Histoire de la Ligue des Flandres de Football

Le football français a connu un essor considérable dans le nord de la France à la fin du XIXe siècle, suivant l'exemple de la région parisienne et de la Normandie, en particulier dans les villes industrielles. Le Nord s'est avéré être un terrain fertile pour le développement de ce sport. La conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing, en pleine expansion démographique, économique, urbaine et industrielle, a vu l'émergence de plusieurs clubs entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.

L'essor du football dans le Nord

L'expansion et l'enracinement du football dans le Nord se sont produits sous l'influence britannique. La présence d'ingénieurs, d'employés et de professeurs d'anglais, qui pratiquaient le sport localement et étaient impliqués dans les clubs naissants, a joué un rôle crucial. Très vite, l'ampleur de ce sport a crû sous l'impulsion de la bourgeoisie locale, liée aux peignages des villes textiles, ainsi que de la sociabilité ouvrière. Les estaminets servaient souvent de "siège" informel et officiel pour les clubs et associations.

Le Racing Club Roubaix, fondé en 1895, est le club le plus ancien et a été le fer de lance du développement du football dans le Nord et en France. Fondé par l'élite bourgeoise, ce club omnisports a assis sa suprématie régionale et nationale dès le début du siècle, remportant cinq fois le championnat de France USFSA en sept finales consécutives entre 1902 et 1908. De nombreux internationaux sont issus du Racing, l'équipe de France puisant régulièrement dans le club roubaisien à ses débuts.

Les rivalités dans la conurbation lilloise ont commencé à se mettre en place, avec la création de nombreux clubs, tout comme les oppositions "Nord-Paris" qui ont popularisé le football. La position géographique avantageuse du Nord a permis, dès l'avant-guerre, l'organisation de matchs internationaux contre des adversaires belges et anglais, réputés plus forts.

La Première Guerre mondiale : un coup d'arrêt

La Première Guerre mondiale a marqué un coup d'arrêt brutal dans une région dévastée et terrain de combats. De nombreux membres de chaque club ont perdu la vie.

Lire aussi: Ligue 1 Féminine : Résultats et Analyses

Cependant, paradoxalement, cette pause imposée par les opérations militaires a correspondu à une sorte d'embellie du football au plan national et à une première phase visible de sa démocratisation. L'enlisement des offensives et la stabilisation des fronts ont recréé à l'arrière les conditions d'une vie quotidienne d'avant-guerre, en accordant aux pratiques sportives de nouvelles dimensions : exutoire des temps difficiles, lieu de cristallisation d'un patriotisme nécessaire. Les pratiques sportives ont été exaltées et récupérées, et le football n'a pas échappé au phénomène.

La présence de contingents de l'empire britannique sur le territoire français peut être considérée comme un facteur déterminant dans la diffusion et l'implantation du football en France, notamment dans les zones rurales. Les troupes anglaises ont assuré en quelque sorte une initiation sportive, contribuant à ne plus faire du football une pratique exclusivement urbaine.

L'entre-deux-guerres : apogée du football nordiste

Le Racing de Roubaix a repris sa domination régionale dans les années 1920 avec quatre titres régionaux. La création de sélections régionales a également contribué à rendre le football plus populaire. L'équipe des "Lions de Flandres", une sélection des meilleurs joueurs nordistes, a été créée pour promouvoir le football nordiste. En 1921, "les Lions" ont même rencontré le prestigieux Celtic Glasgow, qui fut le premier club écossais à faire des tournées en Europe dès 1904.

L'année suivante a vu la création de l'Excelsior Athletic Club, d'abord basé à Tourcoing. Puis en 1929, il a récupéré le stade Amédée Prouvost à Wattrelos et a déménagé définitivement à Roubaix. Le club était sous la mainmise de l'entreprise Lainière de Roubaix, qui y développait un paternalisme sportif.

Le football nordiste a atteint son apogée dans les années 1930, en supériorité numérique dans les clubs affiliés à la FFFA, en termes de clubs présents dans les deux premières divisions. Le football nordiste s'est très vite structuré dans ses instances et a su parfaitement se conformer aux exigences du professionnalisme.

