Mazères-Cassagne Sports : Une Histoire de Rugby en Comminges

Le Mazères-Cassagne Sports (MCS), club de rugby emblématique du Comminges, est bien plus qu'une simple équipe sportive. C'est une histoire de passion, de terroir et de valeurs transmises de génération en génération. Cet article vous plonge au cœur de l'épopée du MCS, de ses origines à ses plus belles heures, en passant par les figures qui ont marqué son histoire.

Les Racines du Club : Un Héritage Industriel et Sportif

L'histoire du rugby à Mazères-Cassagne est intimement liée à l'essor industriel de la région. En 1908, sous l'impulsion d'un ingénieur anglais des papeteries Lacroix, le Stade Mazérien voit le jour. Le terrain de jeu se situe alors sur la « Prairie Lacroix », route de Salies. Ce sont les établissements Lacroix, employant plus de 700 personnes, qui sont à l'origine du Stade Mazérien.

L'engouement pour le rugby est immédiat, mais des dissensions internes mènent à la création de clubs rivaux. En 1911, le Sporting Club Mazérien est fondé, suivi en 1912 par l'Étoile Sportive Cassagnarde. Les dénominations évoluent au fil du temps : l'Aviron Mazérien apparaît en 1913, tandis que le Stade Mazérien devient le Stadoceste Mazérien la même année.

La Première Guerre mondiale met un frein à l'activité sportive, mais dès 1919, le Stadoceste Mazérien renaît de ses cendres. Le club connaît ses premiers succès, avec notamment un titre de champion des Pyrénées 3ème série en 1925, remporté face à Carbonne (3-0). Cependant, le club se met en sommeil avant de renaître en 1936 sous le nom de Mazères-Cassagne Sports, grâce à la volonté des maires de Mazères et Cassagne, Robert et André Lacroix. Le MCS investit alors les terrains de Bouque de Lens, où il évolue encore aujourd'hui.

Bouque de Lens : Le Cœur Battant du MCS

Bouque de Lens, hameau de Cassagne, est bien plus qu'un simple lieu-dit. C'est le symbole de l'union entre deux villages et de leur passion commune pour le rugby. Le stade de Bouque de Lens, qui évoque le confluent de deux rivières, le Lens et le Salat, est le théâtre des exploits du MCS depuis 1936.

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Daniel Ribère, figure emblématique du club, se souvient des installations rudimentaires de l'époque : des baquets d'eau sous les tribunes pour se laver, et l'ancienne usine Lacroix servant de vestiaire. Il raconte également une anecdote savoureuse : un arbitre malchanceux, enfermé dans son cabanon par des supporters mécontents, avant d'être sauvé par Honoré Dupeyron.

En 1972, sous la présidence de Jean Blanc, maire de Cassagne, de nouvelles tribunes sont construites sur le stade de Bouque de Lens. Sur une superficie de 3 hectares, on trouve alors un terrain de rugby, un terrain de basket et un court de tennis.

L'Ère des Titres Régionaux et de la Formation

Au fil des décennies, le MCS s'est forgé un palmarès honorable, avec neuf titres régionaux chez les seniors : 1924, 1964 (3ème Série), 1970 (2ème Série), 1986 (1ère Série), 1988, 1992, 1995 (Honneur), 1992 et 1997 (équipe réserve Honneur).

Le club s'est également illustré en Coupe de France, atteignant les 32ème de finale il y a trente ans. Jean-Luc Serrano, pilier de cette époque, se souvient de l'épopée : des victoires face à Argelès-Gazost et Céret, et une défaite honorable face à Blagnac, alors en Groupe B.

Mais la véritable marque de fabrique du MCS, c'est sa politique de formation. Dès les années 60, André Mirouze, professeur de sport, initie les jeunes de Cassagne et Mazères à la pratique du rugby. Aujourd'hui, le club compte 135 jeunes à l'école de rugby, encadrés par des intervenants sous contrat qui travaillent également dans le milieu scolaire. Chez les cadets et juniors, le MCS est en entente avec Cazères et le Fousseret sous l'appellation des Portes-du-Comminges.

