L'histoire du maillot de hockey à Toronto : des légendes aux hommages

L'histoire du hockey à Toronto est riche et complexe, marquée par des figures emblématiques, des moments de gloire et des défis surmontés. Cet article explore différentes facettes de cette histoire, allant des hommages rendus à des légendes du basket-ball ayant marqué la ville, aux pionniers du hockey qui ont brisé les barrières raciales.

Hommage à Vince Carter à Toronto

La saison 2024-2025 sera une année de célébration pour Vince Carter, une légende du basket-ball qui a laissé une empreinte indélébile à Toronto. Après avoir passé ses sept premières saisons en NBA avec les Raptors de Toronto, Carter sera honoré par la franchise le 2 novembre prochain, lors d'une cérémonie qui suivra un match contre les Sacramento Kings. Cet hommage fait suite à l'annonce des Brooklyn Nets, anciennement les Nets du New Jersey, qui retireront également le numéro 15 de Carter le 25 janvier.

Vince Carter, surnommé « Vinsanity », a été élu Rookie de l'année en 1999 et a été sélectionné six fois pour le All-Star Game. Son passage à Toronto a marqué une époque et a contribué à populariser le basket-ball au Canada.

Herb Carnegie : Un pionnier oublié du hockey

L'histoire du hockey sur glace est souvent associée à Willie O'Ree, le premier joueur noir à avoir évolué en NHL en 1957/58 avec les Boston Bruins. Cependant, il est important de se souvenir d'Herb Carnegie, un joueur talentueux qui aurait mérité cet honneur dix ans plus tôt.

Tous ceux qui ont connu "Herbie" s'accordaient à dire qu'il possédait toutes les qualités d'un hockeyeur accompli et qu'il avait sa place en NHL. Jean Béliveau, son coéquipier pendant deux ans aux Québec Aces, partageait cet avis. Malgré son talent, Carnegie n'a été invité qu'une seule fois au camp de pré-saison des New York Rangers, à l'âge de vingt-neuf ans. Bien que certains observateurs l'aient considéré comme le meilleur joueur du camp, les Rangers ne lui ont offert qu'un contrat peu rémunérateur pour jouer dans leur équipe-ferme. Carnegie a préféré retourner dans la ligue senior du Québec, où il était bien payé, reconnu et où il pouvait exercer un métier en parallèle.

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Les Maple Leafs de Toronto ont également suivi Carnegie tout au long de sa carrière, mais n'ont jamais franchi le pas de lui faire une offre. Les raisons de cette hésitation sont probablement liées à des préjugés raciaux. Conn-Smythe, le président des Maple Leafs, aurait déclaré qu'il était prêt à offrir dix mille dollars à celui qui… (la phrase est inachevée dans le texte source).

Herb Carnegie n'a jamais gardé de rancune envers la NHL. Il a brillé dans les petites patinoires de la ligue du Québec et a été reconnu comme une figure importante, même après avoir perdu la vue. Après sa carrière de joueur, il a connu le succès comme golfeur et investisseur financier. Il a également fondé la Future Aces Hockey School, un programme qui met l'accent sur les valeurs de coopération et de développement plutôt que sur l'agressivité et la victoire à tout prix.

Les "Black Aces" : Un trio talentueux

Herb Carnegie ne jouait pas seul. Une grande partie de sa renommée sportive était due à ses deux ailiers, également noirs : Ossie Carnegie, son frère, et Vincent "Manny" McIntyre. Ossie Carnegie compensait son manque de vitesse et de technique par sa combativité et sa détermination. Vincent McIntyre était réputé pour privilégier la passe au tir, ce qui permettait à son centre de s'illustrer.

En 1947, ce trio reçoit une offre du Racing Club de Paris, une équipe française qui bénéficie du mécénat de Charles Ritz. Le Racing souhaite recruter les trois joueurs, mais Herb Carnegie, marié et père de famille, refuse de s'éloigner de Toronto. Ossie Carnegie et Vincent McIntyre acceptent l'offre et partent pour Paris.

Vincent McIntyre amène avec lui Frank Morehouse, un ami d'enfance originaire comme lui de Devon, au Nouveau-Brunswick. Morehouse avait rencontré les frères Carnegie à Timmins, en Ontario, et avait suggéré au manager de l'équipe de former une ligne avec trois joueurs noirs.

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Le Racing Club de Paris : Une parenthèse européenne

À Paris, Manny McIntyre et Ossie Carnegie s'adaptent rapidement et deviennent les chouchous du public. Le 25 février 1948, lors d'un match contre une sélection britannique, le Palais des Sports de Grenelle, surnommé le Vel' d'Hiv, enregistre un record de 20 612 entrées payantes.

Si la NHL les avait snobés, les deux hockeyeurs sont traités comme des stars mondiales à Paris. Le Racing Club de Paris effectue des tournées dans toute l'Europe. Après six mois, il est temps de rentrer au Canada. Ossie et Manny se voient offrir des billets d'avion pour le voyage retour, tandis que leurs coéquipiers rentrent par bateau.

Hervé Parent, un autre joueur canadien qui a évolué au Racing Club de Paris, était arrivé en France dès 1946. Après ses deux saisons au Racing, il a joué en International Hockey League (IHL) et est devenu le meilleur marqueur de cette ligue mineure en 1950/51.

Pete Besson, un ancien joueur du Stade Français, a également rejoint le Racing Club de Paris. Il avait disputé six matchs de NHL avec les Detroit Red Wings et avait remporté la Calder Cup avec les Cleveland Barons en AHL.

Faute de moyens financiers, le Racing Club de Paris a dû mettre fin à son aventure. Les dirigeants n'avaient plus les moyens de payer les salaires élevés des joueurs étrangers.

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La France : Un eldorado pour les artistes noirs ?

Au Canada, malgré l'absence de lois ségrégationnistes, les préjugés raciaux étaient présents. La France, quant à elle, pouvait apparaître comme un eldorado pour les artistes noirs, à l'image de Joséphine Baker. Après la Seconde Guerre mondiale, le jazz était très populaire à Paris et des légendes comme Louis Armstrong y ont connu la gloire.

Si la NHL les avait ignorés, Ossie Carnegie et Manny McIntyre ont été traités comme des stars mondiales à Paris.

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