France-Belgique : Une Histoire de Football et de Rivalité Amicale

Soixante-treize fois. C'est le nombre de fois où la France et la Belgique se sont affrontées sur le terrain de football. Ce chiffre témoigne d'une longue histoire de rencontres, d'amitié et de rivalité entre ces deux nations voisines. Des premiers matchs amicaux aux confrontations épiques en compétitions internationales, chaque rencontre a contribué à forger cette relation particulière.

Les Débuts d'une Longue Série (1904-1930)

Le tout premier match officiel de l'équipe de France a eu lieu le 1er mai 1904 à Bruxelles, face à la Belgique. Cette rencontre amicale, disputée dans le cadre de la Coupe franco-belge Évence Coppée, s'est soldée par un match nul 3-3. Louis Mesnier a marqué l'histoire en inscrivant le premier but de l'équipe de France. Bien plus qu'un simple match, c'était le premier match officiel de l'histoire de l'Hexagone. Les trois buteurs français se nommaient Louis Mesnier, Marius Royet et Gaston Cyprès. La rencontre s'est déroulée à Uccle, en banlieue proche de Bruxelles, devant 1500 personnes.

Ce match inaugural a marqué le début d'une longue série de confrontations, mais aussi la naissance d'une rivalité sportive entre les deux pays. Les années suivantes ont été marquées par de nombreux matchs amicaux, avec des fortunes diverses pour les deux équipes. Ces rencontres, bien que n'ayant pas toujours un enjeu majeur, ont contribué à forger l'identité des équipes nationales et à nourrir la rivalité entre les supporters.

Des Matchs Amicaux aux Enjeux Mondiaux (1930-1960)

La période allant des années 1930 aux années 1960 a vu les confrontations franco-belges prendre une nouvelle dimension, avec des matchs comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde. Un moment fort de cette période est sans aucun doute le match du 5 juin 1938, un huitième de finale de Coupe du Monde à domicile. La France organisait la Coupe du monde pour la première fois de son histoire. Au stade Yves-du-Manoir de Colombes, en banlieue de Paris, elle a accueilli la Belgique pour son premier match. Devant 30 000 personnes environ, les Bleus l'ont emporté 3-1 et ont remporté leur deuxième victoire dans un Mondial. Ils s'inclineront en quarts contre l'Italie.

Un autre match mémorable est celui du 11 novembre 1956, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 1958. La France a surclassé la Belgique 6-3, avec un quintuplé de Thadée Cisowski, dans un stade de Colombes plein à craquer. Cette victoire a ouvert la voie à la qualification pour la Coupe du Monde 1958, où la France a terminé à la troisième place.

Lire aussi: NBA à Paris en 2027 et 2028

L'Ère Platini et les Confrontations en Compétitions Majeures (1980-2000)

Les années 1980 ont été dominées par le talent de Michel Platini et une génération dorée de joueurs français. Le 16 juin 1984, à Nantes, la France a écrasé la Belgique 5-0 lors du premier tour de l'Euro 1984, avec un triplé de Platini. Cette victoire a propulsé les Bleus vers les demi-finales et, finalement, vers le titre européen.

La Coupe du Monde 1986 au Mexique a offert une autre confrontation mémorable. Après avoir été toutes deux éliminées en demi-finales, la France et la Belgique se sont retrouvées pour le match de la troisième place. A Puebla (Mexique), au stade Cuautehmoc, pour cette petite finale du Mondial, la France de Papin, Vercruysse, Tigana ou Le Roux s'est imposée 4-2 contre la Belgique de Gerets, Pfaff et Scifo. Les Bleus ont terminé troisièmes du Mondial. La France s'est imposée 4-2 après prolongation, remportant ainsi la médaille de bronze. Jean-Marc Ferreri, milieu offensif des Bleus et de l'AJ Auxerre, en parlait comme d'un match « Coca-Cola », du nom de l'un des sponsors principaux de la Coupe du monde.

