La victoire historique du Paris Saint-Germain (PSG) face à l'Inter Milan en finale de la Ligue des Champions aurait dû être une nuit de célébration et de joie à travers toute la France. Cependant, la soirée a été ternie par des incidents graves, des débordements et des drames qui ont endeuillé la liesse populaire. Des affrontements ont éclaté, des pillages ont été commis et, tragiquement, deux personnes ont perdu la vie.
Deux décès tragiques en marge des festivités
La nuit de samedi à dimanche a été marquée par deux décès tragiques, survenus dans des circonstances différentes, mais tous deux liés aux célébrations de la victoire du PSG.
À Dax, un adolescent poignardé à mort : Dans les Landes, à Dax, un jeune homme de 17 ans, prénommé Benoît, a été mortellement poignardé lors des festivités. L'agression s'est produite rue Sainte-Ursule, une impasse dépourvue de caméras de vidéosurveillance. Malgré sa prise en charge rapide et son transport à l'hôpital, il a succombé à ses blessures. Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait d'une « action individuelle sans lien avec les résultats sportifs », l'auteur présumé des faits étant toujours en fuite. Trois jours après le drame, l'enquête a été requalifiée en "assassinat", en raison d'un "contentieux préexistant" entre l'agresseur présumé et la victime.
À Paris, un jeune homme tué à scooter : Dans la capitale, un jeune homme de 23 ans, employé d'un des restaurants du célèbre cuisinier Jean Imbert, a été mortellement percuté par une voiture de supporters parisiens alors qu'il circulait à scooter dans le 7e arrondissement. Le conducteur du véhicule, âgé de 19 ans, a été placé en garde à vue. Les dépistages d'alcool et de stupéfiants se sont révélés négatifs. Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a confirmé « un accident mortel », tout en indiquant que « l'enquête judiciaire dira s'il peut être rattaché ou pas aux festivités ».
Débordements et violences dans plusieurs villes de France
Outre ces décès tragiques, de nombreux incidents et débordements ont été signalés dans plusieurs villes de France, témoignant d'une soirée de liesse qui a malheureusement dégénéré.
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Paris : La capitale a été le théâtre de scènes de violences et de vandalisme. Des incidents ont éclaté porte de Saint-Cloud et en haut des Champs-Élysées. La place de l'Étoile, pourtant interdite à la circulation, a été prise d'assaut. Des vitrines ont été brisées, du mobilier urbain détruit, des vélos en libre-service incendiés et une terrasse éphémère ravagée par les flammes. Des magasins ont été pillés et des véhicules incendiés. Selon le ministère de l'Intérieur, 563 personnes ont été interpellées, dont 491 à Paris, et 307 ont été placées en garde à vue.
Grenoble : En Isère, à Grenoble, une famille a été renversée par une voiture en pleines festivités. Le conducteur a tenté un demi-tour au frein à main, mais a raté sa manœuvre et a percuté quatre personnes : une femme de 46 ans, ses deux garçons de 17 ans et sa nièce de 23 ans. Si les deux femmes et l'un des jumeaux n'ont pas été très sérieusement blessés, le second adolescent est toujours entre la vie et la mort.
Coutances : Dans la Manche, à Coutances, un policier a été grièvement blessé au visage par un tir de mortier d'artifice alors qu'il était en faction près de la cathédrale. Il a été hospitalisé au CHU de Caen et placé en coma artificiel. Une enquête a été ouverte pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique.
Nantes : À Nantes, en Loire-Atlantique, un bus a été saccagé et des magasins dégradés dans le centre-ville. Huit individus ont été interpellés par les forces de l'ordre.
Lyon : À Lyon, dans le Rhône, des groupes très mobiles ont dégradé du mobilier urbain, incendié des poubelles et lancé des mortiers d'artifices et des projectiles en direction des forces de l'ordre. Plusieurs commerces ont été attaqués lors de tentatives de pillages, et l'Hôtel de ville a également été ciblé.
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Autres villes : Des débordements ont également été signalés à Montpellier, Toulouse, Saint-Étienne, Orléans, Pau, Alençon, Limoges, ainsi que dans la Somme et dans l'Oise.
Réactions et condamnations
Face à ces incidents et drames, les réactions ont été nombreuses et les condamnations unanimes.
Emmanuel Macron : Le Président de la République a condamné des violences "inacceptables" et a assuré que "nous poursuivrons, nous punirons, on sera implacables".
Bruno Retailleau : Le ministre de l'Intérieur s'est dit "en colère" face à ce "déchaînement de violence" et a dénoncé "des barbares venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l'ordre". Il a également assuré que "nous ne supporterons aucune exaction ce dimanche soir".
Laurent Nuñez : Le préfet de police de Paris a déploré que "des personnes étaient manifestement là pour faire des pillages et s'en prendre aux forces de l'ordre, ils ne regardaient même pas le match".
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Enquêtes en cours et mesures de sécurité renforcées
Des enquêtes ont été ouvertes pour faire la lumière sur les différents incidents et identifier les auteurs des violences. Les forces de l'ordre ont été mobilisées en nombre pour assurer la sécurité et prévenir de nouveaux débordements. Le ministre de l'Intérieur a donné la consigne aux forces de sécurité intérieures d'intervenir systématiquement et immédiatement dès lors qu'elles constateraient des violences.