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2016 : Une Année Mémorable

L'année 2016 restera gravée dans les annales du MCS. Le club remporte le titre Grand-Sud en Teulière B et dispute la finale nationale Phliponeau face à la formation des Quatre Cantons.

Mais l'événement majeur de cette saison est la qualification de l'équipe senior pour la finale du championnat de France de Promotion-Honneur, face à Biscarosse. Une première dans l'histoire du club.

La Finale de Hagetmau : Un Rêve Évanoui, une Fierté Immense

Le dimanche à Hagetmau, le MCS dispute la première finale nationale de son histoire face à Biscarosse. Malgré le soutien de nombreux supporters venus encourager les « Rouge et Noir », le club commingeois s'incline face à une vaillante équipe landaise.

Si le rêve d'un titre national s'envole, la fierté demeure intacte. Le parcours réalisé par le MCS est exceptionnel, d'autant plus que le club évoluait en Promotion Honneur un an auparavant.

Les Hommes Derrière le Club : Bénévoles, Joueurs et Entraîneurs

Le MCS, c'est avant tout une histoire d'hommes et de femmes passionnés. Des bénévoles comme Daniel Ribères, surnommé Papy Daniel, qui se donne corps et âme pour le club depuis 55 ans. Des joueurs, à l'image de Sébastien Abadie, capitaine emblématique, sacré champion de France Honneur en 2011 avec Montesquieu-Volvestre. Des entraîneurs, tels que Christian Rougé, Joël Marcel et Éric Gardelle, qui ont tous porté les couleurs du club et remporté des titres.

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Le club peut également compter sur le soutien d'anciens joueurs de renom, comme Albert Cigagna, cinq fois champion de France, et William Servat, international et double vainqueur de la Coupe d'Europe. Tous deux ont débuté leur carrière au MCS et restent attachés à leurs racines commingeoises.

110 Ans d'Histoire : Un Avenir à Construire

En décembre, le MCS a fêté ses 110 ans d'histoire. Une histoire riche en émotions, en titres et en anecdotes. Le club a su traverser les époques, en conservant ses valeurs de convivialité, de solidarité et de formation.

Aujourd'hui, le MCS est plus que jamais ancré dans son territoire. Le club est un acteur majeur de la vie locale, et contribue au rayonnement du Comminges.

L'année du centenaire aura fait vibrer toute une vallée et au-delà et les objectifs étaient clairs : la remontée en Honneur avec au passage si possible un titre de champion des Pyrénées. Le but a été atteint avec une excellente saison pour les seniors, qui de plus comme le souhaitait le coprésident Jean Michel Ramos en début de saison « a fait revenir en masse sur le stade un public désireux de joueurs combatifs ». Et, en fin de saison, suspense garanti avec un championnat de France qui a vu le MCS éliminer Oléron et Objat. Juniors, cadets et école de rugby : tous ont produit des matchs de qualité avec du beau jeu dans l'esprit convivial de ce sport. La saison touche à sa fin et avec elle la célébration du centenaire.

Le MCS est une association intercommunale héritière d’un des plus anciens clubs de la région et Mazères compte en effet une vingtaine d'associations et dépasse les 1 000 licenciés. Le rugby en est évidemment le principal fleuron mais le tennis, le cyclotourisme, la pétanque et bien d 'autres ont eux aussi leurs adeptes.

Si la nouvelle Région s’appelle aujourd'hui l’Occitanie, pour des millions d’aficionados elle restera avant tout l’Ovalie. De Toulouse à Perpignan, de Montpellier à Saint-Girons, la culture qui fait l’unanimité c’est celle du rugby et le Comminges n’y déroge pas avec les clubs de Saint-Gaudens, Boulogne, Cazères, Montrejeau, Mazères-Cassagne.

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