Le 25 mars 1992, un match amical à Paris s'est soldé par un spectaculaire 3-3, où les Bleus ont été menés trois fois mais ont réussi à égaliser à chaque fois.

Préparations et Désillusions (2000-2018)

Le début du XXIe siècle a été marqué par des matchs amicaux servant de préparation aux grandes compétitions. Le 18 mai 2002, à Saint-Denis, la France, championne du monde et d'Europe en titre, a subi une défaite surprise 1-2 contre la Belgique, lors de son dernier match à domicile avant la Coupe du Monde 2002. Les Belges ont même marqué tous les buts, avec un but de Glen De Boeck et un but contre son camp de Timmy Simons. Ce soir-là, au Stade de France, les Bleus devaient poursuivre leur lancée vers une deuxième étoile. Et tout était réuni pour : l'annonce sur écran géant de la naissance de Théo, fils de Zinedine Zidane, absent pour l'occasion, la chanson de Johnny Hallyday, 79 056 spectateurs en bleu… Mais le jour de gloire était bien belge. Grâce à Marc Wilmots, qui a marqué le but de la victoire dans le temps additionnel. Cette défaite a été un signe avant-coureur du fiasco de la Coupe du Monde 2002, où la France a été éliminée dès le premier tour. La France s'est envolée ensuite vers le Japon et la Corée du Sud pour le Mondial, avec des leçons à méditer…

Le 7 juin 2015, un autre match amical à Saint-Denis a vu la Belgique s'imposer 4-3 face à une équipe de France malmenée. Les Bleus de Didier Deschamps ont été dominés par la génération d'Eden Hazard, qui menait même 4-1 avant que Nabil Fekir et Dimitri Payet ne réduisent l'écart dans les dernières minutes. C'est le plus frais dans nos esprits. Mais autant vous le dire : les équipes ont bien changé. Exit les Sagna, Trémoulinas, Sissoko, Cabaye, Valbuena côté Bleus, exit les Benteke ou Nainggolan côté Rouges. La rencontre est restée toutefois marquante : pour la première fois de son histoire au Stade de France, les Bleus ont encaissé quatre buts.

Lire aussi: Informations billetterie Paris Volley

La confrontation la plus récente et la plus marquante entre les deux équipes est sans aucun doute la demi-finale de la Coupe du Monde 2018 en Russie. Le 10 juillet 2018, à Saint-Pétersbourg, la France a battu la Belgique 1-0 grâce à un but de Samuel Umtiti. Cette victoire a permis à la France d'accéder à la finale, où elle a remporté son deuxième titre mondial.

Rivalité et Respect : Bilan et Perspectives

Au total, la France et la Belgique se sont affrontées 73 fois. Sur ces 73 confrontations, 62 ont été amicales. Normal, entre voisins. Ce qui veut dire que seulement onze étaient en compétition : quatre en qualifications à l'Euro, quatre en qualifications à la Coupe du monde, deux en Coupe du monde et une à l'Euro. Le bilan général est en faveur de la Belgique avec 30 victoires pour 19 nuls et 24 succès bleus. Mais le bilan en compétition penche vers la France : 5 victoires, 3 nuls, 3 défaites.

La rivalité entre les deux équipes est forte, mais elle est également empreinte de respect mutuel. Les comparaisons sont sans fin, les lancers de piques aussi. Ils ont Eden Hazard, on a Kylian Mbappé. Ils célèbrent leur victoire à la Jupiler, on trinque à la « Kro ». Ils mettent l'accent sur notre arrogance, on moque leur « une fois » à toutes les fins de phrases. L'histoire des matchs France-Belgique est riche en émotions, en moments de gloire et de déception. Ces confrontations ont contribué à façonner l'identité des deux équipes et à nourrir la passion des supporters.

Le duel entre Belges et Français est bien plus que footballistique. Entre ces deux peuples frontaliers, c'est un éternel amour vache : on s'aime mais on se tacle. Ou plutôt on se frite, à l'image des fameux bâtonnets de patate dont chaque nation, forcément chambreuse, revendique la paternité depuis des siècles avec une pincée de mauvaise foi!

