Maxime Carabin : Biographie d'un Athlète Paralympique Belge

Introduction

Maxime Carabin, né à Liège le 18 septembre 2000, est un athlète paralympique belge dont le parcours est marqué par la résilience, la détermination et le succès. Spécialisé dans les épreuves de sprint en fauteuil roulant, il a rapidement gravi les échelons pour devenir un champion du monde et paralympique, détenant plusieurs records mondiaux. Cet article explore la vie et la carrière de Maxime Carabin, de son accident en 2019 à ses triomphes sur la scène internationale, en passant par les controverses liées à sa classification.

Un tournant brutal : l'accident de handball

La vie de Maxime Carabin a basculé en novembre 2019 lors d'un match de handball. À la suite d'un choc, il perd l'usage de ses jambes. « Un joueur est parti en contre-attaque et des coups ont été portés involontairement. Aujourd’hui, je suis paralysé », explique Maxime. Cet événement a mis fin à sa carrière de handballeur amateur, mais a également ouvert la voie à un nouveau chapitre de sa vie sportive. Comme il le mentionne, « passer de beaucoup de sport à rien du tout, ce n’était pas possible ».

La reconversion vers le para-athlétisme

Après son accident, Maxime Carabin a exploré différentes options sportives pour rester actif. Il a d'abord essayé le handbike, qu'il a jugé trop compliqué, puis la natation, qu'il trouvait trop contraignante car il ne pouvait jamais être seul. C'est finalement vers le para-athlétisme qu'il s'est tourné, une discipline qui lui a permis de retrouver le goût de la compétition et de se prouver qu'il pouvait encore réussir. « J’ai rencontré d’autres personnes dans le même cas que moi. Ils m’ont raconté leur expérience et m’ont fait comprendre qu’on peut faire la même chose avec une chaise ! », raconte-t-il.

Ses premiers résultats lui font rencontrer Claude Issorat, qui devient son entraîneur, lors d'un stage de détection de la ligue handisport francophone en 2022. La même année, il bat le record du monde fauteuil roulant sur 200m (classe T52) lors de la réunion d’athlétisme de Ninove comptant pour la Flanders Cup.

Ascension fulgurante et records du monde (2022-2024)

Maxime Carabin a connu une ascension fulgurante dans le monde du para-athlétisme. En 2022, il a battu le record du monde du 200 mètres en fauteuil roulant (classe T52). En 2023, il a représenté la Belgique aux Championnats du monde d'athlétisme handisport à Paris, où il a remporté la médaille d'or sur 100 et 400 mètres. En 2024, Maxime Carabin bat le record du monde du 100 m au Grand Prix de para-athlétisme de Dubaï. Quelques mois plus tard, il récidive ses performances de Paris en remportant à nouveau les deux médailles d'or du 100 et du 400 mètres sprint aux Championnats du monde d'athlétisme handisport 2024 à Kobe, au Japon.

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Aux Jeux paralympiques d'été de 2024 à Paris, Maxime Carabin remporte le 400 mètres sprint. Il bat le record paralympique lors des séries, alors détenu par le Japonais Tomoki Sato depuis les jeux paralympiques d'été de 2020 à Tokyo.

Ces performances exceptionnelles lui ont valu d'être nommé Paralympien belge de l'année en 2023. « C’était à la fois un grand honneur et une belle reconnaissance », assure-t-il.

La controverse autour de sa classification

En février 2025, une enquête de la RTBF a soulevé des doutes sur la classification du handicap de Maxime Carabin. La catégorie T52 concerne des athlètes avec une atteinte totale des jambes et du tronc et une atteinte sévère des bras, ce qui semblait en contradiction avec les photos et vidéos pointées par le comité paralympique lituanien. Le comité paralympique suisse et lituanien ont demandé au comité international paralympique la révision du handicap de Maxime Carabin et un changement de catégorie.

Plusieurs membres de l’équipe paralympique belge remettent également en doute la classification, témoignant de mouvements de pieds et réflexes « physiquement impossible pour quelqu’un qui revendique une tétraplégie ». La RTBF souligne que si Maxime Carabin est classifié au niveau international en 2020 par deux classificateurs, il ne l'a pas été au niveau belge et les différents médecins belges constatent « l’absence de lésion qui expliquerait sa paralysie. ». Des spécialistes, contactés par le journal, confirment l’absence de pathologie neurologique après la lecture du rapport et d'autres résultats d'examens médicaux. Maxime Carabin pourrait souffrir de trouble neurologique fonctionnel, connu sous le nom de trouble de conversion.