Lire aussi: L'organisation du football régional

La Coupe de France de football est devenue au fil des ans l'évènement populaire par excellence. Le 7 mai 1933, quelque 40 000 spectateurs se sont entassés au stade Olympique Yves du Manoir de Colombes pour assister à la finale qui opposait les deux grands clubs de la ville : le Racing contre l'Excelsior. Match inédit puisqu'il s'agissait du premier derby hors Paris, fait unique à ce jour dans l'histoire de la compétition. L'Excelsior a remporté la Coupe de France 1933 sur le score de 3-1.

L'après-guerre et la fusion des clubs roubaisiens

Après-guerre, le football Nordiste et Pas-de-Calaisien est resté à son avantage. Lille, avec la récente création du LOSC, était une place forte du football français. S'ajoute le développement des clubs du bassin minier, le RC Lens et l'US Valenciennes-Anzin notamment. Roubaix n'est pas en reste et entend bien rester un poids lourd.

En 1945, les deux clubs roubaisiens (Racing et Excelsior) et l'US Tourcoing ont fusionné sous les auspices des "élites" de la ville pour fonder le Club Olympique Roubaix-Tourcoing (C.O.R.T). Le club était soutenu par l'industrie textile et jouait au stade Amédée Prouvost. Le CORT a remporté le Championnat de France en 1947.

Le déclin et la disparition des clubs roubaisiens

Après des débuts canon en première division, le club a peiné et a stagné dans le milieu de tableau les saisons suivantes. En 1955, le club est descendu en D2 et n'a plus jamais retrouvé la D1. À la même époque, l'industrie textile était en crise et le club a plongé.

La séparation a été actée en 1964, les deux clubs reprenant leur indépendance. Le Racing s'est détaché du CORT, puis a fusionné avec le Stade Roubaisien. L'Excelsior a continué seul l'aventure du CORT qui a repris le nom d'Excelsior, puis est devenu le Roubaix Football en 1977 et a disparu en 1990.

Lire aussi: Triomphe Roumain en Ligue des Champions

Roubaix n'a pas retrouvé son faste d'antan. La désindustrialisation a fait plonger la ville, qui a vu 90 % de ses emplois industriels liés au textile être supprimés dans la seconde moitié du XXe siècle. La crise industrielle a entraîné la ville dans un inexorable déclin, et le football avec.

La Ligue du Nord-Pas-de-Calais de Football

Créée le 30 août 1919, la Ligue du Nord-Pas-de-Calais de football est la première ligue sportive de la région. Elle est régie par la loi du 1er juillet 1901. Elle est présidée à sa création par Henri Jooris qui deviendra vice-président de la Fédération Française de Football. Elle réunit au départ les trois équipes les plus prestigieuses du moment : le Racing-club de Roubaix, l'Union sportive tourquenoise, l'Olympique Lillois.

La mise en place des ligues régionales permet la prise en charge de l'organisation des championnats, coupes et rencontres locales. Elle groupe les associations sportives affiliées à la Fédération française de football (FFF) et comprend des groupements sportifs dénommés « clubs » ayant pour objet principal ou accessoire la pratique du football. Elle comprend également des membres individuels, des membres d’honneur et des membres honoraires.

Elle a pour objet :

  • l’organisation, la promotion, le développement, le contrôle de l’enseignement et la pratique du football sous toutes ses formes.
  • de créer et maintenir un lien entre ses membres individuels, les clubs affiliés, ses districts et les comités départementaux.
  • de défendre les intérêts moraux et matériels du football.

Le territoire d’activité de la ligue s’applique sur le département du Nord et du Pas-de-Calais et se subdivise en 5 districts :

  • sur le territoire du département du Nord : Escaut, Flandre, Maritime Nord.
  • sur le territoire du département du Pas-de-Calais : Artois, Côte d’Opale.

Les districts sont groupés en comités départementaux (l’un du Nord, l’autre du Pas-de-Calais). En 2003, la Ligue Nord-Pas-de-Calais de Football comptait 1161 clubs représentant 155 003 licenciés. La ligue Nord-Pas-de-Calais de football est de loin la 1ère ligue de la Région.

