L'Histoire du FC Metz en Ligue 1 : Une Montagne Russe d'Émotions

Le Football Club de Metz, club emblématique de la Lorraine, a connu une histoire riche et mouvementée en Ligue 1, marquée par des hauts et des bas, des moments de gloire et des désillusions. De ses débuts dans l'élite à son statut actuel, le club grenat a su forger une identité forte et laisser une empreinte indélébile dans le paysage footballistique français.

Les Premières Années : Découverte et Adaptation (1932-1939)

L'histoire du FC Metz prend racine avec la fondation du Cercle Athlétic Messin. Le club obtient le statut professionnel et est baptisé Football Club de Metz, devenant l'un des 20 clubs pionniers à participer au premier championnat de France de football Division 1 (D1). Le premier match de l'histoire du FC Metz en D1 se solde par une défaite (1-2) contre le Stade Rennais, mais la première victoire arrive rapidement, lors de la 4ème journée contre l'Olympique d'Alès (3-2). Après une saison d'apprentissage, le club termine 9ème du Groupe B et est relégué en Division 2 (D2).

Le club est rebaptisé Cercle des Sports de Metz. Après une saison en D2, le CS Metz est promu en D1. Les saisons suivantes sont une succession de classements en milieu de tableau : 11ème, 7ème, 11ème, puis 8ème.

La Période de Guerre et l'Annexion (1939-1945)

La Seconde Guerre mondiale marque une interruption brutale dans l'histoire du club. À la suite de l'annexion de la Moselle par l'Allemagne, le FC Metz est rebaptisé Fussball Verein Metz et intégré à la Gauliga Westmark du championnat d'Allemagne. Le FV Metz termine 2ème à plusieurs reprises.

L'Après-Guerre : Reconstruction et Instabilité (1945-1967)

Après la guerre, le club retrouve son nom de Football Club de Metz, réintègre le championnat de France en D1 et obtient à nouveau le statut professionnel. Les premières saisons sont difficiles, avec une 17ème place suivie de plusieurs saisons en milieu de tableau (10ème, 11ème, 16ème). En 1958, le FC Metz termine 18ème et dernier de D1, synonyme de relégation en D2.

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Le club remonte en D1 après une saison en D2. S'ensuivent des années d'ascenseur entre la D1 et la D2, avec des difficultés à s'installer durablement dans l'élite.

L'Ère de la Stabilité et les Premiers Succès (1967-1990)

Le FC Metz parvient à se stabiliser en D1 à partir de la fin des années 1960. Le club connaît alors une période de stabilité, alternant entre le milieu et le bas de tableau.

L'Âge d'Or : L'Ère Joël Muller et les Coupes (1990-2000)

Les années 1990 marquent le début de l'ère Joël Muller. Cet ancien joueur du club, devenu entraîneur, insuffle une nouvelle dynamique à l'équipe. Fin tacticien, habile pédagogue, il prône des valeurs chères au club lorrain. Fidélité, rigueur, réalisme et combativité sur le terrain sont les maîtres-mots de sa conception du football. Perfectionniste, Joël Muller aime construire sur le long terme, insuffler ses valeurs aux jeunes du centre de formation afin ensuite de récolter les fruits de ce labeur collectif.

Après des débuts timides, l'équipe prend son envol lors de la saison 1994-95, terminant à la 8ème place du Championnat et atteignant les demi-finales de la Coupe de France. L'équipe est solide et ne subit que 4 défaites à l'extérieur. En plus de cette honorable 4ème place, le FC Metz de Robert Pirès, Jocelyn Blanchard, Sylvain Kastendeuch et Patrick M'Boma, remporte sa seconde coupe de la Ligue. Après avoir écarté Lille et Niort (D2) sur le score de 2-0, Metz s'impose contre Guingamp (2-1) lors des demi-finales et affronte Lyon en finale, le 6 avril 1996 au Parc des Princes.

La saison 1995-1996 est marquée par une victoire en finale de Coupe de la Ligue contre l'AS Monaco (2-0 ap). Le FC Metz participe à plusieurs reprises à la Coupe d'Europe, à la faveur de ses victoires en Coupe et de ses bons classements en première division. Le club réalisa son meilleur parcours lors de la saison 1996/1997 puisqu'il accéda aux huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA.

