L'histoire de la Ligue Nationale d'Improvisation : Des racines anciennes à un phénomène mondial

Le match d’improvisation, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est une forme d'art unique. L'idée d'associer le théâtre à la compétition peut sembler étrange, voire choquante. Cependant, si l'on creuse un peu, on découvre que cette forme d'expression a des racines profondes qui remontent à l'Antiquité.

Les origines antiques des concours dramatiques

Dès l'Antiquité, on retrouve des formes de "concours dramatiques". Ces concours, très structurés, impliquaient des poètes qui étaient à la fois acteurs, auteurs et metteurs en scène. Chaque poète se voyait attribuer par tirage au sort un chœur et des acteurs. Les chœurs étaient formés par un archonte, une sorte de magistrat suprême, qui désignait également les acteurs en trois catégories : les protagonistes (premiers rôles), les deutéragonistes (seconds rôles) et les tetragonistes (troisièmes rôles). C'est également par tirage au sort que l'on déterminait les juges ("Kritai") chargés d'établir le palmarès. Les juges étaient proposés au tirage au sort par chacune des tribus athéniennes. Ils votaient à bulletin secret pour les poètes qu'ils avaient préférés.

La "Dialectica" médiévale : Une joute oratoire

Au Moyen Âge, l'enseignement universitaire a vu fleurir une pratique, qui au départ n'était qu'un exercice, et qui est devenue un véritable sport : la Dialectica. Plus qu'un véritable spectacle théâtral, il s'agissait d'une joute oratoire dont l'objectif était d'entraîner les étudiants à soutenir des thèses. L'exercice mettait en jeu deux protagonistes : un opposant et un répondant. Le répondant était en fait le candidat, et il se voyait opposer un autre étudiant qui devait contrer sa thèse par une antithèse. Le maître qui présidait donnait alors la conclusion. Cette forme de "dispute" (disputatio) envahit la vie universitaire et devient un véritable sport. Les maîtres se "disputent" une fois par semaine devant les étudiants, et les étudiants "disputent" à l'occasion des examens.

Joutes poétiques et disputes orales à travers le monde

Dans son mémoire de DEA, Jean Jourdan évoque d'autres formes de joutes. On trouve une forme de joute poétique et chantée, aux XIIe et XIIIe siècles, chez les troubadours (langue d'Oc) et les trouvères (langue d'Oïl). Cette joute se pratiquait dans les villages, lors des fêtes languedociennes, lors des noces et jusque dans les auberges.

Dans d'autres civilisations aussi, on pratiquait une forme de dispute orale, accompagnée d'une gestuelle très codifiée chez les moines tibétains. En Turquie, dans le Caucase, en Perse se pratiquaient de grands tournois durant lesquels s'affrontaient les bardes récitants (les "Ashoks").

Lire aussi: Ligue 1 Féminine : Résultats et Analyses

Le "Théâtresport" de Keith Johnstone : Un précurseur

Le "Théâtresport" est sans conteste la forme la plus approchante du match d'improvisation. Dans les années 50, Keith Johnstone, professeur de théâtre au très conventionnel "Royal Court Theater" à Londres, commence à formuler certaines théories sur la créativité et la spontanéité. Le théâtre britannique de cette époque ne lui convient pas. En parallèle, Keith Johnstone est fasciné par les matchs de catch, par l'ambiance populaire qui y règne et le spectacle théâtral qui y est donné. Il se demande pourquoi le public est si policé au théâtre et si exubérant au catch.

À l'issue d'un de ces matchs, il se met à imaginer, avec quelques amis, un match de catch où l'on remplacerait les catcheurs par des improvisateurs. En cherchant à mettre en place une telle idée avec ses élèves, qui donneront les prémisses du Theatresport (qu'il appellera d'abord le Théâtre Machine), il se confrontera très vite à sa hiérarchie qui cherchera sans cesse à contrôler le sens de ce qui est prononcé dans ses cours. Autant dire que l'émergence d'une forme de théâtre improvisé est quasiment impossible. Mais ses élèves poussèrent Keith Johnstone à faire des représentations publiques, malgré l'interdiction du seigneur Chamberlain, maître à penser de l'institution. Il organisa donc, pour le compte de l'examen final, des cours d'improvisation en public.

