Classer les joueurs, les comparer en fonction de leur impact sur le jeu, sur leur génération, voire dans l’histoire, est un exercice que tous les fans et observateurs adorent. Dans une ligue aussi riche que la NBA, établir un Top 10 All-Time par poste n’est pas une mince affaire. Des années 70 aux années 80, en passant par les années 90 et 2000, chaque époque a vu émerger des talents exceptionnels. Où placer Vince Carter et George Gervin dans un tel classement ? Peuvent-ils être envisagés devant des Ray Allen ou des Reggie Miller ?
La NBA regorge de talents offensifs capables de faire exploser les compteurs à chaque match. Des joueurs comme Kareem Abdul-Jabbar, LeBron James, Kobe Bryant et Kevin Durant fascinent par leur régularité et leur instinct de tueur. Chez Trip Double, on a eu la chance d’assister à certaines de ces performances historiques lors de nos voyages NBA sur mesure, notamment les 40 000 points de LeBron James. Ces machines à scorer ont redéfini l’histoire de la NBA, empilant les points saison après saison avec une régularité impressionnante. Le classement all-time des meilleurs scoreurs en saison régulière reflète à la fois la longévité et l'efficacité de ces athlètes d’élite.
Les Critères de Classement
Avant de plonger dans le vif du sujet, il est crucial de définir les critères utilisés pour établir ce classement. Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- Les statistiques pures : Points marqués, rebonds, passes décisives, interceptions, contres, etc.
- Les titres et récompenses individuelles : MVP, titres de meilleur scoreur, sélections All-Star, etc.
- L'impact sur le jeu et l'équipe : Capacité à rendre ses coéquipiers meilleurs, leadership, clutch play, etc.
- La longévité et la constance : Performances sur une longue période, absence de blessures majeures, etc.
- L'influence culturelle et l'héritage : Popularité auprès des fans, impact sur les générations futures, etc.
Il est important de noter que ce type de classement est subjectif et peut varier en fonction des préférences de chacun.
Le Top 10 des Meilleurs Arrières de Tous les Temps
Voici une proposition de Top 10 des meilleurs arrières de tous les temps, en tenant compte des critères mentionnés ci-dessus :
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1. Michael Jordan
Le plus grand joueur de tous les temps, même si les années qui passent rouvrent fatalement le débat. Pour le moment, sa trace demeure indélébile. L'icône des Chicago Bulls a porté jusqu'au sublime le caractère esthétique de ce jeu et a accumulé un palmarès unique avec six titres et six trophées de MVP de la finale dans les années 1990.
2. Kobe Bryant
Le monde entier pleure le « Black Mamba », décédé dans un accident d'hélicoptère en début d'année. Héritier de Michael Jordan, avec qui il partageait une envie démente de dominer et une capacité de travail sans bornes, il a été cinq fois champion avec les Los Angeles Lakers, dont deux en tant que leader (2009, 2010).
3. Dwyane Wade
Enfant de Chicago, « Flash » avait un style unique, tout en souplesse, détente et touché. Il a été champion et MVP de la finale (2006) puis top scoreur (2009) en tant que leader de Miami, avant d'être rejoint au Heat par son ami LeBron James, avec qui il a remporté deux nouveaux titres (2012, 2013). Comme Kobe Bryant, Dwyane Wade va avoir le droit à son tour d'honneur dans chaque salle NBA avant de prendre sa retraite à la fin de la saison. Comme le Black Mamba, Flash a joué avec Shaquille O'Neal. "C'est l'un des meilleurs arrières de tous les temps", insiste plusieurs fois le Hall of Famer. "Il est arrivé en silence, il a bossé et il est devenu l'un des plus grands.
4. Allen Iverson
Son côté soliste et sa personnalité d'écorché vif auraient pu altérer son image. Mais « The Answer » (la réponse) avait un tel talent, une capacité quasi inarrêtable à scorer (26,7 points en 14 ans de NBA) malgré un physique de poche (1,83 m), qu'il a laissé un souvenir émouvant à tous. MVP en 2001 avec Philadelphie.
5. Clyde Drexler
Clyde « The Glide » (le planeur) était le meilleur arrière derrière Michael Jordan au tournant des années 1980 et 1990. Leader d'une redoutable équipe de Portland, ce membre de la Dream Team de Barcelone était aussi élégant que complet. Il a réussi à gagner un titre avec Houston et Hakeem Olajuwon en fin de carrière.
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6. Ray Allen
Après Reggie Miller et avant Stephen Curry, il était la référence du tir à trois points. Son shoot est sûrement comme le plus pur jamais vu. Longtemps leader esseulé à Milwaukee puis Seattle, il a gagné des titres avec d'autres superstars à Boston (2008) puis Miami (2013).