La République aux 67 millions d'âmes et le Royaume six fois moins peuplé, entretiennent de drôles de relations. Une Histoire faite de réconciliations, de jalousies, de méfiances réciproques, d'ententes joviales, de blagues plus ou moins mordantes. « Le Belge francophone adore détester le Français mais il fait semblant ».

Lire aussi: Où jouer au hockey loisir à Paris ?

« De son côté, le Belge francophone (NDLR : 4,5 millions de personnes, sur une population de 11,4 millions d'habitants) adore détester le Français mais il fait semblant. Il envie à la France sa gastronomie et la diversité de ses paysages. C'est, pour lui, l'endroit rêvé pour le tourisme », décrypte Catherine Lanneau, professeure d'histoire à l'université de Liège.

« Ce que vit actuellement la Belgique, c'est un peu comme la France black-blanc-beur de 1998, une espèce de communion nationale. Le football est, avec la Monarchie, un facteur fédérateur, surtout quand on gagne. Dans une période de tensions autour du phénomène migratoire, c'est très positif », s'enthousiasme l'universitaire.

Les Premières Fois de l'Équipe de France

L'Équipe de France a 120 ans. Retour sur les premières de la riche histoire des "Bleus", depuis leur premier match contre la Belgique, le 1er mai 1904 à Bruxelles. Cent-vingt ans séparent aujourd'hui l'Équipe de France de ses débuts internationaux, un dimanche 1er mai, à Bruxelles.

Le premier match de compétition de l’Équipe de France date du 19 octobre 1908 à Londres, à l’occasion des Jeux olympiques. Les Tricolores se sont inclinés 0-9 face au Danemark.

La première prolongation de l’histoire de l’Équipe de France est aussi la première en Coupe du monde. Le 27 mai 1934, les Tricolores faisaient jeu égal avec l’Autriche à Turin (1-1) et ne s’inclinaient qu’après trente minutes supplémentaires (2-3).

L’Équipe de France a disputé le premier match de phase finale d’un championnat d’Europe des Nations, au Parc des Princes contre la Yougoslavie. Elle l’a perdu 4-5 après avoir mené 4-2 puis encaissé trois buts en quatre minutes.

La toute première victoire française en compétition date des Jeux olympiques de 1920 à Anvers (Belgique). Contre l’Italie, la France s’impose 3-1 et se qualifie pour les demi-finales du tournoi.

Le premier match sans aucun but marqué dans l’histoire des Bleus est le 144e, et c’était le 5 décembre 1937 contre l’Italie au Parc des Princes (0-0, amical).

C’est le premier buteur de l’Équipe de France, après douze minutes de jeu contre la Belgique lors du premier match de l’histoire, le 1er mai 1904 : Louis Mesnier.

C’est le premier joueur français à tirer un pénalty en sélection : Joseph Verlet, le 12 avril 1908.

C’est l’attaquant du Red Star Eugène Maës qui a été le premier Bleu à marquer un doublé (14e, 40e minutes), contre l’Italie le 9 avril 1911, à Saint-Ouen (2-2, amical). Eugène Maës a également signé le premier triplé de l’histoire de l’Équipe de France le 17 mars 1912 à Turin contre l’Italie (10e, 38e, 66e minutes), pour la première victoire française contre l’Italie (4-3, amical).

Ce milieu de terrain athlétique a été le premier Bleu à tirer (et transformer) deux pénalties lors du même match (40e, 76e minutes), contre Chypre le 11 octobre 1980 : Jean-François Larios.

Le but de Michel Platini contre le Portugal, le 23 juin 1984, lors de l'Euro en France, est le plus tardif de l’histoire des Bleus.

Le premier remplaçant buteur : Roger Rolhion, le 12 juin 1932.

