Christine Sinclair : L'icône du soccer canadien et son héritage

Christine Sinclair, un nom synonyme de soccer au Canada, est bien plus qu'une simple joueuse. Elle est une légende vivante, une source d'inspiration et une pionnière qui a marqué l'histoire du sport au pays de la feuille d'érable. Son parcours exceptionnel, son dévouement inébranlable et ses performances exceptionnelles ont fait d'elle la meilleure joueuse de soccer canadienne de tous les temps.

Un début précoce et une passion naissante

Née le 12 juin 1983 à Burnaby, en Colombie-Britannique, Christine Sinclair a découvert sa passion pour le football dès l'âge de 4 ans. Elle a commencé à jouer au soccer dans le club de sa ville natale, mais ses débuts ont été difficiles. Timide et réservée, elle n'aimait pas ce sport et n'osait pas le dire. Cependant, lorsque ses amis d'école ont rejoint son équipe, elle a commencé à apprécier le football.

Malgré son amour naissant pour le soccer, Christine Sinclair a également pratiqué d'autres sports, tels que le baseball, le basketball, le lacrosse et le volleyball. Longtemps, elle a hésité entre le baseball et le football. Ce n'est qu'à 11 ans qu'elle a pris sa décision : ce serait le foot. Elle intègre l’équipe départementale des moins de 14 ans. «Mon coach m’a dit à l’époque que si je continuais comme cela, j’allais entrer en équipe nationale très jeune», se souvient-elle.

L'ascension vers les sommets

Le talent exceptionnel de Christine Sinclair n'est pas passé inaperçu. À l'âge de 15 ans seulement, elle a été repérée par l'entraîneur national, Even Pellerud. Dès son second match avec l'équipe canadienne, elle marque un but libérateur face à la gardienne norvégienne légendaire, Bente Nordby.

À seulement 16 ans, elle fait ses débuts avec l’équipe canadienne en Coupe de l’Algarve, un tournoi féminin international très réputé. Elle marque un but dès son deuxième match, en plante 14 de plus cette année-là, notamment en Concacaf (Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes), et décroche le record de réalisations en une saison pour son pays.

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Depuis ses débuts, la discrète brune a marqué de nombreux buts avec l’équipe nationale, faisant d’elle la meilleure marqueuse de tous les temps. Avec les Rouge et Blanc, elle remporte la Gold Cup 2010, et est médaillée d’argent en 2002 et 2006. En 2012, aux JO de Londres, elle réalise de peu l’exploit en perdant face aux redoutables américaines en demi-finale. Mais l’exemplaire capitaine sait toujours remotiver ses troupes. «Je n’ai jamais été aussi fière d’être avec sur le terrain avec une équipe. J’aime cette équipe, nous avons une médaille de bronze à gagner et je ne partirai pas d’ici sans elle». Et le bronze, les joueuses l’ont emporté.

Une carrière professionnelle couronnée de succès

Parallèlement à sa carrière internationale, Christine Sinclair a également connu une carrière professionnelle couronnée de succès. Celle qui a le pied droit en pied fort découvre la première division en 2009, à Gold Pride, où elle reste deux saisons. Après une pige courte pige d’une saison à New-York, SInclair prend la direction de Portland en 2013. Elle a évolué dans plusieurs clubs, notamment Gold Pride, Western New York Flash et Portland Thorns FC. Avec les Thorns, elle a remporté deux championnats de la National Women's Soccer League (NWSL) en 2013 et 2017.

Un leadership exemplaire et une source d'inspiration

Au-delà de ses performances sur le terrain, Christine Sinclair est également reconnue pour son leadership exemplaire et sa capacité à inspirer ses coéquipières. Capitaine de l'équipe canadienne depuis de nombreuses années, elle a su guider son équipe vers de nombreux succès, notamment deux médailles de bronze aux Jeux olympiques de 2012 et 2016.

Longtemps, elle a eu du mal à obtenir l’amour du public. Trop timide, trop froide. En plein match, elle se casse le nez. Le sang coule abondamment, la douleur est intense. Mais Christine ne pleure pas. Ne se plaint pas. Elle ne réclame qu’une chose, retourner sur le terrain. Et contre l’avis médical du staff, elle rejoue, et marque. Malgré son statut de superstar, elle refuse d’avoir un traitement particulier. Elle ne supporte pas les équipements personnalisés que certaines joueuses et joueurs arborent. Elle craint de demander quoi que ce soit.

«Elle a une influence incroyable sur cette équipe», confie l’entraîneur national, John Herdman.

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Un modèle de persévérance et de résilience

La carrière de Christine Sinclair n'a pas été sans embûches. Elle a dû surmonter de nombreuses blessures et déceptions, mais elle n'a jamais baissé les bras. Sa persévérance et sa résilience sont une source d'inspiration pour de nombreux jeunes joueurs et joueuses de soccer au Canada.