En 1971, Keith Johnstone devient professeur à l'Université de Calgary, au Canada ("Un pays indiscutablement plus libéral" selon ses dires). N'ayant pas lâché son idée, il reprend ses travaux sur le Théâtresport avec ses nouveaux élèves. Le jeu, petit à petit, va s'exporter. Un groupe est très vite monté à Vancouver, puis quelques démonstrations ont lieu en Europe. Aujourd'hui, il y a des centaines d'"Improv group" à travers le monde, et des dizaines de ligues se sont créées (les "Theatresports center"). Les formes se sont plus ou moins modifiées, s'adaptant aux pays et aux différents publics. Et chaque été, le Loose Moose Theatre organise un séminaire durant lequel les pratiquants du monde entier peuvent confronter leurs pratiques ("International Improv Summer School").

La naissance du match d'improvisation au Québec

Robert Gravel, né en 1944, est un pur produit du renouveau théâtral des années 70, notamment au travers de la prolifération des créations collectives et de l'esprit libertaire qui règne chez les jeunes comédiens. À peine sorti du conservatoire, il entre dans la troupe des Jeunes Comédiens du Théâtre du Nouveau Monde, dirigée par Jean Pierre Ronfard. La rencontre avec le metteur en scène sera déterminante pour Robert Gravel, et ils monteront ensemble en 1975, avec la comédienne Pol Pelletier, le Théâtre Expérimental de Montréal. Cette nouvelle compagnie, ouverte à toutes les nouveautés en matière de recherche, trouvera refuge au deuxième étage de la Maison de Beaujeu, dans le vieux Montréal.

Continuant, chacun de leur côté, à travailler pour le théâtre conventionnel, ils ouvriront avec le Théâtre Expérimental de Montréal des voies nouvelles pour la création théâtrale. Les répétitions se finissaient le plus souvent par de longues discussions dans un restaurant du vieux Montréal qui s'appelait "La Charade" (qui donnera son nom à la coupe "Charade", trophée disputé chaque saison à la Ligue Nationale d'Improvisation). À cette époque, le théâtre québécois est fortement marqué par une quête d'identité. Peu d'auteurs québécois ayant émergé, l'improvisation prend très vite une place importante dans les créations collectives, à l'image du « Grand cirque ordinaire » qui consacra l'improvisation comme un art à part entière, dans de grands spectacles dénudés, avec des improvisations d'une heure ou deux heures, avec un style plutôt mystique.

Lire aussi: L'organisation du football régional

Cette forme ne plaît pas à Robert Gravel qui trouve que le comédien est abusivement magnifié. Il s'intéresse donc à d'autres formes, et il expérimente, avec quelques comédiens et vidéastes dont Yvon Leduc. Il y aura les « 24 heures de l'improvisation à deux comédiens », puis le « Zoo », sorte de parcours théâtral qui mélangeait les arts visuels : sculptures, arts plastiques et comédiens improvisateurs. Le principe d'un jeu d'improvisation commença à germer avec les "jeunes comédiens du Théâtre du Nouveau Monde", jeu qui s'inspirait du jeu de Monopoly. Son élaboration se révéla trop compliquée. Avec le Théâtre Expérimental de Montréal, Gravel travaillera également sur le projet d'une pièce à plusieurs issues possibles. Il pensait qu'il y avait matière à créer un spectacle qui soit vraiment unique à chaque représentation.