Maxime Carabin réfute ses informations et « affirme qu’il se soumettra aux éventuels examens complémentaires que les instances compétentes décideraient d’ordonner » et indique souffrir d'amyotrophie monomélique. Le comité paralympique belge indique prendre en considération cette enquête et que « ça pose beaucoup de questions ».

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La ministre Jacqueline Galant a indiqué qu'« à ce jour, aucune preuve formelle ne permet d’établir une tricherie de la part de Maxime Carabin » et attend la décision des instances internationales compétentes, à savoir le Comité Paralympique International et le World Para Athletics. Cette dernière demande que Maxime Carabin passe un nouvel examen de certification devant deux médecins qui statueront sur sa classification internationale.

Reclassification et nouveaux défis (2025)

En septembre 2025, Maxime Carabin est reclassifié en catégorie T53 avec le statut « OA - Observation Assessment ». Cela signifie qu'il sera observé en compétition, avant que son nouveau statut ne soit entièrement validé. Cette catégorie regroupe des athlètes qui possèdent plus de mobilité, notamment du haut du corps, au niveau des bras et des épaules.

En septembre 2025, Maxime Carabin participe aux championnats du monde d'athlétisme handisport 2025 qui se déroule à New Delhi dans la catégorie T53, après sa reclassification de la catégorie T52 vers la T53. Cette reclassification représente un nouveau défi pour Maxime Carabin, qui devra adapter sa technique et son entraînement pour rester compétitif dans sa nouvelle catégorie.

Soutien et valeurs

BELUB a été séduit par son histoire, son ambition et les moyens que Maxime se donne en vue de concrétiser ses objectifs. BELUB a accepté de soutenir financièrement Maxime dans cette quête de l’or. Le handisport coute cher, notamment au niveau du matériel.

BELUB retrouve un parallèle avec deux de ses 4 valeurs :

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  • Amélioration continue : s’entraîner, toujours s’entraîner pour faire mieux qu’hier et moins bien que demain. Améliorer le matériel pour encore progresser.
  • Esprit d’équipe : Maxime peut compter sur les siens et principalement son papa pour l’accompagner dans ses multiples déplacements et lui permettre de se concentrer sur la pratique sportive. Une équipe pluridisciplinaire est aussi à sa disposition.

Olivier Leclercq, CEO de BELUB, a aussi été séduit par l’optimisme dont fait preuve Maxime, ainsi que par le focus sur ses objectifs sportifs.

Projets et ambitions

Maxime Carabin ne manque pas de projets et d’ambition pour les années à venir :

  • Remporter une ou des médailles lors des prochains jeux olympiques de Paris
  • Remporter une ou des médailles lors des prochains mondiaux
  • Battre le record du monde du 100 mètres en chaise et s’attaquer à celui du 400 mètres

Il attend sa sélection définitive pour les Jeux paralympiques de Paris, sa première à ce niveau, qui devrait tomber au mois de juin. « On commence à décompter ! », dit-il. Il ira d’abord, en guise de répétition générale aux Mondiaux de Kobe, au Japon, au mois de mai. « Le 400 m reste mon épreuve préférée, parce qu’elle n’est ni trop courte ni trop longue et qu’on la dispute par paliers, mais j’aimerais également me tester à terme sur 1.500 m, pour voir comment je m’adapterais à une course tactique. »

A la rentrée, il voudrait reprendre des études en design 3D.

La crainte permanente d’un sabotage

A 23 ans, Maxime Carabin avoue aimer la compétition et l’ambiance qu’elle charrie, cette guerre des nerfs qui monte crescendo de la chambre d’appel à la ligne de départ où il n’hésite pas à intimider les autres quand on essaie de le faire sortir de ses gonds au moment où il stresse le plus. Il affirme que le monde du sport paralympique est loin d’être celui des Bisounours. « C’est pire que chez les valides ! », prétend-il, rappelant le sabotage dont avait été victime Peter Genyn moins d’une heure avant la finale du 100 m des Jeux paralympiques de Tokyo, où il avait retrouvé trois de ses pneus éventrés et le cadre de sa chaise abîmé.

« Je fais très attention à mon matériel, d’autant qu’on a tous nos petits secrets dans le réglage de notre châssis, la pression de nos pneus ou l’inclinaison de notre corps. Après, je me bats contre moi pour « gratter » quelques centièmes. Ça motive quand on voit qu’on descend ses chronos. »

Engagement et inspiration

Les particularismes de son sport et de sa situation, il n’hésite jamais à aller en parler dans les écoles de la région liégeoise. « On a l’habitude de nous mettre dans des cases », regrette-t-il. « Au tout début, j’ai broyé beaucoup de noir, surtout quand je revoyais ma vie d’avant. Mais aujourd’hui, je pense plus à ce que je peux faire qu’à ce dont je suis privé. J’ai appris à penser positivement.

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