Lorsqu’elle était enfant, sa mère découvre qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques. Aujourd’hui, elle se déplace en fauteuil roulant. Son attitude positive, c’est de sa mère que Christine Sinclair la tient. «C’est mon plus grand héros», confie-t-elle sur le site canadien des équipes olympiques.

Une ambassadrice du soccer féminin

Christine Sinclair est également une ambassadrice du soccer féminin. Elle a contribué à populariser ce sport au Canada et à encourager les jeunes filles à pratiquer le soccer. Son succès a permis de briser les barrières et de faire évoluer les mentalités.

Le football féminin navigue dans les eaux de la médiatisation sans avoir de références à communiquer à ceux qui viennent le découvrir. Qu’existe-t-il d’autres que Megan Rapinoe et sa personnalité ou d’Alex Morgan et la finesse de sa gestualité ? Si on doit résumer la force de la numéro 12 du Canada, on peut sans souci lui reconnaître l’esprit Olympique, qui souvenez-vous, n’acceptait que les athlètes amateurs, considérant que vivre professionnellement du sport était opposé à la devise de Pierre de Coubertin : « plus vite ! Plus haut ! Plus fort! ».

Une légende en quête de nouveaux défis

À l'approche de sa sixième Coupe du monde, qui se déroulera du 20 juillet au 20 août en Australie et en Nouvelle-Zélande, Christine Sinclair est plus motivée que jamais. Elle espère mener son équipe vers un premier titre mondial et continuer à marquer l'histoire du soccer canadien.

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La Coupe du monde féminine se déroule du 20 juillet au 20 août. Le Canada sera positionné dans la poule B en compagnie d’un des deux pays hôtes, l’Australie. Christine Sinclair dispute son 6e Mondial avec la formation nord-américaine.

En 2019, Cinquième Coupe du monde pour celle qui fêtera son 36e anniversaire en juin en France et qui est plus que jamais la patronne incontestée des Canucks. Toujours aussi technique et puissante, « Sincy » détient le record de sélections et de buts pour le Canada (181 réalisations en 281 apparitions). Elle a l’occasion de devenir la plus grande buteuse de l’histoire du football. La Canadienne n’est plus qu’à trois longueurs de la légende américaine Abby Wambach.

Pour La Presse, les chances que “Sinclair éclipse la marque [batte le record] à sa cinquième Coupe de monde” sont bonnes. Son entraîneur, Kenneth Heiner-Moller, est d’accord avec le pronostic : “Ce sera un moment fantastique, un événement historique. C’est majeur pour Christine, pour cette équipe et pour le Canada”. Si c’est moi qui marque, je marque.

L'héritage de Christine Sinclair

Christine Sinclair est une légende du soccer canadien. Son talent, son leadership et sa persévérance ont fait d'elle un modèle pour de nombreux jeunes joueurs et joueuses de soccer au Canada. Son héritage continuera d'inspirer les générations futures.

John Herdman, le coach anglais qui a pris l’équipe canadienne en 2011 s’exprime ainsi sur le site de la FIFA : « Elle pourrait et elle devrait être multimillionnaire mais elle n’a jamais demandé un centime de plus que ses coéquipières. Elle a l’esprit Olympique de la Performance car c’est elle qui donne la victoire canadienne pour un Bronze Olympique à Rio en 2016, confirmant la performance exceptionnelle de 2012, battant la France dans les arrêts de jeu et obtenant le bronze Olympique. C’est encore elle qui sera l’identité du Mondial 2015, joué au Canada, dans un pays qui n’a pas de championnats professionnels de football, leurs joueurs et joueuses évoluant aux USA. Organiser un Mondial professionnel, il fallait le porter. Un symbole qu’elle saura imposer, quitte à prendre une sanction, en invoquant l’arbitre d’une 1/2 finale mondiale en 2011, permettant aux USA de l’emporter (4-3) dans les arrêts de jeu, bien trop long au goût des observateurs et de la canadienne. Elle a d’autant plus l’esprit Olympique, le jeu avant tout le reste, qu’elle est depuis 2013 à Portland, après avoir joué à Vancouver pendant un peu moins de 10 ans. Une quinzaine d’années, deux villes qui ne sont séparés que d’une frontière et seulement une centaine de miles. Les propositions, certainement nombreuses, n’ont jamais pu supporter la comparaison avec ses valeurs. C’est un joli cadeau que L’Olympisme lui fait. Battre le record d’Abby Wambach pour un match olympique , et se placer devant un trio d’americaines. L’histoire n’est peut-être pas terminée entre ces deux univers.

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