L'équipe de France de handball est bien plus qu'une simple équipe sportive ; elle incarne un symbole fort d'unité nationale, imprégné d'histoire et de valeurs identitaires. Au cœur de cette identité se trouve le maillot, un vêtement qui a évolué au fil des ans tout en conservant son pouvoir d'évocation et de fierté.
L'Évolution du Maillot : Un Récit Patriotique
Depuis sa première victoire au mondial en 1995, l'équipe de France de Handball fait vibrer le cœur des Français. Le maillot de l'équipe de France de handball représente bien plus qu’une tenue sportive. C’est un symbole rempli d’histoires et d'éléments identitaires pour toute une nation. Portée par l’amour du sport français, la marque s'appuie sur “l’énergie bleue” pour concevoir les nouvelles tenues, qui unissent tous les sportifs et amateurs de sport.
Les Couleurs Nationales à l'Honneur
Les Français ont probablement porté ces couleurs pour la première fois le 23 mars 1908 face à l’Angleterre. Cependant, les photos d’époque étant en noir et blanc, on ne peut pas l’affirmer avec certitude. Les joueurs apportaient leur short et chaussettes. A l’issue de la première guerre mondiale, les fédérations sportives gérant le football (USFSA, CFI) se regroupent sous l’égide de la FFF. A partir du milieu des années 1990, ces trois couleurs ne seront plus systématiquement utilisées. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Raymond Domenech, sélectionneur des Bleus entre 2004 et 2010, a aussi influencé cette évolution. Il aimait, esthétiquement parlant, que son équipe évolue avec une seule couleur (bleu ou blanc). Depuis que Nike est devenu l’équipementier des Bleus en 2011, il alterne les combinaisons de couleurs. Le bleu, blanc, rouge est pour l’instant utilisé lors des phases finales de Coupe du monde. Ces changements ont évidemment pour objectif de faire vendre.
L'Importance du Logo et des Numéros
Au niveau du torse, les Handballeurs se voient porter à droite le logo de la Fédération Française de Handball et à gauche le numéro du joueur. Celui-ci est toujours composé de bandes tricolores, cette fois ci placées au niveau des manches. Le col en V est doté d’un liseré blanc offrant un graphisme allégé. Le logo de la FFHB a connu, lui aussi une évolution, fini le macaron blanc présent en 1995 ! On joue la carte de l’élégance et la sobriété. Le numéro du joueur et le logo adidas sont désormais alignés à celui de la FFHB.
L'utilisation des numéros est devenue une tradition, avec certains joueurs conservant le même numéro tout au long de leur carrière en sélection. Cette utilisation s’est progressivement généralisée à tous les matches. Et effectivement, depuis cette époque, les joueurs cadres de la sélection conservent le même numéro toute leur carrière. Même si ce numéro ne correspond pas à leur poste. On a ainsi vu Marcel Desailly porter le numéro 8, alors que son rôle de stoppeur aurait plutôt dû l’orienter vers le 4. Certains titulaires en puissance ont évolué toute leur carrière en Bleu avec un numéro qui les prédestinaient à un rôle de remplaçant. Une étude récente expliquait qu’environ la moitié des flocages étaient personnalisés avec un patronyme sans lien avec un joueur. Par contre, pour les 50% restants, il est clair que le public crée une association entre un numéro et un joueur. Par contre, en club, les numéros changent au gré des arrivées et départs des joueurs, ce qui n’est pas sans poser parfois des problèmes. En 2009, le Danois Nicklas Bendtner, qui évoluait à Arsenal, a décidé de changer son numéro 26 pour le 52. Nicolas Anelka est le joueur qui s’est le plus démarqué en sélection, puisqu’il a porté le numéro 39 à partir de 2006. Le joueur attachait beaucoup d’importance à ce numéro, puisqu’en 2008 il a lancé une marque de vêtements sportwear qu’il a appelé 39Pro. En 1981, Michel Platini avait également tenté de surfer sur sa notoriété et son fameux numéro 10 en lançant 10 Platini. Enfin, la libéralisation dans l’utilisation des numéros peut servir à rendre hommage à un joueur. Par exemple, le gardien croate Drazen Ladic a porté le numéro 59, lorsqu’il a porté le record de sélections à ce chiffre en mai 2000 face à la France.