Georges Crozier, le deuxième gardien de l’Équipe de France, est le premier à avoir subi un pénalty en sélection, le 22 avril 1906 contre la Belgique.

C’est le premier gardien à avoir arrêté un tir au but en Coupe du monde : Jean-Luc Ettori, le 8 juillet 1982.

Si la demi-finale RFA-France à Séville est restée dans les mémoires le 8 juillet 1982, c’est aussi la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du monde. Alain Giresse en est le tout premier tireur.

Le premier match de l’Équipe de France contre un adversaire non-européen date du 1er juin 1924, à Colombes contre l’Uruguay (1-5) lors des Jeux olympiques de Paris.

C’est le premier stade où l’Équipe de France a joué à domicile le 12 février 1905, pour sa première victoire (1-0 contre la Suisse, amical) : le Parc des Princes.

C’est la première ville africaine (Maroc) où les Bleus ont joué, le 27 mai 1998. C’était contre… la Belgique au tournoi Hassan-II (1-0) : Casablanca.

Il a fallu attendre le 19 mai 1978 pour voir les Bleus rencontrer une équipe nationale africaine, la Tunisie, à Lille (2-0, amical).

Montevideo (Uruguay) est la première ville sud-américaine (et la première hors d’Europe) à avoir accueilli un match de l’Équipe de France, le 13 juillet 1930 à l’Estadio Pocitos contre le Mexique.

La toute première fratrie de l’histoire de l’Équipe de France a été constituée dès le premier match, le 1er mai 1904 à Bruxelles contre la Belgique (3-3) : Charles Bilot et son frère Georges.

Le premier capitaine de l’histoire de l’Équipe de France, c’est Fernand Canelle.

Il a fallu attendre le 1er septembre 1957 et le 234e match de l’Équipe de France pour que son capitaine porte un brassard distinctif. Il s’agissait d’Armand Penverne, contre l’Islande à Reykjavik (succès 5-1, éliminatoires CM58).

Un Match de Noël en 1944

En cette fin décembre 1944, la capitale a le cœur léger. L'occupant a été repoussé au mois d'août et, même si la guerre se poursuit, Paris a repris le cours d'une vie normale. Un match de football est même prévu au Parc des Princes le 24 décembre 1944 : la FFF a invité l'équipe de Belgique, histoire de reprendre le fil d'une tradition brisée par la Guerre.

En cette veille de Noël, il fait très froid à Paris. Restrictions obligent, les vestiaires du Parc des Princes ne sont pas chauffés, pas plus que les chambres d'hôtel où les joueurs ont dormi. Jusqu'au dernier moment, on a redouté que les Belges ne puissent rallier Paris. Leur pays n'est pas encore libéré du joug allemand et leur voyage a été dantesque. Leur train, en grande partie occupé par des soldats en permission, les a obligés à voyager assis sur leurs bagages. Les wagons n'étaient pas chauffés et un vent glacé s'engouffrait par les vitres brisées. Le convoi a même été bloqué une dizaine d'heures en gare de Saint-Quentin à cause d'une alerte.

L'équipe de France s'organise autour du capitaine Fred Aston, du Red Star, et de l'ailier de Roubaix Henrich Hiltl, un ancien international autrichien naturalisé juste avant la guerre. Juste avant le match, les 24.000 spectateurs saluent par une ovation Étienne Mattler, recordman des sélections devenu héros de la Résistance. La France ouvre le score en fin de première mi-temps par André Simonyi, joueur du Red Star, servi à la limite du hors-jeu par le Bordelais Henri Arnaudeau, qui double la mise juste avant la pause en reprenant victorieusement un centre de Hiltl. Le capitaine Fred Aston a raison d'Henri Meert après deux tirs repoussés du Lillois Jules Bigot. Le football a repris ses droits. Les spectateurs du Parc ne s'y trompent pas, qui applaudissent tant les joueurs français que leurs adversaires.

Tous retourneront finalement en Belgique, qui va elle aussi retrouver des jours plus heureux.

tags: #paris #football #belgique