Le conflit Mbappé-PSG devant les Prud'hommes : accusations croisées et sommes astronomiques en jeu

Le feuilleton juridique opposant Kylian Mbappé au Paris Saint-Germain a connu un épisode crucial avec une audience devant le conseil de prud'hommes de Paris. Ce litige, qui empoisonne les relations entre l'attaquant et son ancien club, a été marqué par des accusations mutuelles et des demandes de dommages et intérêts atteignant des sommes astronomiques.

Une audience houleuse et des accusations croisées

L'audience devant le conseil de prud'hommes a été le théâtre de joutes verbales entre les représentants des deux camps. Le PSG a publié un communiqué cinglant à l'issue de l'audience, accusant Kylian Mbappé de manquements graves à ses engagements contractuels et aux principes de bonne foi et de loyauté. Le club estime que Mbappé a continuellement attaqué le club, y compris à travers la procédure engagée.

Le PSG reproche notamment à l'attaquant d'avoir dissimulé sa décision de ne pas prolonger son contrat, privant ainsi le club de toute possibilité d'organiser un transfert. Le club rejette par ailleurs toutes les accusations de harcèlement ou de pression émises par la défense de Kylian Mbappé, assurant que le joueur a toujours évolué dans des conditions conformes à la Charte du football professionnel.

De son côté, l'entourage de Kylian Mbappé affirme qu'aucun accord pour renoncer à ses salaires n'a existé entre lui et le club. Les avocats du joueur dénoncent un licenciement sans cause, du harcèlement moral et réclament des rappels de salaires et de congés.

Des sommes astronomiques en jeu

Kylian Mbappé réclame plus de 260 millions d'euros au PSG pour le préjudice subi. Cette somme comprend notamment 55 millions d'euros de primes et salaires impayés, ainsi qu'une demande de requalification de son contrat de CDD en CDI.

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Le PSG, de son côté, réclame 440 millions d'euros à Kylian Mbappé en compensation d'un transfert avorté après une offre du club saoudien d'Al Hilal. Le club estime avoir subi un préjudice important en raison de la dissimulation par le joueur de sa décision de ne pas prolonger son contrat et de la contestation d'un accord prévoyant une réduction de rémunération en cas de départ libre.

Les arguments juridiques des deux parties

L'affaire Mbappé repose sur la remise en question de la notion de CDD sportif. Une loi votée en novembre 2015 institue en effet le CDD sportif professionnel comme étant la norme dans le milieu. Les avocats de Kylian Mbappé s'appuient sur le cas d'Adrien Rabiot, qui avait obtenu la requalification de ses CDD avec le PSG en CDI.

Le PSG, quant à lui, estime que les contrats des joueurs professionnels sont des contrats à durée déterminée spécifiques, régis par le Code du sport et homologués par la Ligue de Football Professionnel, conformément au droit français et européen.

Un précédent : l'affaire Rabiot

Les avocats de Kylian Mbappé s’appuient sur le cas d’Adrien Rabiot, qui avait obtenu la requalification de ses CDD avec le PSG en CDI. Le milieu de terrain, qui a passé neuf ans au Paris Saint-Germain entre 2010 et 2019, avait été écarté de l’équipe 1 en 2019 pour motif disciplinaire.

La cour d’appel de Paris avait tranché en faveur du joueur en juin 2025, rappelle « L’Équipe ». Adrien Rabiot a ainsi pu récupérer une partie des salaires qui lui avaient été retirés. Au total, le club parisien a dû débourser environ 1,3 million d’euros. « La cour a justement considéré que le PSG avait commis un abus de pouvoir en écartant Adrien de l’équipe 1, avait commenté à l’époque Me Romuald Palao, l’avocat du joueur.

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Une décision attendue le 16 décembre

La décision du conseil de prud'hommes est attendue le 16 décembre. Quelle que soit l'issue de cette décision, les parties auront la possibilité de faire appel devant la Cour d'appel de Paris. Cette affaire pourrait donc se poursuivre encore de longs mois, voire des années.

Les enjeux de l'affaire

Cette affaire est hors norme, tant par les montants en jeu que par l'attention médiatique qu'elle suscite. Elle met en lumière les tensions qui peuvent exister entre les clubs et les joueurs, notamment en matière de contrats et de rémunération. Elle interroge également sur la notion de CDD sportif et sur les droits des joueurs professionnels.

Le PSG se défend et met en avant ses actions pour une résolution amiable

Le Paris Saint-Germain était représenté devant le conseil de prud'hommes de Paris afin de faire reconnaître les préjudices importants subis par le club à la suite des manquements graves de M. Kylian Mbappé à ses engagements contractuels, légalement contraignants, et aux principes les plus élémentaires de bonne foi et de loyauté.