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Innovations Technologiques et Esthétiques
Au fil des ans, le maillot a intégré des technologies avancées pour améliorer les performances des joueurs, telles que la technologie PowerWEB qui stabilise les muscles par compression pour une meilleure posture et des performances optimales. Ensuite Formotion® qui procure plus d’aisance dans les mouvements des joueurs.
Dans un esprit patriotique, un liseré tricolore est visible sur les épaules. Adidas et la Fédération Française ont décidé de faire honneur au bleu, couleur représentative de la France en le déclinant du bleu marine au bleu roy grâce à deux blocs bien distincts. Sur les manches, un détail de rouge et blanc complète l’identité française. Cet emblème national affirme une rupture par rapport aux modèles précédents et apporte également une touche d'originalité.
Les Équipementiers : Une Histoire de Partenariats
L'histoire du maillot de l'équipe de France de handball est également marquée par les différents équipementiers qui ont collaboré avec la Fédération Française de Handball (FFHB).
La première trace d’équipementier connue remonte au début des années 1920. Lors de la première victoire des Tricolores face à l’Angleterre, le 5 mai 1921, Ducim s’affichait comme l’équipementier de la sélection sur la photo de l’équipe victorieuse. A partir de 1923, c’est Allen qui reprend le flambeau en s’affirmant comme le seul « équipementier officiel de la FFFA » dans de nombreux tracts publicitaires. A partir de 1955, c’est le Coq Sportif qui accompagne la sélection, mais cette information est sujette à débat. En effet, lors de la campagne suédoise de 1958, les deux marques s’affrontent à grand renfort d’encarts publicitaires dans le journal L’Equipe. Mais par la suite, on peut affirmer avec certitude que c’est le Coq Sportif qui collabore avec la FFF. Il a tout de même eu un intermède d’environ un an vers 1968-69 où c’est la marque Kopa, ligne de vêtements créée par l’ancien meneur de jeu des Tricolores, qui habille la sélection.
Aujourd’hui, la marque aux trois bandes est plus qu’un équipementier, c’est la marque qui accompagne les handballeurs et les supporters durant les événements sportifs.
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L'Ascension des Contrats d'Équipement
Au fil des décennies, les contrats des équipes nationales avec les équipementiers ont atteint des sommes considérables. En 1982, Adidas ne payait qu’environ 140 000 euros pour être l’équipementier de la sélection. Ce chiffre était de 6 millions d’euros lorsque la France est devenue championne du monde. Les succès des Bleus ont bien entendu incité la marque aux trois bandes à prolonger avec l’équipe de France en revoyant régulièrement les chiffres à la hausse (presque 9 millions d’euros à partir de 1999, puis 10 millions cinq ans plus tard). C’est Nike qui a signé le premier très gros contrat avec une équipe nationale. En 1996, la marque américaine s’est unie pour 10 ans avec le Brésil pour 125 millions d’euros. Mais les Brésiliens n’étaient pas les seuls à bénéficier d’un plus beau contrat que les Bleus. Profitant de cette bataille entre Nike et Adidas, et fort de sa place de vice-championne du monde en 2006, la FFF va lancer un appel d’offre qui débouchera début 2008 sur une victoire de Nike. Le contrat de 8 ans, à partir de 2011, offre aux Bleus 42 millions d’euros (plus gros contrat pour une équipe nationale). En rugby, le Quinze de France a été l’une des dernières sélections nationales à céder à cette manne financière. Début 2018, la FFR a signé un contrat avec Altrad allant jusqu’en 2023 pour un montant d’au moins 35 millions d’euros. A cela s’ajoute, un accord d’équipement avec Adidas pour 5 millions d’euros annuels. Les partenaires majeurs (Crédit agricole, EDF, PMU et Volkswagen) doivent payer un ticket d’entrée de 4 millions d’euros annuels. Ce prix leur permet entre autres de s’afficher sur les tenues d’entraînement et d’échauffement de la sélection.
Le Maillot, Reflet d'une Identité Collective
Le maillot de l'équipe de France de handball est bien plus qu'un simple vêtement sportif. Il est un symbole d'unité nationale, de fierté et d'appartenance. Il représente l'histoire, les valeurs et les aspirations d'une nation passionnée par le handball.