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Mais s'il y a une saison qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective lorraine, c'est 1997-98. Elle aurait pu définitivement consacrer le club et lui permettre d'inscrire son nom en lettres d'or au palmarès des grands clubs français. En effet, le FC Metz passe tout près du titre de champion de France. Le club doit se contenter d'une place de dauphin (à la différence de buts) qui va s'avérer délicate à gérer, après de multiples rebondissements et un final dramatique. En tout début de saison, Joël Muller affiche ses prétentions et entend bien figurer en Championnat. Danny Boffin surnommé " Danny la mobylette ", " l'homme aux trois poumons " ou encore " Speedy Gonzalez " en référence au célèbre dessin animé des années 70, enchantera Saint Symphorien de nombreuses années avec ses courses fantastiques et ses relais incessants. Vladan Lukic, l'attaquant serbe, est passé par l'Atletico Madrid, Marbella avant de rejoindre Sion. Meyrieu et Lukic y ont été " débusqués " par Bernard Zénier, et quittent donc la Suisse où ils viennent de réaliser un doublé Coupe-Championnat. Après un mois d'octobre noir ponctué par une défaite à Strasbourg (0-2), une autre à Marseille (0-2) et une dernière à domicile contre Montpellier (0-1), une élimination au premier tour en Coupe de l'UEFA contre le club allemand de Karlsruhe SC, le FC Metz se reprend et entame une nouvelle série d'invincibilité, qui permet au club d'être champion d'automne et leader à la trêve, et se poursuit jusqu'au 2 janvier 1998. Après dix journées sans défaites, Metz s'incline à domicile devant Bastia (0-1). La France du football se délecte par avance du duel entre Metz et Marseille. Les messins s'imposent à Saint Symphorien (3-2) le 6 mars, lors de la 28ème journée du Championnat. A ce moment là tout sourit aux messins et le titre leur paraît promis.Mais c'est sans compter sur la menace lensoise. Les Nordistes obtiennent un succès mérité à Saint Symphorien le 29 mars. A la 23ème minute, Stéphane Ziani mène une contre-attaque tranchante et sert Vladimir Smicer qui centre pour Anton Drobnjak, lequel marque d'une tête plongeante. 1-0 pour Lens. Cinq minutes plus tard, Smicer frappe, Lionel Létizi repousse le ballon mais Drobnjak, opportuniste, reprend et donne deux buts d'avance à Lens, alors que le stade Saint-Symphorien est plongé dans un silence de cathédrale. C'est le tournant de ce championnat : Le RC Lens prend alors la tête, qu'il n'a plus occupée depuis la 1ère journée et s'assure une sérieuse option pour le titre, à quatre journée de la fin. Lens ne perdra plus et sera sacré champion, le samedi 9 mai, en réussissant un nul chanceux à Auxerre (1-1) lors de la dernière journée. Les grenats relèvent pourtant un challenge jugé impossible et remportent tous leurs derniers matchs. Le 9 mai 1998, devant 17952 spectateurs, Le FCMetz reçoit l'Olympique Lyonnais et ouvre le score par Bruno Rodriguez (4ème). Frédéric Meyrieu tire un coup-franc de la gauche, alerte Jocelyn Blanchard côté droit. Celui-ci centre devant le but et Uras dégage comme il peut le ballon d'une tête plongeante. Metz préserve son avantage, s'impose 1-0, mais n'est plus maître de son destin. Les supporters exultent et chantent " On est les Champions ". Cette ambiance de folie vivra une heure, le temps pour le RC Lens de partager les points avec l'AJ Auxerre dont le gardien s'est rapidement blessé, ce qui lui suffit pour être sacré champion de France. Metz, à égalité de points avec son adversaire nordiste, est battu à la différence de buts (+25 pour Lens, +20 pour les Messins). Le titre s'envole. Pourtant les joueurs sont ovationnés par leur public, la foule massée Place d'Armes, acclame ses héros venus en camion plate-forme depuis le stade, avec au volant le Président Molinari en personne… Concentré sur le Championnat, le FC Metz est éliminé lors des huitièmes de finale de la Coupe de France par le petit club amateur de CFA2 de Bourg-Péronas (0-2). Les Grenats parviennent également en quarts de finale de la Coupe de la Ligue, où ils s'inclinent face au PSG (0-1), futur vainqueur de la compétition. Tout Metz est fier de la saison de la " bande à Pirès ", même si elle n 'est ponctuée par aucun titre.