Le club souhaite rappeler qu'il a tout mis en oeuvre, pendant plus d'un an, pour parvenir à une solution amiable afin de permettre à toutes les parties d'avancer, conformément à la relation de coopération et de confiance qui doit exister entre un club et son joueur. Plusieurs instances saisies dans le cadre de ce différend ont d'ailleurs encouragé un règlement amiable, que le club a toujours recherché de bonne foi. Malgré ces efforts répétés, M. Mbappé a continuellement attaqué le club à chaque occasion, y compris à travers la procédure engagée.

Devant le tribunal, le club a présenté des éléments démontrant que le joueur a agi de manière déloyale, en dissimulant pendant près de onze mois, entre juillet 2022 et juin 2023, sa décision de ne pas prolonger son contrat, privant ainsi le club de toute possibilité d'organiser un transfert. Le joueur a ensuite remis en cause un accord conclu avec le club en août 2023, qui prévoyait une réduction de rémunération dans le cas où il déciderait de partir libre, afin de préserver la stabilité financière du club après l'investissement exceptionnel consenti.

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Cette dissimulation, combinée à la contestation de cet accord clair et documenté, a causé au Paris Saint-Germain un préjudice considérable que le club entend faire reconnaître devant les instances compétentes. Un tel comportement illustre, au-delà d'une indifférence à la santé économique du club, une exploitation de la confiance que le Paris Saint-Germain lui avait accordée et que le joueur alimentait régulièrement à travers ses déclarations.

Concernant la demande de requalification de son contrat en CDI, le Paris Saint-Germain réaffirme qu'elle est totalement dénuée de fondement juridique. Les contrats des joueurs professionnels sont des contrats à durée déterminée spécifiques, régis par le Code du sport et homologués par la Ligue de Football Professionnel, conformément au droit français et européen.

Le Paris Saint-Germain rejette également toutes les accusations de harcèlement ou de pression, rappelant que M. Mbappé a participé à plus de 94 % des matches officiels de la saison 2023-2024 et qu'il a toujours évolué dans des conditions conformes à la Charte du football professionnel.

En droit comme en fait, le joueur a pris des engagements publics et privés clairs et répétés, que le club demande simplement qu'il respecte, après avoir bénéficié de conditions exceptionnelles pendant sept ans au Paris Saint-Germain.

Le Paris Saint-Germain continue de défendre ses droits avec rigueur. Fondamentalement, il s'agit d'une question de bonne foi, d'honnêteté, de maintien des valeurs et de respect de l'institution parisienne et de ses supporters. Dans le même temps, le Paris Saint-Germain poursuit sur la lancée de la saison la plus réussie de son histoire, fondée sur la solidarité, le travail, l'esprit d'équipe et la primauté du club sur toute individualité.

Les sommes réclamées en détail

Les conseils de Kylian Mbappé ont calculé que le total de la somme due par le club au joueur s’élevait à 263 millions d’euros pour la requalification de son contrat de CDD en CDI, en plus des préjudices subis.

Pour atteindre cette somme, les conseils du buteur du Real dénoncent entre autres un licenciement sans cause (44,6 millions d’euros), du harcèlement moral (37,5 millions d’euros) et citent encore des rappels de salaires et de congés pour les mois d’avril à juin 2024 (19 millions d’euros).

Le PSG demande, lui, 440 millions d’euros à Kylian Mbappé en compensation d’un transfert avorté après une offre du club saoudien d’Al Hilal de 300 millions d’euros, déclinée par le joueur, en juillet 2023, ont plaidé les avocats du PSG, ce lundi. « Vingt millions de préjudice à l’image, 60 millions pour mauvaise foi dans l’exécution d’un accord daté d’août 2023, 180 millions pour la dissimulation de cet accord et 180 millions de pertes de chance pour transférer le joueur », a détaillé à l’issue de l’audience, Me Renaud Semerdjian, l’un des sept conseils du PSG.

La loi et le CDD sportif

L’affaire Mbappé repose sur la remise en question de la notion de CDD sportif. Une loi votée en novembre 2015 institue en effet le CDD sportif professionnel comme étant la norme dans le milieu. « Tout contrat par lequel une association sportive ou une société sportive s’assure, moyennant rémunération, le concours de l’un de ces salariés est un contrat de travail à durée déterminée », est-il écrit dans la loi. Ce texte n‘est valable que pour les contrats conclus après 2015.

Les réactions et l'avenir

Le feuilleton Kylian Mbappé-PSG connaît un épisode crucial ce lundi avec une audience aux prud’hommes de Paris. Les deux parties se retrouveront à partir de 13h "directement au bureau de jugement", sans passer par la case de "conciliation" préalable, "parce que Kylian Mbappé demande la requalification de son CDD en CDI", a indiqué une source judiciaire à l’AFP. Contactés par l’AFP, le club de la capitale et l’entourage de l’attaquant du Real Madrid ont souhaité réserver leurs commentaires à l’audience. La décision ne sera pas rendue avant plusieurs mois, compte tenu des délais en vigueur aux prud’hommes. "Il y a juste un salarié face à un mauvais payeur", avait dénoncé en avril lors d’une conférence de presse l’avocate de Mbappé, Me Delphine Verheyden.

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