La fusion des districts

Stefan Islic, le président du District de l'Escaut, a évoqué une fusion avec le District des Flandres. Le département du Nord est en effet un des deux derniers à compter deux Districts avec son voisin le Pas de Calais (Artois et Côte d’Opale). L’idée est de pouvoir mettre ça en place le plus rapidement possible. Cela donnerait un district fort, avec plus 90 000 licenciés.

L'USL : Un exemple de club de la Ligue des Flandres

L'USL (Union Sportive de La Gorgue) est un club de football de la Ligue des Flandres. Son premier siège social était basé à l’estaminet de Léon GODEFROY, rue d’Ascq. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, on assiste dès lors au véritable envol de la nouvelle association qui gardera le nom de l’USL. Les verts et noirs ne tardent pas à jouer les premiers rôles dans le championnat et coupes organisés par le district Terrien, qui deviendra district Flandres.

L’USL utilise dans les premiers temps des terrains de fortune prêtés par des cultivateurs…situés à Merchin puis rue Sadi Carnot. Le terrain de la rue d’Iéna orienté dans le sens inverse jusqu’en 1953-54, accueille ensuite nos footballeurs. Durant la guerre 39-45 les troupes allemandes d’occupation disposèrent des miradors et des pièces de défense aérienne aux quatre coins du stade.

A l’origine et jusqu’au tout début des années 50, il n’existe qu’une équipe seniors. Les équipes jeunes, ( juniors, puis cadets, minimes et catégories inférieures ), n’apparaissent qu’ensuite. Paul LAMOTTE, dit Paulo, ancien joueur professionnel à FIVES, puis entraîneur-joueur à LESQUIN de 1946 à 1966. Claude BAERT, qui signe sa première licence à l’USL en 1958.

Les différents présidents qui se sont succédés à la tête de l’USL : Adolphe PAPEGHIN, Hector MAES, Florimond LANCEL, G.

Les terrains de La Gorgue

Nous avons pu retrouver les traces de l’existence «d’un terrain de football » dans la commune dès 1943. En effet, suite à une demande effectuée pour une subvention concernant l’acquisition d’un terrain destiné à être aménagé en centre sportif par la commune en 1941 auprès du commissariat général à l’éducation générale et aux sports, une commission s’est rendu sur place et a fait le constat suivant : « La commune a recherché un emplacement plus vaste et proche des écoles avec un accès facile. Le terrain pour lequel elle a obtenu promesse de vente est situé à 300 mètres des écoles et d'un accès facile (…). Il n'existe dans la commune qu'un terrain de basket-ball dans la cours du Patronage et une pâture à 2000 mètres des écoles est utilisée pour le foot-ball par la commune voisine d'Estaires ». Ce rapport du 19 avril 1943 nous fait part des installations sportives de la commune à cette date et de ses intentions : « La municipalité désire acheter ce terrain après réunion du 19 avril 1943, avis favorable de la commission consultative départementale de l'équipement sportif. Cette commission fixe le taux de la subvention allouée pour cette acquisition dont le montant s'élève à 237 560.00 Francs à 45% ». Cependant la commune ne peut faire face à cette dépense à elle seule et demande des subventions .

Après toutes ces demandes de subventions, le stade Jean Mermoz est finalement inauguré en 1951. Cependant, une photographie de l’équipe 1-A datant de 1946 est prise sur ce terrain. Ce qui montre que ce terrain avait déjà était aménagé auparavant.

Jusqu’en 1991, ce terrain est le seul de la commune. Tous les matchs et entraînements ont lieu dessus. En 1985, la commune évoque la possibilité de construire un complexe sportif . Le club étant en pleine gloire, il ne disposait pourtant pas d’infrastructures suffisantes. Ce complexe permettrait donc de combler les manques.

Le complexe sportif Pierre de Coubertin est inauguré en 1991, il dispose d’une part d’un terrain d’honneur homologué le 31/01/92 (N°6481 cat B) qui accueille les rencontres seniors, espoirs et moins de 17 ans. D’autre part, un terrain annexe jouxtant le terrain d’honneur sert aux entraînements des équipes seniors et des jeunes. Depuis, le stade Jean Mermoz accueille les rencontres jeunes du samedi après-midi.

tags: #ligue #des #flandres #de #football