7. Manu Ginobili
L'Argentin reste l'un des joueurs les plus bluffants que le basket ait engendrés. Gaucher au style unique, sans peur ni limite technique, il a remporté quatre titres avec les San Antonio Spurs dans les années 2000 et 2010 en constituant un Big Three inimitable avec Tim Duncan et Tony Parker.
8. James Harden
Le Barbu est actuellement le scoreur le plus prolifique de la NBA (36,1 points la saison passée), jusqu'à la nausée dirons certains. Sa palette technique est d'une grande richesse, avec une prédilection pour le trois points en reculant. Il est difficile à classer dans ce Top 10 car son leadership pose clairement question. On lui laisse le bénéfice du doute. Pendant longtemps, James Harden a été le meilleur arrière de la ligue. Mais il a visiblement perdu de son tranchant l’an passé. Lui met ça sur le compte des pépins physiques et il jure qu’il va revenir à son meilleur niveau. Si c’est le cas, il sera numéro un. Parce qu’en bonne santé, Harden reste un attaquant exceptionnel. Beaucoup trop fort même. Un buffle, fort sur ses appuis, vif sans être véloce, adroit, malin, créatif. Un cauchemar pour les défenses des 29 autres équipes. Ce joueur-là, on ne l’a pas vu depuis son arrivée à Philadelphia. Au contraire, on a vu un type émoussé, un step en dedans.
9. Reggie Miller
Joueur le plus célèbre de l'histoire des Indiana Pacers, le Californien était dans les années 1990 la référence en termes de tirs à trois points. Terriblement clutch, Reggie « Killer » est le petit frère de Cheryl Miller, longtemps considérée comme la meilleure joueuse de l'histoire.
10. George Gervin
Plus connu sous le surnom de « Iceman », cet attaquant d'une grande élégance détient l'une des dix meilleures moyennes offensives de l'histoire (26,2 points). Quatre fois top scoreur de la ligue entre 1978 et 1982, il a été la première star de l'histoire des San Antonio Spurs, en ABA (ligue concurrente) puis en NBA.
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Les Mentions Honorables
Bien sûr, de nombreux autres arrières méritent d'être mentionnés pour leurs contributions exceptionnelles au basket-ball. Parmi eux, on peut citer :
- Devin Booker: C’est fou mais c’est presque un numéro un par défaut. Devin Booker est l’arrière le plus talentueux de la ligue. Mais combien de temps sera-t-il le meilleur ? Pour l’instant, il se maintient. 5 saisons de suite autour des 25-26 points. Il a même progressé au côté de Chris Paul, à la fois dans le leadership et dans l’intelligence de jeu. Ce n’est plus tout à fait juste un scoreur. Il est très précieux pour les Suns. Mais il a encore un cap à franchir pour mener son équipe au titre. Pas sûr que ce soit complètement à sa portée.
- Khris Middleton: Son style de jeu est peut-être moins flashy que celui des autres joueurs nommés. Il est du coup moins populaire. Sans doute même pas tout à fait apprécié à sa juste valeur. Mais il y a très peu d’arrières plus efficaces que Khris Middleton en NBA. Middleton sait tout bien faire. Shooter, passer, défendre, attaquer, finir de près ou à mi-distance.
- Donovan Mitchell: Il est beaucoup plus haut dans la plupart des classements réalisés par nos confrères américains. Et c’est vrai que c’est un super joueur. Un super scoreur en tout cas. Mais Donovan Mitchell a encore des choses à prouver pour vraiment intégrer l’élite de la ligue à son poste. Il doit être capable de mieux défendre, bien sûr, mais aussi de créer pour les autres. Jouer avec un meneur comme Darius Garland devrait l’aider. Si les deux joueurs ne se marchent pas dessus. S’ils collaborent, chacun pourrait tirer l’autre vers le haut.
- Jaylen Brown: Il est peut-être sous-estimé. Ou surestimé. C’est paradoxal. Un peu comme les Celtics en fait. Jaylen Brown a été l’homme fort de Boston pendant une majeure partie de la série contre Golden State. Parfois même alors qu’il avait Draymond Green sur le dos. Il semble être en mesure d’assumer un statut de franchise player.
- Bradley Beal: Le constat pourrait être le même que pour Zach LaVine sauf que Bradley Beal, est théoriquement un cran au-dessus. Au moins quand il est en bonne santé, ce qui n’était pas vraiment le cas la saison dernière.
- Klay Thompson: L’ancienneté prime encore pour Klay Thompson. L’expérience mais aussi le palmarès. Oui, il n’est pas revenu à son meilleur niveau la saison dernière, et c’est logique après plus de deux ans d’absence, une déchirure des ligaments croisés et une autre du tendon d’Achille. Thompson sera encore meilleur cette saison, c’est une évidence. Plus dans le rythme, plus en jambes. Et donc potentiellement à nouveau tranchant en défense tout en étant une menace permanente à trois-points en attaque.