C'est au cours d'une soirée de l'automne 1977 (paraît-il arrosée !), que Robert Gravel se mit à imaginer un jeu théâtral, calqué sur les règles du hockey, qui verrait s'affronter deux équipes d'improvisateurs. En face de lui, il y avait Jean Pierre Ronfard, Benoît Gravel et Yvon Leduc. À la fin de la soirée, tout était là. Mais cette idée aurait pu rester une idée de plus si le lendemain, Yvon Leduc n'avait rappelé Gravel pour le persuader de mettre son idée à exécution.

Si la paternité du match d'improvisation revient à Robert Gravel, plusieurs personnes apportèrent à ce jeu leur talent et leur expérience afin de le faire évoluer. Yvon Leduc bien sûr qui aida à concrétiser l'idée et qui aida à la création de la LNI. Anne-Marie Laprade, la compagne de Robert Gravel qui en coulisse contribua à la mise en place du jeu. Yvan Ponton, ami comédien de Gravel qui accepta d'endosser le rôle d'arbitre lors du premier match, et contribua ainsi à l'élaboration des règles. Et Pierre Martineau, qui travaillait déjà avec Gravel sur des spectacles de marionnettes et qui fût le premier maître de cérémonie. Il participa comme Yvan Ponton à l'évolution du jeu, car il fallu procéder au fur et à mesure à des ajustements et à des améliorations.

L’expérience du match ne devait durer que trois soirées. Malgré des débuts médiocres sur la qualité du jeu, le succès fut tel qu’il fallut continuer, organiser un championnat, travailler, améliorer, etc…

La création de la Ligue Nationale d'Improvisation (LNI)

En 1979, Le match d’improvisation est au coeur de la scission du Théâtre Expérimental de Montréal, certains le jugeant contraire à la démarche esthétique du TEM, et trop institutionnel. Cela donnera la création de la LNI (Ligue Nationale d’Improvisation). De la Maison de Beaujeu, le LNI ira à l’Atelier Continu, puis à la salle Alfred Laliberté à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal), ensuite dans la grande salle du Spectrum, puis au Meddley.

Lire aussi: Triomphe Roumain en Ligue des Champions

L'expansion internationale de la LNI

En 1981, la LNI s'exporte en France, à l'invitation du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers pour une tournée de quelques dates. À la suite de la première tournée, en 1981, des ateliers formèrent les premiers comédiens français, notamment de Jacques Livchine et Hervée Delafond de l’Unité et Compagnie, qui seront à l’initiative de la création de la LIF (Ligue d’Improvisation Française) avec Françoise Boyer et François Campana. La LIF organisa son premier match officiel en février 1982 à Conflans Sainte Honorine dans les Yvelines. Plusieurs matchs eurent lieu dans la salle de la « coquille » au Théâtre d’Aubervilliers, puis il y eut deux saisons au Théâtre de l’Escalier d’Or (1982 et 1983), et enfin la LIF s’installa en 1984 au Bataclan où elles vécut ses heures de gloire. Elle disparût en 1995 après de multiples tumultes.

Les médias commencent à s’intéresser au phénomène, et dés 1982, on assiste aux premières retransmissions télévisées par Radio Canada. En 1983, un match France/Québec, à Paris est relayé en direct au Canada.

L'impact de la LNI sur le monde du théâtre

Le match a aussi infiltré les milieux scolaires et universitaires, aboutissant à l’organisation de tournois, de championnats, etc… Il a trouvé sa place dans la formation professionnelle mais également dans les comités d’entreprises avec l’organisation de rencontres corporatives. Il a provoqué un vrai engouement dans l’enseignement du théâtre amateur, provoquant de multiples rencontres, championnats et tournois internationaux. Des dizaines de ligues et de fédérations, à tous les niveaux, se sont créées dans la plupart des pays francophones, mais également en Italie (championne du Monde francophone en 1998), en Argentine, et aux États Unis (Boston). Les ligues et les équipes qui se sont créées spontanément un peu partout, essaient aujourd’hui de se regrouper en associations ou en fédérations.