La saison 1998/1999 est marquée par une participation en Coupe Intertoto (élimination au dernier tour contre West Ham) et la venue sur les bords de la Moselle du jeune milieu de terrain de l'AS Nancy-Lorraine Christophe Bastien (plus gros transfert de l'histoire du club), du rennais Nicolas Goussé et de l'attaquant ukrainien Sergeï Skachenko. Malheureusement Christophe Bastien se blesse lourdement à une cheville et les deux attaquants peinent à confirmer tout le bien que l'on pense d'eux. Le FC Metz intègre malgré tout la Coupe de l'UEFA et y affronte l'Etoile Rouge de Belgrade. Les messins tombent avec les honneurs en s'inclinant aux tirs aux buts à domicile (2-1 / 2-1 et 3 tab à 4), dans un match qui sent la poudre, en raison du conflit yougoslave. Les supporters serbes fanatisés commettent de nombreuses exactions mais leur équipe repart vainqueur. En Coupe de la Ligue, le FC Metz rencontre le 18 avril 1999 à Saint-Symphorien le Montpellier Hérault Sporting Cub de " Loulou " Nicollin ; dans cette demi-finale époustouflante et riche en rebondissements Nenad Jestrovic inscrit trois buts (victoire 4 à 3). Les grenats découvrent le désormais mythique Stade de France, le 8 mai 1999, contre le RC Lens en finale de la Coupe de la Ligue. Finaliste (1): 1998/99. 2ème Tour de Qualification (1): 1998/99. Le FC Metz a visité une fois la mythique enceinte du Stade de France. C'était à l'occasion de la finale de la Coupe de la Ligue 1999, malheureusement perdue par les Grenats face à Lens (1-0).

Les Années 2000 : Descente aux Enfers et Reconstruction

À l'entame de la nouvelle saison, Le FC Metz ne parvient pas à garder ses meilleurs éléments. Même si Joël Muller reste, Robert Pirès, leader du groupe et figure emblématique de la formation lorraine, décide finalement de partir à l'Olympique de Marseille. Courtisé par plusieurs grands clubs, notamment la Juventus de Turin, mais surtout Arsenal, Monaco, le PSG et l'OM, Pirès est séduit par les perspectives ambitieuses que lui proposent les dirigeants olympiens. Il annonce son départ le 22 mai, peu avant la Coupe du monde à laquelle il participe avec l'équipe de France. Le FC Metz, qui a cru, un moment, pouvoir conserver Pirès, reçoit environ 50 MF de la part de l'OM, ce transfert, reste à ce jour , le plus gros transfert de l'histoire du club. Jocelyn Blanchard, lui, est transféré à la Juventus Turin, Rigobert Song à Salernitana (Italie), Cyril Serredszum, après plus de dix ans au club, part pour Montpellier. Ces départs sont compensés par l'engagement de plusieurs joueurs. Mais ces recrues malgré les qualités de certains, ne pallient pas la perte de Pirès et consorts. Carlo Molinari et son staff, vivement critiqués, (comme le Président Herlory à son époque) se défendent en indiquant qu'ils ont réinvesti une partie de l'argent des transferts pour améliorer les infrastructures du club et en assurer la pérennité. Comment aurait-il pu se douter qu'à l'orée de la saison 1998-99, l'équipe allait être cruellement affaiblie par les blessures de plusieurs de ses éléments clés ?

Pour la saison 2000/01 l'effectif est stable : les "cadres" sont épaulés par les jeunes du centre de formation qui ont fait leurs preuves: Grégory Leca, Grégory Proment, Sylvain Marchal, Eric Hassli et Stéphane Morisot hélas victime d'une rupture du ligament croisé antérieur en cours de saison. Du côté des transferts, Faryd Mondragon, l'impressionnant gardien international colombien réussi la lourde tâche de faire oublier Lionel Létizi parti relever un nouveau défi au PSG. Après un bon début de saison qui vit notamment Eric Hassli faire une entrée fracassante dans le monde professionnel, la formation lorraine s'enlise en queue de peloton. Manquant de panache offensif, les Messins comptent sur l'arrivée de l'espoir colombien Tressor Moreno pour retrouver des couleurs. Joël Muller n'aura que trop peu l'occasion de domestiquer le talent brut du Sud-Américain. Il est limogé à l'intersaison après de longues années au service du FC Metz. Albert Cartier, son adjoint, reprend les rennes de l'équipe. Pourtant, ce n'est que retarder l'échéance. L'année suivante, le club conserve sa confiance en l'équipe en place, cette dernière ayant réalisé une deuxième partie de saison plus que satisfaisante (4ème sur les matches retour). Malheureusement, la formation messine, l'effet de surprise et Faryd Mondragon en moins, ne parvient pas à confirmer les promesses entrevues quelques mois auparavant. Du coup, après une élimination catastrophique de la Coupe de France à Libourne (CFA2) au moins de janvier, Carlo Molinari actionne à nouveau le siège éjectable. Dirigée par Gilbert Gress, l'équipe retrouve un style de jeu pimpant et spectaculaire mais perd de sa solidité défensive. Metz ne tirera pas non plus profit de ses nombreux matches en retard (5) dus aux conditions climatiques difficiles en hiver. Le couperet tombe le soir de l'ultime journée de championnat. Metz concède le nul face à Lorient dans un stade Saint-Symphorien comble mais finalement médusé. Après trente-cinq saisons passées au plus haut niveau, Metz retrouve la seconde division.