- Zach LaVine: Il n’a pas grand-chose à envier à des joueurs classés un peu plus haut. Mais on garde toujours un peu de méfiance - peut-être injustifiée - envers Zach LaVine. Même encore aujourd’hui, c’est difficile de savoir si ses statistiques reflètent vraiment ses capacités. Il peut scorer, shooter, même faire jouer les autres.
- Anthony Edwards:Il commence bas dans ce classement mais il pourrait grappiller quelques places d’ici la fin de la saison à venir. C’est en tout cas l’une des conditions pour que les Timberwolves, très ambitieux, accrochent le top-4 de leur Conférence. Ce n’est pas gagné. Le premier choix de la draft 2020 s’affirme de plus en plus comme un leader et sa panoplie offensive a pris du volume. Mais cette troisième saison pourrait - devrait - être celle de l’explosion pour le jeune homme de 21 ans. Les journalistes et le joueur annoncent un peu partout qu’il a bossé d’arrache-pied pendant l’intersaison.
- Dejounte Murray: Plus ou moins libéré de ses pépins de santé, il a fait un grand saut en avant en s’affirmant pour la première fois comme un All-Star la saison dernière. Dejounte Murray flirtait tout de même avec le triple-double de moyenne : 21 points, 8 rebonds, 9 passes et même 2 interceptions de moyenne. Alors pourquoi ne pas l’avoir mis plus haut ? Murray aurait même dû être classé parmi les « point guards. » Mais il va alterner avec le poste deux. Et il peut s’imposer comme l’un des meilleurs de la ligue sur cette position. Ses qualités athlétiques et sa défense en font un joueur très intéressant, tout comme sa qualité de percussion balle en main. Après, est-ce que ça vraiment valait le coup de lâcher trois premiers tours de draft pour le faire venir aux Hawks ?
L'Importance des Statistiques et des Records
Il est impossible de parler des meilleurs arrières sans évoquer les statistiques et les records qui ont marqué l'histoire de la NBA. LeBron James détient le record du plus grand nombre de points marqués en saison régulière NBA, avec plus de 42 000 points en carrière. Wilt Chamberlain détient le record du plus grand nombre de points marqués en un seul match, avec 100 points inscrits le 2 mars 1962 contre les Knicks. Tony Parker est le Français le plus prolifique avec 19 473 points en carrière.
Le Saviez-vous ? Le 7 février 2023, LeBron James a officiellement dépassé Kareem Abdul-Jabbar pour devenir le meilleur scoreur de l'histoire NBA. C’est à la Crypto.com Arena de Los Angeles, devant un public en transe et des légendes assises au bord du terrain, que King James a inscrit son 38 388ᵉ point en carrière, sur un fadeaway en tête de raquette.
En playoffs, chaque point compte double. Une fois encore, LeBron James surclasse ses rivaux. Wilt Chamberlain occupe d’ailleurs à lui seul 6 des 10 plus grosses performances de tous les temps.
Le Saviez-vous ? Avec 10 titres de meilleur scoreur de la saison régulière, Michael Jordan détient un record absolument légendaire en NBA. De 1987 à 1993, puis en 1996, 1997 et 1998, “His Airness” a littéralement dominé le scoring de la ligue avec une régularité incroyable. Aucun autre joueur n’a jamais atteint ce total. Pour comparaison, Wilt Chamberlain en compte 7 et Kevin Durant 4.
Au-delà des totaux de points, la moyenne de points par match est un indicateur clé de l'efficacité offensive d'un joueur.
À savoir : Lors de la saison 1961-1962, Wilt Chamberlain a établi un record qui semble totalement inatteignable aujourd’hui : il a terminé l’année avec une moyenne de 50,4 points par match en saison régulière ! À titre de comparaison, un joueur qui dépasse les 30 points de moyenne aujourd’hui est déjà considéré comme une superstar offensive. Wilt a également joué les 80 matchs en intégralité… et a tourné à plus de 48 minutes de jeu par match (avec les prolongations).
Les Joueurs Français et l'Histoire de la NBA
Depuis l'arrivée de Tariq Abdul-Wahad en NBA, quelques joueurs français ont marqué la ligue. Longtemps cantonnés à des rôles secondaires, les joueurs français ont su s’imposer parmi les meilleurs scoreurs européens de la ligue. Aujourd’hui, avec l’émergence de talents comme Victor Wembanyama, la relève est assurée.
Le Saviez-vous ? Le record de points sur un match NBA pour un joueur français est détenu par Tony Parker. Le 5 novembre 2008, avec les San Antonio Spurs, il a inscrit 55 points contre les Minnesota Timberwolves, ajoutant 10 passes décisives et 7 rebonds lors d'une victoire en double prolongation.