“Le Match d’Improvisation sera mondial ou ne sera pas!”. Ainsi parlait Robert Gravel, brutalement disparu en Août 1996, et effectivement on peut dire que ce sport théâtral a dépassé le stade de la simple mode, et qu’au delà de toutes les critiques des milieux du théâtre, il a su conquérir la seule vraie légitimité, celle du public.

L'héritage de Robert Gravel

Toute sa vie, Robert Gravel chérira son “bébé”. A la LNI, il régnait en père fondateur, en patriarche, réfutant toute critique et toute forme d’évolution du concept. Il s’opposa notamment à tous ceux qui voulaient laisser plus de place à l’expérimentation théâtrale, au détriment de l’enjeu compétitif. Il tenait énormément à la forme sportive qui constituait à ses yeux la raison d’être du Match.

Voici un reportage réalisé par Radio Canada pour les 30 ans de la LNI en 2007. Bachelier à l’école supérieure de théâtre, Frédéric a animé pendant six des émissions jeunesses sur les ondes de la chaîne nationale. Il joue à la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI), première ligue au monde, depuis 2005, année où il remporte le trophée de la Recrue de l’année. Quatre fois lauréat du trophée du Meilleur compteur, deux fois du Joueur le plus apprécié par ses pairs, du Joueur le plus étoilée et du Prix du public, le champion de la Coupe Charade 2014 est le joueur ayant remporté le plus de récompenses individuelles de toute l’histoire de la LNI. Mordu d’improvisation, il a joué 19 saisons à la Ligue d’improvisation montréalaise (LIM) qui l’a couronné champion du Mondial amateur à quatre reprises. Il est membre et cofondateur du collectif de théâtre spontané CINPLASS. Depuis 1997, Frédéric a joué plus de 200 spectacles en sol européen.

Les éléments clés du match d'improvisation

Le match se joue en équipes mixtes de 4 à 6 joueurs. Un arbitre régit la partie avec ses deux assistants pendant trois tiers-temps de trente minutes. C’est l’arbitre qui lance une improvisation en donnant au deux équipes un thème commun, une durée (de 30 secondes à 20 minutes) et s’il le souhaite une catégorie (Molière, Rimée, Audiard, Publicité, etc.). A l’issue de chaque improvisation, les spectateurs décident de l’équipe qu’ils ont préférée à l’aide d’un carton de vote. C’est donc du public que dépend la victoire de l’une ou l’autre des équipes.

Parmi toutes les joyeusetés inventées au fil du temps par les improvisateurs, nous pouvons citer le Deus Ex Machina, le cabaret, la comédie musicale improvisée, la série improvisée, formats que les Restons Calmes!

L'improvisation théâtrale : Un art aux multiples facettes

L’improvisation théâtrale, aussi appelée impro, est une forme de jeu d’acteur sans préparation préalable. À partir d’une simple consigne, les comédiens inventent sur scène une histoire, des personnages et des situations. Cet art vivant repose sur la créativité, l’écoute et le lâcher-prise.

Durant une représentation d’improvisation théâtrale, l’acteur revêt plusieurs casquettes à la fois : il est certes comédien, mais aussi dramaturge, metteur en scène et scénographe. Généralement, l’improvisation est jouée sous forme de matches en équipe. Le comédien joue devant un public (que ce soit un vrai public ou bien celui de praticiens prêts à intervenir sur les consignes du meneur) sans aucun texte ou mise en scène prédéfinie. Ainsi, selon lui, l’improvisation théâtrale repose sur :

  • Raconter une histoire
  • Ne pas tenter d’être bon ou intelligent
  • Ne pas trop en faire
  • Être efficace pour que l’auditoire nous perçoive comme excellent
  • Prendre des risques et ne pas avoir peur de tomber en panne d’inspiration
  • Être conscient que les principes de l’improvisation sont l’exact contraire de ceux que l’on apprend dans la vie
  • Craindre l’inconnu nous fait faire les plus grossières erreurs.