En difficulté financière, le Club à la Croix de Lorraine vit une intersaison difficile. La masse salariale est bien trop élevée pour le budget d’un club de Ligue 2. Metz doit dégraisser et se sépare de plusieurs joueurs tels que Baticle, Meyrieu ou Régis. C’est dans des conditions difficiles que Jean Fernandez prend place au poste d’entraîneur en remplacement de Gilbert Gress. Alors qu’il reste sur une bonne période à Sochaux, club qu’il avait également repris en main à l’étage inférieur, Fernandez a la lourde tâche de remonter directement au sein de l’élite avec un effectif rajeuni. Si le début de saison s’avère difficile, l’équipe décollera au lendemain d’une nouvelle défaite à Valence (3-1). Dès lors, la formation lorraine entame son ascension au classement alors qu’elle occupe une triste seizième place. Solides à domicile (15 victoires, 3 nuls et 1 défaite), les Messins s’appuient sur une efficacité remarquable au niveau des coups de pieds arrêtés ainsi que sur un duo d’attaquant Niang - Adebayor qui fera merveille lors des matches retour. Le premier, prêté par Troyes lors du mercato d’hiver, sera également un acteur important de l’aventure messine en Coupe de la Ligue. Malheureusement, la coqueluche de Saint-Symphorien ne peut rester sur les bords de la Moselle au terme de la saison. La ré-accession à l’élite a beau être acquise, le club se doit d’apurer un passif qui l’empêche de recruter le Sénégalais. Comme si cela ne suffisait pas, Metz est également contraint de vendre. Ainsi, Adebayor s’envole pour Monaco et la ligne d’attaque doit être repensée. Cette saison 2003-2004 verra le onze messin afficher un bilan paradoxal. Ce dernier, plus apte à contrer qu’à faire le jeu, engrange la plupart de ses victoires à l’extérieur. La vitesse de Toifilou Maoulida (12 buts), prêté par Rennes toute la saison, représente une arme offensive de premier choix dans le système de Jean Fernandez. Malgré tout, le club reste en constante difficulté tout au long de l’année, naviguant à vue juste au dessus de la zone rouge. A dix journées de la fin, après une double défaite à domicile (contre Toulouse puis Lens, 2-0), Jean Fernandez bouleverse sa formation afin d’y intégrer de jeunes joueurs. Les Obraniak, Renouard, Gueye ou encore Béria participeront à la bonne fin de saison des Grenats. Si l’issue de cette première année en Ligue 1 est positive, les nerfs des uns et des autres ont été mis à rude épreuve. Toujours sans le sou, Metz renouvelle tout de même largement son effectif. Avec pour objectif de s’assurer du maintien avant les dernières journées de championnat. Malgré un départ époustouflant (leader après quatre matches et une nouvelle victoire à Marseille 3-1), la formation de Jean Fernandez ne parvient pas à trouver son rythme de croisière. La révélation de l’année, Franck Ribéry, quittera même le navire à la mi-saison pour rejoindre Galatasaray. Privée de son meilleur pourvoyeur de ballons, l’attaque messine accuse le coup, les renforts enregistrés au mercato ne suffisant pas à la redynamiser. C’est avec les tripes que les Messins parviendront à prolonger leur bail parmi l’élite. En accrochant, au courage, deux victoires à l’arraché contre des concurrents directs (Caen puis Istres), ils resteront à distance de la zone rouge. Il leur faudra tout de même attendre la dernière journée pour obtenir mathématiquement leur maintien. La souffrance aura encore été au rendez-vous. Jean Fernandez s’envole alors pour Marseille, entraînant le retour de Joël Muller. Un cycle prend fin. Si ces trois saisons furent douloureuses, le club est remis à flot sur le plan financier au moment d’aborder un exercice particulier parmi l’élite.

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En 2003, ils ont également effectué un parcours honorable dans cette compétition en battant Bordeaux puis Nantes, deux formations de niveau supérieur (Metz était alors en Ligue 2), avant de chuter à Sochaux en demi-finale au terme d'un match héroique.

Après une saison en Ligue 1, le club est relégué en Ligue 2. S'ensuit une période difficile avec une relégation en National (D3). Le club parvient à remonter en Ligue 2 puis en Ligue 1, mais sans parvenir à se stabiliser durablement.

Les Années 2010 : L'Ascenseur Émotionnel

Les années 2010 sont marquées par une instabilité sportive et administrative. Le club connaît plusieurs montées et descentes entre la Ligue 1 et la Ligue 2.

Inauguration du Stade Saint-Symphorien et Record d'Affluence

Inauguration du stade Saint-Symphorien le 11 Septembre. Le record d'affluence est battu le 7 Décembre.

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