L'Importance des Couleurs Nationales
Le choix des couleurs nationales, le bleu, le blanc et le rouge, est un élément essentiel de l'identité du maillot. Ces couleurs rappellent l'histoire de France et les valeurs de la République. L’Allemagne évolue effectivement en blanc. Cette couleur a été utilisée dès le premier match de la Mannschaft en 1908. Le noir et le blanc étaient les couleurs impériales de la Prusse et le drapeau était à cette époque noir, blanc et rouge. Le jaune n’a remplacé le blanc qu’après la première guerre mondiale. Pendant longtemps, le choix de cette couleur s’est expliqué par le fait que l’Irlande avait été le premier pays à accepter de jouer contre l’Allemagne après la seconde guerre mondiale. Les Allemands auraient porté cette couleur pour les remercier. Cette légende est cependant fausse, puisque ce sont les Suisses qui ont joué les premiers contre l’Allemagne en novembre 1950. Pour l’Italie et les Pays-Bas, l’explication est la même. Il s’agit d’une référence aux couleurs des familles royales de ces nations : le bleu pour l’Italie (Maison de Savoie) et le orange pour les Pays-Bas (famille Orange-Nassau). On peut aussi citer l’exemple de l’Ecosse, dont la tenue de rechange est régulièrement composée de rose et de jaune. Enfin, pour la petite histoire, le Brésil a attendu les années 1950 pour jouer en jaune.
L'Attachement des Supporters
Le maillot est un objet de collection et de fierté pour les supporters. De nombreux fans possèdent des maillots de différentes époques, arborant fièrement les couleurs de leur équipe. En tout et pour tout, je n’en ai acheté que deux : celui de 1984 et celui de 1998, avec l’étoile. Mais comme je le trouvais vraiment beau, j’ai profité de l’occasion. Celui de 1998, je pense que c’est à cause de l’étoile que je l’ai acheté. Je me souviens qu’il était à 350 francs avant la Coupe du monde, mais avec l’engouement suscité par la victoire, Adidas s’était permis de le passer à 400 francs. Il faut dire qu’il était très novateur. La victoire à l’Euro en 1984 a sans doute contribué à me le faire aimer. Il était tout simple. Le graphisme en couleur du coq était vraiment sympa, avec l’intitulé du match brodé dans un petit rectangle blanc juste en dessous. Sinon, j’avais aussi acheté le tee-shirt de la victoire en 1998. Et là, c’est clairement le slogan qui m’avait décidé à le prendre. Pendant toute la Coupe du monde, Adidas et les Bleus nous disaient « la victoire est en nous ». Barrer le « en » dans le slogan pour le remplacer par « à » le soir du 12 juillet, c’était vraiment sublime.
Les Surnoms et Emblèmes : Une Tradition Riche
Les équipes nationales de rugby, comme celles de handball, se distinguent par leurs surnoms et emblèmes, souvent inspirés de l'histoire ou de la culture du pays. Du XV de la Rose à celui du Chardon, en passant par le coq ou le poireau, les sélections de rugby se distinguent par leurs surnoms parfois surprenants. Le coq pour la France, le chardon pour l'Écosse, la rose pour l'Angleterre, le trèfle pour l'Irlande, le poireau pour le pays de Galles… Avant le début du Tournoi des 6 Nations ce vendredi, (re)découvrez la signification des emblèmes des nations engagées.
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Le Coq Gaulois : Un Symbole National
Le coq français, né à l'Antiquité La propension des Français à faire des jeux de mots remonte au moins à l'Antiquité : à l'époque, en latin, « gallus » signifie à la fois « gaulois » et « coq ». La volaille apparaît sur les monnaies gauloises et gagne en popularité pendant la Révolution française, puis connaît son heure de gloire sous la Deuxième et surtout la Troisième République.
La Rose Anglaise : Un Héritage de Guerre
Pas en référence au coach Igor, mais plutôt à la dynastie homonyme, l'Angleterre adopte la rose Tudor comme emblème à la fin du XVe siècle. Son origine vient de la guerre des Deux-Roses qui opposa deux familles royales pour la succession de la couronne : les Lancastre, dont le symbole était une rose rouge, et les York, une rose blanche. Après la victoire de la maison Lancastre, Henri Tudor (futur roi Henri VII) créa l'emblème devenu symbole de l'Angleterre en fusionnant les deux roses, symbole de réconciliation.
Le Trèfle Irlandais : Une Métaphore Religieuse
C'est à Saint-Patrick, figure légendaire ayant principalement vécu au Ve siècle, que l'on doit l'emblème de l'Irlande. Considéré comme le père fondateur du christianisme irlandais, il aurait utilisé le fameux trèfle à trois feuilles - le « shamrock » - pour représenter la Sainte Trinité dans sa mission d'évangélisation du pays.