Aujourd’hui, l’impro se pratique partout : en café-théâtre, en rue, en ateliers pédagogiques et même en entreprise (team building).

Les bienfaits de l'improvisation théâtrale pour les comédiens

Le théâtre d’improvisation est un exercice qui peut être difficile quand on débute, mais qui peut devenir très addictif avec le temps. Voici quelques avantages à improviser au théâtre :

  1. L’acteur monte sur scène et dispose de quelques secondes uniquement pour prendre connaissance du sujet qui lui est imposé.
  2. Les acteurs ne se cachent donc derrière aucun « artifice » et doivent réussir à incarner un personnage (comique ou dramatique) en un claquement de doigts.
  3. En effet, un improvisateur ne doit pas craindre de se tromper. Surtout ne pas chercher à être drôle, avoir le bon mot ou se distinguer à tout prix, il faut avant tout être réactif …et pour cela, tout commence par l’écoute …
  4. En communication, on parle d’ailleurs d’écoute active.
  5. Gagner en confiance en soi

Le théâtre d’improvisation permet aux comédiens de se sentir membre d’une équipe, de se sentir écouté et de ne pas avoir peur de se tromper. L’objectif dans une formation est aussi d’entraîner au maximum la « machine à proposer » que doit devenir tout acteur ! Elle fait partie intégrante du programme car elle permet aux élèves de :

  • travailler la spontanéité,
  • développer leur présence scénique,
  • se préparer à toutes les situations de casting.

La LNI aujourd'hui

La LNI est le seul organisme de théâtre professionnel au Canada essentiellement voué à la production, la diffusion et la promotion de spectacles d’improvisation théâtrale et plus particulièrement des matchs d’improvisation conçus par Robert Gravel et Yvon Leduc. Lors des matchs de la LNI, la prise de risques est encouragée, le décorum sportif est existant, l’éthique de jeu est présente et le spectacle est plus grand que ses comédiens. Les efforts de développement, de recherche et de consolidation des dernières années ont permis une transformation de la LNI. Le Théâtre de la LNI est une compagnie qui présente chaque année un spectacle phare, le Match d’impro, mais la LNI s’affirme également dans sa volonté d’évolution et de leadership dans le milieu de l’improvisation théâtrale. La LNI cherche, questionne et expérimente autour de son médium de prédilection grâce à de nouveaux spectacles et de nouvelles initiatives, tout en consolidant ses rôles de sensibilisation aux arts et d’éveil de conscience culturelle auprès de la population et des futurs créateurs.

Le premier Match d’improvisation est présenté le 21 octobre 1977, à Montréal. Après un passage remarqué au Festival d’Avignon, en France (1982), et avec la télédiffusion de La Soirée de l’impro à Radio-Québec (1983-1988), le Match d’improvisation trouve rapidement des adeptes partout au Québec et dans le monde. En 1985, le Théâtre de la LNI met sur pied le premier Mondial d’improvisation. En 1987, le comédien Robert Lepage remporte le prix Gémeaux accordée à la Meilleure performance télévision pour sa désormais mythique improvisation New York, réalité ou illusion. Aujourd’hui, le Match d’impro est joué dans plus de 30 pays et en huit langues. Au cours des 15 dernières années seulement, la LNI a visité la Belgique, le Congo, la France, Haïti, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, le Maroc, le Pérou, la Roumanie et la Suisse.

