sportif. En 1939, le CAP et le Copo fusionnent et deviennent l’Union Sportive Périgourdine.

À la fin de la guerre, Pierre Andrieu reprend les rênes et s'écrit : « Il faut que le CAP revive ! » Sous son impulsion, le CAP renaît et va s'établir comme une place forte du rugby français. C'est après la guerre et sa scission avec le COPO que le CAP va devenir un des plus grands clubs de l’hexagone. Un homme aura à cette époque un rôle essentiel et capital, c’est Pierre Andrieu. Lui qui fut joueur puis capitaine de l’équipe première de 1918 à 1930, puis entraineur de 1930 à 1945, et enfin Président de 1949 à 1971, soit 22 années à la tête du club, un record jamais atteint depuis, aura été le fondateur du CAP de l’ère moderne. C’est sous sa présidence que notre vieux club connaitra un véritable essor en se structurant et en obtenant de remarquables résultats sportifs.

Les années 1950 aux années 1970 sont considérées comme « l'âge d'or du CAP ». L'actuel stade Roger-Dantou devient imprenable, attirant des foules considérables. Le 9 mars 1955, près de 5 000 personnes se réunissent dans l'enceinte qui porte alors le nom de stade des Izards pour assister à un match contre l'équipe de Lourdes, championne de France en 1952-1953.

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Chaque printemps ou presque, Périgueux se qualifie pour les phases finales du championnat de France, atteignant trois quarts de finale. En 1951-1952, le CAP bat Montferrand en huitièmes (3-0) puis trébuche en quarts face à Perpignan (0-5). En 1957-1958, le Racing tombe face aux Capistes en huitièmes (6-5). La saison suivante, Périgueux est invaincu à domicile, se classe premier de sa poule, élimine Aurillac en seizièmes (19-0) puis Biarritz en huitièmes (16-3) avant de se faire battre par le Mont-de-Marsan des frères Boniface en quarts (3-20).

Le club remporte également des titres de champion de France pour les juniors Crabos en 1960, les juniors Reichel en 1966 et l’équipe 2 appelée alors réserve en 1969.

Ces performances mettent en lumière les joueurs périgourdins, qui envoient plusieurs des leurs en équipe de France. Le demi d'ouverture Jean Pilon est international à deux reprises en 1949 et 1950. André Bonin était talonneur dans les années 1960.

Les Années de Transition et le Passage au Professionnalisme (1970-2015)

Dans les années 1980, le CAP marque le pas et se cherche. Mais comme pour beaucoup de clubs français, le passage à l'époque du professionnalisme sera une période compliquée. Le CAP résiste, oscille entre élite et deuxième division pendant une décennie, puis finit par retrouver le rugby amateur au niveau fédéral. Un niveau amateur qui ne l'empêche pas de continuer à faire partie des meilleurs clubs formateurs français.

Il y a 25 ans, la saison 1995-1996. Le CAP est dans le groupe A2 de première division. Lors de la phase régulière, nos capistes termineront quatrième d’une poule de 10 clubs, derrière Biarritz, le Puc, Auch et devant Tarbes, Istres, Valence d’Agen, Montauban, Romans et Chateaurenard. De ce fait, le CAP se qualifie pour un match de barrage face à Nîmes qui évoluait en groupe A1. A l’issue d’une rencontre haletante ponctuée par des prolongations, le CAP s’impose sur le score de 18 à 15. Mais en Huitième de finale, le club perd face au Bourgoin de Michel Couturas au stade Marcel Michelin de Clermont-Ferrand.

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Coup de tonnerre pendant la saison 2014 -2015, Périgueux est rétrogradé en Fédérale 3 pour problèmes financiers. Les dirigeants font appel, mais la rétrogradation est confirmée.

La Remontada et le Sacre (2015-Aujourd'hui)

Malgré ce coup dur, la cohésion au sein du club reste forte, les Périgourdins font corps. Ils dominent le championnat de Fédérale 3, obtiennent même le titre de champion de France. Pourtant, la montée leur est toujours refusée pour cause de problèmes financiers.

Le recrutement des joueurs suit les exigences de ces nouvelles divisions, toujours meilleures, jusqu'à la nationale 2 et un sacre : celui du champion de France en 2023. Aux commandes de l'effectif : Didier Casadeï, ancien pilier international, vainqueur de la coupe d'Europe avec Brive en 1997, ancien entraîneur des avants du Racing 92. Avec lui, l'effectif a définitivement mis les deux pieds dans le monde du rugby pro. Les entraînements sont intenses, l'exigence est à son maximum.

Les Hommes Derrière le Club

Tout au long de son histoire, le CAP a été porté par des hommes et des femmes passionnés qui ont consacré leur énergie et leur temps au développement du club. Parmi eux, Pierre Andrieu, surnommé "la Bille", reste une figure emblématique. Joueur, entraîneur et président du club pendant plus de deux décennies, il a marqué l'histoire du CAP de son empreinte. Michel Donnadier, ancien demi de mêlée ou ouvreur du CA Périgueux, a les yeux qui pétillent au moment d’évoquer Pierre Andrieu, qui fut son président. « C’était un grand président. Il était à la hauteur, un peu à l’ancienne, mais il avait des vertus. Il a su gérer l’effectif et pérenniser l’équipe. Il avait une personnalité… On ne rigolait pas avec lui mais il était près des joueurs. C’était un type de valeur. Il était reconnu à l’échelon national comme un bon président. »

Depuis, plusieurs présidents se sont succédé avec des fortunes diverses mais dont l’engagement pour le club ne peut être démenti. Que ce soit Noël Balout, André Moulinier, Etienne Migot, Henri Vincent, Jacky Fort, Jean-Jacques Puech, Jean Louis Gounou, Jean Marie Rigaud, Jacky Clément… Puis le premier triumvirat de l’histoire du club avec Francis Bordas, Jacky Clément et Jacques Vergnaud. Ou encore le premier duo avec Francis Bordas et Jacques Vergnaud. Puis Francis Bordas seul, Gérard Mouret, Francis Roux pour un premier sauvetage en 2002, Michel Macary, puis le duo Michel Macary et Francis Roux, puis un nouveau duo Édouard Reinhart et Stéphane Turban, puis Edouard Reinhart seul, puis Claudette Moreau et de nouveau Francis Roux pour consolider le sauvetage du club entrepris par Claudette.

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