Le 12 août 1996, alors qu’il éprouve de graves problèmes de santé depuis plusieurs années, Robert Gravel succombe à une crise cardiaque. À la suite d’une restructuration à la fin des années 1990, la LNI présente sans relâche des saisons complètes de matchs ainsi qu’une multitude d’activités en improvisation théâtrale auprès des écoles, des entreprises et des ligues amateures. En 2007, les festivités entourant le 30e anniversaire de la LNI s’articulent autour de la présentation des Grands duels de la LNI. En octobre 2008, le Théâtre de la LNI présente le Sommet des ligues d’impro en marge du Sommet de la francophonie à Québec, une série de matchs et d’ateliers inter-nations. Soucieux de réfléchir en compagnie de ses pairs, la LNI met sur pied en 2010 les premiers États généraux de l’improvisation théâtrale. En 2017, la LNI présente également, en tournée, 22 représentations au Québec et à Ottawa. Elle fait des spectacles et ateliers dans 6 villes canadiennes avec la Fondation Paul Gérin-Lajoie, 11 représentations en Europe, en plus de faire un retour à la télé de Télé-Québec et de faire son entrée sur la radio numérique Première PLUS. Le théâtre d’improvisation était né.

L'improvisation au-delà de la LNI : L'exemple de la Ligue d'Improvisation du Limousin (LILI)

En 1987 est créée la Ligue d’Improvisation du Limousin, constituée à partir des ateliers hebdomadaires d’improvisation d’Influence, confiés à Damien O’Doul. Peu de temps après, la « LILI » devient indépendante et elle se produit dans des ambiances survoltées, notamment au Centre culturel Jean Moulin de Limoges, affrontant des équipes venues de la France entière.

La cérémonie de baptême de la Lili a eu lieu un mardi de mai au C.C.S.M. de Beaubreuil. Il s’agissait d’un impromatch… d’une forme d’improvisation théâtrale particulière : deux équipes d’acteurs. Les sujets et la durée des impros sont tirés au sort ; les arbitres sanctionnent l’anti-jeu, l’obstruction, le hors-sujet, etc. Le public vote à la suite de chaque impro, pour attribuer un point à l’équipe gagnante. Ceci dans une ambiance généralement plus ou moins folle. Malheureusement, la bonne habitude qui consistait autrefois à distribuer aux spectateurs des chaussures pour les lancer sur les acteurs dont ils n’étaient pas contents est abolie.

L’impromatch est fort populaire au Québec, et une ligue nationale française existe. Gil Galliot est le coach de celle-ci. Autour de lui, parrain officiel de la Lili, s’est constitué un comité de soutien qui rassemble Alain Guéraud, la divine Fanny Ardant, Nathalie Baye et Jean Lefèvre.

La Balise : Un autre acteur de l'improvisation en France

La Balise (initialement la Valise…) est une association théâtrale universitaire créée en 1980 à Limoges. La programmation évolue vers des spectacles de type café-théâtre puis d’improvisation. La Balise était en sommeil lorsque des élèves de la dernière promotion de Jean Pellotier au conservatoire d’art dramatique de Limoges décident de le raviver. C’est en 1996 que le CAF’TEUR, baptisé ainsi après d’âpres discussions, ouvre ses portes au public. Il est doté d’un bureau - régie, un bar, une scène avec éclairages et sonorisation, et des loges derrière le mur du fond. Une association indépendante est créée pour administrer le lieu, car les entrées sont payantes, et il faut gérer les stocks du bar. Les spectacles ont lieu le jeudi soir, et se partagent entre théâtre, musique, improvisation. Le reste de la semaine le lieu est disponible pour le travail théâtral de la Balise. Après plus de 30 ans d’activité, La Balise est aujourd’hui entièrement tournée vers l’improvisation, avec la participation aux matches. Elle invente aussi le concept des « naufragés de l’imaginaire », pour permettre la pratique de l’improvisation dans un contexte différent de celui du match, en offrant davantage de liberté aux joueurs. Les thèmes des improvisations sont écrits par les membres du public au moment où ils entrent dans la salle. Tous les thèmes sont ensuite disposés dans une boîte. Six joueurs se présentent sur scène. Le maître de cérémonie tire au sort un thème et chaque joueur propose un début d’improvisation de quelques secondes. L’auteur du thème choisit quel début sera continué. Les autres joueurs se greffent alors sur l’histoire choisie, pouvant se servir d’accessoires sans contrainte.

tags: #ligue #nationale #improvisation